D’ici 2028, une loi de Pays interdira définitivement tous les produits plastiques et à usage unique : une législation qui divise ; Dans une même dynamique, les bars et restaurants du fenua sont tenus, depuis août dernier, de proposer gratuitement de l’eau en carafe aux clients consommant sur place : six mois plus tard cette obligation est mal appliquée ; Travaux de structuration de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) en Polynésie française ; Consultation citoyenne lancée par l'Assemblée (APF) concernant le mouillage des navires dans les eaux intérieures ; Centre d’enfouissement technique de Raiatea, à Fa'aroa :  un permis de construire qui ravive les anciennes tensions autour d’un projet qui continue de diviser ; Le Digital clean up Day pour un digital responsable : le fenua suit le mouvement ; Pesticides: mise à jour de la liste des substances actives pour une meilleure protection de la santé publique et de l’environnement.

 

 

# Après avoir fait appliquer le 1er janvier 2022 la loi interdisant les sacs en plastique dans les commerces du fenua, le gouvernement veut poursuivre l’effort en élargissant l’interdiction « à certains produits à usage unique utilisant du plastique et de l’aluminium ». Dans un premier temps, cette loi entre en vigueur le 1er juillet pour les couverts, les gobelets, les pailles. Les restaurateurs de la place sont divisés. (…) Dans un magasin spécialisé, la robustesse du plastique fait l’unanimité face au carton ou aux matières biodégradables. "Ceux qui ont pris cette mesure doivent se mettre à la place des professionnels, de ceux qui utilisent. Ils ont l'habitude de travailler avec le plastique, et je trouve que c'est plus costaud...Les pailles en carton se déforment, ça ne tient pas", s'insurge Marie-France Chung Kau du magasin de contenants Amio. (…) Pour les associations de protection de l’environnement, la loi anti-plastique du 1er juillet est une belle avancée, reste à la traduire maintenant par des opérations concrètes sur le terrain. "Il y a des habitudes qui vont être remises en question, je pense aux traiteurs, à ceux qui viennent livrer au bureau, ça va être très compliqué pour eux de s'adapter parce que on n'a pas forcément toutes les alternatives sur le territoire. Maintenant c'est toujours dans la contrainte qu'on a innové. Donc je crois fortement que cette loi est nécessaire et elle va permettre de déclencher des innovations au niveau des entreprises", estime Moea de l'association Nana sac plastique. (…) "Cela fait longtemps qu'on demande qu'il y ait une police verte. Ce qu'on essaie de travailler actuellement c'est d'essayer d'assermenter des personnes qui sont dans les associations. Après on a besoin d'aide pour réaliser des projets constructifs et pas toujours aller nettoyer les saletés laissées par les autres. Ce qui serait bien, c'est que les entreprises aussi, je fais appel à elles, aident à travers du sponsoring les associations impliquées", suggère Winiki Sage, président de la FAPE. Selon le syndicat Fenua Ma , il y a environ 1 500 tonnes par an de déchets de vaisselle plastique, de films et de sacs plastiques à usage unique aux Îles du Vent.
 Un constat alarmant, mais une lueur d’espoir se profile… D’ici 2028, une loi de Pays interdira définitivement tous ces produits.

Ses jours sont comptés : le plastique en sursis jusqu'au 1er juillet, sa mort est prévue en 2028 (Polynésie 1ère)

L’échéance arrive à grand pas. À compter du 1er juillet 2025, les couverts, assiettes, gobelets non biodégradables et à usage unique seront interdits à la vente ou à la mise à disposition gratuite. “Une première étape d'une longue série”, assure la Direction de l'environnement. Et si les entreprises semblent avoir pris les devants, du côté des consommateurs, les avis sont plus mitigés.
Tournons la page du jetable à usage unique”, invite la Direction de l'environnement de Polynésie française (Diren) dans sa dernière campagne Zéro déchet. En effet, le 5 mars dernier, l'institution a tenu à rappeler qu'à compter du 1er juillet prochain, l'importation, l'export, la détention pour mise en vente ou distribution gratuite des gobelets, verres, assiettes, couverts, touillettes, couvercles et pailles en plastique ou en aluminium à usage unique seront interdits. Ces derniers devant être remplacés par des solutions durables, réutilisables ou biodégradables. Actuellement, en Polynésie française, il n'est tout simplement pas possible de recycler la vaisselle, contrairement aux bouteilles en plastique, ou aux cannettes, qui bénéficient de filières de recyclage bien établies. Et la Diren prévient : “Il s'agit de la première étape d'une longue série de changements pour un avenir plus durable.” (…)

Le plastique à usage unique, bientôt fini ? (Tahiti Infos) article publié le 17/03

# Depuis août dernier, les bars et restaurants du fenua sont tenus de proposer gratuitement de l’eau en carafe aux clients consommant sur place. La loi de réduction des produits plastiques et à usage unique impose même un affichage clair de cette possibilité, sur la carte, en salle ou en terrasse. Plus de six mois après son entrée en vigueur, cette obligation est peu respectée : les carafes sont certes fréquemment servies sur demande, mais les affichages sont rares dans la zone urbaine. Et les clients ignorent souvent qu’ils peuvent commander de l’eau gratuitement. Lire aussi: les bars et restaurants devront proposer de l’eau gratuitement… et en informer leurs clients
La lutte contre les produits à usage unique est bien en marche. Depuis le mois d’août 2024, et le vote de la loi de réduction de l’utilisation des produits à usage unique, le Code de l’environnement impose aux établissements de restauration reliés à un réseau d’eau potable d’en fournir gratuitement à leurs clients. (…). Et pourtant, la loi entrée en vigueur il y a six mois n’est que très  partiellement appliquée dans la zone urbaine. Car aucun des établissements visités ne respectent l’autre volet de la nouvelle réglementation : l’affichage visible de cette possibilité pour les clients. Cette obligation d’information vise à encourager davantage de consommateurs à demander de l’eau gratuite plutôt que d’acheter des bouteilles en plastique. Et seuls les établissements ne bénéficiant pas d’un réseau d’eau potable – qui doivent tout de même proposer de l’eau en bonbonne gratuite ou à prix coûtant –  en sont exemptés. (…). Interrogés sur cette absence d’affichage, plusieurs restaurateurs assurent qu’ils n’étaient tout simplement pas au courant de cette partie de la réglementation. (…). Ce qui risque d’arriver : la Diren a lancé une campagne d’information ces derniers jours sur les réseaux sociaux, à destination des professionnels mais aussi des clients pour qu’ils puissent faire valoir leur droit. La direction travaille aussi sur un affichage standardisé qu’elle proposera dans les mois à venir aux bars et restaurants. À noter que la loi prévoit des sanctions pouvant atteindre 1 500 000 francs pour les établissements ne se conformant pas à la règle.

Eau gratuite dans les restaurants : six mois après, l’obligation mal appliquée (Radio 1)

 

# L’Economie Sociale et Solidaire (ESS) est une économie accessible, inclusive et résiliente. En cela, elle apporte des solutions pour renforcer l’économie locale, créer des emplois durables et non délocalisables, favoriser l’innovation sociale et attirer des financements et des partenariats au niveau national et international qui visent à soutenir les initiatives locales. Autant de constats dressés à l’issue de la Semaine de l’ESS qui s’est déroulée en novembre dernier, et qui a su fédérer un nombre inattendu d’acteurs relevant potentiellement de l’ESS, tous secteurs d’activité confondus, déjà en activité sur notre territoire. L’expertise d’ESS France pour accompagner l’Agence de développement économique dans les travaux de structuration de l’ESS est un atout majeur dans ce processus, en contribuant à un diagnostic territorial approfondi avec une équipe dédiée et qui prévoit une visite terrain au premier trimestre 2025. (…) L’enthousiasme suscité tout au long de la Semaine de l’ESS témoigne de l’adéquation entre les valeurs de l’ESS et la société polynésienne. Avec l’engagement collectif des institutions, des associations et des entrepreneurs, ce secteur a toutes les chances de devenir un pilier du développement en Polynésie française. (…) Des visites sur site sont prévues, dans les principales communes de Tahiti et dans les autres îles et archipels, pour saisir pleinement les enjeux du terrain, de même que plusieurs réunions de concertation menées sous couvert d’une approche sectorielle et, tout particulièrement, orientée vers les filières émergentes identifiées par le Pays. Ces temps forts permettront de collecter les données qualitatives, dresser un état des lieux et une bibliographie de référence, ensemble d’étapes nécessaires pour parvenir à établir un diagnostic complet puis à élaborer un cadre réglementaire approprié dans la mise en œuvre est prévue pour janvier 2026. (…)

Travaux de structuration de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) en Polynésie française (Tahiti News) Compte-rendu du Conseil des ministres du 12 mars

 

 

# Après des auditions et visites de terrain, la mission d’information de l’Assemblée sur les mouillages de navires dans les eaux intérieures, créée en janvier, lance une consultation populaire. Un formulaire en ligne, disponible pour un mois, interroge les participants sur leur vision de l’activité de plaisance, son impact économique ou environnemental, les infrastructures dédiées, les contrôles ou la réglementation. De quoi orienter les préconisations des élus pour « améliorer la gestion » et le cadre des mouillages en Polynésie. C’est un sujet qui emmène souvent des avis tranchés : le mouillage des navires de plaisance, et donc des voiliers, dans les eaux polynésienne, fait l’objet depuis ce vendredi d’une consultation populaire. Elle a été lancée pour un mois par la mission d’information créée sur le sujet à la mi-janvier par l’Assemblée. (…). Un formulaire qui interroge les participants – usagers de la mer, professionnels du secteur ou simples citoyens – sur leur vision de la plaisance, les règles entourant les voiliers et leur contrôle par les autorités, l’impact économique ou environnemental supposé, les nuisances qui y sont liées ou les infrastructures et services offerts aux voiliers, qu’on parle de corps morts ou de marinas… (…). Les avis promettent d’être tranchés, tant la question de la plaisance et des voiliers a fait régulièrement polémique ces dernières années. Certains estiment que ces locataires du lagon ne sont pas assez contrôlés, qu’ils en contribuent pas assez aux dépenses lourdes d’équipement qui leur sont consacrées, qu’ils polluent les eaux ou même qu’ils « gâchent la vue ». Des accusations qui trouvent un certain écho auprès des élus, notamment – mais pas uniquement – du côté Tavini. En face, l’Association des voiliers en Polynésie s’efforce de rappeler que les plaisanciers ne sont pas des « squatteurs » étrangers, et cherchent à faire en sorte que leur passion, qui est une tradition aussi en Polynésie, reste possible et accessible. Les récents débats – dans les médias puis au tribunal – autour de l’augmentation des tarifs de la marina Taina ou sur la modification du PGEM de Moorea sont symptomatiques des tensions sur le sujet. (…)

L’Assemblée lance une consultation citoyenne sur le mouillage des voiliers (Radio 1)

La « mission d’information sur le mouillage des navires de plaisance dans les eaux intérieures », créée en janvier, par l’Assemblée de Polynésie, lance une consultation citoyenne. Elle souhaite recueillir l’avis de la population « sur la gestion actuelle des mouillages et les améliorations possibles ». La « mission d’information sur le mouillage des navires de plaisance dans les eaux intérieures », composée de 13 représentants de Tarahoi, « a pour objectif d’identifier la réglementation en vigueur, d’examiner les modalités de contrôle et d’étudier les mesures pouvant améliorer la gestion des mouillages ». (…). Le questionnaire est accessible en ligne à compter de ce vendredi, jusqu’au 14 avril 2025 à l’adresse suivante : https://forms.gle/btvbq5QjGUG7wNRb9. (…)

Lancement d’une consultation citoyenne sur le mouillage des bateaux de plaisance au fenua (TNTV)

 

 

# C’est un projet qui fait couler beaucoup d’encre depuis 2013. Le chantier du Centre d’enfouissement technique de Raiatea, à Fa'aroa, va démarrer malgré l'opposition continue de riverains et d'associations de protection de l’environnement. Dressé à Fa’aroa (Taputapuatea), le panneau indiquant le permis de construire du futur centre d’enfouissement technique (CET) de Raiatea ravive les anciennes tensions autour d’un projet qui continue de diviser. Chiffré à 1,1 milliard de francs – financé à 80% par le Pays et à 20% par la communauté des communes de Hava’i (CCH) – , il continue d’indigner les membres de l’association Vaiava, qui militent pour la préservation du site et des structures archéologiques identifiées dans la zone. (…). « On nous a menti, parce que certains élus nous ont fait des promesses que s’il n’y avait pas un CET couplé avec une usine de gazéification, ils viendraient manifester avec nous, ce qui n’est pas le cas. On se retrouve seuls en 2025 à poursuivre le combat et à être mis devant le fait accompli, lance Isabelle Mou Fa, membre de l’association. La population de Fa’aroa a déjà subi ce fléau d’un dépotoir sauvage pendant plus de 25 ans, qui a fermé suite à l’intervention de la population, parce qu’ils étaient malades, au quotidien il vivaient avec des odeurs pestilentielles et des mouches » , ajoute-t-elle. Opposés à ce CET, les membres de l’association ont proposé le déplacement du projet vers d’autres sites de l’île. Contactée, la communauté des communes n’a pas souhaité s’exprimer. (…). L’association aurait elle-même proposé une solution alternative au projet de CET : un système de recyclage par l’entreprise Fenua Heipuni, déjà installée à Tahiti. (…) Même si le projet de CET à Faaroa est engagé, l’association ne compte pas baisser les bras. Elle espère finir par se faire entendre des pouvoirs publics.

Raiatea : le CET se fera bien à Fa’aroa (TNTV)

Les membres de l'association Vaiava ne veulent pas d'un centre d'enfouissement technique à Faaroa, pour des raisons environnementales et touristiques. Ils s'opposent à la décision du Pays, propriétaire du terrain sur lequel le projet devrait voir le jour.
"On est en train de faire un crime contre la nature et contre l'histoire de la Polynésie en installant ce CET" accuse Jacques Guillots, membre de l'association Vaiava. Le ton est donné et la colère gronde contre le projet de centre d'enfouissement technique dont le permis de construire date du 20 octobre 2023. "Malheureusement, il y a de fortes chances que ce projet voit le jour puisque le territoire est prêt à financer 70% sur le milliard xpf". (…) Ce CET permettrait pourtant de remédier au problème de la décharge saturée de Uturoa. Mais pour Heinui Teahui, guide touristique, il est impensable d'imaginer la vallée remplie de déchets. Au-delà de la préservation du site naturel, il voit déjà les touristes fuir les lieux à cause de l'odeur et des mouches. (…). Milko Manarani, gérant d'une entreprise de recyclage depuis six ans, s'est rapproché du gouvernement pour envisager une solution alternative. Elle est restée sans réponse. (…) L'association Vaiava appelle le Gouvernement à davantage de considération et compte s'exprimer lors d'une réunion publique qui se tient ce soir à la mairie de Vaiaau.

"Un crime contre la nature et contre l'histoire de la Polynésie" : à Raiatea, le centre d'enfouissement technique de Faaroa ne fait pas l'unanimité (Polynésie 1ère) article publié le 18/03

 

 

# Le numérique prend de plus en plus de place dans nos vies. Mais son utilisation engendre aussi un impact environnemental. Pour tenter de le réduire, un mouvement a été lancé en 2020 : le Digital clean up Day. Le fenua aussi y prend part. En 2020, les associations World Cleanup Day – France et l’Institut du Numérique Responsable ont lancé le Digital Cleanup Day, journée mondiale du nettoyage numérique. Il s’agit de sensibiliser à des pratiques responsables : nettoyage de nos données, réutilisation et recyclage des appareils. Cette année, le fenua suit aussi le mouvement. À l’Université de la Polynésie, des ateliers sont organisés. Les étudiants ont également accès à des tutoriels et conférences sur le sujet.
Ailleurs, la plateforme Ta’iara pro propose aux professionnels du fenua de leur déposer leur matériel informatique. Objectif : leur donner une nouvelle vie. Le matériel sera ensuite mis à disposition « de demandeurs d’emploi qui ont besoin d’un outil numérique dans le cadre de leurs démarches professionnelles ainsi qu’à des familles pour que leurs enfants aient un accès à un outil numérique à la maison ». (…)

Le fenua participe à l’événement Digital Cleanup, pour un numérique responsable (TNTV)

 

 

# Seuls les pesticides contenant des substances actives autorisées peuvent être importés, commercialisés et utilisés en Polynésie française. Ces autorisations sont délivrées par le Conseil des ministres, après évaluation des risques et des bénéfices, et suite à l’avis de la commission des pesticides. La commission des pesticides, composée de divers acteurs de l’administration publique et du secteur privé, met régulièrement à jour la liste des substances actives afin de répondre aux besoins des professionnels et de retirer celles qui sont obsolètes ou dangereuses pour la santé humaine et l’environnement.  Par un avis du 28 novembre 2024, la commission a recommandé plusieurs modifications de l’arrêté en vigueur (…) Ces modifications visent à assurer une meilleure protection de la santé publique et de l’environnement tout en permettant une gestion efficace des nuisibles en Polynésie française. 

*Des délais transitoires ont été fixés pour la commercialisation (6 mois) et pour l’utilisation (12 mois), afin de permettre aux professionnels de s’adapter aux nouvelles régulations avant la mise en œuvre complète des restrictions.

Modification de la liste des substances actives et préparations commerciales de pesticides autorisées en Polynésie française (Tahiti News) Compte-rendu du Conseil des ministres du 8 mars