Baisse des quotas de pêche, Rahui, pêche durable, Swac… la ministre nationale déléguée chargée de la Mer a été interpellée sur plusieurs sujets sensibles durant sa visite au fenua. Plusieurs interviews de la ministre ; Au Kenya, pour la 11e édition de la conférence Our Ocean, accompagné d’une délégation polynésienne le ministre Taivini Teai a présenté les avancées majeures du sanctuaire Tainui Atea. Son message : la gouvernance internationale doit intégrer les communautés locales et soutenir financièrement les territoires protecteurs. La Polynésie française appelle à un renforcement drastique de la protection de la haute mer, à la sécurisation des corridors écologiques du Pacifique et à une application rigoureuse du principe pollueur-payeur ; Pour le Tavini Huiraatira, la Zone économique exclusive (ZEE) n'est plus seulement un espace maritime à protéger ou à développer. Elle devient désormais un “outil décolonial” susceptible d'ouvrir enfin le dialogue avec l'État.

 

 

 

+ C'est une décision qui pourrait peser lourd sur la pêche polynésienne : la baisse des quotas de pêche dès l’année prochaine. Une perspective qui inquiète les professionnels réunis ce matin autour de la ministre déléguée à la mer, au port de pêche de Papeete.
Visite d’un palangrier, puis de l’atelier de découpe : un passage obligé pour chaque émissaire du gouvernement central et à chaque fois une vitrine du savoir-faire polynésien, fière de son modèle de pêche écoresponsable. Pour les mareyeurs c’est aussi l’occasion de sensibiliser la ministre déléguée à la mer, Catherine Chabaud, sur les objectifs et les contraintes du secteur, dont l’annonce récemment de nouvelles zones de protection renforcées. (…) Au-delà des aires marines protégées, la ministre Catherine Chabaud était également attendue sur la gestion des stocks halieutiques à l’échelle régionale. Car c’est bien la France qui siège en tant que Pays membre dans les différentes commissions thonières, dont l’influente WCPFC (Western and Central Pacific Fisheries Commission), l’organisation chargée d’adopter les mesures de gestion des pêcheries de thon dans la région. (…) Les discussions entre les services de l’État, le Pays et l’organisation régionale sont déjà engagées. Les professionnels espèrent obtenir une prise en compte des spécificités de la pêcherie polynésienne et de ses besoins de développement économique. À leurs yeux, il s’agit d’un véritable « enjeu de survie », dans un contexte de « guerre d’influence » entre grandes puissances.

Pêche au thon : la France appelée à « défendre les intérêts de la Polynésie » (TNTV)

Rahui, pêche durable, Swac… Outre les « inspirations » trouvées en matière d’économie bleue, la ministre déléguée chargée de la Mer a été interpellée sur plusieurs sujets sensibles durant sa visite. À la veille de son départ, elle assure que l’État donnera de la voix pour défendre la pêche palangrière locale face aux quotas régionaux, elle appelle à avancer dans un « projet État-Pays » d’aire marine protégée internationale. Et suggère surtout à Moetai Brotherson, « peut-être un peu poussé par les ONG », de temporiser sur les nouvelles AMP dans la ZEE, et de prendre le temps du travail scientifique et de la co-construction avant de « tracer un trait de crayon sur une carte ». Sensibilisée au problème des DCP dérivants, elle ne semble en revanche pas encore décidée sur la stratégie à adopter. « Mais il va falloir en trouver une ». Interview.

Nouvelles AMP : Catherine Chabaud conseille au Pays de « ne pas griller les étapes » (Radio 1)

Entre la défense des quotas de pêche face aux instances internationales, l'accès réglementé au marché européen et l'investissement dans la recherche scientifique sur les grands fonds marins, Catherine Chabaud, ministre déléguée de la Mer et de la Pêche invitée de notre journal ce mardi, se veut rassurante sur le soutien de l'État à l’économie bleue locale. Interview.

Quotas, exportations : « On ne va pas laisser tomber les pęcheurs polynésiens », assure la ministre de la Mer

Catherine Chabaud la ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche était l’invité du journal du mercredi 29 juin. Interrogée par Cybèle Plichart, elle a abordé les sujets de la réglementation des restrictions de pêche au fenua, mais aussi les énergies renouvelables, autant de sujets que la représentante du gouvernement souhaite prendre en tant qu’exemple pour le développement d’une stratégie globale pour les outremers. Interview.

Catherine Chabaud : « faire entendre la voix des pêcheurs polynésiens » et « découvrir » les fonds marins (Polynésie 1ère)

Pour rappel:
Visite en Polynésie de la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche (AvA-Infos)

 

 

+ Devant les représentants de délégations internationales réunis au Kenya pour la 11e édition de la conférence Our Ocean, le ministre Taivini Teai a présenté les avancées majeures du sanctuaire Tainui Atea. Son message : la gouvernance internationale doit intégrer les communautés locales et soutenir financièrement les territoires protecteurs.
Intervenant lors de la première séance plénière — consacrée au défi mondial de protéger 30 % de l’océan d’ici 2030 (objectif 30×30) et à la préservation de la haute mer —, Taivini Teai, ministre de l’Agriculture, des Ressources marines et de l’Environnement, a porté un plaidoyer en faveur d’une diplomatie environnementale plus inclusive. Au cœur des discussions, le modèle polynésien de gestion de l’océan a fait figure de référence. Le ministre a dévoilé les nouvelles étapes de déploiement de Tainui Atea, l’aire marine protégée (AMP) qui couvre l’intégralité de la Zone économique exclusive (ZEE) du territoire.(…) Au-delà du bilan territorial, Taivini Teai a profité de cette tribune internationale pour formuler des exigences fortes à l’égard de la communauté globale. La Polynésie appelle à un renforcement drastique de la protection de la haute mer, à la sécurisation des corridors écologiques du Pacifique et à une application rigoureuse du principe pollueur-payeur. Invité en qualité de territoire pilote aux côtés des Seychelles et de la République dominicaine lors d’un panel, le ministre a également exposé les chantiers en cours pour bâtir un mécanisme de financement pérenne destiné aux grandes AMP. (…) En marge du sommet, l’agenda bilatéral s’est avéré particulièrement dense. Taivini Teai s’est entretenu avec l’ancien secrétaire d’État américain John Kerry, ainsi qu’avec les délégations du Chili — pour évoquer le projet d’une « Ceinture Bleue du Pacifique » —, des Comores et des Seychelles. Ces derniers partagent avec la Polynésie une problématique critique : l’impact dévastateur des dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants. (…)

Conférence Our Ocean : la Polynésie appelle à une gouvernance mondiale plus juste et durable (TNTV)

Devant les délégations internationales réunies à Mombasa (Kenya) pour la 11e édition de la conférence Our Ocean, rendez-vous de référence sur les enjeux océaniques, le ministre des Ressources marines, Taivini Teai, a mis en avant le modèle polynésien de protection de l'océan et porté un message clair : les peuples qui protègent l’océan doivent aussi être entendus dans les décisions internationales qui le concernent. (…). Devant plus de 5 000 délégués issus du monde entier, le ministre a rappelé l’adoption de nouvelles mesures de protection aux Marquises et aux Australes, avec plus de 27 000 km² de zones protégées supplémentaires, la protection de dizaines de monts sous-marins et l’engagement de créer près de 520 000 km² d’espaces supplémentaires sous protection stricte. (…). La Polynésie française a aussi présenté la singularité de son modèle de protection de l’océan, construit avec les populations, les communes, les pêcheurs – même si une partie de ces derniers conteste, avec le Tavini, la mise en place de cette AMP –, les associations, les scientifiques et les détenteurs des savoirs traditionnels. (…). Aux côtés des ministres et représentants de la Jamaïque, du Mozambique, de la Namibie, de Palau, de l’Afrique du Sud, de la France, de l’Allemagne et de l’Irlande, ainsi que de nombreuses organisations engagées dans la conservation marine, la Polynésie a plaidé pour que la gouvernance de l’océan accorde une place centrale aux peuples autochtones et aux communautés locales, à la qualité de la gestion des espaces protégés, au financement durable de la conservation et à la protection de la haute mer. (…). Ces échanges s'inscrivent dans la promotion de la Déclaration de Matavai, adoptée le 8 juin 2026 à Tahiti, qui porte notamment l'interdiction des DCP dérivants et le financement durable des services environnementaux rendus par les territoires qui protègent l'océan pour l'ensemble de l'humanité.

La voix du Pacifique portée au Kenya (Tahiti Infos)

 


+ Pour le Tavini Huiraatira, la Zone économique exclusive (ZEE) n'est plus seulement un espace maritime à protéger ou à développer. Elle devient désormais un “outil décolonial” susceptible d'ouvrir enfin le dialogue avec l'État que les indépendantistes réclament depuis la réinscription de la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser de l'ONU, en 2013. Un nouvel argument que le Tavini pourrait désormais faire valoir chaque fois que la question de la ZEE reviendra dans le débat public, jusqu'aux prochaines discussions onusiennes sur la décolonisation. (…) Sans reprocher à la ministre de ne pas avoir abordé la décolonisation – “elle n'avait pas mandat pour ça”, reconnaît-il –, le vice-président du Tavini voit dans la ZEE une occasion d'engager enfin le dialogue avec l'État. “Ce dialogue qu'on attend depuis le 17 mai 2013 et qui n'a jamais eu lieu jusqu'à présent, c'est peut-être l'occasion de pouvoir le faire à travers la ZEE”, explique-t-il. Pour Antony Géros, les près de cinq millions de kilomètres carrés de ZEE sont désormais bien plus qu'un espace maritime. “C'est un élément décolonial, c'est un élément de dialogue”, résume-t-il. Le Tavini ne conteste ni la nécessité de préserver l'océan ni l'intérêt des recherches annoncées sur les grands fonds. Mais il estime que ces dossiers doivent désormais s'accompagner d'une réflexion sur la gouvernance de cet espace maritime et, plus largement, sur les relations entre l'État et la Polynésie française. (…) Qu'il évoque la gouvernance de la ZEE ou la mémoire nucléaire, Antony Géros poursuit finalement le même objectif : faire de chaque dossier un argument supplémentaire pour relancer le dialogue sur la décolonisation.

La ZEE devient un nouvel “outil décolonial” pour le Tavini (Tahiti Infos)