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Sans rentrer ici dans le détail de la viabilité économique de ce projet, on s’interrogera sur sa durabilité en ce qui concerne la dimension écologique. Dans ce projet, en effet, rien n’est anodin. Ni le site de Hao, ni l’impact que l’on peut craindre sur l’écosystème de cet atoll.

 

L'aquaculture (crevettes et poissons) pourrait être développée et mieux répondre à la demande des consommateurs de Polynésie, assure la Cour Territoriale des Comptes. Le projet industriel de la ferme aquacole de Hao s’inscrit donc dans ce développement possible, à la nuance près que les poissons qui y seraient élevés sont destinés à l'exportation. Mais qu’en est-il sur le plan environnemental ? Une délégation gouvernementale s’est déplacée sur l’atoll, début novembre, pour accompagner Wang Chen, le P-dg de la société porteuse du projet, Tahiti Nui Ocean Foods. Interrogé par Radio 1, le ministre de l’Environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu, a assuré vouloir rester « vigilant » et a affirmé ne pas vouloir revivre, avec ce projet aquacole, les problèmes de « dépollution des sites militaires ».

C’est que la population de Hao a déjà subi 30 ans de pollution industrielle lorsque l’atoll servait de base arrière du CEP (Centre d'expérimentation du Pacifique). Environ 217 000 tonnes de terres polluées par l’activité industrielle ont été recensées sur l’atoll. À ce titre d’ailleurs, une étude sanitaire réalisée par l’Institut Louis Malardé et financée à 80% par l’État, doit être prochainement lancée. Il ressort d’une étude réalisée en 2011 que les eaux de l'atoll présentent une pollution aux polychlorobiphényles (PCB); que le gazon algal est pollué aux PCB et aux métaux lourds ; les sols de surface sont pollués aux PCB, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et aux métaux lourds. Enfin que les denrées alimentaires de l'atoll sont polluées aux PCB et aux métaux lourds… Par ailleurs, signale La Dépêche de Tahiti, la question des farines animales a été abordée, ainsi que celle des déchets rejetés dans le lagon. « L’entreprise s’est défendue, indiquant que l’aquaculture n’est pas une pratique nouvelle et que partout ailleurs où ils sont implantés, ils n’auraient pas reçu de plaintes » commente le quotidien

- Lire sur Tahiti Infos : L'étude sanitaire à Hao et Makemo va durer jusqu'en avril 2017

 

Pollution, dépollution et re-pollution ?

 

L’installation d’une ferme aquacole dans un tel environnement n’est déjà pas sans interroger. Mais la réalisation des infrastructures pose aussi question.  

« Pour la réalisation du complexe, 580 000 tonnes de matériaux doivent être acheminés sur place pour ce chantier hors normes, précise Tahiti Infos. Et déjà cela pose un problème lié au fret, dans un atoll desservi à raison de huit touchers de caboteurs par mois, c'est-à-dire qu'à raison de 10000 tonnes par mois de fret, il faudrait 5 ans pour acheminer le tout. Près de 40% devrait venir directement de Chine (structures métalliques, préfabriqués...) pour tenir les délais ».

- Lire sur Tahiti Infos : Tahiti Nui Ocean Foods souhaite construire sa ferme aquacole en 24 mois à Hao 

 

 

Un rapport sénatorial inquiétant

 

La délégation sénatoriale à l’Outre-mer a d’ailleurs vivement critiqué l’impact sur l’environnement de ce projet aquacole dans un rapport de 77 pages publié en septembre dernier et dédié « aux dérèglements climatiques ». « La société qui investit prévoit une production annuelle de plus de 50 000 tonnes de poissons d’élevage sur cet atoll. Les conséquences environnementales d’une telle activité risquent d’être assez catastrophiques », peut-on y lire p.28. On notera toutefois la critique de ce rapport par l’un des deux sénateurs polynésiens qui font partie de cette délégation. Lana Tetuanui, interrogée par Radio 1 veut demander sa modification en expliquant que si le passage sur Hao est maintenu, elle demandera l’ajout d’une mention sur les conséquences des essais nucléaires à Moruroa et de l’installation de la base arrière à Hao dans le même rapport. Paradoxalement, sous prétexte semble-t-il de défendre le projet aquacole, la sénatrice donne des raisons supplémentaires de s’interroger sur la viabilité écologique et sanitaire d’un tel projet…

Diverses actions doivent être en tout cas être menées au préalable ou en parallèle du projet d’implantation de la ferme aquacole. Un état des lieux a été présenté au gouvernement, au cours de la réunion du conseil des ministres, le 18 novembre. Sous réserve qu’une expertise indépendante garantisse l’innocuité durable de ces techniques, le traitement des pollutions aux hydrocarbures sera fait par « biotertre », une technique qui consiste à mettre des sols pollués en tas en vue d’un traitement biologique. Les terres polluées aux Polychlorobiphényles (PCB) et métaux lourds seront isolées par confinement.
L’appel public à la concurrence pour choisir le prestataire international et neutre chargé de l’expertise, a été lancé le 8 octobre dernier.

 

En savoir plus :

- Sur Tahiti Infos : Projet aquacole de Hao, un état des lieux présenté au gouvernement

- Sur La Dépêche de Tahiti : Point sur l'Ecoparc, l'atoll de Hao et les miss au conseil des ministres



 

 

 

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