Table-ronde en visioconférence entre Paris et Papeete à propos du changement climatique et de ses conséquences en Polynésie française: État et Pays travaillent à élaborer des "recommandations opérationnelles, concrètes et utiles" ; Tourisme, production agricole locale... : avec sa stratégie de développement « Cap 2033 », le gouvernement définit la feuille de route du Pays pour les dix prochaines années "afin de bâtir une économie plus diversifiée, plus résiliente et plus équitable" ; Le ministre de l’Économie, du Budget et des Finances a présenté une communication sur le bilan de l’étude diagnostique et de structuration de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), un mode d’entreprendre qui cherche à concilier activité économique et utilité sociale.
# Quelles initiatives à valoriser et quels leviers à améliorer pour faire face au changement climatique dans le Pacifique sud ? C’est l’objet de la mission d’information du Sénat sur “la diplomatie climatique française à l’épreuve d’un monde en tension”. Son rapporteur, le sénateur Teva Rohfritsch, et plusieurs intervenants, dont le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, et le haut-commissaire Alexandre Rochatte, ont participé ce jeudi (26/03) à une table-ronde en visioconférence entre Paris et Papeete, l’objectif étant d’aboutir à des “recommandations opérationnelles” en matière de coordination et de financement.
Créée mi-février par le Sénat, la mission d’information sur la diplomatie climatique française à l’épreuve d’un monde en tension vise à “identifier les principaux points de blocage de la diplomatie climatique française et européenne, et à apprécier l’articulation entre ambitions diplomatiques, engagements financiers et instruments de coopération”, dix ans après l’adoption de l’accord de Paris. Le rapporteur de cette mission n’est autre que le sénateur polynésien Teva Rohfritsch.
(…) Interrogé sur les moyens mis en œuvre par l’État en partenariat avec le Pays pour résorber ces effets, Alexandre Rochatte cite plusieurs dispositifs, dont le fonds de transition énergétique pour atténuer l’impact carbone, la convention de construction d’abris de survie combinés à des bâtiments publics dans les atolls et le projet en cours d’implantation d’un radar météorologique pour affiner les prévisions. “Les conséquences du dérèglement climatique sont au cœur des programmes et des stratégies de toutes les organisations régionales du Pacifique sud”, souligne le représentant de l’État, évoquant notamment le Forum des îles du Pacifique et la stratégie 2050 pour le “continent bleu”.
(…). Nicolas Rocle, représentant du Programme régional océanien de l’environnement (PROE) a contribué aux échanges depuis les Samoa. L’occasion de présenter plusieurs dispositifs, dont l’initiative Kiwa, qui vise à renforcer la résilience climatique par des “solutions fondées sur la nature”, et Weather Ready Pacific, en faveur de l’amélioration des systèmes météorologiques nationaux et d’alerte précoce “afin de sauver des vies humaines et de protéger des infrastructures critiques et des moyens de subsistance”.
(…). D’autres suggestions ont été formulées, dont l’adhésion à certains programmes internationaux via des indicateurs davantage en phase avec la réalité, comme la cherté de la vie, ou encore l’étude des opportunités et des limites du crédit carbone.
Ces échanges feront l’objet de réponses écrites et étayées de chacun. Pour le rapporteur Teva Rohfritsch, l’objectif est d’aboutir à un rapport accompagné de “recommandations opérationnelles, concrètes et utiles”. L’urgence est réelle : en Polynésie française, près d’un tiers des îles pourrait disparaître d’ici 2100 sous l’effet de l’élévation du niveau de la mer.
La Polynésie face au changement climatique (Tahiti Infos)
# Lors du Conseil des ministres, qui s’est exceptionnellement tenu ce samedi (28/03), le ministre de l’Économie a présenté au gouvernement un projet de délibération relatif à la stratégie de développement du Pays baptisée « Cap 2033 ». Celle-ci prévoit à cet horizon un «repositionnement de l’objectif » touristique avec 450 000 visiteurs (et non plus 600 000), une hausse de 30% de la production agricole locale ou encore la création de 3 000 emplois dans le secteur du numérique.
« Ce plan ambitieux définit la feuille de route du Pays pour les dix prochaines années (…) afin de bâtir une économie plus diversifiée, plus résiliente et plus équitable », indique le compte rendu du Conseil des ministres.
Ce « Cap 2033 » se veut être « un outil de pilotage concret » pour « répondre aux défis structurels du Fenua, comme le coût de la vie, l’éloignement et la vulnérabilité climatique, tout en valorisant ses atouts majeurs : sa jeunesse, sa biodiversité et sa culture ».
(…) « Pour s’assurer que ces objectifs soient atteints, une équipe dédiée au sein de l’Agence de développement économique assurera le suivi et l’évaluation constante des actions menées »…
450 000 touristes, hausse de 30% de la production agricole, le cap du Pays pour 2033 (TNTV)
# (Lors du Conseil des ministres du 18/03), le ministre de l’Économie, du Budget et des Finances a présenté une communication sur le bilan de l’étude diagnostique et de structuration de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS).
Dans un contexte de renforcement des politiques publiques en faveur d’un développement économique inclusif, durable et solidaire, l’Agence de développement économique (ADE) a été mandatée pour mener des travaux de structuration de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) en Polynésie française. L’Économie sociale et solidaire, est un modèle d’entrepreneuriat qui privilégie l’intérêt collectif, la solidarité, et le réinvestissement des bénéfices au service du projet, en cohérence avec les valeurs traditionnelles polynésiennes.
(…) Le diagnostic (phase 1) a recensé 11 192 structures relevant potentiellement de l’ESS en 2025 : principalement des associations (10 988), mais aussi des coopératives (194, dont 34 agricoles), des mutuelles (4) et des fondations (6).
Elles représentent 262 établissements employeurs (soit 3,16% de l’ensemble des structures employeuses) et 2731 salariés (soit 3,67% des emplois salariés), pour une masse salariale de 8,15 milliards F CFP. Par ailleurs, deux sociétés ont d’ores et déjà inscrit l’ESS dans leurs statuts, alors même qu’aucun cadre règlementaire n’existe encore en Polynésie française.
L’étude met en évidence la richesse et la diversité des initiatives locales et la nécessité de renforcer leur structuration et leur modèle économique.
(…) Enfin, l’ADE travaille à l’élaboration d’un projet de loi sur l’ESS en Polynésie française (phase 3), inspiré de la loi nationale du 31 juillet 2014, ainsi qu’à la définition d’une feuille de route visant à créer un écosystème de soutien et d’accompagnement, adapté au contexte polynésien, incluant notamment la création de statuts coopératifs et d’outils d’accompagnement.
L’ESS, en cohérence avec nos valeurs culturelles, constitue un levier pour renforcer les initiatives collectives et promouvoir un mode d’entreprendre favorisant une prospérité partagée et durable.
Bilan de l’étude diagnostique et de structuration de l’Économie Sociale et Solidaire en Polynésie française (Tahiti News)
En savoir plus : L'économie sociale et solidaire (ESS) est un mode d’entreprendre qui cherche à concilier activité économique et utilité sociale. Les structures qui optent pour ce modèle économique (associations, sociétés commerciales, mutuelles, coopératives, fondations…) se préoccupent en premier lieu de leur utilité sociale et/ou environnementale et placent l’humain avant le profit au cœur de leur fonctionnement. Les structures de l'ESS peuvent financer leurs projets sociaux ou environnementaux grâce à des acteurs privés ou publics. Il peut s'agir de dispositifs comme les contrats à impacts sociaux (CIS), de financement participatif, de dons, de subventions publiques etc.
L'économie sociale et solidaire (economie.gouv.fr)
Économie sociale et solidaire (ESS) : définition, structures, entreprises ESS (bigmedia.bpifrance.fr)