Un texte porté par le ministère de l’Agriculture vise à mieux encadrer la commercialisation, l’importation et l’utilisation de pesticides sur le territoire. Il prévoit notamment un système d’agrément, de certification et de formation obligatoire, assorti de sanctions pénales en cas de non-respect. Des contraintes jugées trop lourdes pour les agriculteurs réunis au sein du nouveau syndicat des agriculteurs de Polynésie (SAP) qui déplorent ne pas avoir été consultés dans la conception de cette proosition de loi, dans un contexte où la production polynésienne reste déjà fragile face aux importations. Un séminaire est prévu par le ministère au mois d’avril, après les échéances municipales ; C'est un agriculteur installé à Raiatea qui a été élu président du conseil d’administration de la Pacific Organic and Ethical Trade Community (POETCom). Ce réseau régional, hébergé par la Communauté du Pacifique (CPS), œuvre à la promotion de l’agriculture biologique et du commerce éthique dans la région.
# Une nouvelle loi du Pays sur les pesticides pourrait bientôt changer les pratiques de nombreux professionnels en Polynésie. Le texte, porté par le ministère de l’Agriculture et examiné cette semaine en commission à l’Assemblée, vise à mieux encadrer la commercialisation, l’importation et l’utilisation de ces produits sur le territoire. Sur le terrain, ces nouvelles obligations suscitent déjà de fortes inquiétudes dans le monde agricole.
(…). Le texte vise à mieux encadrer la commercialisation, le stockage, la fabrication et l’utilisation de ces produits sur le territoire. Il prévoit notamment un système d’agrément, de certification et de formation obligatoire, assorti de sanctions pénales en cas de non-respect. Des contraintes jugées trop lourdes pour les agriculteurs qui déplorent ne pas avoir été consultés dans la conception de cette loi. « On a pas pris en compte en fait notre point de vue à nous agriculteurs et aussi producteurs, estime Ken Lin. On ne se sent pas en fait soutenus aussi par rapport à l’agriculture et notre secteur. Les effets réels c’est bien une baisse de production (…) Ce sera vraiment tout le secteur agricole qui va être impacté par cette loi.« Dans un secteur sous tension, les agriculteurs redoutent un impact direct sur la production locale.
(…). Pour ces professionnels, l’enjeu dépasse la seule question des pesticides : c’est l’avenir de l’agriculture locale qui se joue, dans un contexte où la production polynésienne reste déjà fragile face aux importations.
Encadrement de l’utilisation des pesticides : les agriculteurs inquiets (TNTV)
Réunis en conférence de presse, les représentants du syndicat des agriculteurs de Polynésie (SAP) ont réaffirmé le décalage entre le projet de loi du Pays sur les pesticides et la réalité du terrain. L’examen du texte à l’assemblée de la Polynésie française est suspendu à l’organisation d’un séminaire, puis d’un colloque afin de consulter l’ensemble des parties prenantes.
Depuis fin février, le projet de loi du Pays sur les pesticides fait débat par communiqués interposés. D’un côté, le gouvernement défend “une modernisation du cadre réglementaire applicable aux pesticides afin de concilier trois priorités essentielles : l’autonomie alimentaire, la protection de la santé publique et la préservation de l’environnement”. De l’autre, le syndicat des agriculteurs de Polynésie (SAP) – créé en réaction à ce projet de loi, mais aussi au retrait effectif des néonicotinoïdes et du Fipronil de l’usage agricole depuis fin 2025 – dénonce “un texte irréalisable, juridiquement fragile et économiquement dangereux” associé à “un régime d’agrément et de certification complexe, ainsi que des obligations de formation lourdes, couplées à des sanctions pénales sévères”.
(…). “On aspire tous à une production 100 % biologique, mais la réalité, c’est que nous sommes sur des îles avec un microclimat très fragile. On veut nous supprimer le Fipronil : d’accord, mais le constat, c’est qu’en deux mois, on passe de 90 à 30 tonnes de choux et on libère la totalité d’importation. C’est du jamais-vu depuis deux ou trois décennies ! Ça démontre bien que cette logique met en péril les exploitations agricoles, qui sont déjà sous pression. Si on continue à cette allure-là, ce sera la disparition de l’agriculture locale”, estime Kalani Teixiera, vice-président par intérim du syndicat et ancien ministre de l’Agriculture, qui aurait reçu des messages de soutien d’agriculteurs jusqu’aux Australes et aux Marquises.
(…). Compte-tenu de ce contexte tendu, l’examen du projet de loi a été suspendu dans l’attente d’une concertation.(…). Comme annoncé par la présidence il y a quelques jours, “afin de partager un état des lieux objectif et scientifiquement fondé”, un séminaire territorial consacré aux pesticides est prévu après les élections municipales. Il devrait être organisé par la Direction de l’agriculture, en avril.
En encadré : Les demandes du syndicat
Pesticides, “la charrue avant les bœufs” pour le SAP (Tahiti Infos)
Alors que le gouvernement prépare un durcissement de la réglementation sur les pesticides, la grogne monte chez les professionnels de la terre. Entre absence d'alternatives techniques pour les cultures maraîchères et crainte d'une ouverture totale aux importations, le Syndicat des agriculteurs de Polynésie dénonce un projet de loi déconnecté de la réalité du terrain. Interview de Kalani Texeira, ancien ministre de l’agriculture, vice-président par intérim du syndicat des agriculteurs de Polynésie.
La loi du Pays visant à mieux encadrer la commercialisation et l’utilisation des pesticides, étudiée jeudi dernier en commission de l’agriculture à l’Assemblée, inquiète le Syndicat des agriculteurs de Polynésie. Ce dernier, créé il y a un mois face à « l’urgence de la situation », mobilise actuellement ses troupes afin de dénoncer un texte « complexe et sévère », qui va « mettre en péril » la filière, et dont il demande la suspension. Le ministère de l’Agriculture prévoit d’organiser en avril un séminaire afin d’échanger sur ce projet de loi avant qu’il ne soit examiné par l’Assemblée.
Alors que le projet de loi du Pays sur les pesticides a été étudié jeudi dernier en commission de l’agriculture à l’Assemblée, le Syndicat des agriculteurs de Polynésie (SAP) alerte contre « un texte irréalisable, juridiquement fragile et économiquement dangereux, qui risque d’achever un secteur déjà exsangue ».
« Pour avoir des chiffres, 92 % de la production locale est utilisée en autosuffisance. Or, c’est sur ces 92 % qu’est établie la loi sur les pesticides », détaille Kalani Teixeira, vice-président par intérim du SAP. « En une décennie, il y a eu 21,6 % de diminution en termes d’exploitations. Ensuite, il n’y a que 10 % des besoins agricoles qui sont produits ici, en Polynésie, face aux importations. Et en une décennie, la production vivrière a diminué de 46 % ».
(…) Une requête que le Pays a entendue. Si le projet de loi est toujours dans les tuyaux, plusieurs rencontres avec les professionnels sont prévues ces prochains mois afin d’y apporter des précisions complémentaires. Un colloque sur l’agriculture est envisagé pour juin à l’Assemblée, tandis qu’un séminaire consacré plus spécifiquement aux pesticides est prévu par le ministère au mois d’avril, après les échéances municipales, afin « d’apporter des éléments d’explications aux professionnels », fait savoir le ministère de l’Agriculture, qui n’exclut pas d’apporter des modifications au texte « en fonction des échanges ».
Le projet de loi du Pays sur les pesticides, qui a obtenu en octobre dernier un avis favorable du Cesec, « vise à corriger les difficultés identifiées depuis plus de dix ans par les professionnels et les services publics », explique le Pays dans un communiqué. Il a notamment vocation à « simplifier certaines démarches administratives » quant à l’obtention de produits, selon leurs risques, pour favoriser « l’usage de solutions plus sûres pour tous ». Il prévoit également « un accompagnement renforcé des utilisateurs, notamment par la mise en place de formations adaptées pour les personnes utilisant des produits de catégorie professionnelle ». En face, le SAP juge le « dispositif inapplicable et disproportionné », car il instaure « un régime d’agrément et de certification complexe ainsi que des obligations de formations lourdes, couplées à des sanctions pénales sévères ». Le tout jeune syndicat, créé il y a près d’un mois et interrogé par Tahiti Infos la semaine dernière, propose de « co-construire avec le gouvernement » un « programme structuré de formation ».
(…) Ces problématiques seront donc débattues lors du séminaire territorial consacré aux pesticides que le Pays souhaite organiser en avril. Un séminaire qui doit réunir « élus, agriculteurs conventionnels, raisonnées et biologiques, utilisateurs de biocides, associations de consommateurs, services publics et organismes scientifiques », précise le Pays dans son communiqué. Le but affiché étant « de partager un état des lieux objectif et scientifiquement fondé » sur les usages des pesticides au fenua, leurs bénéfices mais aussi leurs risques.
Loi pesticides : un séminaire en avril face aux inquiétudes des agriculteurs (Radio 1)
Pour rappel: Le ministère de l’Agriculture avait lancé une proposition de loi visant à mieux encadrer la commercialisation, le stockage, la fabrication et l’utilisation des pesticides en Polynésie française
In Des pistes alternatives à suivre... (AvA-Infos)25/02/26
# L’agriculteur Thierry Lison de Loma, installé à Raiatea, a été élu président du conseil d’administration de la Pacific Organic and Ethical Trade Community (POETCom). Ce réseau régional, hébergé par la Communauté du Pacifique (CPS), œuvre à la promotion de l’agriculture biologique et du commerce éthique dans la région.
(…) C’est La POETCom qui gère) le label Bio Pasifika (Norme Océanienne d’Agriculture Biologique. Cette organisation regroupe des agriculteurs, des organisations agricoles et des institutions du Pacifique afin de promouvoir l’agriculture biologique et des filières durables. Agriculteur et chercheur, Thierry Lison de Loma est docteur en biogéochimie et diplômé en leadership environnemental de l’Université de Berkeley, en Californie. Au fenua, il dirige deux fermes biologiques : un verger permaculturel de six hectares et une exploitation maraîchère de deux hectares, produisant plus de 20 tonnes de fruits et légumes certifiés bio chaque année. (…). Ayant travaillé dans plusieurs territoires du Pacifique — de Pitcairn à l’Australie, en passant par la Nouvelle-Zélande, les Tonga ou encore les îles Cook — il insiste sur l’importance d’adapter les pratiques agricoles aux réalités culturelles et écologiques de chaque territoire. (…). Durant son mandat, le nouveau président souhaite notamment renforcer les échanges entre territoires francophones et anglophones du Pacifique, soutenir le développement des systèmes participatifs de garantie comme Bio Fetia, et mobiliser de nouveaux financements pour l’agriculture biologique dans la région. (…)
Un agriculteur de Raiatea élu à la tête du réseau bio du Pacifique (TNTV)
L'agriculteur de Raiatea, Thierry Lison de Loma, vient d'être élu président de la Pacific Organic and Ethical Trade Community (POETCom). Ce chercheur et exploitant certifié bio aura pour mission de piloter le réseau régional dédié à la promotion de l'agriculture durable dans le Pacifique.
Thierry Lison de Loma succède à Georgina Bonin à la tête de cette organisation qui gère notamment le label Bio Pasifika (norme océanienne d’agriculture biologique). À la fois docteur en biogéochimie et diplômé de l'Université de Berkeley, il dirige deux fermes en Polynésie française : un verger permaculturel de six hectares et une exploitation maraîchère de deux hectares produisant plus de 20 tonnes de fruits et légumes certifiés bio par an. Son approche repose sur une combinaison de pratiques innovantes et de savoirs traditionnels. Ayant travaillé dans de nombreux territoires, de l'Australie aux Tonga, il souligne l'importance de la coopération régionale. Selon lui, « l’agriculture biologique possède un potentiel considérable dans le Pacifique » et le rôle de la POETCom est « essentiel pour accompagner la transition de nos systèmes alimentaires vers plus de résilience et de durabilité ». Le nouveau président souhaite briser les barrières linguistiques en renforçant les échanges entre territoires francophones et anglophones. Il estime que « les modèles agricoles qui fonctionnent dans certaines îles peuvent inspirer d’autres régions ». Durant son mandat, il compte également soutenir les systèmes participatifs de garantie, comme Bio Fetia*, et mobiliser de nouveaux financements. (…)
Agriculture biologique : un Polynésien prend la tête de la Pacific Organic and Ethical Trade Community (Polynésie 1ère)
* Les pesticides chimiques, longtemps perçus comme indispensables à la productivité agricole, révèlent en fait de lourdes conséquences au niveau environnemental et sanitaire. Les alternatives biologiques offrent des méthodes innovantes et respectueuses. Elles reposent sur des principes naturels et des techniques éprouvées. En Polynésie française, le label Biopasifika, reposant sur la Norme Océanienne d'Agriculture Biologique (NOAB) est notament garanti par l'association SPG Biofetia.