Le bien-être animal, en l'occurence celui des animaux domestiques - et plus particulièrement celui des chiens - relève d'une problématique complexe: sociale, sanitaire, écologique... :  Le  refuge pour chiens et chats installé à Afaahiti sans autorisation a été fermé par le Pays. Une décision justifiée par des risques sanitaires et des nuisances liées à la présence de plus de 80 chiens. Cette situation relance la question des chiens errants en Polynésie ; À Moorea, l’association SCATahiti projette d’ouvrir le tout premier refuge pour chiens et chats de l'île soeur. Le discours se veut rassurant du côté des services de la commune ; Le procès d'une affaire de maltraitance animale très médiatisée l'an dernier, s’est tenu au tribunal. Pour plusieurs associations, la maltraitance animale reste souvent sous-estimée par la justice et ces affaires doivent permettre une prise de conscience sur la protection des animaux.

 

 

 

 

# À Afaahiti, sur la presqu'île de Tahiti, le chenil installé sans autorisation a été fermé par le Pays. Près d'une centaine de chiens y avaient été accueillis et 69 s'y trouvent encore, en attente de transfert. Une situation qui relance aussi la question des chiens errants en Polynésie.
(…). Après des mois de nuisances sonores et face aux risques sanitaires, l'arrêté pris par le ministre de l'Agriculture le 6 mars apporte enfin une première réponse aux riverains. Les autorités prévoient d'abord de recenser chaque animal et d'évaluer son état sanitaire et comportemental.
(…) En novembre 2025, le chenil abritait 97 chiens. Certains ont été adoptés depuis. Aujourd'hui, ils sont encore 69. Le Pays assure que les chiens adoptables seront orientés vers des structures agréées. Et ceux nécessitant un suivi médical seront pris en charge. Le dossier n'est pas clos pour autant. Les habitants ont engagé une procédure contre l'association et le propriétaire de la maison. Contactée par notre rédaction, la présidente de l'association Ta Tatou Mau Animara indique vouloir attendre les conseils de son avocat avant de répondre à nos questions. L'affaire du chenil d'Afaahiti doit être examinée en référé lundi 16 mars au tribunal de Papeete, à la demande des riverains.
D'ici là, les dizaines de chiens encore présents sur le terrain attendent une issue : un refuge ou une nouvelle famille.
(…). Pour Bernard (...), l'affaire de ce chenil illégal révèle un problème plus profond : la gestion des chiens errants en Polynésie. (…). Une nouvelle campagne générale de stérilisation doit être menée dans les prochains mois. Son lancement est suspendu au versement des subventions du Pays.

Afaahiti : après la fermeture du chenil, 69 chiens attendent encore d'être transférés (Polynésie 1ère)

En réaction aux articles de presse et aux publications sur les réseaux sociaux au sujet de la situation du refuge pour chiens et chats illégal installé à Afaahiti, Taivini Teai, ministre de l’Agriculture, en charge de l’Environnement et de la Cause animale (MPR), a souhaité apporter des clarifications ce week-end par voie de communiqué afin de rassurer la population, les riverains concernés et les acteurs de la protection animale.
(…). Mis en place sans autorisations administratives, le refuge de Afaahiti, même constitué avec les meilleurs intentions du monde, reste illégal dans son activité qui relève de la réglementation applicable aux installations classées pour la protection de l’environnement. “En conséquence, une procédure administrative contradictoire est en cours conformément aux dispositions du code de l’environnement”, explique le ministre.  
(…). Parallèlement à cette procédure, le Pays a engagé plusieurs actions comme “le recensement des animaux présents sur le site, leur évaluation sanitaire et comportementale par des vétérinaires, leur répartition temporaire vers des structures conformes à la réglementation” et “le déplacement progressif des animaux après décision administrative”.
La recherche de plusieurs terrains domaniaux permettant d’accueillir les animaux dans de meilleures conditions est en cours et constitue une priorité partagée par l’ensemble des services concernés”, poursuit le communiqué afin d’aider l’association exploitante de ce refuge pour animaux à se mettre dans les règles. “Néanmoins, le Pays ne peut que rappeler que toute activité de refuge, de fourrière ou de garde d’animaux exercée sans respecter les autorisations ICPE, les agréments sanitaires, ou les prescriptions réglementaires, qui visent à protéger les animaux et les populations, expose son exploitant à des sanctions administratives et pénales” rappelle le communiqué qui indique que le ministre sera “particulièrement vigilant à prévenir toute création de structures illégales ou aggravation de situations existantes.” 

Taivini Teai ferme avec le refuge de Afaahiti (Tahiti infos)

Le Pays a ordonné la fermeture administrative du chenil installé illégalement à Afaahiti, à Taiarapu-Est. Une décision justifiée par des risques sanitaires et des nuisances liées à la présence de plus de 80 chiens. L’ARPAP, qui soutient la fédération Ta Tatou Mau Animara, affirme de son côté que "la situation aurait pu être évitée".
(…). Dans un communiqué, le Pays précise que plus de 80 chiens sont présents sur ce site dépourvu des autorisations réglementaires nécessaires. Plusieurs signalements avaient également été effectués concernant des nuisances et des risques sanitaires. Toute structure accueillant un nombre important d’animaux relève de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et doit faire l’objet d’autorisations préalables, rappelle le ministère. La fermeture du site ne sera toutefois pas immédiate. L’arrêté prévoit notamment un recensement des chiens et une évaluation sanitaire et comportementale de chaque animal par un vétérinaire. Les animaux adoptables devraient être orientés vers des structures agréées, tandis que ceux nécessitant des soins feront l’objet d’une prise en charge spécifique.
Le Pays assure par ailleurs qu’« aucune euthanasie collective n’est envisagée ». En effet, en Polynésie française, l’euthanasie d’un animal ne peut être pratiquée que par un vétérinaire et uniquement pour des raisons sanitaires, de dangerosité ou de souffrance irréversible.
(…). À la suite de ce communiqué, l’Association pour la protection des animaux de Polynésie (ARPAP) a réagi pour préciser son rôle dans ce dossier. L’association indique soutenir la fédération Ta Tatou Mau Animara (TTMA) à l’origine du chenil, mais affirme « ne pas intervenir dans la régularisation ou la gestion du refuge actuel ». Son action vise plutôt à travailler à une solution d’accueil durable pour les chiens présents sur le site.
L’ARPAP explique ainsi s’appuyer sur l’expertise d’un bureau d’études spécialisé afin de mener, à titre gracieux, une étude de faisabilité pour un projet conforme aux normes sanitaires et environnementales.
(…). De son côté, l’ARPAP estime que « la situation actuelle du refuge d’Afaahiti aurait pu être évitée » si le projet de sanctuaire animalier présenté aux autorités dès 2022 avait été étudié plus tôt. Le ministère indique néanmoins poursuivre son travail avec la Direction de l’environnement et les communes afin de trouver des solutions durables pour la gestion des animaux errants et des structures d’accueil au fenua.

Fermeture du chenil de Afaahiti : « la situation aurait pu être évitée », selon l’ARPAP (TNTV)

 

 

# Sur les hauteurs de Nuuroa, à Haapiti, l’association SCATahiti projette d’ouvrir le tout premier refuge pour chiens et chats de Moorea. Soutenu par la commune, le projet suscite toutefois des interrogations chez certains riverains.C’est une première pour l’île sœur. À Haapiti, sur les hauteurs de Nuuroa, l’association SCATahiti prévoit d’implanter un refuge dédié aux chiens et aux chats abandonnés ou maltraités. La structure, qui sera installée sur une parcelle d’environ 500 m² mise à disposition par la commune, comprendra dix box pour chiens, cinq box pour chats, une chatterie de 24 m² ainsi qu’un local de soins.
L’objectif n’est pas de recueillir tous les animaux errants de l’île, mais d’agir en priorité pour les cas les plus urgents…
(…). Mais depuis l’annonce du projet, certains habitants du secteur font part de leurs inquiétudes, notamment concernant d’éventuelles nuisances sonores ou des problématiques d’assainissement.
Du côté de la commune, qui accompagne l’association dans ses démarches administratives, le discours se veut rassurant. « Au niveau assainissement, on mettra tout en oeuvre pour que le refuge soit règlementé. C’est une petite structure, donc cela peut être rapide, et surtout acceptable », assure Solange Vane, directrice adjointe des services techniques et environnementaux. (…)

Moorea : un premier refuge animalier en projet à Haapiti (TNTV)

 

 

# Le procès de l'affaire de maltraitance animale très médiatisée l'an dernier, liée au chien Opape, s’est tenu ce vendredi matin au tribunal. Lequel rendra une décision le 27 mars à 10 heures. En attendant, les associations de défense animale ont du mal à comprendre les réquisitions demandées par le parquet.
Lors de cette audience, la prévenue, une femme de 23 ans, sans emploi, ne s’est pas présentée au tribunal et n’était pas représentée par un avocat. Malgré cette absence, le tribunal a décidé de maintenir l’audience et d’examiner les faits qui lui sont reprochés. Par contre plusieurs associations de protection animale étaient présentes au tribunal. Au total, quatre associations se sont mobilisées pour suivre l’affaire. Une dizaine de personnes ont également assisté à l’audience.
Deux avocats représentaient les intérêts du chien Opape et des associations engagées dans la procédure, dont des structures locales et nationales de défense des animaux. Depuis les faits, Opape a dû recevoir des soins vétérinaires importants. Les frais engagés pour sa prise en charge s’élèvent à plus de 78 000 Fcfp. Une somme supérieure à l'amende de 50 000 Fcfp requise par le procureur de la République lors de l'audience contre la prévenue. De quoi décevoir les associations de protection animale. (…). Malgré une plainte déposée le 12 mai et plusieurs relances auprès du procureur, elles affirment ne pas avoir obtenu de réponse concernant le sort de cet animal. Elles demandent aussi aux autorités une réaction plus ferme face aux cas de maltraitance animale.
(…) Les représentants des associations présents au tribunal ont rappelé que la maltraitance animale reste souvent sous-estimée par la justice, malgré un durcissement des lois ces dernières années.
Selon eux, ces affaires doivent permettre une prise de conscience sur la protection des animaux, en Polynésie comme ailleurs.

Maltraitance animale : procès lié au chien Opape, la décision attendue le 27 mars (Polynésie 1ère)

L’ancienne propriétaire d’Opape, qui avait été filmée en train de battre son chien sur une plage de Paea en mai 2025, était jugée ce vendredi en correctionnelle. La jeune femme ne s’est pas présentée devant les juges, mais les quatre associations qui se sont constituées parties civiles étaient représentées. Et leurs avocats, dont un spécialiste du droit animalier dépêché de métropole, ont jugé « décevante » la position du parquet, qui a requis une amende de 50 000 francs pour « maltraitance », plutôt que de demander une condamnation pour « sévices graves et acte de cruauté ». « Banaliser ce genre d’actes, ce n’est pas rendre service à la cause animale », estiment-ils. Le délibéré sera rendu le 27 mars prochain.
« C’est une affaire qui a soulevé beaucoup d’émotions », commence le président au tribunal correctionnel de Papeete. Ce vendredi, la jeune femme filmée en train de battre son chien sur la plage de Paea en mai 2025, devait répondre de ses actes face aux juges. La prévenu n’était toutefois ni présente, ni représentée. « C’est bien dommage », réagit Me Patrice Grillon, l’avocat métropolitain que trois des associations de protection des animaux a fait spécialement venir pour l’occasion. L’association métropolitaine Stéphane Lamart, le collectif local Dobhelp et la Société nationale pour la défense des animaux (SNDA) se sont toutes constituées parties civiles. De même que la SCAT, très active sur les réseaux sociaux et au cœur de la mobilisation dans cette affaire, représentée par Me Adrien Huguet.
(…). Si le parquet avait un temps envisagé une qualification de « sévices graves ou acte de cruauté », c’est une condamnation pour « maltraitance animale » que demande le ministère public en séance. « J’ai une petite hésitation sur la qualification des faits », reconnait la procureure en séance, en précisant qu’elle n’avait toutefois pas vu la vidéo. Pour la magistrate, il n’y a « aucune trace de cruauté animale si ne c’est un manque de soins », explique-t-elle. « Je pense qu’on est plutôt sur de la maltraitance », poursuit-elle en ajoutant requérir une amende de 50 000 francs à l’encontre de la jeune femme. «Décevant » pour Me Patrice Grillon, qui rappelle que «les actes de cruauté sont des délits – ça n’est quand même pas rien » – alors que la maltraitance animale relève d’une « petite contravention ». (…) Le délibéré du tribunal correctionnel sera rendu le 27 mars prochain.

Le parquet voit de la « maltraitance » mais pas « d’actes de cruauté » dans l’affaire Opape (Radio 1)

Pour rappel : La cause animale: un problème ? (Ava-Infos)04/03/26

* Recenser pour la première fois les animaux de compagnie, réduire la TVA vétérinaire et mieux structurer l’action publique : la Polynésie a engagé un vaste chantier en faveur du bien-être animal. Un an après la création du comité consultatif, premiers résultats et projets à venir.
Créé par arrêté en Conseil des ministres en janvier 2024,  le comité consultatif pour le bien-être animal regroupe 16 représentants : institutions du Pays, État, communes, gendarmerie, tribunaux, vétérinaires, associations et fourrières. Présidé par Taivini Teai, le ministre en charge de l’Agriculture et de l’Environnement, il a un rôle strictement consultatif, mais stratégique. (…)

Premier recensement des animaux, TVA vétérinaire en baisse… : le grand chantier du bien-être animal en Polynésie (TNTV) 02/02/26