Un comité de pilotage consacré à la gestion durable et équitable de l'eau dans l'ensemble des archipels ; Bilan positif pour le séminaire interrégional du Pacifique sur la valorisation des matières organiques ; Pea pea foncier autour des installations hydroélectriques de la SA Marama Nui à Hitia’a ; Pollution : Aucun contrôle sur les fosses septiques des privés, pour la plupart peu entretenues, et donc à risque ; La décharge municipale de Mumuvai, à Faa'a, sous la loupe de la Justice.
GESTION DE L'EAU
# Mardi (25/03), le premier comité de pilotage de la politique de l'eau de 2025 s'est réuni à la présidence de la Polynésie française. L'occasion de dresser le bilan 2024, de coordonner les futures stratégies d'action de gestion de cette ressource, et d'aborder les problématiques persistantes telle que la préservation des cours d'eau face à la pollution et l'incivilité. (…) Ce premier Copil a été l'occasion de dresser un bilan de l'année passée puis de coordonner les prochaines stratégies pour une gestion durable et équitable de l'eau dans l'ensemble des archipels. Des stratégies articulées autour de trois grands axes : développer des services publics de l'eau axés sur la qualité de la ressource ; préserver durablement les fonctionnalités du grand cycle de l'eau ; et développer une gouvernance de l'eau adaptée. Si le bilan de la politique sectorielle de l'eau s'articule autour de sujets tels que la gestion, la réglementation et le contrôle de cette ressource, ou même l'acquisition et la bancarisation de données, le Pays assure que pour l'année 2024 les voyants sont au vert : “Sur les 63 actions du plan 2021-2025, 84% sont en cours, 8% sont finalisées, et 8% restent à lancer”, expliquent les membres du Copil. Et parmi les réalisations structurantes qui ont été menées, le comité de pilotage souligne le soutien financier de 1,866 milliard de francs pour la reconstruction de l'émissaire de la STEP de Punaauia, et les 2,7 milliards mobilisés pour le développement de réseaux d'assainissement dans trois communes de Tahiti. Également présent, le représentant de l'Union européenne s'est dit satisfait du travail collaboratif réalisé jusqu'à ce jour et espère poursuivre ces chantiers via l'élaboration d'un nouveau plan d'actions 2026-2030. Pour rappel, la politique de l'eau bénéficie de l'appui financier combiné du Pays, de l'État et de l'Union européenne, avec un soutien budgétaire de 3,7 milliards de francs sur cinq ans, dont deux versements de 716 millions de francs ont déjà été perçues en 2023 et 2024. En revanche, si le Copil s'est effectivement dit enthousiaste quant aux différents résultats soulevés lors de ce rassemblement, ses membres se sont également penchés sur les problématiques persistantes, à l'exemple de celle des rivières. (…)
Vers une gestion durable et équitable de l'eau (Radio 1)
Le mardi 25 mars 2025, Taivini TEAI, ministre de l’Environnement a présidé la réunion du 1er Comité de pilotage (COPIL) de la Politique de l’eau de la Polynésie française de 2025, en présence des membres du COPIL : Jordy CHAN, ministre des Grands travaux, Cédric MERCADAL, ministre de la Santé, des représentants de la Présidence, du ministère des Finances, du ministère en charge de l’Aménagement, de l’Assemblée de la Polynésie française (APF), du Conseil économique, social et culturel (CESEC) et Raymond VOIRIN, maire de Fangatau, représentant des communes de l’archipel des Tuamotu. (…) ette instance de gouvernance, instaurée en 2022, veille à la coordination stratégique des actions de la Politique de l’eau pour une gestion durable et équitable de l’eau sur l’ensemble des archipels.
Comité de pilotage de la Politique de l’eau : validation du bilan 2024 et perspectives 2025 (Presidence.pf)
Résumé de la réunion: Politique de l’eau: tout le monde est content ! (Tahiti News)
VALORISATION DES DÉCHETS ORGANIQUES
# Le séminaire interrégional du Pacifique sur la valorisation des matières organiques s'est clos ce vendredi à l'Université de la Polynésie française après une semaine de visites sur le terrain et de tables rondes avec des délégations venues de Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et du Canada. Un bilan positif pour ce séminaire qui a permis de répondre en partie au principal objectif de structuration de la filière, en alliant héritage ancestral et technicité moderne. Organisé par la Chambre de l'agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL), en partenariat avec l'association Valorga de Nouvelle-Calédonie et soutenu par le Fonds Pacifique et l'Ademe, le séminaire sur la valorisation des matières organiques s'est clos ce vendredi à l'Université de la Polynésie française. Dans son discours, le ministre en charge du secteur primaire, Taivini Teai, a rappelé que la Polynésie était aujourd'hui à “un tournant décisif” qui oblige à repenser nos modèles agricoles en s'inspirant de nos savoirs traditionnels. “Nos ancêtres polynésiens pratiquaient déjà le compostage et l'utilisation des déchets organiques pour enrichir les sols. Aujourd'hui, nous disposons de techniques avancées comme le lombricompostage, la micro-méthanisation ou la production de farines animales, qui nous permettent de valoriser nos ressources de manière encore plus efficace.”
Et ce séminaire était justement l'occasion de présenter les initiatives locales mais aussi de s'inspirer de ce qui se fait chez nos voisins du Pacifique ou à l'international. Cependant, le secteur peine encore à se structurer en une véritable industrie, comparable à celle de la Nouvelle-Calédonie, où les déchets issus des abattoirs sont transformés en farines animales. Une des difficultés majeures réside dans le coût des processus industriels. Jusqu'à présent, la gestion des déchets organiques était gratuite, mais avec l’émergence d’une industrie de transformation, un modèle économique viable doit être trouvé pour voir dans quelle mesure le coût des matières transformées peut être supportable pour les agriculteurs. (…)
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L'autonomie agricole s'organise entre tradition et innovation (Tahiti Infos)
Résidus de bois, de poisson, déchets verts : des matières qui, faute de mieux, finissent souvent dans nos poubelles. Elles sont pourtant une ressource riche en nutriments pour les sols agricoles. Un séminaire inter-régional du Pacifique a réuni, cette semaine, les protagonistes de la filière. Objectif : valoriser ces substances naturelles au détriment des pesticides.
Des matières considérées comme des déchets converties en source de nutriments pour les sols cultivés : c’est sur ce créneau que l’entreprise Technival, pionnière en la matière, produit 5000 tonnes de compost issus des tailles de végétaux. Alors que le séminaire inter-régional du Pacifique « Vers une agriculture durable grâce à la valorisation des matières organiques » s’est clôt ce vendredi, les professionnels ont rencontré les usagers pour mieux connaître les besoins de chacun.
« Est-ce qu’on fait les bons produits adaptés ? ». « C’est ça la vraie question en fait », interroge le directeur de Technival Cyril Bachellerie. « C’est inverser un peu le système et aller voir plus l’agriculteur et partir de la base en disant qu’est-ce que vous voulez, quelles sont les quantités et nous se réadapter, se réinventer ». (…)
Un séminaire pour booster la valorisation des déchets organiques (TNTV)
En savoir plus :
Clôture du séminaire inter-régional du Pacifique : vers une agriculture durable grâce à la valorisation des matières organiques (Présidence.pf)
Le 28 mars 2025 en Amphithéâtre A3 à l'Université de la Polynésie Française pour découvrir des solutions innovantes et durables pour la gestion des matières organiques dans le Pacifique !
Séminaire Inter-Régional du Pacifique : Valorisation des Matières Organiques (Upf.pf)
HYDRO-ÉLECTRICITÉ
# Les ayants droit de feues Mathilda et Ida Amaru savourent leur victoire après sept ans de procédure face à la Polynésie française. L’arrêt d’appel qui les a reconnus propriétaires des 450 hectares de la terre Faatautia II est aujourd’hui définitif, n’ayant pas été contesté par le Pays. Conséquence : le complexe hydroélectrique de la SA Marama Nui implanté à Hitia’a se trouvent aujourd’hui sans titre d’occupation. (…) La terre Faatautia II, est le siège d’un captage, de trois bassins de rétention d’eau et d’un vaste réseau de canalisations installé en marge des installations hydroélectriques de la SA Marama Nui à Hitia’a. Depuis 1982, la filiale d’EDT Engie y assoit une part importante de sa production hydroélectrique avec des zones d’évacuation des bassins et des accès carrossables jusqu’à la cote 600. Et pour couronner le tout, des lignes haute tension enfouies par la société de Transport électrique en Polynésie (TEP) traversent la terre sur toute sa longueur. (…) La société Marama Nui ayant, dès 2012, contesté le bail emphytéotique qui la liait aux propriétaires du site, voit dès lors toutes ses installations implantées sans titre d’occupation à Faatautia. Idem pour la TEP qui a enfoui ses lignes pensant agir sur un foncier du domaine public. À la clé pour les propriétaires historiques qui recouvrent aujourd’hui leur vallée de 450 hectares après 13 ans d’incertitude, il s’agit d’obtenir une “juste” rétribution pour l’occupation de leurs terres depuis 2012 et à l’avenir. (…)
Le site de Marama Nui en situation précaire à Hitia’a (Tahiti Infos)
POLLUTION
# Pollutions des sols, des rivières, ou des eaux de baignade… Les problèmes posés par l’assainissement non-collectif sont documentés depuis longtemps en Polynésie. Et pourtant, le sujet n’intéresse guère les autorités, qui n’exercent aucun contrôle sur les fosses septiques des privés, pour la plupart peu entretenues, et donc à risque. Même quand les vidanges sont faites, le Pays ferme les yeux sur la destination des « boues » polluantes retirées de ces installations. La société Tahiti Vidange, leader du marché à Tahiti, les dépose ainsi, sur la base d’une autorisation cinquantenaire, dans une « fosse à ciel ouvert » de la vallée de la Punaruu, sans inspection des services d’hygiène ni de la Diren.
Le dernier Comité de pilotage de la politique de l’eau l’a encore montré : en matière d’assainissement, les réflexions se concentrent sur la partie émergée de l’iceberg. Le « Copil » de mardi a ainsi fait le point sur les efforts financiers importants fournis par certaines collectivités pour développer les réseaux et équipements collectifs. Raccordement de Pirae et Arue à la station d’épuration de Papeete, reconstruction de l’émissaire de celle de la Sem Vaitama, projets communaux divers soutenus par des fonds européens ou pressés par un CGCT toujours très loin d’être appliqué… Aucun doute ces réseaux sont en mouvement. Mais de la zone urbaine à Bora Bora en passant par Moorea, ils ne couvrent pas plus de 10% de la population polynésienne. (…). Or ces équipements ne sont aujourd’hui réglementés qu’au moment de l’installation, par la Direction de la construction et de l’aménagement (DCA) qui délivre les permis de construire et les conformités. (…) Une étude livrée en 2018 au Pays révélait la dégradation de la qualité de 84 % des eaux de rivières étudiées à Tahiti « en raison principalement de rejets issus de systèmes d’assainissement défaillants » (…)
Ces déchets de fosses septiques que le Pays ne veut pas voir (Radio 1)
# Le tavana doit être entendu dans le cadre de l’information judiciaire ouverte fin 2014 pour des faits de « pollution d’exploitation non autorisée d’une installation classée et de dégradation du bien d’autrui » autour de la décharge municipale de Mumuvai. Une audition pour laquelle le leader indépendantiste fait venir des avocats parisiens, et qui pourrait aboutir à une mise en examen.
(…) Une instruction pour « pollution, d’exploitation non autorisée d’une installation classée, et dégradation du bien d’autrui » avait été ouverte dès 2014 autour de ce dépotoir de 60 000 mètres carrés installé dès les années 70 sur les hauteurs de Saint-Hilaire. Un site d’enfouissement qui voit passer chaque année quelques 25 000 tonnes de déchets et pour lequel la mairie n’a jamais demandé les autorisations ni respecté les normes exigées par le Code de l’Environnement. (…). Mumuvai est déjà bien connu des magistrats et pas seulement du côté pénal. D’abord par ce que la décharge est exploitée depuis ses débuts sur des terrains privés, et que les propriétaires ont mené une longue procédure de reconnaissance et d’indemnisation foncière contre la mairie. (...) Oscar Temaru n’a jamais cessé de défendre la « décharge contrôlée » créée par son prédécesseur Francis Sanford. Tout récemment, et à la suite d’un incendie au CET de Paihoro, le chef de file indépendantiste avait même appelé les autres tavana du pays à s’inspirer de sa « méthode » de prise en charge des déchets, « moins coûteuse » et plus adaptée au pays, selon lui, que des grands centres d’enfouissement communs et normés. Un discours qu’il pourrait donc répéter au mois de juin devant le juge d’instruction, qui devra décider, à la suite de l’audition, de mettre en examen ou non le tavana. Preuve que le président du Tavini prend l’affaire au sérieux : il devrait être accompagné de l’avocat parisien qui l’avait déjà défendu dans l’affaire Radio Tefana, Me David Koubbi.
Décharge de Faa’a : Oscar Temaru convoqué devant le juge d’instruction (Radio 1)