L’opération "Cantines à l’unisson" veut faire découvrir aux élèves les produits locaux et, à terme, structurer la filière agricole du fenua ; Toute la richesse de l’agriculture polynésienne à la 40ème édition de la Foire Agricole ; À Nukutavake, on veut faire revivre les fosses de culture traditionnelles, les maite.
# L’opération "Cantines à l’unisson" s’étend à la Société et aux Australes. Agriculteurs et cuisiniers s’associent pour faire découvrir aux élèves polynésiens les produits locaux et, à terme, structurer la filière agricole du fenua.
(…). Menées ces dernières années à Ra'iatea ou à Teva I Uta, le gouvernement veut désormais en faire une vraie politique publique avec l'aide de la chambre de l'agriculture et de la pêche lagonaire. (…) Après une première opération réussie l’an dernier aux Îles-sous-le-Vent, avec 13 établissements mobilisés, 400 kg de taro produits localement, "Cantines à l’unisson" s’étend à la Société et aux Australes. (…). Les autorités se montrent optimistes au vu des cantines qui sont prêtes à jouer le jeu avec les agriculteurs aussi grâce à une même ambition : que la culture des ancêtres nourrisse les enfants de demain.
Opération "Cantines à l’unisson" : " pour que nos enfants se réapproprient les goûts de nos produits locaux" (Polynésie 1ère)
L’opération « Cantines à l’unisson » s’invite au lycée Paul Gauguin. 100 kilos de taro, 80 kilos de carottes et 40 kilos de tomates ont été livrés. Au menu : salade de papaye, carotte et tomate, du poulet-ragoût de taro comme plat principal et une banane en dessert. Dans l’ensemble, les élèves ont plutôt bien apprécié.
(…). 6,5 tonnes de produits locaux mobilisés, dont 3,8 tonnes de bananes et 2,6 tonnes de taro. La demande est forte. Mais une question demeure : les agriculteurs peuvent-ils répondre aux besoins des cantines scolaires ? Le président de la Chambre de l’agriculture, Thomas Moutame, dit oui. "S'ils mangent 2 fois par semaine, ça fait 80 000 bananes, la question est-ce que nous sommes capables de fournir 80 000 bananes par semaine pour les établissements ? Je n'ai pas compté la population, les grandes surfaces...je dis oui. C'est un programme qu'on a mis en place mais à condition que le Pays, je compte beaucoup sur notre ministre de l'Agriculture, qu'il nous donne les moyens, les agriculteurs sont prêts à planter", remarque-t-il.
"Cantines à l’unisson", c’est le nom du dispositif. Plus de 47 000 élèves dans 61 établissements scolaires de Polynésie. Instauré d’abord aux Raromatai, ce dispositif s’étend désormais aux îles du Vent. Ce 10 septembre, toutes les cantines scolaires ont proposé le même menu.
(…) L’opération « Cantines à l’unisson » vise à renforcer la place des produits locaux dans les assiettes des élèves. Une démarche qui soutient les agriculteurs, valorise les produits du fenua et sensibilise les enfants à une alimentation plus saine.
À terme, l’objectif est d’installer une véritable politique durable de restauration scolaire polynésienne.
L’opération « Cantines à l’unisson » s’invite au lycée Gauguin : des produits locaux dans l'assiette des élèves (Polynésie 1ère)
Manger local c’est aussi l’objectif de l’opération “Cantines à l’unisson” pour laquelle plusieurs établissements scolaires de Tahiti ont servi, jeudi, le même repas à leurs élèves. “Quand c’est local, les collégiens ont plus de mal à manger que les lycéens et sont un peu moins réceptifs.”
Au menu à midi dans les lycées et collèges de Tahiti, jeudi : ragoût poulet taro. Un menu qui entre dans le cadre de l’opération Cantines à l’unisson. La ministre de l’Éducation, Samantha Bonet-Tirao, le ministre de l’Agriculture, Taivini Teai, le président de la chambre de l’agriculture, de la pêche lagonaire (CAPL), Thomas Moutame, et le tāvana de Pape’ete, Rémy Brillant, ont enfilé sans attendre les habits d’hygiène pour pouvoir servir les collégiens et lycéens, après avoir été accueillis par la direction du lycée Paul Gauguin.
(…). Un des objectifs de l’opération a été atteint : “Fournir toutes les cantines qui ont souhaité et qui ont répondu favorablement (…) à ce projet”, se réjouit Samantha Bonet-Tirao. Si l’initiative vise à “développer l'agriculture”, il s’agit aussi “de faire en sorte que nos enfants soient en excellente santé”. Interrogée, la proviseure du Lycée Paul Gauguin, Isabelle Dinand, explique que ce dispositif “prouve qu'on peut manger bon et local”. Elle a constaté que “quand c’est du steak frites c'est une vraie razzia. Quand c’est local, les collégiens ont plus de mal à manger que les lycéens et sont un petit peu moins réceptifs”. Comme elle aime à le rappeler, une des missions de l’école c’est aussi “d'éduquer à l'alimentation et d'éduquer au manger local (…). L'idée, c'est qu'ils goûtent car on ne peut pas dire ‘J'aime pas’ si on n'a pas goûté”, rappelle la cheffe d’établissement.
(…) Le président de la CAPL est bien conscient que la production agricole doit augmenter si l’opération devait être organisée régulièrement et cela pose déjà des questions d’ordre logistique. “Il nous faut des conteneurs réfrigérés, des photovoltaïques, pour diminuer les coûts car si ça revient trop cher.” Pour lui, il faut qu’entre les agriculteurs et les gestionnaires cela soit “gagnant-gagnant (…) pour pouvoir nourrir nos enfants de demain”.
Le ministre de l’Agriculture, Taivini Teai, rappelle que le programme Transition agroécologique vivrière et agro-transformation (TAVIVAT), l’initiative Cantine à l’unisson et la gratuité des repas scolaires partagent le même objectif : que les filières agricoles et hauturières prennent de l’importance afin “que ces secteurs d'activité trouvent au sein de notre restauration collective des filières de commercialisation”. Le plus important pour les agriculteurs, estime-t-il, c’est de “vendre leurs produits” afin de “monter en production, augmenter leur rendement” afin de permettre “une baisse des prix”.
Pour réussir il faut également mettre en place des coopératives, estime-t-il : “Travailler seul, c'est être isolé, c'est ne pas pouvoir répondre à des marchés de grande ampleur.” La mise en place de ces coopératives permettra, selon lui, de développer la filière de l’agro-transformation. “Toute cette chaîne de valeurs permet pour la coopérative d'avoir une rentabilité plus importante”. (…)
“Quand c’est du steak frites c'est une vraie razzia” (Tahiti Infos)
# La Foire Agricole revient pour sa 40e édition sur les plateaux de Outumaoro. Plus de 200 exposants et près de 6 000 visiteurs sont attendus à partir du 24 septembre pour onze jours consacrés aux productions locales, aux savoir-faire et aux métiers du secteur primaire. Pour le ministre Taivini Teai, l‘événement est aussi l’occasion d’échanger sur les innovations et les défis qui attendent les agriculteurs polynésiens, notamment face au changement climatique tels les économie d’eau, d’intrants et la sélection des « semences, les plus adaptées à nos tropiques », explique-t-il. En parallèle, l’objectif de la foire est également de faire découvrir aux jeunes les métiers du secteur primaire et de susciter, peut-être, de nouvelles vocations.
« La Foire Agricole, ce n’est pas uniquement pour montrer des fruits, des légumes et des animaux », rappelle Marc Fabresse, directeur général de la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL). La Foire Agricole revient pour sa 40e édition, du 24 septembre au 4 octobre, sur les plateaux de Outumaoro. Pour cette édition anniversaire, la CAPL a choisi pour thème « Te Mau i no Ananahi », la diversité de demain. Pendant onze jours, producteurs, éleveurs, pêcheurs et autres professionnels du secteur se réuniront pour faire découvrir au grand public « la richesse, la diversité et le savoir-faire de la Polynésie ».
L’événement entend ainsi favoriser les rencontres entre les différents acteurs du secteur et permettre aux professionnels de partager leurs expériences et leurs savoir-faire. « C’est le moment de se rendre compte des innovations qui peuvent être apportées, puisqu’on a beaucoup d’agriculteurs qui viennent des archipels éloignés », souligne Taivini Teai, ministre de l’Agriculture. « On a à peu près 50 % des participants qui viennent de Tahiti et de Moorea. Mais tout le reste vient des archipels éloignés », précise-t-il. Au total, plus de 200 exposants sont attendus sur place pour accueillir et échanger avec les quelque 6 000 visiteurs espérés durant les onze jours de la foire.
Mais derrière cette vitrine qui met à l’honneur la richesse de l’agriculture polynésienne, le secteur doit également composer avec de nombreux défis. Parmi eux, l’interdiction de l’utilisation de certains pesticides, mais aussi les effets du réchauffement climatique, susceptibles d’avoir un impact direct sur les productions. Depuis le début de l’année, le Syndicat des agriculteurs de Polynésie alerte ainsi sur une « urgence agricole » et réclame notamment davantage d’accompagnement et de formation. La Foire Agricole sera donc aussi l’occasion d’échanger autour de ces problématiques. (…) Sur les 6 000 visiteurs attendus, près de 2 000 sont des élèves inscrits au programme pédagogique de la Foire Agricole. (…)
La Foire Agricole pour « discuter des pratiques qui permettent d’être résilient » (Radio 1)
La Foire agricole fera son retour du 24 septembre au 4 octobre à Outumaoro. Pour cette 40e édition, plus de 200 exposants et une centaine d’animations sont annoncés autour du thème « Te Mau Ī no Ananahi – La diversité de demain ».
Pendant onze jours, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, horticulteurs, artisans, agro-transformateurs et restaurateurs se retrouveront sur les plateaux d’Outumaoro. La 40e édition de la Foire agricole réunira plus de 200 exposants, parmi lesquels une quarantaine d’agriculteurs – dont près de la moitié venus des archipels –, 75 horticulteurs et 35 agro-transformateurs. Cette année, l’événement s’articulera autour du thème « Te Mau Ī no Ananahi – La diversité de demain ». Une manière, pour la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL), de mettre en avant la diversité des productions, des pratiques, des territoires, des savoir-faire et des générations qui composent le secteur primaire polynésien.
Parmi les nouveautés proposées au public figure une zone fa’a’apu de 400 m² consacrée aux cultures vivrières et maraîchères. Taro, patate douce, bananier et productions maraîchères y côtoieront des techniques plus récentes, comme l’aquaponie, l’hydroponie* et l’aéroponie. Un espace animalier, avec notamment des cochons et des poules, complétera le parcours. Plus d’une centaine d’animations rythmeront également la manifestation : démonstrations de greffage et d’agro-transformation, ateliers culinaires, confection de couronnes, découverte du compost, défilés ou encore rencontres consacrées à l’installation et à la relève agricoles. Au total, 93 épreuves seront organisées dans six catégories : produits, élevage, artisanat, confection, goût et originalité. La transmission occupera aussi une place importante. Vingt-quatre établissements scolaires ont prévu de participer aux visites pédagogiques, soit 1 964 élèves accompagnés de 388 encadrants.(…)
> Le plan du site et le programme.
La diversité au coeur de la 40e Foire agricole (TNTV)
* Face à un manque de terrains accessibles, l'hydroponie devient une solution efficace pour certains agriculteurs polynésiens. Une méthode simple qui permet à Terootua Guilloux, par exemple, de vivre de sa passion. (…)
L'hydroponie : une forme de culture hors-sol qui séduit les agriculteurs (Polynésie 1ère)
La 40e édition de la foire agricole ouvre ses portes du 24 septembre au 4 octobre à Outumaoro. L’occasion de découvrir ou redécouvrir la diversité des métiers qu’offre le secteur primaire. “Si demain, on veut développer un métier d'avenir (…) le secteur primaire, est peut-être l’une des filières les plus importantes”, défend le directeur de la chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire.
(…). Pour le ministre de l’Agriculture, Taivini Teai, cette diversité “par rapport à nos territoires (…) avec la variété écologique des plantes qui peuvent être cultivées” et des techniques de culture modernes telles que “l'aquaponie, l'hydroponie” offre aussi une variété de métiers dans le secteur primaire. “Être producteur ce n'est pas que produire” a souligné le ministre. “C'est également être un bon chef d'exploitation, donc gérer les ressources humaines, gérer les commandes, faire du commerce, valoriser ses produits en allant vers la transformation pour avoir une plus-value.” u travers de cette foire, la CAPL veut surtout montrer à la nouvelle génération qu’elle peut “s'insérer dans l'agriculture, la pêche lagonaire et l'aquaculture”. Et selon lui, “la polyvalence” peut “transformer un métier que l'on considère comme pénible, en un métier de découverte, un projet de vie”. Il se trouve pourtant qu’aujourd’hui, dans certaines îles, les agriculteurs font le constat d’une absence de relève. “C'est un sujet qui est partout dans le monde”, observe le directeur de la CAPL. Beaucoup ont cette idée reçue de l’agriculteur qui exerce un métier “très difficile, très pénible”, constate-t-il. Mais il estime aussi que le monde change. Et que trouver du travail sera de plus en plus difficile : “L'Intelligence artificielle arrive et va prendre du travail sur certains métiers qu'on considérait un peu comme le top du top. Mais aujourd'hui, l'IA, elle n'est pas capable de planter des taro. Donc, si demain, on veut développer un métier d'avenir, je suis désolé, le secteur primaire, c'est peut-être une des filières les plus importantes.”
(…) L’agrotourisme est selon Marc Fabresse un des métiers qui pourraient être mis en place dans un avenir proche. Ce thème fera d’ailleurs l’objet d’un débat, mercredi 24 septembre à la foire agricole, dans le cadre du potentiel de diversification du secteur. (…)
“L'intelligence artificielle n'est pas capable de planter des taro” (Tahiti Infos)
# Creuser le corail pour aller chercher l’eau sous l’atoll, fabriquer son compost avec les plantes locales, puis y faire pousser taro, patate douce, igname ou bananier. Pendant des siècles, les Paumotu ont cultivé dans les maite, ces fosses creusées jusqu’à proximité de la lentille d’eau douce pour permettre aux plantes d’y accéder par capillarité. Une pratique presque disparue que le projet Komo Maite fait revivre à Nukutavake. Après la restauration de trois fosses et les premières récoltes, un guide pratique en français et en pakumotu vient désormais transmettre le mode d’emploi.
(…) L’abandon progressif de ces pratiques a laissé nombre de maite envahis par les cocotiers, les ’aito et la végétation. Depuis 2024, Vai Natura tente à Nukutavake d’en retrouver le fonctionnement en croisant savoirs ancestraux et études scientifiques, avec notamment l’association Anaa Pu Tahi Haga no Ganaa, qui apporte son expérience des pratiques agricoles traditionnelles et de la restauration des forêts naturelles des atolls.
(…) Après un premier guide détaillé publié cette année, Komo Maite en propose désormais une version courte et surtout bilingue français-pakumotu. Choix du site, remise en état de la fosse, fabrication du compost, sélection des plants, plantation, entretien puis récolte : les sept étapes sont présentées dans les deux langues.
Une manière de transmettre non seulement une technique, mais aussi les mots qui l’accompagnent. Avec l’espoir que l’expérience de Nukutavake fasse des petits : les premières restaurations ont déjà poussé d’autres habitants de l’atoll à remettre d’anciens maite en culture.
Aux Tuamotu, les maite reprennent racine (Tahiti Infos)
Pour rappel: Remettre au goût du jour les maite, ces fosses de culture ancestrales qui ont nourri la population des Tuamotu pendant des siècles in Enjeux et polémiques autour de l'agriculture locale (AvA-Infos)