Le 55e sommet du Forum des îles du Pacifique se déroule du 30 août au 4 septembre sur l'archipel des Palau. Dans un climat marqué par les tensions géopolitiques entre la Chine et Taïwan, la Polynésie française souhaite recentrer les priorités sur l'urgence environnementale. Une initiative locale est mise en place à Arue, à Tahiti, avec la création de « Rāhui mai Âihe i Ua », une zone de pêche réglementée d'environ 2 km². Les sujets : Chaque année, le Forum des îles du Pacifique réunit les dirigeants des pays et territoires qui composent le FIP. Le 55e sommet se tient du 30 août au 4 septembre sur l’archipel des Palau - dans un contexte géopolitique où les tensions entre Taïwan et la Chine pourraient occulter d’autres priorités régionales comme la montée du niveau des océans. La Polynésie française, par la voix de son président de gouvernement, tient à insister sur la protection des océans (exploitation minière sous-marine, dispositifs de concentration de poissons dérivants, lutte contre les espèces envahissantes, gestion des déchets…) et au financement des projets de conservation ; Au niveau local, une zone de pêche réglementée de près de 2 km² va être créée à Tahiti entre les passes de Taunoa et de Arue. Baptisée « Rāhui mai Âihe i Ua », elle doit permettre la reconstitution des ressources du lagon.
# Le président de la Polynésie française participera au 55e Forum des Îles du Pacifique, organisé du 30 août au 4 septembre à Palau. Protection de l’océan, lutte contre le narcotrafic, sécurité régionale et tourisme durable figureront notamment au programme des échanges.
Moetai Brotherson représentera le fenua au 55e Forum des Îles du Pacifique, qui se tiendra du 30 août au 4 septembre 2026 à Palau. Ce rendez-vous annuel réunira les 18 Pays et États membres de l’organisation, ainsi que leurs partenaires régionaux et internationaux.
Le président du Pays entend notamment porter les préoccupations liées aux grands fonds marins du Pacifique, de plus en plus convoités par des projets d’exploration minière sous-marine à proximité des eaux polynésiennes. Il s’appuiera sur la création de Tainui Atea, présentée par la présidence comme la plus vaste aire marine protégée au monde. Celle-ci couvre près de 5 millions de km², dont 1,6 million sous protection stricte.
Le financement de la préservation de l’océan sera au cœur des discussions. Dès le dimanche 30 août, les dirigeants du Pacifique participeront à une table ronde de haut niveau aux côtés de bailleurs de fonds, de fondations philanthropiques et d’institutions financières internationales. L’objectif affiché est d’accélérer les investissements consacrés à la protection de l’océan, en amont de la COP31 prévue du 9 au 20 novembre 2026 en Turquie.
La Polynésie française compte également attirer l’attention sur la pollution causée par les dispositifs de concentration de poissons dérivants. Abandonnés par les flottes de pêche industrielle, ces DCP viennent régulièrement s’échouer sur les côtes polynésiennes.
(…). À l’occasion de ce déplacement, le Pays signera avec le Programme régional océanien de l’environnement (PROE) un cadre de partenariat stratégique consacré au changement climatique. Le président participera également à la réunion du Groupe des dirigeants polynésiens, qui rassemble les États et territoires de culture polynésienne membres du Forum.
La lutte contre le narcotrafic, qui concerne désormais l’ensemble des pays du Pacifique, et le tourisme durable seront aussi abordés lors des échanges.
(…) Le président sera accompagné d’une délégation restreinte. Le détail de ses rencontres bilatérales et de ses prises de parole sera communiqué au fil du déplacement. La Polynésie française doit, de son côté, accueillir le Forum des Îles du Pacifique en 2031.
Moetai Brotherson au 55e Forum des Îles du Pacifique à Palau (TNTV)
La protection des océans coûte cher, et les petites îles n’en ont pas toujours les moyens. La Polynésie française, qui a déjà obtenu 15 millions de dollars pour son aire marine gérée, a signé un partenariat avec le Programme régional océanien de l'environnement (PROE) pour faciliter l'accès du Pays à d'autres financements et à un appui technique sur la protection de ses ressources marines, la lutte contre les espèces envahissantes et la gestion des déchets. Autres financements convoités : ceux des ONG.
Protéger les océans a un coût que les petits États insulaires ne peuvent pas toujours assumer seuls. À la veille du 55e sommet des dirigeants du Forum des Îles du Pacifique, à Palau, les responsables océaniens ont ainsi échangé avec plusieurs organisations et fondations susceptibles de financer des projets de conservation. Parmi elles, la Blue Nature Alliance propose différents mécanismes, allant du financement durable sur plusieurs décennies au soutien d’actions menées directement sur le terrain avec des associations locales.
(…). Ces fondations l’assurent : elles ne veulent pas influencer la politique des gouvernements, mais seulement l’accompagner quand l’argent public ne suffit plus. La Polynésie, par exemple, a déjà obtenu 15 millions de dollars pour son aire marine protégée.
(…) …les 15 millions de dollars ne constituent qu’une première étape. Il faudra ensuite mobiliser de nouveaux financements pour assurer dans la durée la surveillance et la protection* de Tainui Atea. Dans ce contexte, Moetai Brotherson a signé, à Palau, un partenariat avec le Programme régional océanien de l’environnement (PROE), en présence de son directeur général, Sefanaia Nawadra. L’accord, conclu pour 2026 et 2027, doit faciliter l’accès de la Polynésie française à des financements et à un accompagnement technique.
(…) Déployer, donc solliciter de nouveaux fonds. Et même s’ils affichent leur unité, les Pays du Pacifique sont en compétition pour obtenir ces financements. La Polynésie fait plutôt figure de bon élève en s’opposant à l’exploitation des ressources minières, contrairement aux Cook, à Nauru ou à Tonga. Or, le droit international impose à tous de protéger l’environnement. (…)
Forum des Îles du Pacifique : quand la protection des océans devient une course aux financements (TNTV)
* Quatre navires ont été immobilisés ou conduits au port par les autorités de Kiribati, des Palaos et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour pêche illégale ou infractions aux licences de pêche, a déclaré l’Agence des pêches du Forum des îles du Pacifique (FFA), dans un communiqué transmis à l’AFP.
(…) La majeure partie du thon est réexpédiée vers les marchés asiatiques par des flottes hauturières qui sillonnent les zones économiques exclusives de petits Etats insulaires moyennant le paiement d’une licence.
Une réunion annuelle de 18 dirigeants d’îles du Pacifique, qui débutera le 30 août aux Palaos, devrait discuter d’une nouvelle stratégie pour protéger les droits de pêche et augmenter les revenus, alors que le changement climatique menace les stocks. (…). Le mois dernier, les autorités de Tuvalu ont arraisonné un navire chinois pris en flagrant délit de pêche illégale dans leurs eaux tout en transmettant une fausse position géographique. (…)
Des bateaux chinois et indonésiens arraisonnés pour pêche illégale dans le Pacifique (TNTV)
À la veille de son départ à Palau pour le Forum des îles du Pacifique (ce mercredi 26/08), le président du Pays, Moetai Brotherson, est revenu avec Tahiti Infos sur les grands dossiers qu’il souhaite exposer lors de son déplacement. Protection des océans, exploitation minière sous-marine, tirs chinois dans le Pacifique, Jeux du Pacifique en 2027. Tour d’horizon entre deux délibérations étudiées en conseil des ministres délocalisé mardi à Arue.
Extraits de l’entretien, en lien avec le thème de la protection de l’océan (…)
“…Évidemment, il y a tout ce qui concerne l'océan avec à la fois nos Aires marines protégées (AMP) et les enjeux autour d’elles, leur gestion, leur contrôle. On a déjà conclu avec un collectif d'ONG pour 1,5 milliard de francs, mais ça c'est pour faire des études principalement, pour déterminer les modèles de gestion et les moyens techniques et humains qu'il faut prévoir pour pouvoir faire une gestion effective de ces AMP. Au-delà des trois ans sur lesquels ce premier MOU (memorandum of understanding, NDLR) a été signé pour ces 15 millions de dollars, il faudra les mettre en œuvre. C'est l'objet des discussions que je vais avoir avec un collectif encore plus large d'ONG, à Palau.”
- Cette protection des AMP nous conduit immédiatement ŕ la question de l’exploitation des fonds marins qui fait débat dans le Pacifique.
“J'ai saisi à travers deux courriers le chef de l'État. Cette initiative américaine d'aller faire de l'exploitation dans cette poche qu'on appelle la poche du sud de Penrhyn, qui est une zone à la frontière des ZEE polynésiennes de Rarotonga et des Kiribati, est pour nous très préoccupante. Nous avons saisi le chef de l'État, le président Macron, pour avoir la position officielle de l'État concernant cette initiative, puisque, un peu comme Tchernobyl, un peu comme les essais nucléaires à l'époque, la pollution qui sera générée obligatoirement par l'exploitation des fonds marins au fond de l'océan ne connaît pas de frontières. Ça va venir se répandre joyeusement de notre côté dans notre ZEE.”
- Les représentants des États du Pacifique ne sont pas nécessairement tous d’accord sur cette question d’ailleurs ?
“Non. Il y a à peu près, je dirais, une grosse moitié de pays qui sont contre l'exploitation des fonds marins, dont nous, bien entendu. Et puis il y a l'autre moitié qui a envie de se laisser tenter par le chant des sirènes. En premier chef, on retrouve malheureusement nos voisins les plus proches, les îles Cook, qui ont entamé depuis quatre ans maintenant une démarche assez méthodique. Exploration, évaluation du stock, évaluation de business plan possible et, en dernier, évaluation des dommages environnementaux prévisibles, avant de passer à la phase d'exploitation. (…) “Il y a d'abord la question de l'exploitation envisagée dans les ZEE. Là, on est dans un sujet de souveraineté. Ce n'est pas moi qui vais aller dire au Premier ministre des îles Cook, ‘ne faites pas d'exploitation des fonds marins dans votre ZEE’. Ensuite, il y a la question de l'exploitation des fonds marins dans les zones internationales. Là, par contre, il faut qu'on arrive à avoir une position commune. C’est un non-sens économique puisqu'aujourd'hui, tous les minerais qui sont présents au fond de l'océan, on les trouve également en surface et que c'est beaucoup moins cher d'aller les chercher sur terre que d'aller chercher à 2 000 ou 2 600 m de fond. Le deuxième élément, c'est que les usages qu'on fait aujourd'hui de ces minerais peuvent être mis en cause du jour au lendemain. Tous les scientifiques s'accordent à dire que si on faisait un meilleur recyclage, il y aurait déjà suffisamment de minerais. Et ces minerais sont aujourd'hui principalement utilisés pour faire des batteries. C’est du green washing. C’est détruire l’océan pour produire une électricité moins polluante”. (…)
Les nodules polymétalliques, “un non-sens économique et un non-sens environnemental” (Tahiti Infos)
Le président du Pays s’envolera ce mercredi pour le 55ᵉ forum des îles du Pacifique, accueilli par Palau. Un Fip oů Moetai Brotherson veut débattre de l’exploitation minière des profondeurs, comparant le projet américain à la limite de la ZEE à « une bombe atomique sous-marine ». Il s’agit aussi de renforcer la coopération régionale sur la lutte contre l’ice en particulier, Guam faisant figure d’exemple sur sa prise en charge des addicts. Le chef de l’exécutif prépare aussi des rencontres avec des ONG et des « investisseurs privés » qui seraient prêts à aider à financer la gestion, le contrôle et la valorisation des nouvelles aires marines protégées.
(…) Moetai Brotherson, lui, entend bien remettre sur la table le sujet – brûlant localement, mais aussi à l’échelle du Pacifique – de l’exploitation minière des grands fonds marins. « Je vous rappelle que j’ai écrit deux courriers au président de la République pour avoir son positionnement précis sur les velléités des États-Unis de venir faire de l’exploitation minière des fonds marins dans une poche qu’on appelle la poche du sud de Penrhyn, qui est entre nous, les îles Cook et les îles Kiribati », explique-t-il. C’est tout simplement venir faire exploser l’équivalent d’une bombe atomique sous-marine, à la limite de notre ZEE. Si le Fip est divisé sur la question – certains États comme les Cook ou Nauru espèrent beaucoup, et déjà depuis de longues années, de la mine en eaux profondes –, une « large majorité » des pays du forum s’étaient exprimés contre l’exploitation des grands fonds en 2024.
Les équilibres ont-ils changé ? À voir. Les sujets océaniques devraient quoiqu’il arrive être discutés dès la première table ronde de cette 55ᵉ édition. Une réunion où devraient être notamment discutés les efforts de protection entrepris par les différents pays de la zone, notamment par la Polynésie, avec son réseau d’aires marines protégées créé en 2025, et renforcés il y a quelques mois malgré l’opposition des pêcheurs, du Tavini, et les doutes d’autres acteurs. « Instaurer ces zones, c’était nécessaire, c’est ce qu’il faut faire, c’est ce qu’il fallait faire. On est félicité un peu partout pour ce qu’on a fait, balaie le président du Pays. Maintenant, il faut pouvoir gérer et contrôler. Ça induit des budgets, sur lesquels l’État est partiellement au rendez-vous. Il a ses prérogatives, la surveillance de la ZEE, ou des pêches. Mais la surveillance des AMP, ça comprend d’autres éléments que simplement la surveillance de la ZEE et des pêches. Il faut donc se donner les moyens de faire ce contrôle et cette gestion. »
Autour de la table, dimanche, les chefs d’État et de gouvernement du Pacifique rencontreront des ONG internationales et des « investisseurs privés », « disposés à venir nous aider à financer tout ça », explique ainsi Moetai Brotherson. Les mêmes ONG – comme Pew Bertarelli, Blue Nature ou le Bezos Earth Fund – qui ont promis 1,5 milliard de francs sur une période de trois ans au pays il y a quelques mois, soulèvent des interrogations de l’État et des accusations d’ingérence des pêcheurs ? « C’est plus large », répond le chef du gouvernement. « Là, ce qu’on vise, c’est ce qu’on appelle un PFP (pour Project Finance for Permanence, ndlr). C’est un programme pluriannuel qui peut s’étaler jusqu’à 15, 20 ans, avec au bout, à la clé, la mise en place d’un modèle qui puisse être économiquement autoalimenté. Mais il faut bien amorcer la pompe. Donc on a, au-delà des ONG qui étaient déjà présentes dans le Te Moana Collective, d’autres ONG et des investisseurs privés qui sont intéressés pour venir nous donner un coup de main, sans pour autant remettre en question notre souveraineté sur notre ZEE. » (…)
Nodules, financement des AMP et lutte contre l’ice au menu du FIP (Radio 1)
# Moetai Brotherson a pris la parole concernant le rôle économique de la zone marine polynésienne, Tainui Atea. Il souhaite que les autres pays membres du FIP, s'entendent, aux travers de leurs différentes initiatives marines, sur une "ceinture bleue du Pacifique" fondée sur la science, les savoirs traditionnels et la coopération.
(…) Dimanche 30 août, le président de la Polynésie française a présenté Tainui Atea, l'aire marine polynésienne, comme un choix de développement pour le Pays et non une simple zone protégée.
"Tainui Atea est bien plus qu'une aire marine protégée", déclarait dimanche le président devant ses homologues océaniens. “C'est un choix de développement pour notre peuple, une pirogue de voyage polynésienne et une expérience que nous sommes heureux de partager avec notre famille du Pacifique", a-t-il ajouté.
Le président a rappelé que la santé de l'océan, en Polynésie française, conditionne directement le tourisme, la perliculture, l'aquaculture, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des pêcheurs locaux. Il a d’ailleurs évoqué plusieurs dispositifs déjà mis en place puisant dans cette ressource marine comme le SWAC (Sea Water Air Conditioning) qui utilise les eaux profondes et froides pour climatiser les hôpitaux et hôtels tout en soutenant la recherche.
Moetai Brotherson a ensuite salué les initiatives menées par d'autres pays du Pacifique pour protéger cette même ressource, tels que le sanctuaire marin national de Palau et la pratique traditionnelle du bul, ou encore le récent corridor océanique mélanésien de réserves associant Fidji, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Vanuatu.
(…) le président a insisté sur la nécessité d'un financement prévisible et durable pour soutenir la science, la surveillance et l'engagement des communautés. "Il ne s'agit pas de demander à d'autres de faire le travail à notre place. Il s'agit de construire des partenariats qui permettent aux peuples du Pacifique d'être aux commandes, avec les moyens nécessaires pour assumer cette responsabilité", a-t-il conclu.
"Converger vers une ceinture bleue du Pacifique" : Moetai Brotherson souligne l'importance des zones marines du Pacifique et souhaite un prochain financement (Polynésie 1ère)
La Polynésie française a rejoint les pays signataires de l’Engagement pour des récifs coralliens résilients face au changement climatique. La signature a eu lieu à Palau, en marge du Forum des îles du Pacifique.
La Polynésie française renforce son engagement en faveur de la préservation des récifs coralliens. À l’occasion du Forum des îles du Pacifique, qui se tient actuellement à Palau, elle a signé l’Engagement pour des récifs coralliens résistants aux changements climatiques. L’initiative avait été lancée en juin 2025, en France, lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan. Elle rassemble désormais 21 pays.
Cet engagement repose sur six axes principaux. Il prévoit notamment une meilleure prise en compte des récifs coralliens capables de résister aux effets du changement climatique dans certains décrets aux Nations unies. (…)
La Polynésie française s’engage pour la protection des récifs coralliens (TNTV)
Moetai Brotherson a pris la parole lundi 31 août lors du dialogue des dirigeants du Pacifique avec le Conseil des organisations régionales du Pacifique (CROP), dans le cadre du 55ᵉ Forum des dirigeants des îles du Pacifique. Cet échange de haut niveau portait sur trois grands chantiers : la gouvernance du numérique et de l'intelligence artificielle, la transition énergétique, et l'évolution de l'architecture régionale.
(…) Sur l'énergie, Moetai Brotherson a rappelé que la dépendance aux hydrocarbures importés expose les populations aux chocs des prix mondiaux, avec des conséquences directes sur les transports, le coût des produits importés et le coût de la vie.
Le chef de l’exécutif de Polynésie française a proposé une mutualisation des achats de carburant entre pays du Pacifique pour peser sur les prix, tout en insistant sur le développement de solutions locales : le Swac polynésien, l'énergie thermique des mers (ETM) ou encore la désalinisation en eau profonde. Il a aussi appelé à étudier la production locale de carburant d'aviation durable (SAF) à partir d'algues, alors que les compagnies polynésiennes peinent à s'approvisionner face à des obligations internationales d'incorporation de SAF appelées à se durcir — un enjeu d'autant plus sensible que la Polynésie française opère certains des vols les plus longs au monde.(…)
Trois priorités polynésiennes portées devant les agences régionales du Pacifique (Tahiti Infos)
Au niveau local :
# Une zone de pêche réglementée de près de 2 km² va être créée entre les passes de Taunoa et de Arue. Baptisée « Rāhui mai Âihe i Ua », elle doit permettre la reconstitution des ressources du lagon. Toute activité de pêche y sera interdite jusqu’au 31 août 2030, à une exception près.
Le ministre des Ressources marines a présenté un projet d’arrêté portant création d’une zone de pêche réglementée (ZPR) sur les communes de Pirae et de Arue. Dénommée « Rāhui mai Âihe i Ua », celle-ci s’étendra du rivage jusqu’à 150 mètres au-delà de la crête récifale, entre les passes de Taunoa et de Arue, sur une superficie d’environ 2 km².
Toute activité de pêche y sera interdite pendant quatre ans, jusqu’au 31 août 2030. Seule la pêche à la ligne pratiquée à pied depuis le littoral et le motu de Arue restera autorisée, à condition que le pêcheur demeure hors de l’eau.
Cette mesure répond à un constat dressé en janvier 2025 par les deux communes, les habitants et les pêcheurs : une diminution des ressources halieutiques et de la taille des espèces présentes dans cette partie du lagon. Une situation qui rejoint les conclusions d’une étude menée dès 2008 par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) dans la même zone.
(…). Le projet a fait l’objet d’une concertation tout au long de l’année 2025. Habitants, pêcheurs et usagers du lagon ont été associés à la démarche par le biais de réunions publiques, d’échanges de proximité et d’une enquête publique. Selon le communiqué du gouvernement, une très large majorité des avis recueillis s’est révélée favorable au projet. (…)
Une nouvelle zone de pêche réglementée entre Pirae et Arue (TNTV)
Le rahui, technique ancestrale de gestion des ressources naturelles, sera instauré dès le 1er janvier 2027 dans les lagons de Arue et de Pirae. Pendant quatre ans, la pêche y sera fortement encadrée afin de permettre aux espèces marines de se reproduire et de se développer dans de meilleures conditions.
Un quotidien chamboulé. Joakim pêche fréquemment dans la commune de Arue, mais d’ici quelques mois, ses habitudes vont devoir changer. La mairie va instaurer le rahui dans son lagon. Une bonne nouvelle pour Joakim, qui relève des excès de la part de certains pêcheurs.
(…) Cette réglementation est née d’un constat alarmant révélé par les pêcheurs il y a deux ans. « On a carrément moins de poissons comparé aux années passées », remarque un autre habitant.
Supervisée par les brigades nautiques, la nouvelle mesure durera quatre ans. Cette période est le temps minimum nécessaire pour préserver la croissance des espèces marines.
(…) Passé les quatre ans, la pêche sera rouverte dans les lagons. Mais pour éviter les pratiques abusives, d’autres mesures seront instaurées. Parmi celles envisagées, un quota de poissons par pêcheur.
Un rahui pour protéger les ressources marines de Arue et Pirae dès janvier 2027 (Polynésie 1ère)