Le 2 juillet 1966 à Moruroa, à 5h 34, était procédé au premier essai nucléaire en Polynésie française. Aldébaran était la cinquième expérimentation nucléaire atmosphérique de la France. Soixante ans plus tard, le Pays a organisé des journées de commémoration. L’occasion de rappeler les circonstances de cet événement qui a été à l’origine de profondes transformations de la vie du fenua suite à l’installation du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP). L’occasion de garder vivante la mémoire de cet événement à l’origine d’un débat qui est toujours « vif ». Scientifiques, chercheurs et militants ont pu exposer leurs analyses sur les conséquences sanitaires, environnementales, sociales et politiques du fait nucléaire. L’occasion aussi de lancer une pétition pour réclamer une étude « sur les maladies transgénérationnelles » et, pour l’Assemblée, d’adopter une proposition de délibération demandant solennellement pardon à la population pour sa « responsabilité politique historique ».
Comment écrire aujourd’hui l’histoire des essais nucléaires en Polynésie ? C’est la question qui est au cœur des recherches menées par Manatea Taiarui, enseignant en histoire-géographie et doctorant à l’Université de la Polynésie française. Un travail de plusieurs années qui s’appuie notamment sur l’ouverture progressive des archives militaires françaises.
Depuis 2022, Manatea Taiarui explore des milliers de documents conservés dans l’Hexagone. Des recherches destinées à mieux comprendre comment le Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP) a été créé, mais aussi replacer cette histoire dans un contexte plus large, à l’échelle de la région.
(…) En plus de sa thèse, Manatea Taiarui participe désormais à un nouveau programme de recherches baptisé Te Moana. Un projet consacré aux conséquences environnementales consécutives à l’installation du CEP.
(…). Un travail de longue haleine qui doit se poursuivre jusqu’en 2029 avec l’ambition d’apporter un nouvel éclairage sur l’histoire des essais nucléaires en Polynésie française.
Essais nucléaires : revisiter l’histoire grâce à l’étude des archives militaires (TNTV)
Soixante ans après l’explosion de la première bombe des essais nucléaires au-dessus de Moruroa, le Pays organise deux jours de commémoration, les 2 et 3 juillet, pour « ne pas oublier ». Entre performances artistiques, films documentaires, expositions et tables rondes avec associations et chercheurs, il s’agit de réfléchir à la façon de parler de cette histoire aujourd’hui et continuer à transmettre cette mémoire aux jeunes générations. Pour Titaua Peu, la déléguée au suivi des conséquences des essais nucléaires, il est important de « connaitre et comprendre cette histoire » alors que les esprits, des anciennes générations, sont « loin d’être apaisés ».
Pour Titaua Peu, la déléguée au suivi des conséquences des essais nucléaires, le débat est toujours « vif ». D’ailleurs, les affiches interpellent les passants et certains n’hésitent pas à s’arrêter pour dire ce qu’ils pensent de tout ça. Des idées souvent bien arrêtées de cette histoire du nucléaire : les mensonges de l’Etat, la culpabilité des Polynésiens, le profit que certains en ont fait, les conséquences sociales, environnementales, économiques…
(…) Pour la déléguée au suivi des conséquences du nucléaire, la science permet aujourd’hui d’éclairer les zones d’ombre. Un projet a d’ailleurs été lancé sur l’île de Tureia par la commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) pour questionner les données de l’armée sur les retombées des essais sur cet atoll. Bruno Chareyron, conseiller scientifique à la CRIIRAD, présentera ce programme lors d’une table ronde vendredi, initié après la publication du livre Toxique, qui a révélé que les données de l’armée et du CEA « n’étaient pas correctes »
60 ans d’Aldébaran : deux jours pour « regarder l’histoire en face » (Radio 1)
Soixante ans après le tir Aldébaran qui marquait le début de 30 ans d'essais nucléaires en Polynésie française, l'heure est au souvenir. Les 2 et 3 juillet, la DSCEN invite la population à se replonger dans cette page de l'histoire du fenua à travers un riche programme culturel et scientifique mêlant tables rondes, documentaires et visites guidées.
(…) Pendant deux jours, plusieurs sites accueilleront le public. Au programme : des conférences, expositions, projections de documentaires, tables rondes. Pour cette occasion, un site est spécialement aménagé pour accueillir la manifestation : les jardins Pū Māhara (rue Dupetit-Thouars, en vis-à-vis du parc Bougainville), ouvrent leurs portes aux visiteurs pour la première fois depuis plusieurs décennies.
À proximité directe, la DSCEN organisera des Journées portes ouvertes dans ses locaux. Une cérémonie commémorative et solennelle sera également organisée devant la stèle située sur la place Tū a Marama (promenade du front de mer, au niveau du rond-point Jacques Chirac).
Le programme complet de l’événement:
Premier tir nucléaire en Polynésie : expositions, projections et conférences pour se souvenir (TNTV)
La volonté du gouvernement de Polynésie est claire : garder vivante la mémoire des essais nucléaires français réalisés en Polynésie, à compter du 2 juillet 1966. Aldébaran, ce premier tir a marqué le début de 30 années d'expérimentations nucléaires qui ont profondément bouleversé le Fenua.
Le premier essai, 60 ans après. C’est le cadre de la manifestation qu’organise, sur deux jours, la Délégation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN), les 2 et 3 juillet prochain. Un programme de commémorations est imaginé pour “se souvenir de ce qui a été fait”. Un événement spécial baptisé “1966 – 2026. Aldébaran – Moruroa. Ono ‘ahuru matahiti”. Pendant deux jours, un site est spécialement aménagé pour accueillir la manifestation : les jardins Pū Māhara (rue Dupetit-Thouars, en vis-à-vis du parc Bougainville) qui ouvrent leurs portes aux visiteurs pour la première fois depuis plusieurs décennies. Impact environnemental, sanitaire des essais nucléaires y seront abordés autour de conférences, expositions, projections de documentaires, tables rondes.
Pour cette occasion, le Centre des métiers d'art (CMA) s'est associé à la DSCEN afin de proposer plusieurs créations artistiques destinées à être intégré au futur centre d'interprétation consacré à l'histoire des essais nucléaires, Pū Māhara.
(…). Autre symbole fort : des spécialistes du tapa, tissu traditionnel associé à la haute royauté, proposeront une démonstration de fabrication. “Le lien entre le tapa et les essais nucléaires, je dirais que c'est le pouvoir”, explique Tahurai Iputoa.
La mémoire passera également par une immense fresque de 73 mètres réalisée par Dhylan Frébault et Rahiti Hapaitahaa Conroy, étudiants en Diplôme national des métiers d'art et du design (DN MADE).
(…) La photographe Julie Pomery exposera quant à elle une série de clichés des paysages de l’ancienne base arrière du CEP, Hao.
(…) Pour Titaua Peu, ces réalisations ont aussi vocation à ouvrir le dialogue : “L'idée est d'amener les débats dans le jardin Pū Māhara, pour qu'ils ne soient pas réservés aux seuls scientifiques. C'est aussi que cette jeunesse puisse se rencontrer, discuter et débattre.” (…)
60 ans du premier essai nucléaire : deux jours pour une piqure de rappel (Tahiti Infos)
Alors que les 60 ans du premier essai français en Polynésie ont été commémorés ce 2 juillet, deux universitaires, Anaïs Maurer et Goenda Reea, ont présenté un travail de recherche sur les chants abordant le thème du nucléaire. Malgré la censure, les artistes du pays ont très tôt chanté leur douleur, leur tristesse et leur quête de justice. Parfois avec humour, parfois avec colère. Des chants qui continuent d’être analysés, qui font mémoire de cette histoire, et « nous invitent à repenser la chronologie de la contestation », tout autant que les archives officielles. D’ailleurs les universitaires espèrent voir ces playlists utilisées pour enseigner le fait nucléaire à l’école.
Interview: Anaïs Maurer, maître de conférence à la Rutgers university : C’est un travail collaboratif mené avec Goenda Reea, commencé il y a plusieurs mois maintenant. L’objectif est de valoriser une autre forme de savoir, une autre forme de perspective. Il y a celle des archives, théoriquement déclassifiées par le gouvernement Macron, je dis théorique parce que ce sont 35 000 documents, éparpillés sur plus de cinq sites différents. Des archives ni répertoriées par île, ni par date, donc à moins d’avoir 10 ans de financement devant soi, ça va être difficile de vraiment les étudier. Et il y a les savoirs locaux, qui ont perdu en validité. Est-ce que ce qui a été chanté au moment des essais n’est pas aussi précieux que ces archives militaires qui ne gardent finalement que ce que l’État a bien voulu consigner ?
(…) Oui, l’art peut faire bouger les choses et permettre d’aborder cette période, autrement que par des dates et par des chiffres qui, finalement, ne transmettent pas grand-chose.
Le nucléaire en musique : « Parler, c’était compliqué, chanter, c’était possible » (Radio 1)
Quelques jours après les soixante ans du premier tir nucléaire en Polynésie, Moetai Brotherson a été interrogé sur l’avancée du centre Pu Mahara, qui doit sortir de terre depuis de longues années près du parc Bougainville. Il a indiqué que le projet scientifique, culturel et éducatif avait été réécrit, que le comité de rédaction allait être enrichi « de nouvelles compétences issues de la société civile », et qu’une première phase de travaux serait lancée en septembre. Mais le président du Pays a surtout taclé les représentants de l’assemblée pour leur absence lors des commémorations d’Aldébaran organisées par le Pays : « On ne peut pas, d’un côté, s’émouvoir d’une absence apparente de débat et de l’autre se soustraire à une réflexion autour des conséquences du fait colonial nucléaire. Pour faire court, il aurait fallu être là. »
Alors que les commémorations du premier essai nucléaire français en Polynésie sont terminées, la représentante Teremuura Kohumoetini-Rurua a interrogé le président du Pays, ce lundi matin en séance plénière de l’assemblée, sur les avancées du centre de mémoire Pu Mahara ‘Atomi. La représentante Tavini, notant qu’un récent rapport de la CTC parlait d’un projet resté à l’état de chantier, regrette des annonces de travaux alors « qu’aucun document public n’ait présenté le projet, son contenu scientifique, sa gouvernance, son calendrier ou les garanties d’indépendance de son discours mémoriel ». Le président du Pays a commencé par refaire l’histoire de ce centre de mémoire, officiellement demandé dans le cadre de la commission d’enquête « Les Polynésiens et les essais nucléaires » menée par l’Assemblée de Polynésie française en 2005-2006. (…)
Comme l’avait annoncé Titaua Peu sur notre antenne, le président du Pays a expliqué que le projet scientifique, culturel et éducatif a été réécrit, « beaucoup plus axé sur la culture de notre pays et sur la valorisation des témoignages et l’expression artistique autour de l’appréhension des mémoires des faits coloniaux nucléaires ». Le comité de rédaction « qui a survécu » va être enrichi « de nouvelles compétences issues de la société civile » pour « proposer des contenus scientifiques, culturels, éducatifs, en adéquation avec la vocation de Pu Mahara et alimenter l’exposition permanente du Centre d’interprétation mémorielle des essais nucléaires en Polynésie et dans la région pacifique ».
(…) Le président du pays qui a ensuite précisé que Pu Mahara ne sera pas un « instrument politicien, ni un concours de punchline ou d’histoires égocentrées ».
Le centre de mémoire du nucléaire, ni un « instrument politicien, ni un concours de punchlines » (Radio 1)
Ce jeudi 2 juillet, la Polynésie commémore les 60 ans du début des essais nucléaires dans le Pacifique. Marqué par une forte mobilisation citoyenne à Mataiea et des tables rondes au Pū Māhara, l'évenement met en lumière les attentes persistantes du fenua envers l'État, notamment sur la question cruciale des critères d'indemnisation.
(…) Le 2 juillet 1966 était lancé Aldébaran, le premier tir nucléaire en Polynésie. 60 ans après, l’association 193 milite toujours pour une reconnaissance de l’Etat des dégâts causés avec, cette fois encore, une forte mobilisation des habitants de tous les archipels. Frère Maxime Chan, président du bureau exécutif de l’association 193 rassure, il n’y a pas de mésentente avec le Pays qui organisait des actions de son côté. « L’association a son rôle, c’est d’éveiller, c’est de revendiquer, d’interpeller les autorités. Donc l’État qui est responsable de cet état de fait. Chacun son rôle. Il n’y a aucun problème, disons, de concurrence. »
Dans les jardins du Pū Māhara face au parc Bougainville le public a pu admirer des performances artistiques, des films documentaires des expositions et participer à des tables rondes avec des associations et des chercheurs. Un événement organisé par le Pays et baptisé baptisé « 1966 – 2026. Aldébaran – Moruroa. Ono ‘ahuru matahiti ».
(…). Vendredi, dernier jour de débat au Pū Māhara, la pétition de l’association 193 elle, continuera de circuler jusqu’au 2 Février 2027. À Makemo, les 60 ans du nucléaire seront célébrés ce jeudi soir à la lueur des bougies.
60 ans du nucléaire : entre recueillement et exigences de réparations (TNTV)
À l'occasion des 60 ans du premier essai nucléaire en Polynésie, scientifiques, chercheurs et militants ont exposé leurs analyses sur les conséquences sanitaires, environnementales, sociales et politiques du fait nucléaire. Tous ont rappelé que son héritage dépasse largement la seule question des cancers.
La commémoration des 60 ans du premier essai nucléaire en Polynésie, organisée par la Délégation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN), a eu lieu vendredi. Trois tables rondes étaient prévues en matinée : “Le fait nucléaire : une jeunesse engagée”, “Tureia : passé, présent et avenir pour l’atoll habité le plus proche des sites des essais nucléaires” et “Les conséquences sanitaires et environnementales liées aux essais nucléaires”.
(…) Bruno Chareyron (Criirad) rappelle que toutes ces formes de radioactivité augmentent les risques sanitaires. Il souligne également que lors des tirs atmosphériques, “il y a eu des retombées très intenses. Par exemple, à un certain moment à Tureia, à Mangareva, des enfants ont été exposés à la fois à une irradiation par l'extérieur – tout ce qui flottait dans l'air –, mais aussi par ingestion de substances radioactives, par inhalation de substances radioactives, qui sont complètement différentes de celles qu'on trouve dans la nature, par exemple, le césium 137 ou le plutonium-239.”
La directrice de l’Institut du cancer (ICPF) Teanini Tematahotoa rappelle que l'institut a toute sa place dans le suivi des conséquences des essais : “On est en charge du registre des cancers (…) notre travail, c'est de ne pas les garder secrets, de pouvoir les publier, de les partager. On a aussi un travail scientifique rigoureux : celui d’aller chercher tous les cas de cancers”. Elle ajoute que l’ICPF est “en lien avec le Civen (Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires, NDLR) (…) et qu’on peut transmettre les données au Civen.”
(…). Chaque année, il y a environ 1 000 nouveaux cas de cancer. “Une augmentation attendue”, annonce Teanini Tematahotoa au vu du vieillissement de la population et de notre de mode de vie. Ils “représenteraient environ 40 % des cancers”.
(…) Pour améliorer ces connaissances, l'ICPF entend approfondir les recherches épidémiologiques en croisant le registre des cancers avec d'autres bases de données, notamment celle du Centre médical de suivi (CMS), afin de mieux identifier et documenter les populations exposées “pour pouvoir aussi rendre des chiffres particuliers par rapport à cette population”.
(…)
“60 ans d’héritage nucléaire” (Tahiti Infos)
2 juillet 2026 - Plus de 2 000 habitants de Tahiti et des îles ont répondu à l’appel du Tūtahi porté par l’Église protestante mā’ohi, ces derniers jours, à Mataiea. Dans le cadre de la commémoration des 60 ans du premier tir des essais nucléaires au Fenua, une marche et un culte final étaient au programme ce jeudi. Un moment chargé en émotions pour les anciens, comme pour les jeunes participants.
Tūtahi, “se lever” et “faire un”. C’est le thème retenu par l’Église protestante mā’ohi pour la commémoration des 60 ans du tir Aldébaran, premier essai nucléaire en Polynésie française opéré le 2 juillet 1966 à Moruroa. Prévu depuis deux ans, ce rendez-vous a débuté dimanche dernier à Mataiea par un culte sur le thème de la réunification, suivi d’un grand repas populaire. En début de semaine, des enseignements, des activités sportives et des prestations culturelles étaient au programme, ainsi que des actions de prévention autour de la santé avec la participation de plusieurs associations de référence, dont Moruroa e tatou sur les conséquences des essais nucléaires.
Selon l’organisation, 2 500 à 2 700 personnes ont participé à ce rassemblement qui a mobilisé des fidèles des huit arrondissements, c’est-à-dire de tous les archipels et de la communauté basée en Nouvelle-Calédonie.
(…) Le rassemblement s’est achevé par un culte sous le grand chapiteau communal en présence de plusieurs représentants politiques, dont la vice-présidente de la Polynésie française, Minarii Galenon, le président de l’assemblée, Antony Géros, et le maire de Teva i Uta, Tearii Alpha. Au même moment, le Pays, à travers la Délégation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN), donnait le coup d’envoi de deux journées commémoratives à Papeete.
Une marche et un rassemblement, 60 ans après (Tahiti Infos)
À l’approche des commémorations des 60 ans du premier essai nucléaire en Polynésie française, l’association 193 a fait connaître sa volonté de relancer le débat sur les maladies transgénérationnelles et lance une pétition.
“Aujourd’hui, nous sommes réunis pour faire ‘mémoire’ afin que ce crime contre nos populations ne soit pas oublié”, indique l’association 193 dans un communiqué envoyé aux rédactions ce lundi, expliquant, selon ses calculs, que la Polynésie est atteinte de “900 nouveaux cancers et bien d’autres conséquences sanitaires” par an à cause des essais nucléaires qui se sont déroulés à Moruroa et Fangataufa.
Alors que plusieurs événements sont organisés pour rappeler aux jeunes Polynésiens ce qu’il s’est déroulé au Fenua, l’association 193 souhaite rappeler que “l’État français est coupable d’une situation dramatique dont il doit assumer totalement les conséquences et enjeux”.
Parmi les conséquences, la reconnaissance des victimes de cancers radio-induits et les indemnisations qui les accompagnent. Des indemnisations qui se sont heurtées au “seuil d’exposition de 1 millisievert” incorporé dans la loi Morin et que la récente proposition de loi de Mereana Reid-Arbelot s’apprête à faire sauter.
(…) Surtout, c’est la problématique de la transmission intergénérationnelle qui interpelle l’association 193. (…)
Nouvelle pétition de l’association 193 (Tahiti Infos)
LES EFFETS
Bruno Chareyron, ingénieur en génie énergétique et nucléaire et conseiller scientifique de la Criirad, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité, était l’invité du journal de TNTV, ce jeudi soir, alors que la Polynésie commémore le premier essai nucléaire. Selon le scientifique, « on peut mesurer encore aujourd'hui des éléments radioactifs comme le plutonium », notamment sur l’atoll de Tureia. « La France n'aurait pas dû conduire des essais nucléaires lorsqu'il y avait un risque important de dissémination, de retombées élevées sur des zones habitées », dit-il. Interview.
« On peut mesurer encore aujourd’hui des éléments radioactifs » (TNTV)
La vice-présidente de 193 était l’invitée du journal de TNTV, ce mercredi, alors que la Polynésie commémore les 60 ans du premier essai nucléaire. « C'est important pour que l'on n'oublie pas cette sombre partie de l'histoire de notre Fenua », souligne Léna Normand dont l’association lance une pétition pour réclamer une étude « sur les maladies transgénérationnelles ». Interview.
Nucléaire : L’association 193 réclame une étude sur les maladies transgénérationnelles (TNTV)
C'est à Mangareva que Mereana Reid-Arbelot a voulu commémorer les 60 ans du tir Aldébaran. Sa proposition de loi visant à reconnaître les victimes des essais nucléaires et à améliorer leur indemnisation a été adoptée, mais avec quelques amendements au Sénat. La députée revient sur les grandes avancées de ce texte et sur la suite du combat au Parlement.
Une mission aux Gambier pour commémorer les 60 ans du tir Aldébaran, le premier essai nucléaire effectué par la France en Polynésie, le premier d'une série de 193 : la députée Mereana Reid-Arbelot a choisi de se rendre à Mangareva, la semaine dernière, où elle a échangé avec les élus locaux et a rencontré aussi des élèves de primaire. Interview.
Essais nucléaires : « Demain, 100 % des travailleurs civils et militaires seront reconnus, indemnisés », assure Mereana Reid-Arbelot (Polynésie 1ère)
LA DEMANDE DE PARDON
Sous l’impulsion de son président actuel, Antony Géros, l’Assemblée de la Polynésie française a approuvé lundi après-midi une proposition de délibération demandant solennellement pardon au peuple de Polynésie française pour la responsabilité politique historique de l’institution dans le cadre de l’implantation du Centre d’Expérimentation du Pacifique (C.E.P) sur le territoire. Mais elle n’a pas recueilli l’unanimité…
C’est, à n’en pas douter, l’un des temps forts de cette neuvième et dernière séance de la session administrative. Une satisfaction pour l’auteur du texte, même si celui-ci a indiqué qu’il « doutait de pouvoir obtenir de l’Etat une réparation intégrale » pour tout ce qui a été fait dans nos îles trente années durant…
Nucléaire: l’assemblée de la Polynésie française demande « pardon »…(Tahiti News)
Soixante ans après le vote cédant les atolls de Moruroa et Fangataufa pour l’installation du Centre d'Expérimentation du Pacifique, l’Assemblée de la Polynésie française a adopté une proposition de délibération demandant solennellement pardon à la population pour sa « responsabilité politique historique ».
C’est un texte à forte portée symbolique qui a été soumis au vote des représentants de Tarahoi lors de la neuvième séance de la session administrative. L'Assemblée de la Polynésie française a adopté, par 44 voix pour, 3 voix contre et 10 abstentions, une proposition de délibération par laquelle l'institution présente ses excuses officielles au peuple polynésien, aux victimes des essais nucléaires ainsi qu'à leurs familles et descendants. Ce texte fait directement écho à la décision prise en 1964 par la commission permanente de l’Assemblée territoriale de l'époque qui, sous des circonstances qualifiées de contraignantes, avait validé la cession des atolls des Tuamotu au ministère de la Défense pour la poursuite du programme d'armement nucléaire. Entre 1966 et 1996, la France a conduit 193 essais nucléaires, entraînant des conséquences environnementales et sanitaires à long terme, notamment des cancers radio-induits touchant plusieurs générations de Polynésiens. (…)
Nucléaire : l’Assemblée adopte une demande de pardon historique au peuple polynésie (Polynésie 1ère)
Le 2 juillet 1966, la France procéda au premier tir nucléaire expérimental en milieu atmosphérique sur l’atoll de Moruroa. Il n’en fallait pas davantage pour que soixante ans plus tard, l’assemblée de la Polynésie française provoque une commission des Institutions pour demander « pardon » aux Polynésiens.
Tout est dans le symbole. Et dans la faculté qu’a le parti indépendantiste, le Tavini huiraatira, d’entretenir la flamme auprès de ses troupes. Coûte que coûte! Quitte à passer en force…
(…) Il s’agit pour l’actuel locataire du perchoir de faire reconnaître, officiellement, « la responsabilité politique historique » de l’institution qu’il préside dans le processus ayant conduit à trente années d’expérimentations nucléaires françaises aux Tuamotu.
Essais nucléaires: toujours le rétroviseur et une demande de pardon (Tahiti News) 02/07/2026