Afin d'atteindre les objectifs d’intégration du renouvelable dans le mixte énergétique du fenua, le Pays a proposé à l'État de reconduire le dispositif  du Fonds de transition énergétique en le co-finançant. Et, ainsi contribuer au renforcement de la souveraineté énergétique de la Polynésie française, en cohérence avec la Programmation Pluriannuelle de l’Energie 2022-2030. Ce fonds a déjà permis de multiplier les centrales hybrides dans les îles et de porter certaines innovations à Tahiti ; Le gouvernement fait face à plusieurs questions importantes sur l’avenir du système électrique. La plus urgente a été tranchée : la centrale "Chef Vairaatoa" (à Papeete), à l’arrêt depuis plusieurs mois, ne redémarrera pas. Si EDT doit équiper la Punaruu de nouveaux moyens de production de secours, la construction d’une centrale neuve à Papenoo est, elle, toujours en suspens ; L'autonomie énergétique du fenua s'avère de plus en plus nécessaire. Plus d’un mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient, et malgré une relative accalmie du conflit ces derniers jours, plusieurs pays du Pacifique craignent des pénuries de carburant. Concernant l’approvisionnement de la Polynésie française, le Haut-commissaire se dit « pas inquiet » mais « vigilant ».

 

 

 

# Alors que l’État vient de lancer le dernier appel à projets du Fonds de transition énergétique*, le Pays lui a proposé de reconduire le dispositif en le cofinançant. Car pour le gouvernement, ce fonds, dont les 7 milliards de francs ont déjà permis de multiplier les centrales hybrides dans les îles et de porter certaines innovations à Tahiti, est nécessaire pour atteindre les objectifs d’intégration du renouvelable. L’objectif fixé en 2015 de « 75% d’EnR » dans le mix électrique en 2030 est depuis longtemps oublié, mais le Pays vise désormais, plus raisonnablement, les 55 à 60%.
Fin mars, le Haut-commissariat a lancé le quatrième appel à projets du Fonds de transition énergétique. Un fonds d’aide national annoncé par le chef de l’État Emmanuel Macron lors de sa visite en 2021, et qui est doté de près de 7,2 milliards de francs sur la période 2023 à 2026. Depuis sa mise en opération, 21 projets – notamment des centrales hybrides dans les îles, mais aussi des projets innovants de stockage électrique à Tahiti – ont été financés à hauteur de 4,7 milliards, et cet appel à projets, comme annoncé depuis l’origine, doit être le dernier. Cette disparition, pourtant, personne ne semble s’y résoudre. Pas du côté des professionnels, où on note que l’accompagnement est plus que jamais nécessaire, notamment dans les îles, pour accompagner la transition énergétique. Pas du côté des parlementaires qui ont déjà évoqué à Paris la prorogation du fonds. Et pas du côté du Pays, comme l’a confirmé Warren Dexter sur notre plateau il y quelques jours. Le ministre des Finances et de l’Énérgie le reconnait : les autorités se sont résolues à ne pas atteindre les 75% d’énergie renouvelable dans le mix électrique polynésien en 2030, un cap fixé sous dès 2015 par le plan de transition énergétique, mais que le Pays ne s’est jamais réellement donné les moyens de respecter.
Le projet de délibération cap 2033 parle d’un objectif plus modeste : « 55 à 60% » d’Enr dans le mix d’ici 2030. Des chiffres atteignables pour Warren Dexter, qui rappelle que Tahiti (et pas la Polynésie) vient de passer la « barre symbolique » des 50%. Pour couvrir le reste de la distance, le ministre cite la deuxième tranche d’appel à projets photovoltaïques, déjà attribués et qui doivent être mis en fonction d’ici 2028, mais aussi… Le Fonds de transition énergétique.

Le Pays prêt à participer au Fonds de transition énergétique pour le prolonger (Radio 1)

* Fonds de transition énergétique : Contexte et objectifs : La politique d’atténuation et d’adaptation au changement climatique de la Polynésie française contribue à l’atteinte des objectifs climatiques de la France et lui confère une maîtrise technique des systèmes insulaires. À l’instar des autres territoires ultra-marins de la République, la Polynésie française dépend à 93% de l’importation d’hydrocarbures pour subvenir à ses besoins énergétiques. En raison de la hausse structurelle et durable du coût des ressources fossiles à l’échelle planétaire, de la non-interconnexion du territoire, ainsi que des effets liés aux changements climatiques, cette dépendance constitue un facteur majeur de vulnérabilité pour la Polynésie française. (...)

Fonds de transition énergétique (polynesie-francaise.gouv.fr)
Appel à projets fonds de transition énergétique 2026 

 

 

# Le gouvernement fait face à plusieurs questions importantes sur l’avenir du système électrique. La plus urgente a été tranchée : la centrale chef Vairaatoa, à l’arrêt depuis plusieurs mois, ne redémarrera pas. Si EDT doit équiper la Punaruu de nouveaux moyens de production de secours, la construction d’une centrale neuve à Papenoo est, elle, toujours en suspens. Une réflexion liée à celle, plus large, de la fin de la concession de Tahiti Nord. Le ministre de l’Énergie Warren Dexter indique que plusieurs scénarios sont désormais « sur la table » mais plaide déjà pour un acteur unique assurant le transport et la distribution de l’électricité. Quant à la trajectoire vers le renouvelable, le Pays n’a pas avancé sur l’ETM, mais a proposé à l’État d’apporter son concours pour pérenniser le Fonds de transition énergétique.
Dans le concert de questions qui entourent ces temps-ci le système électrique tahitien, c’était sûrement la plus urgente : que faut-il faire de la centrale chef Vairaatoa ? La deuxième unité de production thermique du Pays, mise en service dans les années 60, et qui se trouve juste en face de la gare maritime de Papeete, était déjà à l’arrêt depuis le mois de novembre. La faute à la vétusté du bâtiment, fragilisé par six décennies d’exploitation et de vibrations, et à une « accélération de sa dégradation structurelle » ces derniers mois. Une partie des places de stationnement et un des trottoirs la rue chef Vairaatoa ont même été condamnés par crainte de l’effondrement de certains pans de murs ou de surplombs sur les passants.
(…). Mais pour la filiale d’Engie, cette solution ne constituait, à la base, qu’une réponse temporaire, en attendant la construction d’un nouveau site de production thermique, en projet depuis de longues années. L’idée de ce « site 3 », qui bénéficie d’un foncier dédié à Papenoo, sur le terrain de Tahiti Nui Telecom, est d’être une source de production électrique très pilotable pour permettre de « lisser » au mieux les pics de production des centrales photovoltaïques, dont une deuxième cuvée est attendue pour 2028. Et donc, d’après EDT qui avait aussi utilisé Vairaatoa dans cette optique depuis 2024, de mieux intégrer les énergies renouvelables sur le réseau. Pourtant le gouvernement n’a pas, à ce stade, donné l’autorisation à son concessionnaire de construire cette nouvelle centrale. (…)

Centrale à remplacer, « acteur unique » de l’électricité… Le Pays en pleine réflexion sur l’énergie (Radio 1)

 

# Plus d’un mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient, et malgré une relative accalmie du conflit ces derniers jours, plusieurs pays du Pacifique craignent des pénuries de carburant. Le Haut-commissaire, Alexandre Rochatte, ne se dit « pas inquiet » mais tout de même « vigilant » sur les stocks de la Polynésie, qui d’après le suivi quotidien fait auprès des opérateurs pétroliers, sont assurés jusqu’à la fin du mois de juin. Le Haussariat échange d’ailleurs, et depuis bien avant cette crise mondiale, avec ces professionnels pour revoir les stocks stratégiques. L’État, dont les exigences en la matière ne sont pas respectées, pourrait demander des niveaux de réserve « plus réalistes » avec la situation du pays, et les opérateurs pourraient s’engager, avec le soutien de la collectivité, à se doter d’infrastructures supplémentaires. 
« Pas inquiet » mais « vigilant », le Haut-commissaire, concernant l’approvisionnement de la Polynésie en carburant. Si le Pays est compétent pour réguler le prix des hydrocarbures – et pour subventionner le FRPH pour éviter leur envolée – c’est bien l’État qui doit veiller sur les stocks et sur le ravitaillement du pays pour que l’activité économique – « et tous les services publics » – « puissent fonctionner correctement et que les gens puissent continuer à se déplacer et à vivre normalement ».
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Crise des hydrocarbures : l’État a de la visibilité sur les stocks de carburants « jusqu’à la fin juin » (Radio 1)