Pauvreté et poids financier des maladies chroniques incompatibles avec un développement réellement “durable” du Fenua: Projet de loi du Pays pour la création d'un nouveau dispositif de lutte contre la vie chère avec une carte de remises sur certains produits de première nécessité (PPN). Ce titre nominatif, proposé sous forme physique et dématérialisée, permettra aux ménages les moins aisés de bénéficier d’une remise immédiate en caisse sur une sélection de produits de première nécessité (alimentation et hygiène) ; Comme en métropole, et peut-être plus, les plus modestes n’ont pas les moyens d’accéder à une alimentation saine. Dans l’Hexagone, trente-sept associations ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour réclamer « une loi d’urgence » garantissant l’accès à cent produits sains à prix coûtant ; Au fenua, le dernier rapport public de la Chambre territoriale des comptes (CTC) montre, une nouvelle fois, que l’obésité, les cancers et le tabagisme précoce constituent des enjeux sanitaires majeurs. Et les plus jeunes sont de plus en plus touchés.
# (…) Le ministre de l’Économie, du Budget et des Finances, Warren Dexter, a présenté un projet de loi du Pays pour la création d'un nouveau dispositif de lutte contre la vie chère avec une carte de remises sur certains produits de première nécessité (PPN). Une formule proposée en octobre 2025 par le Conseil économique social environnemental et culturel.
En octobre 2025, alors que le CESEC étudiait différentes mesures du gouvernement pour faire baisser le coût de la vie, les représentants de la société civile avaient proposé l’idée d’instaurer une carte de remise sur les PPN à destination des ménages les plus modestes, afin de cibler les bénéficiaires d'un tel dispositif. Une idée que le gouvernement va finalement développer et que le ministre de l’Economie, Warren Dexter, a présenté mercredi en conseil des ministres.
Ce titre nominatif, proposé sous forme physique et dématérialisée, permettra aux ménages les moins aisés de bénéficier d’une remise immédiate en caisse sur une sélection de produits de première nécessité (alimentation et hygiène). Chaque bénéficiaire disposera d’un montant de remises de 10% sur 30 000 francs d’achats de PPN par mois dans tous les magasins participant au dispositif.
(…) "Le dispositif soutient les familles mais aussi les producteurs locaux", explique le gouvernement dans son communiqué du conseil des ministres de ce mercredi. "Les remises s'appliqueront en effet notamment sur les PPN fabriqués au fenua (fruits, légumes, produits d'hygiène) afin de faciliter leur consommation. L’objectif de ce nouveau dispositif est d’agir directement sur le prix final payé par le consommateur, tout en préservant l’équilibre des marges des commerçants."
Le projet de texte sera soumis pour avis au Conseil économique, social, environnemental et culturel, qui devrait se prononcer pour, l’idée émanant de ses services.
Le Pays reprend l’idée du CESEC sur les PPN (Tahiti Infos)
C’est le voeu affiché par trente-sept associations en métropole qui pointent du doigt la difficulté accrue des Français de l’hexagone comme en outre-mer à se nourrir sainement. Une initiative intéressante…
Non seulement « un Français sur trois ne mange pas à sa faim », mais les plus modestes n’ont pas non plus les moyens d’accéder à une alimentation saine. Face à constat, trente-sept associations ont adressé, ce mercredi 1er avril, une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour réclamer « une loi d’urgence » garantissant l’accès à cent produits sains à prix coûtant.
Sous l’effet de l’inflation mais aussi d’une tendance de « distributeurs à renchérir les produits essentiels à la santé », « l’assiette devient la variable d’ajustement du budget des ménages » et se nourrir sainement « devient un luxe pour beaucoup », alertent ces associations, emmenées par Familles Rurales, Foodwatch, le Secours Catholique Caritas France et France Assos Santé.
(…). Le collectif estime donc urgent de légiférer pour garantir l’accès à cent produits alimentaires sains, conformément aux recommandations du programme national nutrition santé (PNNS), « vendus à prix coûtant dans toute la grande distribution » dans toute la France, Outre-mer compris.
En Outre-mer, le dispositif « bouclier qualité-prix », qui consiste à garantir des prix modérés sur des produits de consommation courante, a été reconduit cette année. La mesure est cependant jugée insuffisante par beaucoup de consommateurs, qui affirment que l’écart des prix avec l’Hexagone est encore trop important. En Guyane, un paquet de riz d’un kilo peut ainsi coûter de 30 à 50 % de plus que dans l’Hexagone, pointe, par exemple, Guyane la Première.
(…). Non seulement cette loi d’urgence n’alourdirait pas le budget de l’État, mais elle réduirait à moyen terme les dépenses de santé, ajoute la lettre ouverte adressée à Sébastien Lecornu. Et cela ne pénaliserait pas les agriculteurs, « dont la juste rémunération doit être assurée », plaide encore le collectif.
Une pétition, signée par près de 40 000 personnes, a aussi été lancée pour exiger cent aliments bons pour la santé à prix coûtant dans les supermarchés
100 produits sains à prix coûtant (Tahitinews-Yahoo actualités)
# Le dernier rapport public de la Chambre territoriale des comptes (CTC) montre, une nouvelle fois, que l’obésité, les cancers et le tabagisme précoce constituent des enjeux sanitaires majeurs. Et les plus jeunes sont de plus en plus touchés. Conséquences : une situation marquée par des tensions structurelles persistantes, que seules des réformes systémiques permettront de dépasser.
Alors que le baromètre de la santé des jeunes 2025 en Nouvelle-Calédonie montre que près de quatre jeunes sur dix sont en surpoids ou obèses (39 %), la Polynésie n'est pas meilleure élève. Dans un rapport, la Chambre territoriale des comptes (CTC) indique que les jeunes Polynésiens ne sont pas épargnés, puisque près de la moitié des femmes de 18 à 29 ans et plus d’un tiers des hommes du même âge sont obèses. Chez les adolescents, la tendance est tout aussi préoccupante, avec un jeune sur cinq en situation d’obésité. Cette progression rapide résulte d’une modification profonde des habitudes de vie, dont l'alimentation plus riche en produits transformés, une sédentarité accrue, des situations de précarité qui limitent l’accès à une alimentation de qualité et une entrée précoce dans les comportements addictifs sont les premières causes.
(…). La Caisse de prévoyance sociale, principal financeur des soins, “ne recueille pas systématiquement les données anthropométriques (la taille et le poids) dans ses bases de remboursement. Ainsi, les patients en situation d’obésité ne sont pas toujours identifiables, sauf lorsqu’ils sont identifiés en ‘longue maladie’”, informe la CTC. Cette absence de traçabilité empêche de donner précisément les coûts liés à l’obésité, de suivre les trajectoires de santé et d’évaluer les effets des actions de prévention. Pour remédier à cette situation, la chambre recommande d’organiser au plus vite la traçabilité de la taille et du poids du patient lors de chaque consultation médicale.
Les cancers connaissent également une forte hausse, avec un nombre de nouveaux cas annuels qui a presque quadruplé en quarante ans. Les Polynésiens sont souvent diagnostiqués plus jeunes qu’en métropole, en particulier les femmes pour le cancer du sein, dont plus d’un tiers des cas survient avant 50 ans. Les cancers de la prostate, du sein et du poumon restent les plus fréquents. Même si les cancers pédiatriques restent rares, ils augmentent aussi, notamment chez les 15-17 ans. Le tabagisme joue un rôle central dans cette évolution, car beaucoup d’adolescents expérimentent le tabac bien avant 17 ans, ce qui augmente fortement les risques de maladies graves à l’âge adulte. “65,5 % des élèves de 13 à 17 ans ayant fumé déclaraient avoir allumé leur première cigarette avant 14 ans”, indique la CTC. Cette précocité des comportements à risque se répercute sur les dépenses de santé, qui explosent chez les 15-25 ans.
“Cette analyse révèle une situation marquée par des tensions structurelles persistantes, que seules des réformes systémiques permettront de dépasser”, écrit la CTC dans son rapport. (…)
Un autre facteur vient poser problème à l'heure ou le mot inflation est dans toutes les bouches : le poids financier des maladies chroniques ne cesse de croître, représentant 72 % des dépenses d’assurance maladie en 2022. Les cancers coûtent déjà plus de 12 milliards de francs par an, tandis que le coût réel de l’obésité reste mal connu faute de données consolidées. Les consultations pour surpoids, maladies métaboliques débutantes ou troubles psychologiques augmentent chez les jeunes, et les hospitalisations sont souvent liées à des prises en charge tardives qui auraient pu être évitées.
(…). L’ensemble de ces éléments montre une véritable urgence sanitaire et une urgence de gouvernance. Les jeunes Polynésiens sont exposés très tôt à des risques de santé majeurs, et le système peine à anticiper les dépenses et à construire des stratégies efficaces. Une politique de prévention renforcée, combinée à un meilleur suivi budgétaire et à une collecte de données fiables, apparaît indispensable pour inverser la tendance et protéger durablement la population.
Les jeunes Polynésiens de plus en plus en proie à l’obésité, au cancer et au tabac précoce (Tahiti Infos)
La Chambre territoriale des comptes (CTC) publie ce mardi (31/03) un rapport sur la santé publique en Polynésie française. Synthèse de plusieurs rapports publiés en 2024 et 2025, il met en évidence une progression "préoccupante" de l'obésité et des cancers en Polynésie française et "une efficacité limitée" des politiques de santé publique.
Moins de taro, poissons, légumes et plus d’aliments importés, riches en graisses, sucres, sel… L’alimentation de la population polynésienne s’est profondément transformée en l’espace de quelques décennies relève la Chambre territoriale des comptes dans son rapport sur la santé publique en Polynésie. À cela s’ajoutent une modification des modes de vie, plus sédentaire, l’urbanisation croissante, le vieillissement de la population, la préarité, le tabagisme, une activité physique insuffisante… Autant de facteurs qui expliquent la montée en puissance au fenua des pathologies chroniques non transmissibles. Deux inquiètent particulièrement : l’obésité et les cancers.
(…). Selon la CTC, en 2022, « les pathologies chroniques ont absorbé 72 % des dépenses d’assurance maladie en Polynésie française, soit 43,7 milliards de Fcfp sur 60,4 milliards de Fcfp. À eux seuls, cette même année, les cancers ont représenté une dépense de 12,5 Milliards de Fcfp ».
(…). Des actions de prévention sont bien mises en place mais, « sans suivi de résultat » déplore l’institution. Les données publiques notamment sur l’obésité, datent de plusieurs années. La Chambre relève ainsi que les coûts liés à l’obésité restent « mal évalués et les surcoûts évitables dus aux retards de diagnostic et aux prises en charge tardives ne sont pas documentés ».
Par ailleurs, aucun bilan chiffré global n’a permis d’évaluer l’efficacité des campagnes de prévention en milieu scolauire et professionnel, ni l’effet sur les comportement. Il n’existe pas non plus de « mécanisme de comparaison entre les campagnes ou de mesure de leur portée sur les différents segments de la population, notamment chez les jeunes ». Difficile ainsi d’y voir clair.
« La qualité des politiques publiques de santé dépend étroitement de la disponibilité de
données fiables, complètes, actualisées et partagées », souligne la Chambre.
La CTC estime que des tensions structurelles persistent, « que seules des réformes systémiques permettront de dépasser ».
La réponse sanitaire publique repose « largement sur le centre hospitalier de la Polynésie française, qui concentre la majorité des prises en charge complexes, note enfin la CTC. Son rôle pivot dans un environnement marqué par l’éloignement géographique et les disparités territoriales appelle une modernisation de sa gouvernance, un renforcement de ses capacités d’action, notamment via la création d’unités spécialisées. »
Obésité, cancers… une progression « préoccupante » en Polynésie française (TNTV)