Au niveau local : Les Rahui de Tahiti seraient de plus en plus la cible des braconniers. C’est le cas à Teva i Uta, où certains d’entre eux ont été interpellés en possession de langoustes interdites de pêche ; Des quantités importantes de krill découvertes sur la plage de Hakahau à Ua Pou, soulignant la fragilité de l’écosystème marin marquisien étroitement lié aux équilibres naturels de l’océan Pacifique ; Neuf perliculteurs polynésiens, qui souhaitaient voir abrogées certaines restrictions mises en place par le Pays en 2017, “en raison des risques génétiques, sanitaires et environnementaux”, n’ont pas obtenu gain de cause devant le Conseil d’État ; La filière pêche sous tension malgré des volumes élevés // Au niveau international: les îles Cook et la Polynésie française échangent sur les enjeux actuels et à venir de la gouvernance des pêches dans le Pacifique. Ils relèvent l’importance de trouver un équilibre entre la rentabilité des activités de pêche, la prise en compte des intérêts locaux et la stabilité des filières ; Un traité mondial pour freiner la destruction et la surexploitation des eaux internationales.
Les policiers municipaux de Teva I Uta ont interpellé (...) trois individus qui se livraient à la pêche de langoustes dans la zone du Rahui de la commune. « Les premiers mutoi, ce sont les habitants (…) L’objectif, c’est de dire à la population que l’on surveille », explique à TNTV, Clément Verghnes, adjoint au maire.
(…). Selon l’élu, sur la trentaine de langoustes saisies, « cinq étaient en dessous de la taille réglementaire et deux étaient des femelles », donc interdites de pêche. Un procès-verbal a été dressé contre les trois contrevenants qui a été transmis à la gendarmerie ainsi qu’à la Direction des Ressources Marines. Les trois mis en cause encourent une amende pouvant atteindre 179 000 francs (CFP). (…)
Teva I Uta : 3 braconniers interpellés pour la pêche des langoustes dans la zone du Rahui (TNTV)
La mairie de Teva i Uta a communiqué ce mardi (30/12) sur une saisie réalisée lundi soir par la police municipale, suite à la pêche d’une trentaine de langoustes dans la zone de Rāhui à l’extérieur. De plus, certaines d’entre-elles étaient hors calibre alors que d’autres étaient porteuses d’œufs.
(…). La mairie de Teva i Uta rappelle que les zones de Rāhui sont surveillées et protégées.
L’arrêté n° 984 CM du 2 juillet 2025, établissant une Zone de Pêche Réglementée (ZPR) dans le lagon de Mataiea visant à encadrer la pêche et à protéger les ressources marines est consultable sur le site internet de la commune : https://commune-tevaiuta.pf/arrete-n-984-cm-du-2-juillet.../
Saisie de langoustes dans la zone protégée de Mataiea (Tahiti Infos)
À quelques jours du réveillon, les muto’i de Teva i Uta ont surpris deux pêcheurs, visiblement des « professionnels » sur le récif de la grande zone de rahui de Mataiea. Une trentaine de langoustes, pour certaines des juvéniles ou des femelles pleines d’œufs, ont été saisies et remises à l’eau. Le dossier a ensuite été transmis à la gendarmerie et à la DRM, et Clément Vergnhes espère que les sanctions, cette fois, seront lourdes. Pour l’adjoint au maire et président de la fédération rahui Te Marae Mo’a, c’est l’adhésion de la population aux mesures de protection du lagon qui est en jeu.
(…). Les braconniers surpris en flagrant délit étaient-ils au courant qu’ils violaient ce rahui « tournant », qui a retrouvé cette zone du lagon de Mataeia voilà un peu plus de six mois ? Clément Vergnhes n’a que peu de doutes : pour lui il s’agit de « professionnels » qui « savent faire » et « vivent de ça ». Et qui connaissent donc parfaitement les zones protégées du littoral… et le prix des crustacés à cette période de l’année.
(…) Mais à Teva i Uta, beaucoup, comme Clément Vergnhes s’interrogent sur les suites qui seront données. « On n’est pas informés de ce qui se passe derrière, reprend Clément Vergnhes. Quand ça monte chez le procureur, est ce que ces dossiers sont vraiment des priorités ? ». L’adjoint au maire, qui est aussi président de la jeune fédération des comités de gestion de rahui, Te Marae Mo’a, aimerait en tout cas que ces dossiers soient pris au sérieux par les autorités. Il explique que lors d’affaires précédentes, la gendarmerie a demandé aux muto’i de « ramener le matériel de pêche », par manque d’espace pour le saisir ou le stocker. « On dit à nos muto’i de faire de la surveillance, et derrière on leur demande de ramener le matos chez le pêcheur… », pointe-t-il. Pas de quoi motiver la surveillance. Voire de quoi « décourager ». Mais si l’adjoint au maire tient à des saisies de matériels ou à des sanctions exemplaires, c’est que l’adhésion de la population au rahui est en jeu, à Mataiea comme ailleurs. « Si ça reste impuni, la population à un moment donné va se dire « à quoi bon protéger si les mecs peuvent continuer à braconner », dit-il. Le risque c’est que derrière les gens abandonnent ». (…)
Braconnage dans les rahui : « Si ça reste impuni, les gens vont abandonner » (Radio 1)
Selon les associations en charge de la protection des lagons, les Rahui de Tahiti seraient de plus en plus la cible des braconniers. Avec plus d’un fait constaté chaque semaine, les défenseurs de l’environnement en appellent aux autorités pour que les contrevenants soient plus sévèrement sanctionnés.
La semaine dernière, trois braconniers ont été interpellés par les policiers municipaux de Teva I Uta après avoir prélevé une trentaine de langoustes dans la zone de Rahui de la commune. Une infraction qui serait loin d’être isolée. Bien que les données manquent, ces actes délictueux seraient hebdomadaires, selon le président de l’association Tautira Reef. (…). Pour l’adjoint au maire de la commune de Teva I Uta en charge du Rahui, ces pécheurs illégaux passeraient trop souvent au travers des mailles des filets de la justice, malgré les constations réalisées. (…). En attente d’informations sur les suites des procédures judiciaires engagées, l’élu compte solliciter une audience auprès de la procureure de la République. (…)
Les gardiens des Rahui se sentent impuissants face aux braconniers (TNTV)
# Tôt ce lundi matin (05/01), un phénomène inhabituel a attiré l’attention des habitants de Hakahau. Nombre d'entre eux ont remarqué la présence massive d’oiseaux marins rassemblés le long de la plage, un spectacle peu commun dans ce secteur du village, à cause de la présence de krill.
(…). Aux Marquises, l’environnement marin joue un rôle central dans l’équilibre écologique et la vie quotidienne des populations. Le krill constitue une ressource fondamentale pour de nombreuses espèces, notamment les poissons, les oiseaux marins et les mammifères marins présents dans l’archipel. Bien que ce type d’échouage puisse survenir naturellement, il reste relativement rare dans les îles Marquises. Des phénomènes tels que les variations de courants océaniques, les changements de température de l’eau ou encore les conditions météorologiques particulières peuvent favoriser ce type d’événement qui rappelle la richesse, mais aussi la fragilité, de l’écosystème marin marquisien, étroitement lié aux équilibres naturels de l’océan Pacifique.
Des quantités importantes de krill découvertes sur la plage de Hakahau à Ua Pou (Polynésie 1ère)
https://la1ere.franceinfo.fr/polynesie/tahiti/polynesie-francaise/des-quantites-importantes-de-krill-decouvertes-sur-la-plage-de-hakahau-a-ua-pou-1659044.html
# Neuf perliculteurs polynésiens, qui souhaitaient voir abrogées certaines restrictions mises en place par le Pays en 2017, n’ont pas obtenu gain de cause devant le Conseil d’État.
(…) Le 27 mai dernier, le tribunal administratif de la Polynésie française, saisi par les perliculteurs, avait transmis au Conseil d’État la demande afin de statuer sur leur requête. Le litige porte sur la loi du Pays de juillet 2017, réglementant les activités professionnelles liées à la production et la commercialisation des produits perliers et nacriers en Polynésie française, qui avait mis en place des restrictions, “en raison des risques génétiques, sanitaires et environnementaux” de “dissémination d'organismes envahissants ou pathogènes dans les îles de destination en Polynésie française”, interdisant “le transfert interinsulaire de toute huître perlière de l'espèce considérée y compris les larves, juvéniles et adultes provenant d'écloserie”. Une loi qui stipulait que “le transfert de nacres non détroquées (séparées les unes des autres, NDLR), issues de collectage, est interdit”.
Maintien des précautions sur les écloseries de nacres (Tahiti Infos)
# Le président Moetai Brotherson et son ministre des ressources marines Taivini Teai ont rencontré mardi Pamela Maru, la cheffe de l’agence du ministère des ressources marines des Rarotonga. L’occasion d’échanger sur la gouvernance régionale des pêches, dans un contexte de baisse des taux de capture. L’occasion aussi d’évoquer un futur protocole d’accord sur le développement durable et la gestion des ressources halieutiques. La question des ressources minières des grands fonds, qui divise les deux pays, n’est elle pas été évoquée.
La rencontre, qui a eu lieu à la présidence, a été avant tout centrée sur la gouvernance régionale des pêches. Un enjeu économique de taille pour la Polynésie et les Cook, dont les ZEE partagent plus de 1200 kilomètres de frontière. Les pratiques sont très différentes d’un côté et de l’autre : pêche responsable et flotte de palangriers locaux côté fenua, licences de pêche internationales, y compris pour des bateaux senneurs côté Cook. Les filières, dans les deux pays, sont marquées par d’importantes volontés de développement, mais aussi par une « baisse des taux de capture », précise la présidence dans un communiqué. Il s’agit donc de « trouver un équilibre entre rentabilité des activités de pêche, prise en compte des intérêts locaux et stabilités des filières ». L’idée est donc de renforcer la coopération régionale et bilatérale sur ce sujet. (…)
Les questions d’aquaculture et de pêches côtières et lagonaires sont aussi évoquées par la présidence polynésienne après la rencontre, mais pas celle des ressources minières des profondeurs. Et pourtant il y aura à dire, puisque là aussi les politiques sont radicalement opposées (…)
Les Cook et la Polynésie vont travailler sur un accord sur les ressources marines (Radio 1)
Moetai Brotherson, président de la Polynésie française, et Taivini Teai, ministre des Ressources marines, ont rencontré Pamela Maru, cheffe de l’Agence du ministère des Ressources marines des îles Cook. Cette rencontre a été l’occasion d’échanger sur les enjeux actuels et à venir de la gouvernance des pêches dans le Pacifique.
(…). Les participants ont souligné l’importance de trouver un équilibre entre la rentabilité des activités de pêche, la prise en compte des intérêts locaux et la stabilité des filières. (…). Enfin, la Polynésie française et les îles Cook ont exprimé leur volonté commune de poursuivre et de renforcer leur collaboration. Des perspectives de coopération renforcée ont été évoquées, incluant la rédaction d’un protocole d’accord afin de structurer les futures actions communes dans les domaines du développement durable et de la gestion des ressources marines.
Gouvernance régionale des pêches (Tahiti Infos)
# En 2024, la pêche polynésienne affiche des volumes de capture élevés, parmi les plus hauts de ces dernières années. Soutenue par le renforcement de la flottille hauturière et un effort accru en pêche côtière, la production progresse légèrement. Mais derrière ces bons résultats, la filière reste sous tension : dépendance à l’effort de pêche, fragilité de certaines espèces et exposition aux marchés extérieurs, selon le bilan publié le 31 décembre par l’Institut de la statistique de la Polynésie française.
Avec 11 194 tonnes débarquées en 2024, la production issue de la pêche hauturière et côtière progresse de 1 % sur un an, un niveau nettement supérieur à la moyenne des cinq dernières années. Cette performance repose d’abord sur la pêche hauturière, qui représente près des deux tiers des captures totales. Portée par l’arrivée de nouveaux navires, la flottille compte désormais 82 thoniers actifs, permettant une hausse de la production (+1,3 %) malgré une baisse de 7 % du nombre d’hameçons posés.
La dynamique hauturière est toutefois contrastée. (…) La pêche côtière, de son côté, affiche une stabilité remarquable. Malgré une diminution du nombre de poti mārara et de bonitiers actifs, l’augmentation de l’effort de pêche permet de maintenir la production autour de 2 400 tonnes. (…). À ces deux piliers s’ajoutent la pêche lagonaire, essentiellement tournée vers l’autoconsommation, dont la production est estimée à plus de 7 000 tonnes, et l’aquaculture, qui amorce un redressement. La crevetticulture rebondit ainsi à 116 tonnes, après une année 2023 en retrait, signe encourageant pour la diversification de la filière.
Au final, l’année 2024 confirme la capacité de la pêche polynésienne à maintenir des volumes élevés. Mais elle révèle aussi une filière sous tension, dépendante de l’effort de pêche, du renouvellement des flottes et de débouchés extérieurs sensibles aux aléas économiques et environnementaux.
Pêche : une filière sous tension malgré des volumes élevés (Tahiti Infos)
Pour info:
Longtemps restée sans protection spécifique car ne relevant d'aucune juridiction nationale, la haute mer (ou eaux internationales) concentre pourtant une biodiversité essentielle, aujourd'hui fortement menacée par l'activité humaine et les changements climatiques. Un traité mondial, connu sous le sigle "BBNJ", entre en ce début d'année en vigueur pour freiner sa destruction et sa surexploitation.