Un pic du phénomène El Niño est attendu durant « l’été austral » 2026-2027. Avec le retour de ce phénomène océanographique cyclique dans le Pacifique, le risque de vagues de chaleur dans les lagons de Polynésie est renforcé. L’Ifremer dresse un état des connaissances sur les conséquences de ces canicules marines, qui ont fait grimper la température du lagon. L’OMM prévoit "une probabilité écrasante" de températures supérieures à la moyenne dans presque toutes les zones peuplées en dehors des régions polaires, pour la période juillet-septembre. Le risque de vagues de chaleur dans les lagons de Polynésie est renforcé. Les événements de canicules marines créent « un stress important et des épisodes de mortalité des espèces côtières ».
L'ONU a alerté vendredi (3/7) sur un renforcement rapide du phénomène climatique naturel El Niño en cours qui devrait atteindre une "forte intensité" entre juillet et septembre (niveau 3 sur 4), augmentant la probabilité de phénomènes météorologiques extrêmes dans le monde.
Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), des conditions El Niño sont apparues dans le Pacifique tropical et "devraient se renforcer rapidement ces prochains mois, augmentant la probabilité de vagues de chaleur, de sécheresse, de fortes pluies et d'autres phénomènes météorologiques extrêmes dans de nombreuses régions du monde". Le bulletin saisonnier sur le climat, publié chaque mois par l'OMM, fait état d'une évolution rapide vers un épisode El Niño "de forte intensité" entre juillet et septembre, correspondant au niveau 3 sur une échelle de 4, indique cette agence de l'ONU.
(…) Ce phénomène climatique naturel se produit d'ordinaire tous les deux à sept ans et dure environ neuf à douze mois, selon l'OMM. Il réchauffe les températures de l'eau dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, modifiant à l'échelle mondiale les régimes de vents, de pression et de précipitations. Et il exerce une plus forte influence sur les températures mondiales au cours de l'année qui suit son apparition, détaille l'OMM.
(…) L’OMM prévoit "une probabilité écrasante" de températures supérieures à la moyenne dans presque toutes les zones peuplées en dehors des régions polaires, pour la période juillet-septembre. Elle prévoit aussi davantage de précipitations que la normale dans le centre et l'est du Pacifique équatorial, et des précipitations inférieures à la normale dans certaines zones de l'océan Indien tropical, du sous-continent indien et dans une grande partie de l'Australie.
(…) Les prévisions saisonnières indiquent que cet épisode devrait continuer à se renforcer au cours du second semestre 2026, avec un pic probable durant l’été austral 2026-2027. Son évolution sera donc à suivre attentivement, car El Niño peut modifier durablement la circulation atmosphérique tropicale et influencer la météo de nombreuses régions du globe.
El Niño agit comme un grand réorganisateur du climat tropical. En réchauffant le Pacifique équatorial central et oriental, il déplace les zones de convection, modifie les vents dominants et perturbe les échanges entre l’océan et l’atmosphère. Ce n’est donc pas seulement une histoire d’eau plus chaude : c’est tout l’équilibre du Pacifique tropical qui évolue progressivement. (…)
Le phénomène climatique El Niño en cours devrait être de "forte" intensité, selon l'ONU (Polynésie 1ère)
El Niño « est désormais installé » annonce Météo France ce mercredi. « Le Pacifique entre officiellement dans une nouvelle phase chaude (…) Les conditions El Niño sont désormais présentes dans le Pacifique équatorial. Les températures de surface de la mer sont supérieures aux normales sur une grande partie du Pacifique central et oriental, et la circulation atmosphérique commence désormais à présenter les signatures classiques d’un épisode El Niño ».
L’océan se réchauffe en surface, mais aussi en profondeur souligne Météo France. Dans l’atmosphère, des « anomalies de vents d’ouest sont observées près de l’équateur ». Un pic du phénomène El Niño est attendu durant « l’été austral » 2026-2027. « Son évolution sera donc à suivre attentivement, car El Niño peut modifier durablement la circulation atmosphérique tropicale et influencer la météo de nombreuses régions du globe », indique Météo France.
El Nińo « est installé » dans le Pacifique (TNTV)
Avec le retour d’El Niño dans le Pacifique, le risque de vagues de chaleur dans les lagons de Polynésie est renforcé. L’Ifremer dresse un état des connaissances sur les conséquences de ces canicules marines, qui ont fait grimper la température du lagon à plus de 30 degrés par le passé. Des évènements extrêmes qui ont entraîné des blanchissements massifs de bénitiers, véritables indicateurs du stress thermique du milieu, des mortalités importantes de coraux et une chute de biomasse d’huîtres perlières. L’institut français, qui dispose d’une antenne à la Presqu’île, alerte sur des répercussions durables sur la biodiversité et sur certaines filières économiques.
Alors que Météo-France a confirmé ce mercredi le retour du phénomène El Niño au fenua, qui tend à favoriser le réchauffement des eaux du Pacifique, l’Ifremer a publié une étude sur les conséquences des canicules marines sur la biodiversité. Afin de mieux comprendre l’impact de ces épisodes de chaleur sur les écosystèmes, l’institut a lancé en 2024 le programme MaHeWa (Marine Heatwaves), piloté avec l’IRD et en partenariat avec le CNRS. Les chercheurs y suivent l’évolution de plusieurs espèces parmi lesquelles les coraux, les bénitiers, les huîtres perlières, mais aussi les poissons et les oursins. En s’appuyant sur des données recueillies depuis 1981, le projet vise à « comprendre les phénomènes passés pour prédire les événements futurs ».
Si l’environnement thermique en Polynésie « est relativement stable », indique Guillaume Mitta, chercheur et responsable de l’unité Ressources marines de l’Ifremer en Polynésie, « la température varie peu d’une saison à l’autre, et l’on constate que les espèces sont déjà à la limite de leur tolérance thermique ». Pour le chercheur, les événements de canicules marines créent « un stress important et des épisodes de mortalité des espèces côtières ».
Avec le retour d’El Nińo, l’Ifremer alerte sur le danger des canicules marines pour la biodiversité (Radio 1)

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