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Inquiétudes et avancées : changement climatique, gouvernance des espaces maritimes, préservation de la biodiversité, exploitation des minerais des grands fonds marins... ; L’aire marine protégée Tai Nui Atea présentée par la délégation polynésienne favorablement accueillie par les membres du forum.

 

 





Réunis à Palau pour le 55e Forum des îles du Pacifique, les dirigeants de la région ont clôturé leurs travaux en exprimant leurs vives inquiétudes face aux tensions géopolitiques et au réchauffement climatique. Entre préservation de la culture locale et enjeux mondiaux, plusieurs articles reviennent sur les grandes thématiques qui ont nourri les réflexion et les engagements  tenus lors de ces quatre jours de rencontres.
Le 55e Forum des îles du Pacifique* s’est achevé mercredi soir à Palau, même si des rencontres plus informelles se poursuivront cette semaine. Des chefs d’Etats d’Australie, Cook, les iles Marshall, la Nouvelle-Zélande, Nauru ou encore les Fidji, Tonga et Tuvalu y on participé. Plusieurs organisation régionales du Pacifique étaient représentées durant ces 4 jours de rencontres et de réflexion sur le thème « Construire des économies ». Dans leur communiqué final, les chefs d’Etats et de gouvernement marquent leur inquiétude face à la montée des tensions en Océanie. Ils déplorent en particulier les tirs de missiles de la Chine et des Etats-Unis, sans pour autant nommer ces Pays.
(…) Autre sujet d’inquiétude qui remontera jusqu’à l’ONU : le changement climatique. Il reste la « menace la plus grande pour : les moyens de subsistance ; la sécurité ; le bien-être des peuples et des communautés du Pacifique », rappellent les membres du Forum.
Moetai Brotherson, pour sa part, a fait inscrire dans ce communiqué une référence à la navigation traditionnelle, en tant qu’expression durable de la culture, de l’identité et des savoirs traditionnels du Pacifique.
Le 56ème Forum aura lieu l’an prochain en Nouvelle-Zélande, et tous les lieux des Forums à venir sont connus jusqu’en 2031, l’année où le fenua l’accueillera pour la première fois.

Le 55e Forum des îles du Pacifique s’achève sur des inquiétudes (TNTV)

Les dirigeants des principales économies mondiales devraient se rendre sur un atoll du Pacifique pour constater la réalité de la hausse record du niveau de la mer, a enjoint lundi une haute responsable de l’ONU aux Palaos, lors du 55e Forum des îles du Pacifique.
"Nous avons besoin qu'ils viennent voir", a également lancé le ministre de l'Environnement de cet archipel, Steven Victor, hôte jusqu'à jeudi du sommet du forum, composé de 18 pays membres.
Rappelant la crue meurtrière survenue au Népal, la vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, a souligné que la montée des eaux dans le Pacifique était "l'autre facette de cette histoire". 
"Nous savons déjà qu'un climat qui se réchauffe modifie les glaces du monde entier à une vitesse extraordinaire, menaçant les populations situées en contrebas des glaciers, mais ajoutant aussi davantage d’eau à nos océans", a-t-elle déclaré à des journalistes. La question du climat est l'une des grandes priorités régionales dans le Pacifique.
(…). Le Pacifique "ne quémande pas des aides" mais dispose de moins de ressources pour faire face à la montée des eaux menaçant ses populations, a aussi souligné Steven Victor, le ministre de l'Environnement des Palaos. 
Un rapport de l'ONU publié lundi (31/08) montre une hausse du niveau de la mer à un rythme record, alimentée par le réchauffement des océans et la fonte des glaciers. Jusqu’à 1,2 milliard de personnes pourraient être déplacées d'ici 2050, les pays insulaires du Pacifique subissant une hausse du niveau de la mer deux fois supérieure à la moyenne mondiale, indique le rapport. (..)
 
"Qu'ils viennent voir" : les chefs d'Etat sommés de constater la montée des eaux dans le Pacifique (Tahiti Infos)

Lutte contre le trafic de drogue, mais aussi investissements massifs pour l'adaptation au changement climatique : à Palau, lors du Forum des îles du Pacifique*, la France met en avant ses engagements financiers aux côtés des collectivités pacifiques pour consolider son statut de partenaire incontournable.
(…) La France en a profité pour défendre son statut de partenaire majeur, à travers les saisies de stupéfiants ou les formations, mais aussi à travers les aides accordées dans le Pacifique, comme celle versée au PRF (le Pacific Resilience Facility), un grand fonds servant à financer des actions destinées à aider les peuples de Pacifique face au changement climatique.
Le Forum va proposer plusieurs catégories de partenaires. Tous les grands pays veulent être dans la catégorie reine, intitulée « partenaires stratégiques ». « Je pense que l’engagement qui a été tenu par la France sur le PRF, donc le Fonds de Résilience Pacifique, de venir abonder ce fonds a joué certainement en la faveur de la France », estime Moetai Brotherson.
« Nous avons contribué à hauteur de 2 millions d’euros (environ 238 millions de Fcfp) à cette facilité, à ce programme qui est mis en place, mais par ailleurs, notre investissement dans le Pacifique, il se décline par nos projets de l’Agence Française de Développement, souligne Eléonore Caroit, ministre déléguée à la francophonie et aux partenariats extérieurs. Je visitais ce matin les projets Kiwa, donc ce sont 80 millions d’euros (9.5 milliards de Fcfp), dont la moitié financée par la France, qui permettent justement de travailler sur la résilience, l’adaptation au changement climatique. »

Forum des îles du Pacifique : à Palau, la France défend son statut de partenaire majeur (TNTV)

Le 55e Forum des îles du Pacifique s’est achevé mercredi à Palau, sur fond de tensions géopolitiques et d’inquiétudes climatiques. Critiqué depuis Tarahoi, Moetai Brotherson a poursuivi les échanges bilatéraux avec plusieurs partenaires de la région. Lutte contre le narcotrafic, missile chinois, changement climatique : le président du Pays estime que son déplacement a occasionné des "perspectives très intéressantes" pour le fenua.
(…) Vivement critiqué pour s’y être déplacé, alors que le texte du gouvernement faisait l’objet d’un nombre record d’amendements , Moetai Brotherson ne « regrette pas du tout » son choix et dresse un bilan positif de ces quelques jours.
La sécurité aura constitué l’un des principaux dossiers de ce FIP. (…)
Le changement climatique reste l’autre grande préoccupation des États et territoires insulaires. Le communiqué final du Forum doit d’ailleurs porter cette inquiétude jusqu’aux Nations unies, les dirigeants considérant le dérèglement climatique comme une menace majeure pour les moyens de subsistance, la sécurité et le bien-être des populations du Pacifique.
Pour Moetai Brotherson, le poids relativement faible des territoires insulaires dans les émissions mondiales ne doit toutefois pas conduire à l’inaction. « C’est une question presque philosophique (…). Nous représentons à peu près 0,03% des gaz à effet de serre. Même si nous étions 100% énergie renouvelable et 100% zéro carbone, cela ne viendrait pas vraiment changer le climat. L’exemple que nous donnons ici, avec toutes nos démarches, est là pour dire aux grands pays que si nous, nous arrivons à le faire, faites pareil », argumente-t-il.
(…) Le prochain Forum des îles du Pacifique se tiendra en Nouvelle-Zélande, en 2027. La Polynésie française, elle, accueillera pour la première fois le rendez-vous régional en 2031.

« Je ne regrette pas du tout » : Moetai Brotherson défend les « décisions importantes » prises à Palau (TNTV)

Au lendemain du 55e Forum des îles du Pacifique, qui s’est tenu à Palau du 31 août au 3 septembre, Moetai Brotherson défend un bilan « particulièrement » positif. Dans une interview accordée à Radio 1, le président du Pays revient sur plusieurs dossiers portés par la délégation polynésienne, de la sécurité régionale à la protection des océans, en passant par la lutte contre l’ice, le financement des aires marines protégées ou encore la navigation traditionnelle.
(…) Durant les quatre jours qu’a duré le forum, celui-ci a confirmé la place centrale accordée à la protection marine, à la gouvernance des espaces maritimes, aux pêches et à la biodiversité. Les dirigeants ont notamment chargé le Pacific Ocean Commissioner de préparer la région à la première conférence des parties de l’accord BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction) sur la biodiversité en haute mer, prévue en janvier prochain. Ils ont également réaffirmé l’importance d’une gestion durable des ressources halieutiques. Moetai Brotherson met quant à lui en avant le travail du Programme régional océanien de l’environnement (PROE), sans le chiffrer, ainsi que les discussions sur les récifs coralliens, avec un engagement international dont il est “le 22e signataire”.
(…) Sur la pêche, il rappelle les inquiétudes polynésiennes concernant d’éventuelles nouvelles contraintes : “On a une problématique sur l’instauration potentielle de quotas de pêche. Là-dessus, notre position et celle du groupe polynésien est très claire : on ne veut pas l’instauration de quotas de pêche supplémentaires dans nos ZEE. On est d’accord de mettre des limitations en dehors (en haute mer, NDLR) mais pas à l’intérieur des ZEE. Nous avons une approche très conservatrice, nous figurons parmi les pays qui pêchent le moins dans leurs ZEE, donc on ne comprendrait pas qu’on nous restreigne encore plus.”
(…) La question des minerais des grands fonds reste plus sensible. Le forum n’a pas adopté de position commune contre toute exploitation, privilégiant plutôt une approche régionale fondée sur le respect de la souveraineté des États. Vanuatu a notamment proposé de conduire une évaluation scientifique mondiale des écosystèmes des grands fonds. Le président du Pays réaffirme de son côté son opposition à l’exploitation minière des fonds marins. « Il n’y a pas aujourd’hui suffisamment de données scientifiques et financières pour pouvoir s’engager dans l’exploitation des fonds marins », estime-t-il, rappelant les risques de pollution transfrontalière.
(…) Sur le climat, les dirigeants réaffirment que « le changement climatique demeure la plus grande menace à la sécurité, aux moyens de subsistance, au bien-être et à la prospérité des peuples du Pacifique ». Le forum a ainsi approuvé son nouveau Plan d’action régional pour la paix et la sécurité 2026-2030, en inscrivant les enjeux climatiques et sécuritaires dans une même approche régionale.  (…) Moetai Brotherson souligne surtout l’intérêt pour la Polynésie de pouvoir s’appuyer sur des expériences régionales face aux conséquences concrètes du changement climatique, notamment sur la question de la fonte des glaces et ses répercussions sur les populations du Pacifique.
(…) L’aire marine protégée Tai Nui Atea a été présentée et favorablement accueillie par les membres du forum. Pour le fenua, l’enjeu est désormais de transformer cet intérêt en soutiens concrets, notamment d’organisations et fondations susceptibles de participer au financement de la protection de l’océan. Moetai Brotherson indique que des discussions sont engagées avec plusieurs ONG et bailleurs autour d’un modèle de financement beaucoup plus long que les engagements habituels. L’objectif évoqué est de parvenir à un accord permettant de sécuriser la protection de Tai Nui Atea sur plusieurs décennies, tout en conservant la maîtrise de la stratégie et de la gouvernance par le pays. (…)

Ice, aires marines protégées, grands fonds… Moetai Brotherson tire son bilan du forum (Radio 1)

Le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, a signé mardi (01/09), en marge du 55ème Forum des dirigeants des îles du Pacifique à Palau, l'engagement international pour la protection des récifs coralliens résilients au changement climatique.
Porté conjointement par le Forum des îles du Pacifique et plusieurs organisations de conservation (The Nature Conservancy, Wildlife Conservation Society, Coral Reef Rescue Initiative, WWF), ce texte engage les pays signataires à protéger en priorité les récifs coralliens présentant la plus grande capacité de résistance et de régénération face au réchauffement climatique, tout en réaffirmant l'importance de préserver les récifs plus vulnérables.
Les signataires s'engagent notamment à intégrer la conservation des récifs coralliens dans leurs stratégies climatiques et de biodiversité nationales, à renforcer leurs dispositifs de surveillance, à lutter contre la pollution d'origine terrestre et la pêche illégale, et à mobiliser des financements en s'appuyant sur les savoirs traditionnels et l'implication des communautés locales.
- Lire Les extraits de la déclaration

Accords internationaux pour la protection des récifs (Tahiti Infos)

Faut-il exploiter les ressources minières sous-marines ou préserver les grands fonds ? La question continue de diviser les dirigeants du Pacifique. Lors du Forum des Îles du Pacifique, certains se sont montrés favorables à une éventuelle exploitation, tandis que d’autres ont réaffirmé leur opposition.
Les 18 dirigeants du Pacifique cherchent toujours une position commune sur l’exploitation minière des fonds marins. Mais le consensus semble encore lointain.
La pandémie de Covid-19, qui a mis en évidence la fragilité des économies dépendantes du tourisme, a poussé certains États insulaires à envisager de nouvelles sources de revenus. Les Îles Cook, les Tonga ou encore Nauru s’intéressent ainsi aux ressources présentes dans leurs fonds marins, même si leurs projets n’en sont, pour le moment, qu’au stade de l’exploration.
(…). Les pays intéressés par cette exploitation assurent qu’ils n’agiront que si les opérations peuvent être menées sans dommages pour l’environnement. Une promesse qui ne convainc pas Palau, pays hôte du Forum et précurseur dans la protection de l’océan. Comme la Polynésie française et la France, l’archipel s’oppose à l’exploitation minière des grands fonds.
(…) D’autres territoires ne prévoient pas d’exploiter ces ressources à court terme, mais refusent de fermer définitivement la porte. C’est le cas de la Nouvelle-Calédonie, qui a signé le moratoire contre l’exploitation tout en souhaitant mieux connaître les richesses présentes dans son espace maritime.
(…) L’océan ne possédant pas de frontières physiques, les conséquences d’une exploitation pourraient s’étendre au-delà de la zone concernée. Une inquiétude particulièrement présente chez les gardiens des traditions et les militants écologistes réunis au Forum.
(…) Les lobbyistes pro-exploitation se sont montrés plus discrets lors de cette édition du Forum. TNTV avait pu les interroger les années précédentes, mais cette fois, ils se sont contentés de faire miroiter des bénéfices records aux îles qui acceptent de les écouter. Pourtant, dans le Pacifique, ceux qui s’y sont essayé ont surtout perdu de l’argent. Les seuls à s’enrichir sont, pour le moment, les compagnies minières.

L’exploitation minière des fonds marins divise toujours le Pacifique (TNTV)


* Pour rappel: Le 55e sommet du Forum des îles du Pacifique se déroule du 30 août au 4 septembre sur l'archipel des Palau in Protéger les océans (AvA-Infos)

Pour info : Créé en 1971, regroupant 18 États indépendants et territoires associés d'Océanie, le Forum des îles du Pacifique, anciennement Forum du Pacifique Sud (changement de nom en octobre 2000), est la principale instance de coopération politique dans la région Pacifique -  Forum des îles du Pacifique The Pacific Island Forum


NOTA = La 11ème Conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature a débuté ce lundi 7 septembre au centre culturel Tjibaou, à Nouméa. Près de 400 représentants d’une vingtaine de pays et territoires sont réunis pendant une semaine pour faire le point sur les engagements pris en 2020 et définir les priorités régionales pour les prochaines années. Ce sujet connexe au Forum des îles du Pacifique sera traité dans la prochaine revue de presse AvA-Infos.


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