L’économie locale est directement touchée par les incertitudes liées au détroit d'Ormuz, impactant l'acheminement des conteneurs et le prix du carburant. L’économiste Florent Venayre analyse la situation dans une période d’incertitudes. Bien que le solaire et l'hydroélectricité soient des pistes sérieuses pour une souveraineté énergétique, des freins réglementaires inquiètent l'expert ; Ces derniers mois, plusieurs voix se sont élevées pour obtenir la reconduction du Fonds de transition énergétique (FTE): « un outil essentiel pour accompagner nos îles, accélérer la décarbonation et renforcer notre souveraineté énergétique » pour le député polynésien Moerani Frebault. Ce fonds a déjà permis de mobiliser 4,8 milliards de francs CFP de deniers publics nationaux pour cofinancer des projets hydroélectriques, photovoltaïques, de stockage d’énergie ou de modernisation des réseaux électrique, sur un investissement total de près de 15 milliards de francs CFP.
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# Entre tensions internationales et réformes locales, l'économie polynésienne traverse une période d'incertitude. Florent Venayre, professeur d'économie à l'UPF et invité café de notre matinale radio, décrypte les enjeux de la souveraineté énergétique, de la vie chère et de la stabilité politique nécessaire pour rassurer les investisseurs et soutenir l'emploi.
La Polynésie française n’est pas isolée des tensions géopolitiques internationales, notamment les conflits au Proche-Orient qui perturbent le commerce mondial. Florent Venayre souligne que l'économie locale est directement touchée par les incertitudes liées au détroit d'Ormuz, impactant l'acheminement des conteneurs et le prix du carburant. Selon lui, « l'économie effectivement préfère les situations de stabilité, les situations de visibilité, et donc là on n'est clairement pas là-dedans ». Si ces crises s’inscrivent dans la durée, les entreprises pourraient toutefois finir par s'adapter en revoyant les routes maritimes habituelles.
Le développement des énergies renouvelables est présenté comme une solution majeure pour réduire la dépendance énergétique de la Polynésie. Bien que le solaire et l'hydroélectricité soient des pistes sérieuses pour une souveraineté énergétique, des freins réglementaires inquiètent l'expert. Il pointe notamment un avis de l'autorité de la concurrence visant à limiter l'autoconsommation d'électricité, affirmant que « c'est une mesure qui diminue énormément l'incitation à poser des panneaux solaires ». Pour le professeur, favoriser le solaire est bénéfique à la fois pour l'environnement, les coûts des entreprises et la balance commerciale du territoire.
Le sentiment de vie chère en Polynésie ne résulte pas uniquement de l'inflation, mais aussi d'un problème de revenus selon Florent Venayre qui rappelle que le taux d'emploi n'est que de 58 %, ce qui signifie que trop peu de personnes ramènent un salaire au foyer. Concernant l'alimentation, il note un paradoxe : « plus on libère l'importation, plus on va faire chuter les prix » grâce aux économies d'échelle, contrairement aux produits locaux qui restent souvent plus onéreux. Il préconise de soutenir les filières locales compétitives pour éviter un soutien public permanent (à celles moins productives) qui pèse sur le consommateur.
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Souveraineté énergétique, vie chère, RNS, fiscalité : l'analyse de Florent Venayre, professeur d'économie (Polynésie 1ère)
# Dans une lettre adressée au député Moerani Frebault après leur rencontre la semaine passée, la ministre des Outre-mer se déclare favorable à la reconduction du Fonds de transition énergétique (FTE), qui doit s’éteindre en fin d’année. Par ce dispositif, l’État a participé à hauteur de 7 milliards de francs à des projets de transition énergétique locaux depuis 2023, en comptant les projets qui doivent être sélectionnés pour l’année 2026. « Au regard des besoins encore à couvrir à horizon 2035 » au fenua, Naïma Moutchou entend demander un renouvellement du fonds dans la prochaine loi de finances nationale. Le Pays a en outre déjà proposé de cofinancer le FTE pour le renforcer.
« Un outil essentiel pour accompagner nos îles, accélérer la décarbonation et renforcer notre souveraineté énergétique ». C’est ainsi que Moerani Frebault parle du Fonds de transition énergétique, annoncé en 2021 lors de la visite du président de la République en Polynésie, opérationnel depuis 2023 et qui s’éteindra fin 2026. Ce FTE, aussi appelé « Fonds Macron », a déjà permis de mobiliser 4,8 milliards de francs CFP de deniers publics nationaux pour cofinancer des projets hydroélectriques, photovoltaïques, de stockage d’énergie ou de modernisation des réseaux électrique, sur un investissement total de près de 15 milliards de francs CFP d’investissement. 2,3 milliards doivent encore être injectés au travers de l’appel à projets lancés par l’État au titre de l’année 2026.
Ces derniers mois, plusieurs voix se sont élevées pour obtenir la reconduction de ce FTE, du côté des professionnels de l’énergie, des tavana, du Haut-commissariat, qui travaille déjà depuis plusieurs mois à ce renouvellement, du Pays, qui a même proposé, au travers de son ministre des Finances Warren Dexter, de participer au fonds pour le renforcer… Et du côté des parlementaires. Moerani Frebault, qui avait déjà demandé des avancées, notamment l’accès à la péréquation nationale sur le prix de l’électricité, auprès du précédent ministre des Outre-mer Manuel Valls, a interpellé à plusieurs reprises sa successeur Naïma Moutchou sur le sujet.
(…). Moerani Frebault a aussi évoqué les questions d’énergie avec le ministère de l’Europe qui dit pouvoir l’aider – et ce sera l’objet d’un déplacement au parlement européen dans les semaines à venir – à obtenir des fonds complémentaires de l’UE. (…)
La reconduction du Fonds de transition énergétique en bonne voie (Radio 1)