La stratégie de développement économique de la Polynésie française, intitulée Cap 2033 « ‘A fano rā » définit la feuille de route du Pays pour la décennie 2023-2033 afin de bâtir une économie plus diversifiée, plus résiliente et plus équitable. Le ministre de l’Économie, du Budget et des Finances a soumis au Conseil des ministres, le 28 mars*, le projet de délibération portant approbation de cette stratégie avant d’être envoyée à l’Assemblée (APF). Le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel, saisi pour avis par le gouvernement reconnait « la nécessité d’un document de planification économique transversal » mais critique la méthodologie ; La Polynésie est toujours dépendante, malgré des décennies d’annonces politiques, à près de 80% des denrées importées, pour une valeur annuelle de 60 milliards de francs CFP. Le Cesec, représentation de la société civile a validé une auto-saisine sur la souveraineté alimentaire et le développement agro-économique durable du Pays.

 

 

# Trop tard et trop « creux » : le Cesec a émis un avis unanimement défavorable ce jeudi au projet de délibération présentant la nouvelle stratégie économique « Cap 2033 : A Fano rā » préparé par le gouvernement. Le conseil consultatif salue certaines révisions d’objectifs, sur le tourisme ou l’énergie, mais reproche à cette feuille de route de s’appuyer, à deux ans de la fin de mandature, sur des politiques sectorielles inexistantes ou en révision, et de ne présenter aucun indicateur pour assurer la bonne application de la stratégie.
« Cap 2033 est un cap sans boussole ni moteur ». La phrase résume l’avis du Cesec sur la stratégie de développement économique « Cap 2033, ‘a fano rā » qui a été presentée sous forme de projet de délibération par le gouvernement avant d’être envoyée à l’assemblée. Ce document de planification économique, préparé par le ministère des Finances à la demande de la présidence et en lien avec les autres membres du gouvernement, met à jour les objectifs du Pays en matière de tourisme, avec 450 000 voyageurs par an contre 600 000 auparavant ; en matière d’autosuffisance alimentaire, avec 30% de production locale en plus et 100 thoniers contre 80 aujourd’hui ; en matière aussi de numérique, et d’énergie avec un cap entre 55 et 60% de renouvelable, toujours en 2033.
De la perspective, donc mais de la perspective qui manque de fonds, comme l’ont répété les conseillers. « Ils affichent des objectifs, mais à côté de ça, on ne voit pas de déclinaison opérationnelle.
(…) Le Cesec reconnait « la nécessité d’un document de planification économique transversal » mais critique la méthodologie – les communes et archipels ne seront associés qu’en phase de mise en œuvre – et surtout le timing : cette stratégie se base sur la décennie 2023 -2033, qui est déjà largement entamée et qui sera coupée en 2028 par des élections. Le Cesec ne critique pas tous les points du document. Il relève notamment que certains caps revus à la baisse correspondent finalement à ses remarques passées – le Cesec avait par exemple jugé le cap des 600 000 touristes « utopique ».
Mais il regrette le « flou » sur le développement de certaines filières jugées prioritaires… (…)
Bref, un concert de critiques, et un avis défavorable qui a été voté à l’unanimité de ses membres.

La stratégie économique du Pays, « un cap sans boussole ni moteur » pour le Cesec (Radio 1)

Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) a rendu un avis défavorable, ce jeudi, au projet de délibération portant sur la stratégie de développement économique “Cap 2033 : A Fano rā”. Au cours de cette męme séance, l’institution est également parvenue à valider une autosaisine consacrée ŕ la souveraineté alimentaire.
Présenté par le gouvernement avant son passage à l’assemblée de la Polynésie française, le document “Cap 2033” doit fixer les grandes orientations économiques du Pays à l’horizon 2033. Élaborée par le ministère de l’Économie et des Finances à la demande de la présidence, en lien avec les autres membres du gouvernement, cette feuille de route entend actualiser les objectifs du territoire dans plusieurs secteurs jugés prioritaires : tourisme, agriculture, perliculture, aquaculture, numérique, audiovisuel et énergies renouvelables.  
Mais si le Cesec reconnaît “la nécessité d’un document de planification économique transversal”, il estime que le texte présenté reste largement insuffisant. L’institution considère qu’en l’état, “Cap 2033 est un cap sans boussole ni moteur”. Elle juge qu’il s’agit avant tout d’un document de concordance entre plusieurs schémas directeurs, dont “les trois quarts ne sont pas encore adoptés”, sans plan de financement, sans calendrier opérationnel et sans indicateurs fiables de résultats, alors même qu’il est soumis trois ans après son point de départ officiel.
Le Conseil recommande également d’associer davantage les communes et les circonscriptions des archipels à la mise en œuvre, de réaliser un bilan des précédents documents de planification et de fixer, pour chaque filière prioritaire, des objectifs chiffrés en matière de formation. Il appelle aussi à adopter les politiques sectorielles encore en attente, notamment en perliculture, aquaculture ou encore sur la transition alimentaire.
(…) Le Cesec recommande par ailleurs de corriger certaines incohérences, notamment sur la défiscalisation “RII”, d’établir un plan de financement public-privé par secteur, ainsi qu’un tableau de bord des schémas directeurs avec des dates d’adoption contraignantes. Il demande également une évaluation claire des impacts budgétaires pour le Pays et des sources de financement associées.  Sur la gouvernance enfin, l’institution préconise de formaliser la composition et les règles des instances de pilotage avant toute adoption. Elle s’interroge aussi sur la capacité d’une stratégie couvrant deux mandatures à s’appliquer durablement, sans se substituer aux plans d’action quinquennaux de chaque gouvernement. Les critiques ont été particulièrement vives lors des échanges. (…)

Le Cesec rejette la stratégie économique “Cap 2033” et juge le document insuffisant (Tahiti Infos)

Alors que l’Hexagone s’est récemment déchiré autour de la date du 1er mai dans le projet de loi de Sébastien Lecornu visant à autoriser les artisans boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés lors de ce jour férié, celui de cette année en Polynésie française risque aussi d’avoir une tonalité particulière.
Des textes, expliqués comme des avancées pour les salariés comme le pass Tama’a Maitai, ont subi les foudres politiciennes de l’assemblée de la Polynésie française, et le texte sur la réforme du RNS est dans l’actualité depuis un mois. C’est dans cette actualité un peu particulière que Moetai Brotherson s’apprête à recevoir les syndicats de salariés, mais aussi patronaux, pour discuter de la situation de l’emploi au Fenua.
Les revendications s’annoncent déjà nombreuses. L’année dernière, les syndicats de salariés (les patrons avaient boycotté le rendez-vous) avaient discuté pendant près de cinq heures sur des demandes comme la représentativité des syndicats, la réforme de la protection sociale généralisée (PSG), les retraites, et le pouvoir d'achat et la cherté de la vie.
(…). Rien de très rassurant donc alors que s’épuisent déjà les 3,5 milliards de francs mis par le gouvernement dans le FRPH pour amortir la hausse du prix mondial du pétrole lors du dernier collectif budgétaire et qu’une hausse des prix à la pompe, après celle constatée pour les transports aériens, pose deux questions. Quand ? Et combien ?  (…)

EDITO - C’est quand qu’on va où ? (Tahiti Infos)

Pour info: Le ministre de l’Économie, du Budget et des Finances a soumis au Conseil des ministres le projet de délibération portant approbation de la stratégie de développement économique de la Polynésie française, intitulée Cap 2033 « ‘A fano rā ».
Ce plan ambitieux définit la feuille de route du Pays pour les dix prochaines années (2023-2033) afin de bâtir une économie plus diversifiée, plus résiliente et plus équitable. Loin d’être un simple catalogue d’intentions, Cap 2033 est un outil de pilotage concret. Il vise à répondre aux défis structurels du Fenua — comme le coût de la vie, l’éloignement et la vulnérabilité climatique — tout en valorisant ses atouts majeurs : sa jeunesse, sa biodiversité et sa culture. La stratégie repose sur quatre piliers majeurs réajustés selon les réalités actuelles : Le Tourisme ; L’Autosuffisance alimentaire ; Le Numérique et l’Audiovisuel ; Les Énergies renouvelables (…)

* CM du 28 mars 2026 (Presidence.pf)
Stratégie «Cap 2033» : un nouveau cap pour l’économie polynésienne (ADE) Publié le 30 Mars 2026

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# Après deux propositions écartées, le Cesec a validé une autosaisine sur la souveraineté alimentaire et le développement agro-économique durable. Des sujets d’actualité : Moetai Brotherson, critiqué pour son action dans ce domaine, a dit vouloir en faire une priorité pour la fin de mandature, et la CTC vient de constater, dans un rapport, l’échec répété des politiques publiques pour faire baisser la dépendance aux denrées importées. Des agriculteurs aux institutions, en passant par les consommateurs, la formation ou la recherche, Marotea Vitrac, qui porte cette autosaisine, veut « taper large » dans les consultations, et proposer aux autorités d’ici 6 à 8 mois un plan d’action à « 5, 10, 20 ou 30 ans ».
Soulagement au Cesec. Après deux propositions d’autosaisine écartées – sur la voirie et le foncier, puis sur les défis de l’intelligence artificielle -, un sujet d’étude a enfin rassemblé la majorité nécessaire. La proposition, intitulée « Produire, transformer et consommer local en Polynésie : enjeux, leviers et perspectives pour une souveraineté alimentaire et un développement agro-économique durable » est portée par Marotea Vitrac et Moana Maamaatuaiahutapu. Elle s’attaque à un sujet « au carrefour de la souveraineté, de la santé, de l’environnement, et de l’identité culturelle », dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat, de risques sur l’approvisionnement. Un sujet qui est aussi à la une de l’actualité politique : la marche vers la souveraineté alimentaire a été remise au devant des priorités du gouvernement, elle a fait l’objet, ces derniers temps, de passes d’armes politiques tendues à l’assemblée, et la Chambre territoriale des comptes vient de faire paraitre un rapport très complet sur l’échec des exécutifs successifs à réduire la dépendance du fenua aux importations alimentaires… On y apprend notamment que la Polynésie est toujours dépendante, malgré des décennies d’annonces politiques, à près de 80% des denrées importées, pour une valeur annuelle de 60 milliards de francs.
(…).Il s’agira donc de dresser un état des lieux « exhaustifs » des filières productives, de l’agriculture à la pêche en passant par l’élevage, l’agroforesterie, l’aquaculture et la transformation, d’identifier les « freins historiques, structurels, fonciers, financiers, techniques et humains », qui entravent leur développement ou leur compétitivité, de s’intéresser à l’expériences de pays voisins, d’identifier les voies de valorisations locales et à l’export, de proposer un plan d’action hiérarchisé à « 5, 10, 20 ou 30 ans » avec des objectifs « réalistes », et bien sûr de formuler des recommandations concrètes, d’évolutions législatives ou réglementaires, au Pays et aux élus de l’assemblée. (…)

« La société civile doit éclairer le gouvernement » sur la souveraineté alimentaire (Radio 1)