51% de la production électrique d'origine renouvelable en 2025, contre 45,7% l’année précédente : un équilibre fragile, mais la transition énergétique du territoire est désormais concrète et mesurableDeux nouvelles fermes photovoltaïques vont désormais voir le jour dans le cadre de l’appel à projets “Tranche 2” lancé par le Pays ; Outre les études sur de grandes batteries directement installés sur le réseau, EDT travaille sur la piste du stockage mécanique ; Préserver le corail du blanchissement tout en produisant de l'électricité solaire. C'est ce petit miracle que Serge Planes, directeur de recherches au Criobe, une des antennes du CNRS en Polynésie, et son équipe sont en train de mettre en oeuvre à 350 mètres de la plage de Tumaraa, sur l'île de Raiatea.

  

 

 

# Tahiti a franchi le cap symbolique des 50 % d’électricité d’origine renouvelable. Deux nouvelles fermes photovoltaïques vont désormais voir le jour dans le cadre de l’appel à projets “Tranche 2” lancé par le Pays. Dans un communiqué, EDT annonce notamment deux installations portées par Ito Nui, à Papara et Puurai, destinées à consolider cette progression.
À Papara, une centrale de 5 MWc, accompagnée d’un stockage de 7,5 MWh, devrait produire environ 7 GWh par an, soit la consommation d’environ 2 000 foyers. (…) À Puurai, une installation plus modeste de 1 MWc, couplée à 1,5 MWh de stockage, sera implantée sur le site du siège d’EDT et produira environ 1,5 GWh annuel, contribuant à la stabilité du réseau.
Selon le groupe, ces projets s’inscrivent dans une dynamique ayant déjà permis à Tahiti de franchir le seuil symbolique des 50 % d’électricité d’origine renouvelable. EDT rappelle toutefois que cette progression reste “un équilibre fragile”, dépendant aussi de la maîtrise de la consommation électrique.

Tahiti franchit le cap des 50 % d’énergies renouvelables (Tahiti Infos)

Les nouvelles grandes fermes solaires ont tenu leurs promesses aux côtés des barrages. Les énergies renouvelables ont représenté 51% de la production électrique en 2025, contre 45,7% l’année précédente. Un « cap historique » a été franchi, se réjouit EDT, qui note que l’énergie thermique est minoritaire dans le « mix électrique » pour la première fois dans l’histoire récente. La part du photovoltaïque, qui représente 18% de la production aux côtés des 33% des barrages, devrait continuer de grimper, avec la deuxième fournée de grandes fermes solaires qui est actuellement à l’étude.
C’est EDT qui a annoncé ce chiffre, attendu depuis quelques semaines, dans un communiqué ce mercredi. Pour le producteur et distributeur électrique, franchir ce « seuil structurant pour l’avenir énergétique de Tahiti » a été possible grâce à des « investissements progressifs, une modernisation continue des infrastructures et une coordination étroite entre les acteurs de la production et de la gestion du réseau ». En plus de l’hydroélectricité produite par Marama Nui, filiale de EDT, le solaire a été boosté par les quatre premières grandes fermes solaires mises en service fin 2024 à Taravao et Mataeia.
(…) La question du stockage, à plus grande échelle est primordiale pour l’avenir du renouvelable en Polynésie. Plusieurs fois dans l’année 2025, notamment lors des pics de production hydroélectrique et pendant les périodes de faibles consommation, la production solaire a dû être « déchargée », c’est à dire gâchée. Outre les études sur de grandes batteries directement installés sur le réseau, EDT travaille sur la piste du stockage mécanique avec « Baby Step », dont les travaux devraient commencer en avril pour une mise en service en fin d’année 2026.
Pour EDT, ce franchissement du seuil des 50% d’énergies renouvelables « constitue une étape majeure pour Tahiti et confirme que la transition énergétique du territoire est désormais concrète et mesurable ». Cependant, l’entreprise fait aussi état d’un « équilibre fragile »… (…)
Pour rappel, le Fonds de transition énergétique en Polynésie Française réitérait mi-octobre 2025 que la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie 2022-2030 vise à porter la part des énergies renouvelables à 75 % dans la production d’électricité en Polynésie française, d’ici 2030.

Lire aussi : Siu, Moux, EDT… Même trio de candidats pour la deuxième tranche de fermes solaires

Le renouvelable prend le pas sur le thermique dans le mix électrique (Radio 1)

 

# Préserver le corail du blanchissement tout en produisant de l'électricité solaire. C'est ce petit miracle que Serge Planes, directeur de recherches au Criobe, une des antennes du CNRS en Polynésie, et son équipe sont en train de mettre en oeuvre à 350 mètres de la plage de Tumaraa, sur l'île de Raiatea.  
Il aura fallu près de deux ans mais le projet fonctionne désormais. Vendredi, en présence du conseil municipal de Tumaraa, et des représentants de TotalEnergies Polynésie, principal bailleur de fonds du projet, Serge Planes, directeur de recherches au Criobe, a officiellement inauguré le démonstrateur de ferme solaire installé sur le lagon de Tumaraa, à Raiatea. Avec quatre modules photovoltaïques flottants de 80 m², la production annuelle estimée de ce démonstrateur est d’environ 57 MWh d’électricité d’origine renouvelable et locale.  
Initialement destinée à alimenter la cuisine centrale, sur décision municipale, l'électricité produite a finalement été redirigée vers la machine à glace très énergivore de l'association des pêcheurs de Tumaraa.
(…) Les équipes du Criobe envisagent une surface de fermes solaires flottantes de 4 ha pour couvrir l’intégralité des besoins de la commune de Tumaraa en journée, une surface somme toute raisonnable dans un lagon de plusieurs dizaines d'hectares pour un bénéfice écologique et économique non négligeable. Inscrite dans la volonté du Pays d'atteindre 70 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2030, cette expérimentation prend tout son sens. D'autant que le coût de son installation pourrait être pris en charge par des investisseurs qui ont besoin de “crédit carbone”.    
L'expérimentation développée dans l’optique d’une préservation des récifs coralliens constitue une nouveauté à l’échelle mondiale. Et les résultats sont aussi au rendez-vous. Les différents modules installés étant plus ou moins opaques, les effets d'un ombrage plus ou moins élevé ont ainsi pu être analysés. Si une réduction de l'ensoleillement de 50 % semble sans effet, il est désormais acquis que le corail tire un réel bénéfice d'une réduction de 80 %.
(…). Dans le cadre d'une convention de trois ans avec la commune, l’expérimentation devrait courir jusqu'à la fin de l'année prochaine. Durant cette période, ce sont les équipes du Criobe et leurs bailleurs de fonds qui gèrent le parc, la commune demeurant le bénéficiaire de la production électrique. (…)

Des panneaux solaires pour sauver le corail (Tahiti Infos)