Renforcer le dialogue régional : la première Assemblée interparlementaire du Pacifique, organisée à Tahiti ainsi que la 11ème Conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature - tenue à Nouméa - ont été l'occasion d'aborder les thématiques de la protection des océans et du changement climatique.
Parallèlement au 55e Forum des îles du Pacifique (FIP) qui s’est tenu à Palau, la première Assemblée interparlementaire du Pacifique - qui veut être un pendant du FIP pour les organes législatifs - s’est tenue à Tahiti pour faire entendre une « voix parlementaire » commune du Pacifique.
Invitées à Tarahoi par Tony Géros depuis mardi, quatorze délégations de parlements du Pacifique ont achevé ce jeudi la première assemblée générale de cette Assemblée interparlementaire du Pacifique*. L’organisation, qui veut être un pendant du Fip pour les organes législatifs, entend faire émerger une « voix parlementaire commune » sur des sujets aussi variés que les souverainetés, la participation politique des femmes, l’intelligence artificielle ou le désenclavement des territoires insulaires.
Depuis mardi (8/9), quatorze délégations de parlementaires de la région s’étaient donné rendez-vous à Tarahoi pour la première Assemblée générale de l’Assemblée interparlementaire du Pacifique (AIP), qui s’est achevée ce jeudi. Les trois jours ont permis de formaliser les statuts et le fonctionnement de cette instance qui prend le relais du GPIP de Jacqui Drollet, avec l’ambition de devenir une institution régionale reconnue, au même titre que le Forum des îles du Pacifique, qui rassemble les exécutifs de la région.
Parmi les intervenants de cette session, l’eurodéputé LFI et vice-président du Parlement européen Younous Omarjee, qui s’est exprimé sur la protection des océans, le changement climatique et l’entrée en vigueur du traité BBNJ**, ainsi que sur les perspectives de coopération entre Strasbourg et l’AIP.
(…) Cette première assemblée générale a aussi été l’occasion d’arrêter la composition et les thèmes de commission. Participation politique des femmes, souverainetés, qu’elles soient politique, culturelle, alimentaire, énergétique ou numérique, désenclavement des territoires, changements climatiques, et même intelligence artificielle ou numérique… Autant de sujets sur lesquels l’AIP veut faire entendre une « voix parlementaire commune du Pacifique fondée sur le dialogue, la sécurité dans son ensemble et un Océan de Paix », comme le précise la « Déclaration de Vaiete », adoptée ce jeudi. C’est le Vanuatu qui accueillera la prochaine assemblée générale en 2027, probablement en février ou mars pour dissocier l’évènement de la période de réunion des dirigeants du Forum des îles du Pacifique
Clap de fin pour la première assemblée générale de l’AIP (Radio 1)
* Pour infos : Pour la première fois, l'Assemblée interparlementaire du Pacifique se réunit à Tahiti. Créée l'an dernier, elle rassemble parlementaires, délégations et observateurs autour d'une même ambition : renforcer le dialogue régional et faire davantage entendre la voix du Pacifique face aux grandes puissances.
Du 7 au 11 septembre 2026, l’Assemblée de la Polynésie française accueillera la première Assemblée générale de l’Assemblée interparlementaire du Pacifique (AIP), qui réunira à Tahiti près d’une soixantaine de présidents de parlement, parlementaires, fonctionnaires et partenaires institutionnels issus de l’ensemble de la région Pacifique, autour du thème : « Une voix du Pacifique dans un monde divisé : diplomatie parlementaire, unité régionale et paix mondiale ».
Organisée un an après l’adoption, à Natadola (Fidji), des statuts de l’AIP par onze parlements du Pacifique, cette rencontre marquera une étape importante dans la mise en place de la nouvelle organisation régionale. Elle permettra d’en consolider les fondements institutionnels et de renforcer le dialogue entre les parlements sur les défis communs aux peuples du Pacifique.
Onze parlements du Pacifique représentés à Papeete du 7 au 11 septembre (Tahiti News)
Quatorze délégations parlementaires du Pacifique étaient présentes mardi 8 septembre 2026 à l’Assemblée de la Polynésie française pour l’ouverture de la première Assemblée générale de l’Assemblée interparlementaire du Pacifique (AIP) un an après la création officielle de l’organisation, actée le 28 août 2025 à Natadola, aux Fidji. (…)
L’Assemblée interparlementaire du Pacifique compte désormais douze membres à part entière (Tahiti News)
** Pour rappel: Entré en vigueur le 17 janvier, le traité BBNJ sur la biodiversité en haute mer ouvre une nouvelle étape pour la protection de l’océan. Entrée en vigueur du traité BBNJ de l’ONU : l’État assure son soutien diplomatique au Pays (TNTV)
# La 11ème Conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature a débuté ce lundi au centre culturel Tjibaou, à Nouméa. Près de 400 représentants d’une vingtaine de pays et territoires sont réunis pendant une semaine pour faire le point sur les engagements pris en 2020 et définir les priorités régionales pour les prochaines années.
Cinq ans après, l’heure du bilan ? La conférence des îles du Pacifique qui s’ouvre ce lundi à Nouméa permettra-t-elle de mesurer le chemin parcouru depuis les derniers engagements pris à la CPS ? En 2020, la déclaration de Vemööre avait fixé 21 actions pour préserver la biodiversité en Océanie. En Nouvelle-Calédonie, les priorités portaient notamment sur le développement de l’agroforesterie, la protection des ressources en eau et la conservation des espèces migratrices, dont les oiseaux, les tortues et les mammifères marins.
Des orientations qui ont ensuite alimenté la feuille de route régionale pour la biodiversité 2021-2025. Restauration écologique, solutions fondées sur la nature en milieu urbain ou renforcement de la coopération entre territoires : plusieurs actions ont depuis été engagées. La conférence qui s’ouvre aujourd’hui à Nouméa doit désormais en dresser le bilan et préparer le cadre régional 2026-2030.* Sur le terrain, certaines initiatives cherchent déjà à répondre aux effets du changement climatique en s’appuyant sur les écosystèmes. C’est notamment le cas du programme Kiwa qui soutient 45 projets dans 17 pays et territoires, dont le Caillou, pour un investissement annoncé de 9,5 milliards de francs CFP. Restauration des mangroves pour limiter l’érosion du littoral, agriculture durable, gestion des pêches ou infrastructures vertes : les solutions diffèrent selon les territoires. Vingt-deux d’entre elles sont racontées à travers des portraits et témoignages réunis dans une exposition photo présentée actuellement au centre culturel Tjibaou.
Au terme de cette conférence, les participants devront surtout s’accorder sur la suite. Le nouveau cadre régional 2026-2030 doit fixer les priorités communes en matière de conservation de la nature pour les cinq prochaines années.
Conférence des îles du Pacifique : la biodiversité au cœur des discussions à Nouméa (Nouvelle Caledonie la 1ère)
*Cette 11e édition doit notamment aboutir à l’élaboration d’un nouveau cadre régional pour la conservation de la nature pour la période 2026-2030. Un rapport sur l’état de la conservation en Océanie est également attendu.
L’enjeu est aussi de rapprocher les positions des pays et territoires confrontés aux mêmes conséquences du changement climatique. “L’idée, c’est qu’on puisse, avec l’ensemble des personnes qui seront présentes, disposer d’une voix commune qui sera portée pour la prochaine COP”, explique Johanito Wamytan.
Lundi dernier, le réunionnais Emmanuel Séraphin, président du Territoire de l’Ouest et président du GIP Écocité a accueilli une délégation d’élus de la Communauté de communes Terehēamanu, menée par son président Faana Taputu. Organisée en partenariat avec le Centre d'études et d'expertises sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), cette journée d’études et d’échanges visait à partager les solutions concrètes déployées dans l’ouest de La Réunion en matière d’adaptation au changement climatique, d’aménagement durable et d’économie sociale et solidaire.
Face aux défis climatiques et insulaires communs – érosion côtière, transition écologique, aménagement durable du territoire et souveraineté alimentaire –, la délégation polynésienne est venue se nourrir à La Réunion d’un retour d’expérience opérationnel au cœur des grands projets de la communauté d’agglomération du Territoire de l’Ouest.
Au cours de cette journée intense, les élus de Terehēamanu ont pu découvrir plusieurs projets emblématiques du territoire : la réhabilitation écologique et la lutte contre l’érosion à Cambaie (Saint-Paul), l’urbanisme bioclimatique à La Possession (projet d’écoquartier ZAC Cœur de Ville), l’agriculture urbaine et une initiative d’économie sociale et solidaire au Port (“Bann Zardin Lavi”).
“Toutes les îles du Grand Océan et de l’Hexagone sont aujourd’hui confrontées aux mêmes urgences climatiques, à commencer par le recul du trait de côte et la nécessité de bâtir des villes durables”, a observé Emmanuel Séraphin aux élus polynésiens qui ont fait le déplacement. “Recevoir nos homologues de Polynésie française, après avoir partagé nos compétences avec Madagascar ou Maurice, démontre que le Territoire de l’Ouest et l’Écocité sont devenus de véritables laboratoires d’innovation reconnus. Nos solutions fondées sur la nature et notre modèle d’aménagement tropical durable ont vocation à inspirer et à nourrir les démarches de résilience de l’ensemble des territoires insulaires frères.”
Des échanges entre les côtes ouest (Tahiti Infos)
Plus de 3 200 espèces sont menacées d’extinction dans le Pacifique, selon le nouveau rapport du Proe. Réunis depuis le lundi 7 septembre à Nouméa, les représentants au dialogue ministériel de la 11e Conférence nature se sont entendus sur une déclaration commune. Sa publication reste suspendue à des validations gouvernementales. Les précisions de notre partenaire Les Nouvelles calédoniennes.
(…) La bonne nouvelle, selon le membre du gouvernement en charge du climat, tient à l’accord trouvé entre les représentants présents sur une déclaration commune pour protéger la biodiversité. Son contenu a fait l’objet d’un consensus, mais certaines capitales, dont Wellington notamment, doivent encore en valider les dernières modifications avant sa publication.
Un délai dû à des procédures gouvernementales, a expliqué Sefanaia Nawadra, directeur général du Programme régional océanien de l’environnement (Proe). L’objectif est de les achever avant la fin de la conférence, vendredi 11 septembre. Les priorités ont néanmoins été annoncées : préserver les espèces menacées, lutter contre les espèces envahissantes, transmettre les savoirs traditionnels et surtout, obtenir des financements durables.
Ouverte lundi au centre culturel Tjibaou (Les Nouvelles Calédoniennes), la 11e Conférence du Pacifique sur la conservation de la nature s’appuie sur le nouveau rapport du Proe(en anglais) adopté le même jour. Sur les quelque 16 000 espèces étudiées dans le Pacifique, plus de 3 200 sont menacées d’extinction, soit environ 20 %. Et encore, ce bilan ne couvre qu’une partie de la biodiversité de la région. Parmi les espèces de coraux étudiées, cette proportion atteint les 40 %.
Tous les voyants ne sont toutefois pas au rouge. Les quatre principaux stocks de thons suivis sont jugés en bon état. Les forêts naturelles continuent, elles, de reculer, principalement en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Salomon.
Quant aux moyens publics, ils restent limités. En 2025, les ministères chargés de l’Environnement disposaient de moins de 2 % du budget national dans sept des onze pays renseignés dans la publication. Et parmi ces onze, cette part a reculé par rapport à 2024.
(…). Aucun montant ni aucun calendrier précis de mise en œuvre de la déclaration n’ont été présentés lors des échanges avec la presse. « Quand la déclaration sera diffusée, nous n’inventerons pas le fil à couper le beurre », reconnaît l’élu Kanaky NC. Elle devra cependant donner à chaque pays « un cap sur lequel se baser pour pouvoir agir au quotidien ». Selon Sefanaia Nawadra, elle nourrira aussi les positions du Pacifique aux prochaines conférences internationales sur la biodiversité et le climat.
Le texte accompagnera également le futur cadre régional de conservation pour 2026-2030. Son nom, « Môo mâ Awé », a été proposé par le Sénat coutumier. En paicî, il exprime « la sagesse, la douceur, la paix, la réconciliation et un avenir commun fondé sur l’harmonie ». Son président, Richard Poaririwa, a expliqué le lien de cette expression avec l’eau et la sérénité. Afin d’assurer un meilleur suivi des engagements, Johanito Wamytan propose de réunir les responsables politiques, les organisations régionales et la société civile en conférence tous les deux ans plutôt que tous les cinq ans comme c’est le cas actuellement.
Conférence nature : le Pacifique en quête de moyens pour ses ambitions (Radio 1)