Rassemblement à Tahiti de délégations de Pays du Pacifique afin de porter leurs voix à la Conférence des Nations Unies, en juin à Nice : échange sur les pratiques traditionnelles de conservation, le rôle des aires marines protégées et les politiques de préservation des ressources océaniques ; "Penser autrement la science des océans" : la thèse sur les coraux du jeune chercheur polynésien Aitu Raufauore associe la paléoclimatologie à la biologie ; Depuis quatre ans, la doctorante Lana Minier mesure la pollution sonore dans le lagon de Bora Bora et évalue son impact sur son écosystème ; Installation officielle du Comité Interprofessionnel de la Pêche Hauturière au port de pêche de Papeete : le ministère des Ressources Marines réaffirme son soutien à cette initiative et s’engage à accompagner les travaux du comité afin d’assurer le développement d’une pêche durable et responsable en Polynésie française ; Le Conseil des ministres a acté la prolongation de l'interdiction de la pêche sur l'ensemble des secteurs 1 et 3 de la zone de pêche réglementée (ZPR) de Tautira ; Dix élèves du lycée agricole de Taravao ont participé à un projet de préservation de la biodiversité sur l’atoll de Tetiaroa.

 

 

# Comment gérer et préserver durablement la ressource des océans ? Une question qui sera au cœur des débats le 8 juin à la conférence des Nations Unis à Nice. Afin de porter la voix des Pays du Pacifique, le Pays en partenariat avec Pew Bertarelli Ocean Legacy et la FAPE – Te Ora Naho a organisé un rassemblement à la présidence avec des invités venus de tout le Pacifique. Objectif : échanger sur les pratiques traditionnelles de conservation, le rôle des aires marines protégées et les politiques de préservation des ressources océaniques.
(…). Les délégations ont cinq jours pour trouver une stratégie commune de préservation des océans. Elles porteront la voix du Pacifique le 8 juin prochain à la Conférence des Nations Unies, à Nice. 

Tiaki Moana 2025 : des associations d'Océanie s'inspirent du Rahui et portent la voix des populations du Pacifique (Polynésie 1ère)

La FAPE-Te Ora Naho organise avec Pew Bertarelli Ocean Legacy et le ministère des ressources marines et de l’environnement le rassemblement Te Reo O Te Moana, ce vendredi 28 mars à la Présidence. Cet événement se déroule dans la continuité du Tiaki Moana Summit & Workshop organisé à Tahiti et Moorea du lundi 24 au jeudi 27 mars, qui rassemble des représentants des communautés du Pacifique autour de la protection de l’océan. AvA-Infos reviendra sur cet événement dans la prochaine revie de presse.

 

# La thèse sur les coraux du jeune chercheur polynésien Aitu Raufauore associe la paléoclimatologie à la biologie. Elle a été citée en exemple dans un récent article du CNRS mettant en avant les défis et les atouts de cette “nouvelle vague interdisciplinaire” qui s’emploie à “penser autrement la science des océans”.
Dans le cadre de l’année de la Mer, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) publie une série d’articles pour mieux comprendre les enjeux océaniques. Début mars, trois jeunes chercheurs ont été mis à l’honneur, telle “Une nouvelle vague interdisciplinaire prête à déferler”. Parmi eux, on retrouve un Polynésien, Aitu Raufauore, qui associe la paléoclimatologie – l’étude des climats passés – à la biologie dans le cadre d’une thèse sur les coraux. (…) Si l’interdisciplinarité gagne du terrain avec des appels à projets qui la valorisent de plus en plus, cette approche nécessite de mettre en œuvre des jurys adaptés, mais aussi de trouver des revues moins spécialisées pour permettre la diffusion des résultats des recherches. Selon le CNRS, “le chantier reste encore vaste”, même si “la thèse semble être une bonne première pierre à l’édifice de la recherche interdisciplinaire”.
Les trois doctorants interrogés se prononcent également en faveur d’une “science utile”, autant d’un point de vue politique que public. Aitu Raufauore souhaiterait ainsi transmettre ses connaissances en Polynésie. (…) Pour le CNRS, cette approche “audacieuse” en faveur de l’interdisciplinarité “pourrait bien redéfinir la façon dont nous explorons et préservons le monde marin” quand on sait que l’océan est lui-même un système “complexe, vivant et interconnecté”. Créé en 2021, le Groupement de recherche Océan et Mers (GDR OMER) s’inscrit d’ailleurs pleinement dans cette démarche. Un sujet dont on ne manquera pas d’entendre parler d’ici à la 3e Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc), qui se tiendra à Nice, début juin.

La recherche à la croisée des savoirs (Tahiti Infos)

 

# Depuis quatre ans, la doctorante Lana Minier mesure la pollution sonore dans le lagon de Bora Bora et évalue son impact sur l’écosystème. Un logiciel de traitement des données bioacoustiques a même été créé, le premier outil du genre dans le monde pour les récifs coralliens. Ses travaux montrent que les bruits de moteurs, de plus en plus envahissants, poussent certains poissons à moins s’alimenter, moins se reproduire, et peuvent avoir, en « effet cascade », des conséquences sur le développement du corail. La chercheuse soutiendra sa thèse ce mardi (18/03) à la mairie de Bora Bora, une première.
On sait depuis longtemps maintenant que le monde du silence, comme l’appelait le commandant Cousteau, est très loin d’être silencieux. Le lagon est un monde qui bruisse de beaucoup de sons différents : un paysage sonore délicat qui se trouve de plus en plus perturbé par nos activités. Depuis quatre ans, Lana Minier travaille sur l’impact de la pollution sonore sur les organismes vivants dans le lagon de Bora Bora. Une thèse menée avec le Criobe et avec la Polynésienne des Eaux dans le cadre d’un Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche), qu’elle va soutenir ce mardi 18 mars. Et c’est une première : le jury fera le déplacement sur la Perle du Pacifique pour assister à sa soutenance qui va se dérouler à la mairie. Il faut dire que le travail de la doctorante a de quoi inspirer les élus locaux. (…). Des études ont déjà été publiées sur les effets du bruit du trafic maritime sur les poissons : c’est une source de perturbation majeure avec des effets sur l’anatomie, la physiologie et leur comportement. « Ça augmente leur stress, on les voit ventiler beaucoup plus, leurs organes sonores et auditifs se modifient aussi », résume Lana Minier, qui a axé son propre travail sur leur comportement alimentaire. Et notamment sur les comportements alimentaires de deux espèces de poissons : la demoiselle Dascyllus enamo ou ‘atoti, et le poisson-chirurgien Acanthurus triostegus ou manini. C’est sans appel : quand il y a trop de bateaux, ces espèces se nourrissent moins. Ce qui a des conséquences : ils grossissent et grandissent moins et se reproduisent moins également. Bref, trop de bruits, ça signifie moins de poissons… (…). Bora Bora, qui a entrepris d’importantes réflexions sur la préservation de son lagon,  et qui a soutenu depuis le début les travaux de la doctorante, est bien sûr la première intéressée. La Polynésienne des eaux, déjà partenaire de la mairie de Gaston Tong Sang sur des projets environnementaux innovants, reste un soutien important du projet. Des subventions sont probablement à trouver auprès d’autres acteurs institutionnels, du local à l’international. Et Lana Minier espère intéresser d’autres collectivités, voire d’autres pays qui ont à gérer des lagons ou d’autres plan d’eau à l’écosystème fragile. (…)

Comment la pollution sonore appauvrit les lagons (Tahiti Infos)

Les poissons, comme les baleines et les dauphins, communiquent avec leur voix et les activités nautiques ont un impact négatif sur eux. Après 4 ans à analyser les données acoustiques du lagon de Bora-Bora, la doctorante Lana Minier a tenu sa thèse mardi dernier. Nous avons pu interviewer le chercheur au Criobe David Lecchini, qui l'a accompagné tout au long de son travail.
- Pourquoi les poissons parlent-ils ? David Lecchini : "Ils parlent en permancence, c'est une fonction vitale chez eux. Ça peut être pour la reproduction comme chez les oiseaux. Le mâle va chanter pour attirer la femelle qui va être attirée par celui qui a la plus belle voix. Ça peut être quand il y a un prédateur, le poisson va avertir les autres ou lors d'un combat. Cette communication est similaire chez les crabes et les crevettes." (...)

(Suite de l’entretien dans l'article) INTERVIEW. Nuisances sonores sous-marine : "Si un mâle émet des sons lorsqu'un bateau passe, la femelle ne va pas l'entendre" (Polynésie 1ère)

 

# Installation officielle du Comité Interprofessionnel de la Pêche Hauturière le jeudi 13 mars 2025 au port de pêche de Papeete. Ce comité marque une avancée significative dans la structuration et la concertation des acteurs de la filière pêche hauturière en Polynésie française. Il constitue un cadre essentiel pour favoriser le dialogue entre les professionnels du secteur, les mareyeurs et l’exploitant du port de pêche. Il est présidé par Vatea Moarii assisté de Raitu Galenon (VP). Ce comité interprofessionnel a pour vocation de structurer le dialogue entre les différents acteurs du secteur de la pêche hauturière ; d’améliorer les conditions de débarquement et de commercialisation des produits de la mer ; de contribuer à l’élaboration de stratégies de développement durable pour la filière et de garantir une juste répartition de la valeur du poisson au bénéfice de l’ensemble des parties prenantes. Lors de la première réunion, trois axes prioritaires ont été identifiés: le schéma d’exploitation et de développement de la société S3P, exploitant du port de pêche ; le plan d’aménagement futur du port de pêche pour une meilleure organisation des infrastructures et services ainsi que la mise en place d’une politique de juste répartition de la valeur du poisson. Le ministère des Ressources Marines réaffirme son soutien à cette initiative et s’engage à accompagner les travaux du comité afin d’assurer le développement d’une pêche durable et responsable en Polynésie française. Il s’agit là d’une opportunité unique pour structurer et renforcer la compétitivité de la filière pêche hauturière.

Les trois grands défis de la Pêche hauturière (Tahiti News)

 

# Ce mercredi (19/03), le Conseil des ministres a acté la prolongation de l'interdiction de la pêche sur l'ensemble des secteurs 1 « Tahunatara » et 3 « Vaionifa » de la zone de pêche réglementée (ZPR) de Tautira. Cette décision, prise en concertation avec le comité de gestion de la ZPR de Tautira, sera en vigueur jusqu’au 15 mars 2027 inclus. 
Tout type de pêche, qu’elle soit professionnelle ou de loisir, demeure formellement interdit dans ces secteurs. Cette mesure s’inscrit dans un effort de préservation des ressources maritimes et de la biodiversité locale, afin d’assurer un avenir durable pour les zones protégées, indique le Pays dans le compte-rendu du conseil des ministres. Le gouvernement rappelle l’importance de respecter ces régulations pour garantir la pérennité des écosystèmes marins de la ZPR de Tautira. (...)

Tautira : l’interdiction de pêche dans la ZPR prolongée jusqu’en mars 2027 (TNTV)

 

# Dix élèves du lycée agricole de Taravao ont participé à un projet de préservation de la biodiversité sur l’atoll de Tetiaroa. Cette approche culturelle et scientifique collective s’est concrétisée par une action de restauration du littoral.
Pendant cinq jours, du lundi 3 au vendredi 7 mars, dix élèves de seconde professionnelle Nature jardin paysage forêt (NJPF) du lycée John-Doom et leurs encadrants ont mis le cap sur Tetiaroa dans le cadre d’un projet de préservation de la biodiversité, via la restauration écologique du littoral. Financée avec le soutien du ministère de l’Agriculture et des familles, cette “classe délocalisée” a été menée en partenariat avec la Tetiaroa Society, la Fédération des associations de protection de l’environnement (Fape) et le consortium Fa’atura te Tahatai, dont fait partie l’association Te mana o te moana.

Mission restauration du littoral à Tetiaroa (Tahiti Infos)