Une nouvelle étape dans la démarche de transition écologique de l’État en Polynésie française avec l'adoption de son Plan Climat et Biodiversité (PCB), qui actualise son précédent Plan de Transformation Écologique;  La filière du thon polynésien a un peu pris du retard sur certains engagements environnementaux. Sa production n’est plus estampillée avec label « MSC » de pêche durable obtenu en 2018. À qui en incombe la responsabilité ? ; Passes d'armes à l’Assemblée entre les membres du gouvernement et l'opposition à propos d’une pénurie d’agrégats et de leur origine: carrières et extractions en rivières ;  Inauguration de la toute première centrale solaire avec stockage de l’île de Tikehau. Ce projet contribuera à répondre aux besoins énergétiques de l’île, tout en réduisant l’impact environnemental de la production d’électricité ; Cuire ses plats sans feu, ni gaz ni électricité, c’est possible. À Papeete, six bricoleurs d’un jour ont fabriqué leur propre four solaire…

 




# Le Haut-commissariat de la République en Polynésie française franchit une nouvelle étape dans sa démarche de transition écologique. À l'occasion de la publication de son bilan des émissions de gaz à effet de serre pour l'année 2024, il a officialisé l'adoption de son Plan Climat et Biodiversité (PCB), qui actualise son précédent Plan de Transformation Écologique.
Ce document stratégique vise à coordonner et planifier les actions environnementales des services de l’État jusqu’à la fin de l’année 2027. L’objectif est de réduire de 15% les émissions de gaz à effet de serre du périmètre concerné.
Selon le bilan 2024, les émissions du Haut-commissariat et des services concernés s’élèvent à près de 1 800 tonnes équivalent CO₂. Les principaux postes d’émissions identifiés sont les achats, les transports et la consommation d’énergie.
Pour atteindre ses objectifs, le Plan Climat et Biodiversité s’articule autour de huit axes d’action : la mobilité, les achats durables, la sobriété numérique, l’alimentation durable, la gestion des déchets, la consommation d’énergie, l’immobilier ainsi que la biodiversité et la gestion de l’eau.
(…). Le Haut-commissariat souligne que ce plan répond aux défis du changement climatique, de la pression croissante sur les ressources naturelles et de l’érosion de la biodiversité. Il entend ainsi faire de la transition écologique un levier de modernisation de l’action publique et d’exemplarité au service du territoire.

Plan Climat et Biodiversité : l’État veut réduire ses émissions de 15% en Polynésie d’ici 2027 (TNTV)

À l’occasion de la publication de son bilan des émissions de gaz à effet de serre au titre de l’année 2024, le Haut-commissariat de la République en Polynésie française actualise son Plan de Transformation Écologique et lance son Plan Climat et Biodiversité (PCB). Ce document stratégique renforce la coordination des actions et planifie leur mise en œuvre d’ici la fin de l’année 2027.
Ce plan marque une nouvelle étape dans l’engagement des services de l’État en Polynésie française pour une administration plus exemplaire, plus sobre et mieux adaptée aux réalités insulaires. Il vise à réduire de 15% les émissions des services d’ici 2027, en s’appuyant sur huit axes d’actions : mobilité, achats durables, sobriété numérique, alimentation durable, déchets, consommation d’énergie, immobilier, biodiversité et gestion de l’eau.
(…). Dans un contexte de changement climatique, de tension sur les ressources et d’érosion de la biodiversité, l’État est exemplaire et adapte ses modes de fonctionnement aux enjeux de la transition écologique. (…)

Réduction des gaz à effet de serre: l’État montre l’exemple (Tahiti News)




# Depuis la fin mai, le thon polynésien n’est plus estampillé « MSC » à l’export. La filière a dû « auto-suspendre » ce label de pêche durable obtenu en 2018, et qui constitue aujourd’hui un sésame « indispensable » pour vendre sur des marchés étrangers. Au port, beaucoup pointent la responsabilité de la Direction des Ressources Marines qui rappelle que si elle a été la référente du label MSC « pour permettre de le lancer » les premières années, elle a transféré cette responsabilité début 2025 à l’association des armateurs hauturiers.

Pourtant les pratiques des palangriers ne se sont pas dégradées : la pêcherie a seulement pris du retard sur certains engagements environnementaux, notamment en matière de lutte contre les prises accidentelles d’oiseaux. Armateurs et administration se renvoient la balle sur les causes de cet échec, mais rament ensemble pour reconquérir le label, suspendu « au pire moment », alors que l’export est déjà en chute de plus de 30% et la filière sous tension. Malgré des initiatives déjà lancées, les certifications pourraient prendre six mois à un an.
(…) Le label avait été renouvelé sans accroc en 2021 et 2024, mais avec à chaque fois des rappels sur des obligations d’évolution de certaines pratiques. Cette suspension – ou plutôt cette « auto-suspension », précisent les professionnels, qui ont préféré l’acter eux-mêmes lors du signalement des organismes certificateurs pour ne pas perdre entièrement le label -, découle justement du non-respect de certains de ces engagements. En clair, les pratiques de la pêche polynésienne « ne se sont pas dégradées », insiste Vatea Moarii, « mais il y a eu du retard sur certaines évolutions ». Or dans le contexte actuel, le label MSC est des plus précieux, explique le dirigeant d’Ocean Products, et référent du label MSC au sein de l’association des armateurs hauturiers. « Ce label permet de véhiculer les bonnes pratiques de notre filière, de faire reconnaître son caractère durable, jusqu’au consommateur, explique-t-il. On s’en rend pas trop compte ici localement, parce que toute notre filière est labéllisée mais c’est un élément indispensable pour nos exportations. C’est devenu une sorte de barrière à l’entrée : pour accéder à certains marchés, on est obligés d’avoir ce label ».
(…) Au port, beaucoup pointent la responsabilité de la Direction des Ressources Marines dans ce dossier, accusée par le président de l’association des armateurs Yann Ching de n’avoir « pas assez accompagné » les professionnels, dans un article du magazine spécialisé Le Marin sur le sujet. D’autres estiment que les responsabilités sont partagées, que le Pays, « au courant depuis longtemps » des risques sur la labellisation, n’a pas mis le sujet au devant des priorités dans son travail avec les pêcheurs et trainé dans le financement de certaines actions.
Côté Pays, on rappelle au contraire que la DRM, si elle a été la référente du label MSC « pour permettre de le lancer » les premières années, a transféré cette responsabilité début 2025 à l’association des armateurs hauturiers. Et ne peut quoiqu’il arrive pas reprendre le dossier, certaines de ses contraintes – notamment la passation d’appel d’offres publics pour les prestations de certification – n’étant pas adaptées aux processus mis en place par le MSC
(…). Les armateurs et mareyeurs, qui dépensent eux-mêmes des millions pour faire certifier leur partie de la chaîne de production, ne doutent pas du retour du label MSC. Mais le fait est qu’il ne suffit pas de mettre en place les « bonnes pratiques » demandées, il faut surtout démontrer leur effectivité et leur efficacité. Et cela peut prendre du temps « 6 mois au minimum, probablement près d’un an » d’après l’Association des armateurs hauturiers qui travaillent aussi, avec la DRM, sur d’autres sujets liés à la labélisation, comme le « e-monitoring » des campagnes.

La filière hauturière à la reconquête de son label pêche durable, suspendu « au pire moment » (Radio 1)





# Face à la pénurie de matériaux concassés qui paralyse les chantiers, les représentants de l’Assemblée ont interpellé le gouvernement, ce jeudi lors de la 6è séance de la session administrative. Entre impératifs économiques et protection des écosystèmes, le ministère des Grands travaux mise sur l'ouverture de nouvelles carrières terrestres et le recyclage pour sortir le secteur de l'impasse.
(…) Concernant les projets de carrières terrestres privées pour diversifier l’offre, les arrêtés d’autorisation concernant deux des trois dossiers en cours d’instruction, totalisant 3,5 millions de mètres cubes de matériaux — soit trois ans de consommation du territoire —, doivent être finalisés « avant la fin du mois » , indique le ministère des Grands travaux. (…)  Pour autant, le gouvernement n’envisage pas de recourir plus largement à l’extraction dans le lit des rivières. Interpellé sur l’application de la nouvelle loi du pays du 12 décembre 2025 modifiant le code des mines, le ministère des Grands travaux a rappelé la priorité écologique du Pays. (…)
Le gouvernement précise d’ailleurs que la réforme du code des mines vise à ce que les volumes extraits soient strictement « justifiés en prenant compte la protection des personnes et des biens (…) et non plus motivées par une simple demande d’approvisionnement en agrégat destinée à la revente ». Enfin, le ministère indique que l’intégration de clauses de réemploi des matériaux dans les marchés publics, notamment pour le revêtement des routes territoriales, devrait permettre de soulager la pression sur les ressources naturelles du fenua.

Pénurie des agrégats : le Pays mise sur les carrières privées et refuse de « sacrifier » les rivières (TNTV)

À Taraho'i, la sixième séance de la session administrative a donné lieu à quelques passes d'armes entre les membres du gouvernement et l'opposition.  (…) Parmi les dossiers en discussion lors de cette plénière, celui concernant les agrégats. Un bien devenu rare sur le fenua et qui plonge le secteur du BTP dans la crainte d’un manque de matériaux de construction. Selon les élus de l’opposition, plusieurs chantiers seraient déjà impactés. De son côté, Edouard Fritch appel à des solutions immédiates et interpelle le gouvernement afin que des autorisations d’exploitation soit au plus vite délivrée. « Faites le tour de l'île, vous allez voir qu'aux embouchures de nos rivières, les agrégats s'entassent. C'est même dangereux parce qu'on va rentrer dans la saison des pluies dans trois à quatre mois, il faut nettoyer ces embouchures » argumente-t-il. (…). Dans sa réponse, le gouvernement a précisé que sur l’ensemble des demandes d’exploitation, deux autorisations d’extraction sont en fin d’étude. 3,5 millions de mètres cubes d’agrégats, de quoi assurer une autonomie de trois ans pour le secteur du BTP, nous assure t’on du côté du Pays.
(…)

Débats houleux sur le RNS et le manque d'agrégats à l'Assemblée de Polynésie française (Polynésie 1ère)


- Pour rappel: Les travaux d’extraction de matériaux en rivière sont susceptibles d'endommager les vallées et le littoral. En novembre 2024, face à une pénurie d'agrégats et d'enrochements qui freine l'avancée des chantiers, le ministre des Grands Travaux, Jordy Chan, a voulu faciliter la création de carrières pour les extractions d'agrégats. L'assouplissement des règles d’ouverture de carrières permettrait de sécuriser l’approvisionnement en matériaux minéraux de chantiers et de limiter les extractions sauvages.

Faciliter la création de carrières pour les extractions d'agrégats (AvA-Infos) 18 novembre 2024

 



# Le Haut-commissaire de la République a inauguré mardi 9 juin 2026, aux côtés du maire de Tikehau, commune associée de Rangiroa, la toute première centrale solaire avec stockage de l’île.
L’État a financé la construction de cette nouvelle structure, à hauteur de 360 millions de F CFP, soit 60 % de l’investissement initial, grâce au Fonds de transition énergétique (FTE). La centrale solaire permettra de couvrir jusqu’à 90 % des besoins en électricité de Tikehau, à partir des énergies renouvelables.
Ce projet, porté par Électricité de Polynésie, contribuera à répondre aux besoins énergétiques de l’île, tout en réduisant l’impact environnemental de la production d’électricité.
La diminution de la dépendance aux énergies fossiles permettra d’éviter chaque année l’importation d’environ 320 000 litres de gasoil ainsi que l’émission de 855 tonnes de CO2, tout en sécurisant l’approvisionnement de l’atoll.
Sur l’ensemble des cinq archipels et au cours des trois dernières années, le Fonds de transition énergétique (FTE) a permis de subventionner plus de vingt projets à hauteur de 4,7 milliards F CFP.

90% des besoins en électricité de Tikehau bientôt alimentés par le soleil (Tahiti News)



# Cuire ses plats sans feu, ni gaz ni électricité, c’est possible. À Papeete, six bricoleurs d’un jour ont fabriqué leur propre four solaire. Une façon plus écologique de cuisiner, mais aussi l’occasion de découvrir les bases du bricolage dans une ambiance conviviale.
Voilà le prototype en fabrication aujourd’hui. Un four solaire en bois et en liège, équipé de réflecteurs qui font grimper la température jusqu’à 120 degrés. Anne-Marie et son compagnon Corentin se sont laissé convaincre par le concept.
(…). L’autre argument de séduction : c’est l’écologie… Apprendre à bricoler tout en gagnant en autonomie alimentaire. “Je me suis dit que ça ferait un bon combo de cultiver les aliments et savoir fabriquer un four pour pouvoir les cuisiner”, remarque Cécile, bricoleuse d’un jour. L’organisateur de cet atelier s’avère aussi être un très bon cuisinier. Au menu du jour : poisson aux légumes, porc au caramel, et fondant au chocolat. Pascal a même préparé du pain maison pour accompagner. .

Fabriquer un four solaire, pour cuire de façon écologique et économique (Polynésie 1ère)