Un excès de sucre au quotidien et la consommation d'aliments ultra-transformés sont associés à un risque accru de développer de nombreuses maladies chroniques. Comment réagir ? Le fast-food continue de gagner du terrain, dans un territoire déjà fortement touché par le surpoids et l’obésité. À Faa’a, deux géants du fast-food s’apprêtent à cohabiter à moins de deux kilomètres l’un de l’autre ; La hausse de la TVA de 5 à 16 % sur certains produits sucrés semble avoir commencé à produire des effets. Près de 2,2 milliards Fcfp de recettes de TVA liées à la taxe ont été générées pour les caisses du Pays en 2025: véritable outil de santé publique ou simple jackpot fiscal ? ;  À l'étude, une proposition de loi du Pays instaurant « une obligation d’informer les consommateurs sur le niveau de transformation des denrées alimentaires vendues en Polynésie française ». Un futur projet de loi plus large contre les produits gras, salés et sucrés est en préparation, avec un plan de prévention prévu pour la période 2026-2036 ; Aux Raromatai, une opération baptisée « Cantines à l'unisson » a un objectif simple : faire entrer davantage de produits du fenua dans les écoles tout en soutenant les agriculteurs locaux.

 

 

# À Faa’a, deux géants du fast-food s’apprêtent à cohabiter à moins de deux kilomètres l’un de l’autre. Une implantation qui en dit beaucoup sur l’évolution des habitudes de consommation, mais aussi sur le poids économique de ces enseignes. Le fast-food continue de gagner du terrain, dans un territoire déjà fortement touché par le surpoids et l’obésité.
(…) Sur le plan économique, l’implantation de ces deux enseignes à Faa’a s’accompagne aussi de recrutements. Une facette positive pour certains habitants de la commune, notamment les jeunes à la recherche d’un emploi près de chez eux.
(…) Selon les données croisées de l’ISPF et la DICP disponibles dans le DIXIT 2026, en 2024 les McDonald’s de Papeete, Punaauia et Arue affichaient chacun plus d’un milliard de Fcfp de chiffre d’affaires annuel.  Des estimations qui confirment que ces enseignes s’inscrivent désormais dans les habitudes de consommation.
(…) Mais ces gros chiffres se heurtent aussi à une image moins dorée : celle de la malbouffe. Car si le fast-food est souvent défendu comme une solution pratique, rapide, parfois même moins chère, son essor interroge sur un territoire où les maladies chroniques liées à l’alimentation pèsent déjà lourd. (…). En Polynésie française, 75 % des adultes sont en surpoids. 48 % des adultes sont obèses. Et l’obésité est un facteur de risque majeur pour le diabète, les maladies cardiovasculaires mais aussi pour certains cancers.

En Polynésie, derrière le boom des fast-foods, le défi de la santé publique (TNTV)

 

 

# Présentée comme une “taxe comportementale” destinée à pousser les Polynésiens à consommer moins de sucre, la hausse de la TVA de 5 à 16 % sur certains produits sucrés semble avoir commencé à produire des effets. Selon les chiffres dévoilés par le ministre de l’Économie Warren Dexter, les importations de boissons sucrées ont chuté de 13,5 % en un an. La réforme a dans le même temps généré plus de 2 milliards de francs supplémentaires. De quoi relancer la question : véritable outil de santé publique ou simple jackpot fiscal ?
Un an et demi après l’entrée en vigueur de la TVA majorée à 16 % sur certains produits sucrés, le gouvernement livre un premier bilan de cette réforme fiscale aussi controversée qu’ambitieuse. Dans une question écrite adressée au ministre de l’Économie et des Finances Warren Dexter, les représentants Tapura Cathy Puchon et Simplicio Lissant demandaient au gouvernement si cette hausse de taxe avait réellement modifié les comportements alimentaires… ou si elle n’avait finalement servi qu’à remplir les caisses du Pays.
(…) Côté consommation, les premiers chiffres montrent néanmoins une baisse assez nette des volumes importés sur plusieurs catégories de produits sucrés entre 2024 et 2025. Les boissons sucrées et jus avec sucre ajouté soumis à la TCP sont ainsi passés de 3,6 millions à 3,1 millions de litres importés, soit une baisse de 13,5 %. Les autres produits alimentaires sucrés soumis à la TCP ont, eux, chuté de 10,6 %, tandis que les importations de sucre brut reculent de 2,7 %. Même tendance du côté de la production locale : les volumes de boissons sucrées fabriquées localement ont diminué de 6,4 % en un an.
(…) Pour autant, le gouvernement reste prudent sur l’interprétation de ces chiffres. “En l’état, on ne peut affirmer un rapport de cause à effet entre l’application de la TVA à 16 % et les baisses de quantités observées”, nuance Warren Dexter. Le ministre relève toutefois plusieurs éléments allant dans le sens d’un changement des comportements : les baisses sont observées alors même que les importations alimentaires globales ont augmenté de 3,8 % sur la même période et que l’inflation atteignait encore +0,7 % en 2025.
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Taxe sur le sucre : santé publique ou jackpot fiscal ? (Tahiti Infos)

Près de 2,2 milliards Fcfp de recettes de TVA liées à la taxe sur le sucre… Tel est le montant des recettes générées pour les caisses du Pays en 2025. Sous prétexte de vouloir préserver la santé des Polynésiens, le gouvernement Brotherson a sensiblement relevé ce taux de TVA (de 5 à 16%) qui pèse lourd dans le panier de la ménagère. La preuve par les chiffres…
(…) Premier enseignement, et non des moindres: la TVA à 16% sur les produits sucrés aura rapporté la bagatelle de 2 milliards 169 millions de francs pacifique l’an dernier, soit avec un taux de réalisation supérieur à 90%. Le MEF distingue la taxation à l’importation  (+722 millions Fcfp) de la celle en régime intérieur (+1,447 milliard Fcfp). « Les déclarations de TVA au titre du 1er trimestre 2026 étant encore en cours d’enregistrement, il est trop tôt pour apprécier l’évolution des recettes de TVA par rapport à 2025 », précise en outre le ministère.
(…) Second enseignement, selon les données fournies par les Douanes, on constate une baisse quasi-générale des quantités importées entre 2024 et 2025, ainsi qu’une baisse des quantités produites localement de boissons sucrées et jus de fruits. Mais en l’état, précisent les auteurs de la réponse, « on ne peut affirmer un rapport de cause à effet entre l’application de la TVA à 16% et les baisses de quantités observées à l’importation et en productions locales ». Maintenant, une telle taxation est-elle suffisamment dissuasive ? Pas sûr…si l’on se réfère à certaines études menées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) selon lesquelles seule une augmentation de taxes d’au-moins 20% a un effet probant sur la consommation.
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Près de 2,2 milliards Fcfp de recettes de TVA liées à la taxe sur le sucre (Tahiti News)

 

 

# « Informer les consommateurs sur le niveau de transformation des denrées alimentaires vendues en Polynésie française » : la proposition de loi du Pays arrive sur la table des élus jeudi en plénière. Après les critiques du Cesec le texte a toutefois été largement remanié : exit l’étiquetage dans les rayons et sur les menus, place à des messages sanitaires obligatoires dans les publicités et à des campagnes de prévention.
« 70% de la population adulte en surpoids » « 40% au stade d’obésité » avec une prévalence de 36% de surpoids chez les enfants. La proposition de loi du Pays instaurant « une obligation d’informer les consommateurs sur le niveau de transformation des denrées alimentaires vendues en Polynésie française » aligne les chiffres alarmants du diabète et de l’obésité pour introduire son exposé des motifs. Une proposition de loi portée par les élus Cathy Puchon et Simplicio Lissant et qui s’inspire d’un modèle chilien mis en place en 2016 et qui a fait l’objet de plusieurs échanges entre les organisations patronales, le Pays et le conseil de l’ordre des médecins. Le texte initial prévoyait notamment l’obligation d’informer oralement les clients lors des ventes directes, des affiches A3, des pastilles noires sur les menus ou encore des bandeaux dans les publicités. Autant de mesures jugées contraignantes pour les établissements et difficiles à mettre en œuvre, défendait le Cesec dans son avis rendu le 27 juin 2025. La troisième institution du Pays pointait des mesures juridiquement fragiles, coûteuses pour les commerces et potentiellement inflationnistes.
(…). Le CESEC critique toujours la complexité du classement des aliments, le risque de confusion avec d’autres dispositifs comme le Nutri-Score ou les produits de première nécessité, ainsi que les difficultés d’application pour les petits commerces, notamment dans les foires, salons ou papio.
Quant aux sanctions prévues par le texte, le Cesec les jugeait initialement « disproportionnées », avec jusqu’à cinq ans de prison et 89 millions de francs d’amende pour pratique commerciale trompeuse. Des remarques largement prises en compte dans la nouvelle mouture : les sanctions pénales ont disparu au profit d’une amende administrative plafonnée à 350 000 F.
Pour accompagner le dispositif, la proposition de loi du pays prévoit l’organisation d’une campagne annuelle de sensibilisation auprès de la population, mais aussi des actions de prévention dans les écoles et des programmes destinés aux professionnels de santé.
Le rapport annonce également qu’un futur projet de loi plus large contre les produits gras, salés et sucrés est en préparation, avec un plan de prévention prévu pour la période 2026-2036.

Produits ultra-transformés : la version édulcorée du texte examinée à Tarahoi (TNTV)

 

# Du taro dans toutes les assiettes. Ce mardi (2/5), les cantines des îles Sous-le-Vent ont parlé d'une seule voix. Près de 7 000 repas ont été servis autour d'un menu unique : le ragoût de taro. Derrière cette opération baptisée « Cantines à l'unisson », un objectif simple : faire entrer davantage de produits du fenua dans les écoles tout en soutenant les agriculteurs locaux.
Du champ à l’assiette, le taro est aujourd’hui la vedette des cantines scolaires des îles Sous-le-Vent.
Récolté par les producteurs locaux, livré aux cuisines puis préparé par les équipes de restauration, il compose le menu du jour pour près de 7 000 élèves à Raiatea, Bora Bora, Tahaa, Huahine et Maupiti.
Derrière cette opération coordonnée par le SPCPF et les communes, une volonté : rapprocher les cantines scolaires des producteurs du territoire. « Là c’est une journée mais ensuite nous allons programmer par trimestre les produits que nous allons utiliser. Il n’y a pas que les produits vivriers. Il y a les fruits saisonniers ». Pour répondre à la demande, plusieurs producteurs ont dû unir leurs efforts. Au total, près de 400 kilos de taro ont été rassemblés afin de préparer plus de 6 900 repas.
(…). Bien plus qu’un simple repas, cette opération met en lumière tout un réseau d’acteurs locaux, du producteur à la cantine. Une manière de valoriser les produits du fenua tout en sensibilisant les plus jeunes à une consommation plus locale. Une expérience appelée à se renouveler dans les prochains mois.

Quand le taro local s’invite au menu de sept mille élèves des îles Sous-le-Vent (TNTV)