Le développement économique du Pays ne peut pas se faire à n'importe quel prix : La production de sel, réalisée artisanalement à partir de l’eau du lagon d’Afareaitu, une première à Moorea, est très certainement une iniatiative durable promise à un bel avenir ; Mais  le transfert interinsulaire "de toute huître perlière, y compris les larves, juvéniles et adultes, provenant d'écloserie" est interdit, en raison des risques génétiques, sanitaires et environnementaux ; Une exploitation d'œufs de Tahiti est à l'arrêt suite à la découverte d'une infection à la salmonelle ;  L'exploration des grands fonds marins, quant à elle, pose des questions d'ordre environnemental, mais aussi d'ordre juridique : l’Assemblée de la Polynésie française avait validé la création d’une commission d’enquête chargée de recueillir "tous les éléments d’information relatifs aux enjeux géostratégiques, environnementaux, économiques et financiers de la Polynésie française ainsi que de sa zone économique exclusive (ZEE)". Cette délibération a été déclarée illégale par le tribunal administratif ; Ce qui n'empêche pas le leader du Tavini de réaffirmer sa volonté d’exploiter les fonds marins polynésiens...

 

# C’est une première à Moorea. La production de sel, réalisée artisanalement à partir de l’eau du lagon d’Afareaitu, a débuté. Un produit plutôt destiné à une clientèle touristique locale et étrangère. Celle-ci trouvera du sel alimentaire ainsi que des sels de bain, disponibles en différentes variétés sous le nom de “Sel de Moorea”. Celui-ci sera commercialisé au mois de janvier.
Pour la première fois, l’île de Moorea va disposer d’un sel produit localement et directement issu de son lagon, valorisant à la fois les ressources naturelles et le savoir-faire artisanal de l’île. L’idée vient d’Éric Carrière, qui a lancé récemment sa production à son domicile, en bord de mer à Afareaitu. Il explique les différentes étapes de la production: (…) Avec une production de 50 kilos par mois, Éric Carrière commencera la commercialisation de son produit en janvier 2026 à Moorea et à Tahiti (...), en ciblant en priorité une clientèle touristique, locale et étrangère. Il souhaite ainsi proposer un produit authentique, naturel et emblématique de l’île. (…). À terme, il espère également se tourner vers l’exportation, en fournissant des boutiques d’épicerie fine et d’autres points de vente intéressés par un produit local. Il envisage aussi d’agrandir son entreprise. (…)

À Moorea, un projet qui ne manque pas de sel (Tahiti Infos)

À noter, un précédent en Polynésie : le sel du motu de l’Île Eden, à Tikehau, (Tuamotu) - réputée pour ses plages de sables roses et son lagon émeraude - d’où est extrait ce sel, exceptionnellement pur, non raffiné et récolté de manière artisanale, commercialisé par la société Araka… (voir sur sa page Facebook)

 

 

# Neuf perliculteurs polynésiens, qui souhaitaient voir abrogées certaines restrictions mises en place par le Pays en 2017, n’ont pas obtenu gain de cause devant le Conseil d’État. Neuf producteurs de perles ont saisi les tribunaux afin de forcer le Pays à inscrire à l’ordre du jour du conseil des ministres un projet d'acte abrogeant l'alinéa 2 de l'article LP. 51 de la loi du Pays n° 2017-16 du 18 juillet 2017 réglementant les activités professionnelles liées à la production et la commercialisation des produits perliers et nacriers en Polynésie française. (…)
Le litige porte sur la loi du Pays de juillet 2017, réglementant les activités professionnelles liées à la production et la commercialisation des produits perliers et nacriers en Polynésie française, qui avait mis en place des restrictions, “en raison des risques génétiques, sanitaires et environnementaux” de “dissémination d'organismes envahissants ou pathogènes dans les îles de destination en Polynésie française”, interdisant “le transfert interinsulaire de toute huître perlière de l'espèce considérée y compris les larves, juvéniles et adultes provenant d'écloserie”. Une loi qui stipulait que “le transfert de nacres non détroquées (séparées les unes des autres, NDLR), issues de collectage, est interdit”. (…) Une lecture que le Conseil d’État n’a pas partagée dans sa décision rendue la semaine dernière, expliquant que la loi du Pays et l’article en question ne sont “manifestement disproportionnés au regard de l’objectif d'intérêt général (protection de l’environnement), dès lors que le transfert des nacres issues des écloseries est soumis, en application de l'article 74 de l'arrêté du 31 juillet 2017, à un contrôle sanitaire et environnemental préalable strict, doublé d'une obligation de traitement spécifique avant tout transfert”.

Maintien des précautions sur les écloseries de nacres (Tahiti Infos)


# Une exploitation d'œufs de Tahiti est à l'arrêt depuis quelques jours. En cause : la découverte d'une infection à la salmonelle. La moitié des poules ont dû être tuées. Des investigations complémentaires sont menées pour s'assurer que la situation est sous contrôle. Mais dans les rayons des magasins, il faut s'attendre à manquer d'œufs.
es œufs vont-ils décidément devenir une denrée rare sur les étals de nos magasins ? Des cas de salmonelle viennent d’être découverts chez un producteur de Tahiti. 25 000 volatiles sont concernés. Soit la moitié de l’exploitation.
Mais c’est l’ensemble de la production de cet éleveur qui est concerné par cet épisode : par mesure de sécurité, aucun œuf d’aucune poule ne peut sortir en effet. Zéro commercialisation. Le temps que des investigations supplémentaires soient menées pour savoir sur l’infection de salmonelle est circonscrite ou si elle s’étend à d’autres hangars de l’exploitant. L’arrêté en vigueur doit paraître au journal officiel.
(…). Le 3 décembre, un arrêté a été pris pour autoriser l’importation d’oeufs, sur une période de six mois maximum, sous l’égide de la direction générale des affaires économiques. Tout l’enjeu -et la délicatesse de la manœuvre- étant de bien doser l’ouverture du marché pour ne pas fragiliser davantage les producteurs locaux.

Nouvelle découverte de salmonelles chez un producteur d’œufs (TNTV)

 

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# Par un jugement rendu le 16 décembre 2025, le tribunal administratif a annulé la délibération de l’Assemblée de la Polynésie française créant une vaste commission d’enquête sur les enjeux géostratégiques et économiques du territoire, estimant son objet contraire au règlement intérieur de l’institution.
Jugée trop large et insuffisamment ciblée, la mission confiée à la commission d’enquête n’entrait pas dans le cadre juridique autorisé pour ce type d’instance parlementaire locale.
Adoptée le 3 juillet 2025, la délibération de l’Assemblée de la Polynésie française prévoyait la création d’une commission d’enquête chargée de recueillir tous les éléments d’information relatifs aux enjeux géostratégiques, environnementaux, économiques et financiers de la Polynésie française ainsi que de sa zone économique exclusive (ZEE). Le tribunal administratif a été saisi par plusieurs membres de l’Assemblée de la Polynésie française, ainsi que par le haut-commissaire de la République. Les requérants contestaient la légalité de cette commission d’enquête, estimant que sa mission ne respectait pas les règles encadrant ce type d’instance au sein de l’Assemblée. (…). Dans son jugement du 16 décembre 2025, le tribunal administratif relève que l’objet de la commission d’enquête, qualifié de « large et prospectif », ne correspond pas aux hypothèses prévues par le règlement intérieur de l’Assemblée de la Polynésie française.

Le tribunal administratif déclare illégale la délibération créant une commission d’enquête sur les enjeux géostratégiques en Polynésie française (Polynésie 1ère)

Pour rappel:
Exploitation des fonds marins: un sujet éminemment politique (AvA-Infos)10/12/25

Le président du Tavini Huiraatira et maire de Faa’a était l’invité des journaux de TNTV, ce mercredi soir (17/12). Oscar Temaru a annoncé qu’il sera candidat à sa propre succession à la tête de la commune car « c'est ce que souhaite la population ». Il a également réaffirmé sa volonté d’exploiter les fonds marins polynésiens. « Si on exploite toutes les ressources de ce pays, on peut supprimer tous les impôts, toutes les taxes », dit-il. Interview.
(…).
- TNTV - Mardi, le tribunal a annulé la commission ZEE créée par l’Assemblée pour détournement de procédures. Vous vous y attendiez ou pas ? 
- Oscar Temaru : « Je m’y attendais personnellement. Mais il n’y a pas que le tribunal de Papeete, il y a aussi le tribunal international. On ira plus loin ». 
- TNTV -
L’exploration des grands fonds peut-elle se faire autrement que par une commission d’enquête ? 
- (…) Qu’est-ce que propose l’État français ? Rien, absolument rien. Nous, nous proposons quelque chose. Nous disons, nous avons des ressources qu’il faut exploiter, on sait qu’elles sont là. On est en train de le faire à Rarotoa. C’est juste à côté de Raivavae, des Tuhaa Pae ».
(…)

Oscar Temaru : « Si on exploite toutes les ressources de ce pays, on peut supprimer tous les impôts » (TNTV)