Le Sénat a publié le 18 août un rapport dans lequel le projet de ferme aquacole à Hao, aux Tuamotu, est critiqué. Une critique qui, selon les sénateurs polynésiens, "ne reflète pas la réalité". Il n'empêche que se pose le problème des pollutions, notamment dues à la nourriture et aux traitements donnés aux poissons en cage, que peut entraîner ce genre d'industrie.

"Au-delà des inquiétudes induites par le changement climatique (réchauffement des eaux, acidification des océans, montée du niveau de la mer…), on peut légitimement s’interroger sur l’impact potentiellement négatif de certains grands projets de développement récemment lancés en Polynésie française, comme le projet chinois de ferme aquacole sur l’atoll de Hao aux Tuamotu. La société qui investit prévoit une production annuelle de plus de 50 000 tonnes de poissons d’élevage sur cet atoll. Les conséquences environnementales d’une telle activité risquent d’être assez catastrophiques", explique Jean-François Silvain, directeur de recherches à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Lire le Panorama des biodiversités ultramarines et de milieux menacés et problématique de la connaissance. P. 28 du rapport "Biodiversités des outre-mer et changement climatique".

Les sénateurs polynésiens ont tout de suite réagi pour faire part de leur indignation et évoquent une "'interprétation erronée". Le rapport du Sénat évoque 50.000 tonnes de production de poissons d'élevage chaque année alors que ce n'est qu'une "ambition" selon le ministre de l'économie Teva Rohfritsch.À tout le moins, l'ensemble des Tuamotu serait concerné pour la production à travers l'installation de 2 800 cages d'élevage disséminées dans les différents lagons et pas seulement à Hao. Raison de plus de s'inquiéter ?

 

- Lire sur Polynésie 1ère :Le projet de ferme aquacole de Hao inquiète les sénateurs 

-Lire sur TNTV :Le projet de ferme aquacole de Hao critiqué 

- Lire sur La Dépêche de Tahiti :Hao : le Sénat s’inquiète, le Pays répond 

Pourtant, explique Tahiti-Infos, force est de constater –et de vérifier- que depuis le début de la communication officielle sur ce projet de ferme aquacole en Polynésie française, d'abord à Makemo, puis à Hao, cette production annoncée de 50 000 tonnes est un leitmotiv. Un véritable fil rouge. Que les messages officiels ne sont jamais venus contredire. Lire: 50 000 tonnes de production à la ferme aquacole de Hao : ce sont bien les chiffres annoncés

 

Les fermes aquacoles sont elles polluantes ?

 

La problématique se pose aussi sur l'Île Maurice. Relevant les dangers potentiels que représentent ces fermes aquacoles autour de Maurice, l'océanographe Vassen Kauppaymootoo rappelle que "ces fermes sont sources de pollution pour nos eaux et attireront inévitablement les requins", rappelle-t-il, insistant sur la dégradation écologique qui s'ensuivra, avec en l'occurrence l'introduction de produits chimiques ou autres nourritures dans le lagon. Ces projets feront inévitablement surgir des conflits sociaux, notent les observateurs, soulignant que les pêcheurs, plaisanciers, plongeurs, et autres amateurs de la mer, ne pourront avoir accès sur une zone de 300 mètres, limitant et bloquant leurs activités. 

- Lire sur  Lemauricien.com Projets d'aquaculture à travers l'île : Est-on en train de morceler nos eaux ? 

 

Dans les atolls des Tuamotu, aux écosystèmes fragiles, la question se pose d'autant plus. De véritables études écologiques ont-elles été réalisées en ce qui concerne la non-nocivité de projets tels que ceux qui sont en voie de réalisation…? Quid de la contamination interinsulaires ?

 

En savoir plus :

Lire sur Futura Science: L’aquaculture : une alternative durable à la surpêche ? 

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