Traiter les animaux avec respect favorise l’empathie et la compassion chez les individus et les communautés, contribue à une bonne santé mentale et au bien-être social des humains. C'est l'une des conditions d'un "développement durable" de notre société. Un "fait divers" aboutissant à la condamnation d'un auteur de maltraitance à l'égard d'une chienne incite à rappeler plusieurs actualités récentes qui révèlent une situation parfois conflictuelle dans la gestion d'animaux domestiques abandonnés en Polynésie française : Les tensions et les interrogations autour du chenil de la fédération Ta Tātou Mau Animara à la Presqu'île ; La dissolution de Raiatea Animara, la seule structure active dédiée aux animaux errants sur l’île sacrée ; La mise à disposition de l’association Stop Cruauté Animale Tahiti d'un terrain à Moorea pour la construction du tout premier refuge pour chiens et chats de Moorea.
# L’ancien propriétaire de Cassie, une chienne retrouvée en juin dernier dans un état de santé déplorable, a été condamné, ce jeudi (26/02), à 2 mois de prison avec sursis ainsi qu’à une interdiction définitive de détenir un animal. Une peine dont se félicite l’association « Alliance pour le Respect et la Protection des Animaux de Polynésie française » (ARPAP) qui s’était constituée partie civile. « On veillera à ce que cette interdiction soit respectée », prévient sa présidente.
En juin 2025, des particuliers avaient contacté l’ARPAP après avoir croisé le chemin de Cassie, une chienne dans « un état pas possible ».
« Elle était maigre, attachée, et ne pouvait pas tenir debout. Elle était sous les intempéries et dans ses excréments avec ses chiots », explique la présidente de l’association, Carole Couturier.
L’ARPAP avait donc alerté les autorités. Des gendarmes, accompagnés d’un vétérinaire, s’étaient rendus dans la foulée chez le propriétaire de l’animal. Et vu son état, ils l’avaient pris avec eux.
(…) Ce jeudi, l’ancien maître de Cassie a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre du chef de « délit d’abandon ». (…) L’homme a été condamné à 2 mois de prison avec sursis, à rembourser une partie des frais de vétérinaire, ainsi qu’à verser 50 000 francs de dommages et intérêts à l’association qui s’était constituée partie civile. (…) Aujourd’hui, Cassie a été accueillie dans une nouvelle famille et se porte bien. Elle pesait à peine 13 kilos lorsqu’elle avait été récupérée. Son poids a doublé aujourd’hui
Le maître de Cassie, chienne maltraitée, condamné à une interdiction à vie de détenir un animal (TNTV)
# Les tensions et les interrogations perdurent autour du chenil de la fédération Ta Tātou Mau Animara, installé dans un quartier résidentiel du plateau de Afaahiti (Presqu’île de Tahiti) . Des riverains, qui dénoncent depuis novembre des nuisances sonores et des atteintes à la salubrité publique, comptent se tourner vers la justice. De son côté, l’association mise sur un terrain domanial pour quitter les lieux. Selon nos informations, la commune de Taiarapu-Est a saisi la Diren et une réunion interservices s’est tenue vendredi au ministčre de l’Environnement.
(…). ces dernières semaines, l’emménagement du chenil de la fédération Ta Tātou Mau Animara (TTMA) fait aussi grand bruit du côté du lieu-dit La Pinède, voisin du lotissement Hopeume. Dans ce petit quartier résidentiel, une dizaine de foyers, dont une maison d’accueil pour “personnes fragiles”, subissent la concentration de 97 chiens sur une propriété en location, comme révélé par nos confrères de TNTV et Polynésie La 1ère.
(…). “Solidaire” de ses voisins, Bernard Begliomini s’inquiète autant de la cause animale : “Cette situation met en lumière un manquement des institutions. Ces chiens sont aussi des victimes et les associations portent seules ce fardeau collectif. Dans ce cas précis, ça conduit à des dérives avec cette accumulation incontrôlée”, remarque-t-il. Dans un courriel adressé vendredi au ministre de l’Agriculture en charge de la Cause animale, Taivini Teai, le riverain sollicite notamment une expertise vétérinaire individuelle pour favoriser le placement des chiens qui peuvent l’être.
(…). L’absence de fourrière au sud de Tahiti anime déjà les débats des prochaines élections municipales.
Tensions autour du chenil de Afaahiti (Tahiti Infos) 08/02/26
Le refuge de Afaahiti, qui a fait couler beaucoup d’encre, est “illicite (…) aucune demande d’autorisation n’a été faite”, a assuré le ministre en charge de la Cause animale, Taivini Teai. “Il va y avoir des contraventions”, la fédération To Tātou Mau Animara “doit être tenue responsable (…) pour ses agissements”. Le Pays travaille sur ce dossier depuis décembre dernier et plusieurs terrains ont été identifiés pour que les chiens puissent être déplacés.
Depuis le mois de décembre dernier, le refuge pour chiens, situé dans une zone résidentielle à Afaahiti, a beaucoup fait parler de lui. En effet, les voisins n’ont cessé de se plaindre des nuisances sonores et des atteintes à la salubrité publique.
Le ministre de l’Agriculture, des Ressources marines et de l’Environnement, en charge de l’Alimentation, de la Recherche et de la Cause animale, Taivini Teai, a assuré que ce refuge s’est déplacé de Mahina à Afaahiti et qu’il a été installé sans demande d’autorisation. Plusieurs services du Pays travaillent sur ce dossier depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois, comme la Direction de l’environnement, la Direction de la biosécurité mais également la Direction des affaires foncières. “Il nous faut trouver en urgence (…) où on va pouvoir déménager les chiens”, assure Taivini Teai. Il admet que cela se fait dans l’urgence, mais pas question non plus pour lui de ne pas respecter la règlementation en cours.
(…) Taivini Teai précise par ailleurs que des inspections devront être faites par des “vétérinaires agréés” pour lesdits terrains identifiés “parce que sur les 90 chiens, il y en a qui peuvent être placés potentiellement assez rapidement. Il y en a d'autres qui nécessitent des soins et qui seront à ce moment-là dans les nouvelles zones géographiques qu'on a identifiées. Là encore, on doit voir avec les communes (…). Et puis après, en fonction de l'état sanitaire – ce n'est pas moi qui le dirai – il y a des chiens qui ont des cancers et peut-être qu'il y en a certains d'entre eux qu’on va accompagner pour leurs derniers jours”. Lorsque le déplacement de ces 90 chiens sera effectué, une “désinfection” de l’actuel refuge sera faite.
(…) Taivini Teai précise d’ailleurs qu’il travaille sur ce dossier en collaboration avec la fédération To Tātou Mau Animara, qui a mis en place ce chenil, et l’association Alliance pour le respect et la protection des animaux de Polynésie. Mais aussi avec l’État au travers de la gendarmerie “parce qu’il y a eu désordre à l'ordre public, donc la gendarmerie a fait aussi des constatations lorsque les agents de la Direction de l’environnement se sont déplacés”.
Il ajoute enfin que la fédération To Tātou Mau Animara “doit être tenue responsable à un moment donné pour ses agissements, elle se laisse déborder. Et après le Pays est au pied du mur pour résoudre une situation qui n’aurait pas dû être comme cela”.
Le refuge de Afaahiti est “illicite” (Tahiti Infos) 16/02/26
Les association de protection des animaux sortent du silence après les récentes déclarations du ministre de l’Environnement en charge de la Cause animale, Taivini Teai, selon qui le refuge de Afaahiti est “illicite”. Elles pointent du doigt l’affairisme du Pays qui “laisse pourrir une situation pour peut-être aboutir à une nécessité d'euthanasie collective. J'appelle ça un massacre organisé”. La fédération To Tātou Mau Animara, à l’origine de ce refuge, reconnaît avoir fait “deux bourdes”, à savoir “avoir récupéré autant de chiens et avoir occupé l'espace à Afaahiti”, et demande “pardon”.
La fédération To Tātou Mau Animara, créée en 2025 et qui est aujourd’hui au cœur d’une polémique avec le refuge de Afaahiti, s’était à l’origine installée à Mahina sur une propriété que la fédération devait louer sur du long terme. Finalement, le propriétaire a changé d’avis et lui a demandé de s’en aller. “Dans l’urgence, on a cherché un terrain et le propriétaire de Afaahiti nous a loué le sien. Cela devait être temporaire car on devait en louer un à Papeno’o. Mais finalement, le propriétaire ne voulait plus le louer et nous a proposé de l’acheter à plus de soixante millions de francs”, assure le bureau de la fédération. To Tātou Mau Animara reconnaît que “les installations très temporaires à Afaahiti ont été du bricolage (…) et c’est une erreur d’être en plein milieu d’une zone résidentielle”. Le bureau de la fédération assure avoir attendu “un accompagnement du Pays (…) malheureusement, j'ai l'impression que c'est tout le contraire”. En effet, la fédération ainsi que la présidente de l’association Alliance pour le respect et la protection des animaux de Polynésie (Arpap), Carole Couturier, rappellent que le 8 janvier dernier, un projet a été proposé au Pays et ce n’est qu’un mois plus tard que “le rendez-vous technique a eu lieu”, regrette Carole Couturier.
(…). Selon la présidente de l’Arpap, la construction de leur chenil aurait mis quinze jours “avec des installations mobiles, ce qui fait que même si à la fin, on ne nous donnait pas les autorisations administratives, on pouvait déménager en limitant l'impact environnemental sur le terrain. D'où notre incompréhension du positionnement du Pays. Quelle est la réelle volonté politique du Pays dans le cadre du bien-être animal ? Est-ce que c'est simplement un affichage pour faire joli ? Ou est-ce qu'on va dans le concret et on se retrousse les manches ?”
To Tātou Mau Animara considère que le Pays “laisse pourrir une situation pour peut-être aboutir à une nécessité d'euthanasie collective. J'appelle ça un massacre organisé.” La fédération considère qu’elle est “le bouc émissaire idéal (…) ça ne nous gêne pas, mais qu'on ne nous fasse pas croire que c'est pour le bien-être animal”.
(…). To Tātou Mau Animara reconnaît avoir fait “deux bourdes, qu’on assume et on va faire face. La première, c'est d’avoir récupéré autant de chiens (…). La deuxième, c'est d'avoir occupé l'espace à Afaahiti.”. La fédération souligne que ce problème existait déjà et qu’être à Afaahiti n’a fait que mettre en exergue le problème de la cause animale. (…)
“Laisser pourrir une situation pour (…) une euthanasie collective” (Tahiti Infos) 27/02/26
# Après plus de six ans d’engagement sur le terrain, l’association Raiatea Animara, unique structure de protection animale à Raiatea, a acté sa dissolution vendredi 27 février. Épuisée par le manque de moyens humains et de soutien durable, sa fondatrice Audrey Monjol-Delphine évoque une décision devenue inévitable, malgré des centaines d’animaux sauvés depuis 2019.
Créée en 2019, Raiatea Animara était la seule structure active dédiée aux animaux errants sur l’île sacrée. Une association qui œuvrait également à Taha’a. Pendant plus de six ans, une poignée de bénévoles a porté à bout de bras l’ensemble des missions : sauvetages, soins, stérilisations, adoptions, gestion administrative et sensibilisation.
(…). “On a décidé de dire stop” confie sa fondatrice. Sur les 255 adhérents recensés, seuls deux-trois bénévoles étaient réellement présents sur le terrain, engagés à plein temps, week-ends compris, parfois jusqu’à douze heures par jour.
Un investissement total devenu impossible à maintenir : “L’argent ne suffit pas sans moyens humains et matériels. À un moment, c’est une question de survie”.
(…). Depuis plusieurs années, Raiatea Animara multipliait pourtant les appels à l’aide. L’association dénonçait régulièrement sur sa page Facebook l’absence de structure adaptée, le manque de familles d’accueil et une prise en charge insuffisante de la problématique des animaux errants.
(…). De nombreux échanges ont pourtant bien eu lieu avec les élus locaux depuis des années, assure la fondatrice, mais les promesses évoquées n’ont jamais abouti concrètement.
(…). Malgré la dissolution votée, l’urgence reste aujourd’hui centrée sur les animaux encore pris en charge par l’association : 31 chats et chatons ainsi que 6 chiens attendent toujours une famille…
(…). Depuis sa création, Raiatea Animara a sauvé “des centaines et des centaines d’animaux”. Aujourd’hui, Audrey Monjol-Delphine espère surtout que cette fin marquera un nouveau départ pour la protection animale aux Îles Sous-le-Vent. (…). La page Raiatea Animara va progressivement se refermer. Mais pour les bénévoles, le combat pour le bien-être animal, lui, reste plus que jamais d’actualité.
Clap de fin pour Raiatea Animara aprčs six années de combat pour les animaux (TNTV) 02/03/26
# La commune de Moorea-Maiao met à disposition de l’association Stop Cruauté Animale Tahiti un terrain à Nuuroa pour la construction d’un centre d’accueil qui se fait fort d’être “le premier vrai refuge légal officiel de Polynésie”.
L’association Stop Cruauté Animale Tahiti (Scat) aura dans quelques mois son refuge et pourra accueillir et soigner des animaux en détresse. Le 2 février dernier la présidente de l’association, Nancy Tourangeau, a signé avec le tāvana de Moorea-Maiao, Evans Haumani, “une convention de location de terrain à titre gracieux pour une durée de six ans, renouvelable, car les élus ont considéré que leur action était d'intérêt général et que ça méritait un soutien de la commune”, indique le directeur de l'Environnement, des services techniques et de l'aménagement de la commune de Moorea-Maiao, Olivier Poté.
(…) Nancy Tourangeau explique que son association est très souvent sollicitée pour des “sauvetages” d’animaux. “Quand on fait des sauvetages, c'est difficile après de trouver des personnes pour garder les animaux. C’est une chance inouïe d’avoir aujourd’hui ce terrain.”
(…). L’association envisage un programme de stérilisations. Des journées portes ouvertes seront organisées, avec des visites du refuge et des adoptions d’animaux.
- “Le premier vrai refuge légal officiel de la Polynésie”
(…). L’'objectif précise Oliver Poté “c'est de faire un refuge modèle et c'est aussi de pouvoir montrer aux autres communes que c'est possible d'avoir un refuge de qualité, conforme au bien-être animal et qui permet aux bénévoles de bien travailler (…). Ce sera le premier vrai refuge légal officiel de la Polynésie”. (…)
“Un refuge de qualité, conforme au bien-être animal” à Moorea (Tahiti Infos) 12/02/26
Sur les hauteurs de Nuuroa, à Haapiti, l’association SCATahiti projette d’ouvrir le tout premier refuge pour chiens et chats de Moorea. Soutenu par la commune, le projet suscite toutefois des interrogations chez certains riverains.
C’est une première pour l’île sœur. À Haapiti, sur les hauteurs de Nuuroa, l’association SCATahiti prévoit d’implanter un refuge dédié aux chiens et aux chats abandonnés ou maltraités. La structure, qui sera installée sur une parcelle d’environ 500 m² mise à disposition par la commune, comprendra dix box pour chiens, cinq box pour chats, une chatterie de 24 m² ainsi qu’un local de soins.
L’objectif n’est pas de recueillir tous les animaux errants de l’île, mais d’agir en priorité pour les cas les plus urgents : « On ne pourra pas sauver tous les chiens de Moorea, c’est impossible, il y en a trop. Ce qu’on veut vraiment, c’est ceux qui sont maltraités, abandonnés, ceux qui sont dans état lamentable… les prendre et les remettre en santé pour pouvoir les faire adopter après » explique Nancy Tourangeau, présidente de SCATahiti.
Mais depuis l’annonce du projet, certains habitants du secteur font part de leurs inquiétudes, notamment concernant d’éventuelles nuisances sonores ou des problématiques d’assainissement.
Du côté de la commune, qui accompagne l’association dans ses démarches administratives, le discours se veut rassurant. (…) Pour concrétiser le projet, estimé à plusieurs millions de francs, l’association a lancé une tombola et sollicite des dons. Si le calendrier est respecté et que les financements suivent, le refuge pourrait ouvrir ses portes d’ici six mois. Un chantier qui dépendra largement de la mobilisation et du soutien de la population.
Moorea : un premier refuge animalier en projet à Haapiti (TNTV) 03/03/26
Le bien-être animal est une question complexe et délicate. Il interroge notre relation avec les animaux et notre responsabilité éthique à l’égard des espèces utilisées ou affectées par les communautés humaines à des fins diverses. Sujet qui suscite un intérêt croissant de la part du public, notamment d’un point de vue éthique, le bien-être animal devrait également être envisagé sous l’angle d’interactions plus durables et plus responsables entre les humains et les animaux. (…) Il est temps de changer de paradigme dans la façon dont les humains interagissent avec les animaux - tant pour leur bien que pour le nôtre.
Le bien-être animal : un atout vital pour un monde plus durable (OMSA, organisation mondiale de la santé animale)