Protection de l’environnement marin, économie bleue... prolongation de l'élan donné en juin dernier lors du sommet des Nations Unies sur les océans, à Nice : deux représentants de l'État, la directrice générale des Outre-mer et le secrétaire général de la Mer, en mission au fenua ; Qui doit avoir la priorité sur les ressources proches des îles, dans un contexte de hausse des coûts liés au conflit iranien ? Une pétition a été déposée début mars par des capitaines et armateurs, demandant de ramener la limite de pêche de 30 à 15 milles nautiques autour des îles de la Société. Pêcheurs hauturiers et côtiers restent divisés sur cette question de zonage.

 

 

 

 

Anne-Gaëlle Baudoin, directrice générale des Outre-mer et Xavier Ducept, secrétaire général de la Mer sont arrivés au fenua ce dimanche (29/03), pour une mission de sept jours, qui doit surtout les emmener à la rencontre des différents acteurs du secteur maritime. Des centres de surveillance de l’Etat, aux associations engagées dans la protection de l’environnement marin, en passant par la recherche, il s’agit de faire vivre l’élan de l’Unoc à Nice, et de faire le point avec le Pays sur sa feuille de route en matière d’économie bleue.
L’année de la mer est passée et près d’un an après le sommet des Nations Unies sur les océans à Nice, il s’agit de ne pas oublier l’enthousiasme suscité en 2025. Anne-Gaëlle Baudoin, directrice générale des Outre-mer nommée en décembre dernier et Xavier Ducept, général d’armée passé par plusieurs ministères ces dernières années et qui a été nommé secrétaire général de la Mer auprès du Premier ministre voilà un an, sont en mission au fenua pour sept jours, arrivés ce dimanche, ils repartent samedi 4 avril.
À leur agenda, une série de rencontres et de visites. D’abord dans les centres opérationnels de l’État comme le JRCC, chez les militaires avec la visite du nouveau Falcon 50 et du patrouilleur outre-mer « Teriieroo a Teriierooiterai ». Ils se rendront également au Criobe et au Fare Natura où ils doivent notamment rencontrer des lauréats des Trophées Toa Reef de l’Ifrecor. Une présentation du nouveau baccalauréat professionnel sur les métiers de la mer est prévue au lycée agricole de Moorea. Ils se rendront également à Fakarava pour rencontrer les chercheurs impliqués dans le programme scientifique Reomma II*, lancé il y a quelques semaines, qui doit recenser la mégafaune marine.
(…). Cette mission est l’occasion « de rappeler les quatre grandes priorités de l’action de l’État en mer : garantir la sécurité en mer et procéder aux opérations de sauvetage (293 personnes sauvées en 2025) ; préserver ses ressources notamment de la pêche illégale ; protéger la richesse et la diversité de l’environnement marin ; lutter contre les trafics illicites, notamment de stupéfiants ». La visite montre la volonté de l’Etat « de placer les enjeux maritimes et environnementaux au cœur des priorités de l’action publique en Polynésie française ».
(…)

Économie bleue et Jeux du Pacifique… L’État réaffirme ses priorités dans une double visite (Radio 1)

* En savoir plus :  REMMOA est une campagne scientifique de recensement des mammifères marins et autres mégafaune pélagique par observation aérienne dans les Outre-mer. Le programme, initié en 2008, vise à mieux connaître la répartition, l'abondance et les habitats de la mégafaune marine en zone océanique tropicale. Au moyen de campagnes de suivi aérien, REMMOA permet de recenser les mammifères marins, oiseaux de mer, tortues, requins, raies et grands poissons évoluant en surface.

Campagne scientifique REMMOA (ofb.gouv.fr)

Projet REMMOA II – Connaître et préserver la biodiversité marine (cnrs.fr)

 

# Réunis ce matin (25/03) pour tenter d’apaiser les tensions, pêcheurs hauturiers et côtiers restent divisés sur la question du zonage autour des îles de la Société* . Au cœur du désaccord : une pétition demandant de réduire la limite de pêche de 30 à 15 milles nautiques, vivement contestée par les professionnels du littoral.
Le dialogue reste fragile entre les différents acteurs de la filière pêche. Ce mercredi, une réunion de crise s’est tenue entre représentants des pêcheurs hauturiers et côtiers, dans un contexte de tensions autour du zonage maritime. En cause : une pétition déposée début mars par des capitaines et armateurs, demandant de ramener la limite de pêche de 30 à 15 milles nautiques autour des îles de la Société. Une revendication directement liée aux nouvelles règles mises en place après les annonces de l’UNOC en juin dernier, mais qui passe mal auprès des pêcheurs côtiers.
(…). Malgré plus d’une heure d’échanges, aucune avancée significative n’a été actée. Si les discussions se sont déroulées dans un climat apaisé en apparence, les positions restent figées.
(…). Faute de compromis, le dossier devrait désormais être tranché par le ministre en charge de la pêche, à l’occasion de prochaines réunions de conciliation. D’ici là, le bras de fer entre les deux camps reste entier.

Pêche : hauturiers et côtiers toujours divisés sur le zonage (TNTV)

Le vieux conflit entre pêche industrielle et pêche artisanale refait surface. Les pêcheurs en poti marara dénoncent la pétition des thoniers adressée au Pays pour pêcher plus près des côtes de la Société et des Tuamotu. Selon eux, le non-respect des limites de pêche pourrait impacter les ressources côtières. Une rencontre s’est tenue ce mercredi entre les professionnels et leur ministère de tutelle pour tenter de trouver une solution.
Avis de tempête entre les thoniers et les pêcheurs de poti marara. Les industriels du secteur souhaitent réduire les zones de pêche proches des côtes à 15 milles nautiques dans les archipels, contre 25 à 30 milles actuellement. Selon eux, ces zones sont plus propices à la pêche des thonidés.
(…). Les pêcheurs de poti marara subissent la pression exercée par les thoniers. Chaque mille nautique perdu représente un manque à gagner. Pour l’heure, les limites fixées par le Pays permettent encore de préserver la ressource.
(…) Pour l’instant, aucune décision du Pays n’a été prise concernant les limites des zones de pêche. Mais la question reste posée : qui doit avoir la priorité sur les ressources proches des îles, dans un contexte de hausse des coûts liés au conflit iranien.

Zonage de pêche : le bras de fer entre thoniers et pêcheurs en poti marara refait surface (Polynésie 1ère)

◊* Pour rappel : La présence de la délégation polynésienne à l'UNOC a été remarquée et a permis des avancées notables en matière d'aires marines protégées. Néanmoins, le zonage côtier limité à 15 milles nautiques pour les AMP des Marquises proposé par le gouvernement sans leur assentiment ne satisfait pas les pêcheurs artisanaux qui pointent du doigt les armateurs de thoniers dont les intérêts seraient privilégiés.

Au lendemain de l'UNOC, tensions locales à propos des zones de pêche artisanale (AvA-Infos) 24 juin 2025