Le Cesec, saisi par le gouvernement a rendu un avis positif concernant le projet de loi du Pays encadrant les aides et subventions attribuées par la Polynésie française dans le cadre des projets France 2030 Tavivat et Sataap, dédiés au développement de l’agriculture locale et à l’approvisionnement des cantines scolaires. Ce dispositif d’ampleur, un projet à 1,6 milliard de francs CFP, avec 800 millions de subventions, est porté sur cinq ans par un consortium d’acteurs publics et privés. Son financement est assuré à 50 % par la Banque des Territoires et 50 % par le Pays, via la Direction de l’agriculture ; Vincent Doumeizel, auteur de la “Révolution des algues”, a répondu à l’invitation de l’association ProScience, pour parler du potentiel de ces plantes aquatiques facilement cultivables et qui seraient la solution à beaucoup de crises planétaires : alimentation, médicaments, cosmétiques, substituts aux plastiques et aux fertilisants, réparation de la biodiversité ou séquestration du carbone…
# Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) s’est prononcé ce jeudi sur le projet de loi du Pays encadrant les aides et subventions attribuées par la Polynésie française dans le cadre des projets France 2030 Tavivat et Sataap, dédiés au développement de l’agriculture locale et à l’approvisionnement des cantines scolaires. L’avis a été adopté par 36 voix pour, 8 abstentions et une voix contre.
Le texte examiné ce jeudi par le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) vise à sécuriser juridiquement le versement de financements importants issus du programme France 2030, via la Banque des Territoires. Le projet Tavivat (Transition agroécologique vivrière et agrotransformation) concerne les îles hautes, tandis que Sataap (Sécurité alimentaire transition agricole des atolls de Polynésie) cible les atolls éloignés. Les deux dispositifs ont pour objectif de renforcer l’autonomie alimentaire, structurer les filières agricoles et améliorer l’accès à des produits locaux, notamment pour la restauration scolaire.
Le rapporteur du projet d’avis, Marotea Vitrac, a rappelé l’ampleur du dispositif : “C’est un projet à 1,6 milliard de francs, avec 800 millions de subventions, porté sur cinq ans par un consortium d’acteurs publics et privés”. Le financement est assuré à 50 % par la Banque des Territoires et 50 % par le Pays, via la Direction de l’agriculture.
Un point précis a cristallisé les échanges : le rôle du Syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française (SPC-PF), acteur central du dispositif. En raison de son évolution statutaire (il est devenu syndicat mixte fermé), le SPC-PF ne remplissait plus certaines conditions d'éligibilité aux financements France 2030, fragilisant l'ensemble du projet. La loi du Pays vise à sécuriser juridiquement sa participation et, plus largement, le montage financier des projets Tavivat et Sataap.
Si le Cesec salue les objectifs du projet, jugés “très louables”, les débats en séance ont mis en évidence de nombreuses interrogations. (…) La question de la transparence et de la finalité du projet à l’issue des cinq années de financement a également été soulevée. Des membres ont estimé que la société civile avait été saisie dans l’urgence d’un dossier complexe, sans disposer de tous les éléments nécessaires pour en apprécier pleinement les effets à long terme. (…). Malgré ces réserves, le Cesec a estimé difficile de s’opposer à un projet permettant de capter des financements nationaux importants dans un contexte de forte dépendance alimentaire.
Dans son avis, l’institution recommande toutefois de clarifier les circuits de financement, d’anticiper l’après-France 2030 et de renforcer l’information des acteurs locaux afin de garantir l’efficacité et la pérennité des projets Tavivat et Sataap.
Projets France 2030 : le Cesec valide les aides, malgré de fortes réserves (Tahiti Infos)
Pour info: TAVIVAT est porté par la Direction de l'Agriculture (DAG), en partenariat avec la Chambre de l'Agriculture et de la Pêche Lagonaire (CAPL), le Syndicat pour la promotion des communes (SPCPF), et l'association SPG Bio Fetia. (dag › tavivat)
Le projet SATAAP vise à évaluer la santé des écosystèmes et agrosystèmes coralliens dans différents contextes (naturel dégradé, forêt à Pisonia grandis ou autres, cultivé conventionnel, cultivé bio, polyculture-élevage) (service public.pf)
# Vincent Doumeizel, auteur de la Révolution des algues, est au fenua à l’invitation de l’association ProScience, pour parler du potentiel de ces plantes aquatiques facilement cultivables et qui seraient la solution ŕ beaucoup de crises planétaires. « Bombes nutritionnelles », « prébiotique naturel le plus puissant au monde », alternative au plastique ou aux pesticides… À l’entendre, la culture d’algue peut être un levier économique important, y compris en Polynésie, oů existe des espèces intéressantes, et oů des tests sont en cours. Le spécialiste animera une conférence gratuite ce jeudi soir.
Il en existe 12 000 espèces dans le monde et « toutes », assure Vincent Doumeizel, sont comestibles. Cet ancien cadre dans la sécurité alimentaire, parti ensuite travailler pour des fondations à la recherche de solutions contre la faim dans le monde, a compris au fur et à mesure de ces voyages et de ces rencontres, le potentiel des algues. Devenu un expert de ces plantes aquatiques, il est aujourd’hui conseiller océan à l’ONU, il a fondé la Coalition Mondiale des algues et lors de l’Unoc à Nice, il a négocié et annoncé la création d’une initiative globale pour les algues sous l’égide de l’ONU et est également l’auteur de plusieurs livres sur le sujet. Vincent Doumeizel a été invité par l’association Proscience pour animer une conférence sur « la révolution des algues, perspectives en Polynésie française », avec Mayalen Zubia, maître de conférences à l’université, qui aura lieu jeudi 22 janvier.
(…) Pour l’expert, aucun doute, les algues peuvent « sauver le monde ». « Elles sont une réponse aux grandes crises planétaires », qu’elles soient climatiques, démographiques ou sociales. Grâce à leur potentiel d’innovation presque infini que l’on parle d’alimentation, de médicaments, de cosmétiques, de substituts aux plastiques et aux fertilisants, dans la réparation de la biodiversité ou la séquestration du carbone. Pour les faire pousser, pas besoin de terre, ni de pesticides, « du soleil, de l’eau salée et ça pousse ! ». (…) Tous ces atouts listés par Vincent Doumeizel sont transposables à la Polynésie. L’expert parle de six ou sept espèces d’algues qui étaient utilisées dans la région polynésienne avant le contact. On connait le rimu opupu, appelé aussi le caviar vert des Australes, qui est déjà consommé et bientôt on devrait avoir du rimu ‘ura ou algue rouge, de son nom latin la Gracilaria. Un site pilote à Vairao s’est lancé dans sa culture et s’apprête à la commercialiser. Il faut maintenant apprendre à la préparer qu’elle puisse séduire des clients.
(…) Vincent Doumeizel y voit la solution à beaucoup de problèmes, alimentaires, écologiques mais aussi sociaux : elles pourraient donner du travail aux populations côtières.
Les algues « plus grande ressource inexplorée du monde »… Et du fenua ? (Radio 1)
(Pour rappel) La révolution des algues et les mystères du cerveau au menu de Proscience (Radio 1)
Expert pour l’ONU et invité de notre JT de ce soir, Vincent Doumeizel présente l'algue comme une ressource inexplorée majeure. Capable de remplacer le plastique, de nourrir l'humanité et de réparer les océans, c'est une « bombe nutritionnelle » qui pourrait provoquer une révolution écologique. Pour lui, ce changement commence dans nos assiettes pour préserver notre santé et celle de la planète.
Itw : texte et vidéo (4’24’’)
De la cueillette à la culture : les algues, l'or vert de la Polynésie (Polynésie 1ère)