Selon une étude de la PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), d’ici 2050, le Fenua pourrait être un des territoires mondiaux à souffrir le plus des changements climatiques ; Les principaux centres internationaux de prévision climatique renforcent le scénario d’un Super El Niño en train de s’installer. Il est désormais clairement visible dans l’océan, mais aussi dans l’atmosphère, à travers les anomalies de température, les vents, la pression et la convection tropicale ; Au-delà des cyclones, les prévisionnistes craignent surtout les épisodes météo accentués. Car les pluies et les températures sont plus intenses en période d'El Niño ; D'où l'importance pour les services de secours, comme pour les habitants, de se préparer. Face à l’accélération des effets du changement climatique, les collectivités d’Outre-Mer, dont la Polynésie française, sont appelées à mieux coordonner leurs actions.

 

 




# Dans une étude nommée “Global Threat Exposure of Islands in a Changing World” publiée il y a quelques jours par la PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), la Polynésie française occupe une place centrale parmi les territoires insulaires étudiés. Le bilan de la publication n’est guère encourageant. D’ici 2050, le Fenua pourrait être un des territoires mondiaux à souffrir le plus des changements climatiques.
Une étude de la PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) sur les menaces auxquelles doivent faire face les îles identifie la Polynésie française comme l'une des rares subdivisions territoriales au monde (aux côtés des Seychelles, de la Micronésie, du Bangladesh et de la Chine) abritant un nombre statistiquement disproportionné d'îles fortement exposées aux changements climatiques, une sorte de “hotspot” ou “point chaud d’exposition”, comme le nomme l’enquête des équipes du CNRS, de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité et de l’Université de Pau, regroupées dans le projet Rivage. 
Ces études constituent la “première évaluation globale de l’exposition des îles de plus d’un kilomètre carré aux changements globaux”. Les résultats laissent entrevoir un avenir à préparer dès maintenant si la Polynésie française veut être dans le temps de l’action plutôt que dans celui de la réaction : 65 % des écosystèmes insulaires seront affectés durablement par le changement climatique d’ici 2050. Pour 22 % d’entre eux, notamment dans le Pacifique, la mer Baltique, le golfe du Bengale et l’Asie du Sud-Est, cela sera dû aux changements d’usage de la terre. 13 % sont menacés par des invasions biologiques.
Le territoire est ainsi classé comme un hotspot géographique d'exposition cumulée, où la vulnérabilité globale est nettement plus élevée que la moyenne mondiale des îles. Étant donné leur profil d'exposition, les îles polynésiennes font face à trois principales menaces à l'horizon 2050 : le changement climatique, les invasions biologiques (espèces exotiques envahissantes) et le changement d'occupation des sols. (…)

Menaces climatiques d’ici 2050 (Tahiti Infos)



# Les regards sont tournés vers le plus grand océan du monde ou un phénomène El Niño exceptionnel est en train de s’installer. Il est désormais clairement visible dans l’océan, mais aussi dans l’atmosphère, à travers les anomalies de température, les vents, la pression et la convection tropicale.
(…) Ce phénomène naturel, qui revient généralement tous les deux à sept ans, correspond à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial. Selon le Centre de prévision climatique américain (NOAA) les probabilités d’un épisode très fort sont élevées. La NOAA estime à 81 % le risque d’un épisode intense entre octobre et décembre 2026. Le pic exact reste toutefois impossible à déterminer plusieurs mois à l’avance même si, d’après les modèles, ça devrait être en novembre ou décembre, donc au début de la saison chaude.
(…) Ce réchauffement pourrait avoir des conséquences importantes sur les écosystèmes marins et sur la pêche. Pour cause : le principal courant froid qui influence actuellement le Pacifique vient de l’Amérique latine. Il remonte ensuite vers les îles Galápagos avant d’atteindre les Marquises. Or cette mécanique est aujourd’hui perturbée par le réchauffement rapide des eaux proches de l’équateur. Aux Marquises, des premiers changements sont observés et les conséquences pourraient être économiques pour les professionnels de la mer.
(…)  Les dernières projections indiquent davantage de précipitations attendues aux Marquises en fin d’année, tandis que les Tuamotu pourraient connaître une situation plus sèche. Une situation particulièrement sensible pour les atolls, qui disposent de peu de reliefs et donc de faibles capacités naturelles de stockage de l’eau.
(…) Concernant le risque cyclonique, prudence également. “El Niño ne permet pas d’annoncer un cyclone précis. On ne peut pas dire combien de cyclones toucheront la Polynésie française. Une prévision saisonnière donne une tendance du risque à l’échelle d’un bassin ou d’une région, mais elle ne peut pas prévoir plusieurs mois à l’avance le nombre d’impacts directs sur le territoire.” En revanche, le phénomène peut modifier les zones favorables au développement des systèmes tropicaux.
(…) L'anticipation est de mise. “Mieux vaut prévenir que guérir. Il faut en parler dès maintenant, avant le début de la saison chaude”, annonce l'ingénieur en météorologie.
Selon lui, les prochaines semaines doivent permettre de renforcer la préparation. Au programme pour les communes : vérification des dispositifs d’alerte, entretien des évacuations d’eau, sécurisation des habitations et des équipements, préparation des communes, sensibilisation des acteurs maritimes et suivi des ressources en eau.
Pour améliorer les connaissances locales, des initiatives citoyennes tentent aussi de compléter les réseaux existants. C’est notamment le rôle d’Infos Cyclones, qui installe des stations météorologiques chez des particuliers volontaires. “On ne fait pas concurrence à Météo-France, on essaie simplement d’étoffer le réseau”, pointe Neil S. (…)

Quelles menaces guettent avec le fort El Niño qui s’installe ? (Tahiti Infos)

Les principaux centres internationaux de prévision climatique renforcent le scénario d’un Super El Niño historique. La convergence des modèles, l’intensification du réchauffement prévu et les conditions records déjà observées dans l’océan Pacifique confortent l’hypothèse selon laquelle l’épisode de 2026-2027 pourrait être le plus intense depuis le début des relevés.
Le graphique en éventail des prévisions d’El Nińo de l’Institut international de recherche sur le climat et la société, l’IRI de l’Université Columbia aux États-Unis, l’une des principales références mondiales pour le suivi et la prévision de l’ENSO — El Niño-Oscillation australe —, a été mis à jour ce lundi 20 juillet.
Cette mise à jour est particulièrement importante, car elle rassemble les prévisions de 24 modèles climatiques initialisés en juillet, après que le Pacifique équatorial a atteint des températures records pour cette période de l’année. En intégrant ce réchauffement exceptionnel dans les conditions initiales des simulations, les modèles renforcent la probabilité qu’El Nińo continue de s’intensifier, et ce de manière marquée, au cours des prochains mois. Examinons ci-dessous les conditions actuelles dans l’océan Pacifique et les indications fournies par les nouvelles prévisions.
Conditions actuelles dans l’océan Pacifique : un réchauffement record : (…) les modèles renforcent la probabilité qu’El Niño continue de s’intensifier, et ce de manière marquée, au cours des prochains mois.
(…) Les anomalies relatives, qui tiennent compte du réchauffement moyen des océans tropicaux et constituent désormais l’indicateur officiel de suivi des phénomènes ENSO, ont atteint 1,4 °C au cours de la derničre semaine, se rapprochant ainsi du seuil correspondant à un événement « fort », fixé à 1,5 °C. Les eaux subsuperficielles, jusqu’à 300 mètres de profondeur, présentent également une vaste masse d’eau chaude, avec des anomalies supérieures à 6 °C dans les zones les plus proches de la surface.
(…) La cohérence entre les mises à jour successives des modèles, le renforcement continu du signal de réchauffement dans les prévisions et les conditions actuellement observées dans l’océan Pacifique confortent l’hypothèse selon laquelle El Niño 2026-2027 pourrait non seulement figurer parmi les épisodes les plus intenses jamais observés, mais aussi prétendre au record de l’événement le plus puissant depuis le début des relevés

Les nouvelles prévisions confirment un phénomène Super El Niño historique, avec un réchauffement supérieur à 3 °C (Polynésie 1ère)

Le phénomène météorologique « El Niño » est déjà en place depuis le mois de mai. Son intensité est aujourd'hui avérée et pourrait accentuer les épisodes orageux voire cycloniques. À Papeete, les pompiers se préparent déjà à faire face aux possibles conséquences.
Ce phénomène fait beaucoup parler de lui depuis plusieurs mois. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Il faut avant tout savoir qu'il se forme dans l'Océan Pacifique. « Au niveau de l'équateur du Pacifique, l'eau est réchauffée par le soleil et la dynamique océanique et atmosphérique va maintenir cette zone d'eau chaude vers l'ouest. Et quand on est en phénomène El Niño, on a une panne des vents » décrit Victoire Laurent, météorologue et responsable du bureau d'études et de la climatologie de Météo-France Polynésie.
(…)  Il s'agit d'un phénomène naturel observé par les météorologues depuis 1800 mais qui ne se ressemble jamais. À chaque apparition, sa durée diffère, tout comme son intensité et son évolution. « Et c'est la grande difficulté de ce phénomène. Une fois qu'il est installé, on arrive à le suivre. Sauf qu'on ne sait pas, en fait, son origine », souligne la responsable du bureau d'études.
(…)  La Polynésie a déjà connu quatre phénomènes de très forts El Niño depuis les années 70 - date des premières images satellite. Il ne s'est pas systématiquement transformé en cyclone.
(…). Au-delà des cyclones, les prévisionnistes craignent surtout les épisodes météo accentués. Car les pluies et les températures sont plus intenses en période d'El Niño. D'où l'importance pour les secours, comme les habitants, de se préparer. (…)
D'après les prévisions, cet épisode de fort El Niño deviendra plus intense d'ici le mois de novembre.

Météo : Un fort El Niño a « une chance sur deux » d'évoluer en dépression ou en cyclone (Polynésie 1ère)


Pour rappel: Climat : vers un épisode El Niño "de forte intensité" (AvA-Infos)



# Face à l’accélération des effets du changement climatique, les collectivités d’Outre-Mer sont appelées à mieux coordonner leurs actions. L’Association des communes et collectivités d’Outre-Mer (ACCD’OM) et l’Agence France locale (AFL), la banque des collectivités locales, lancent un appel à contribution pour adapter une étude nationale aux réalités ultramarines. Les communes polynésiennes sont invitées à participer jusqu’au 31 août.  
Gestion de l’eau, transition énergétique, protection des ressources, agriculture durable, traitement des déchets ou encore aménagement du territoire : les défis environnementaux auxquels sont confrontées les collectivités dépassent souvent les limites administratives. Pour l’ACCD’OM et l’AFL, la coopération entre territoires pourrait devenir un outil essentiel pour répondre à ces enjeux.  
Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de l’étude “Faire face aux enjeux climatiques : la coopération interterritoriale comme moteur de l’investissement local”, publiée en avril 2026 par l’AFL et l’Institut national des études territoriales (Inet). Le document souligne que les collectivités territoriales, qui réalisent plus de 70 % de l’investissement public en France, doivent accélérer leurs investissements d’adaptation au changement climatique tout en préservant leurs équilibres budgétaires.  
L’ACCD’OM et l’AFL souhaitent désormais décliner cette analyse pour les territoires ultramarins, confrontés à des réalités spécifiques : éloignement géographique, insularité, contraintes institutionnelles, manque d’ingénierie technique ou difficultés d’accès aux financements. “L’objectif est de mettre en lumière les dynamiques propres aux territoires ultramarins, de valoriser les initiatives locales existantes et d’identifier les freins et leviers spécifiques”, exposent les deux organisations.
En Polynésie française, ces problématiques prennent une dimension particulière. La dispersion géographique du territoire, avec ses nombreuses îles éloignées, impose régulièrement de trouver des solutions collectives pour gérer des services essentiels comme l’eau, les déchets ou encore l’énergie.  
(…) Les collectivités polynésiennes souhaitant participer peuvent répondre au questionnaire en ligne jusqu’au 31 août 2026. Les résultats serviront à établir un état des lieux des coopérations existantes et à formuler des propositions adaptées aux réalités ultramarines.  

Les collectivités face au défi climatique (Tahiti Infos)