Une consultation publique a été lancée concernant le projet de centre commercial à Maharepa dont le tribunal a estimé que l’étude d’impact environnemental était incomplète ; À Orofero, une chaîne humaine barre l'accès aux camions à déchets verts pour éviter la pollution de la vallée ; Le Port autonome de Papeete s’apprête à engager un nouveau déroctage de la passe: les travaux pourraient débuter en 2027, sous réserve des avis recueillis lors de la consultation publique ; Posant de sérieux risques de sécurité suite à une "dégradation structurelle" du bâtiment, la deuxième centrale thermique du pays, située au cœur de Papeete, est à l'arrêt ;  Les agriculteurs du quartier Peue de Papara n'ont plus d'eau pour irriguer leurs exploitations ; Le lycée agricole de Taravao lance une nouvelle formation de “Transformation et valorisation des produits de la mer” ; Bilan 2025 de l’action de l’État en Mer: le haut-commissaire rappelle les grandes priorités : la sécurité maritime incluant le sauvetage en mer, la protection de l’environnement marin avec notamment l’aire marine protégée ; Les Forces armées en Polynésie française (FAPF) ont mené au large de Tahiti une opération de « mécanisation de lutte antipollution » marine ; L'association Oceania et le Fare Natura ont ouvert leurs portes au public : une immersion pédagogique pour apprendre à mieux protéger les baleines.

 

 

 

# Suspendu depuis novembre par le tribunal administratif, le projet de centre commercial porté par le groupe Wane continue de faire débat à Moorea. Si la construction reste à l’arrêt, les travaux de terrassement ont repris cette semaine, dans un cadre légal, alors que la consultation publique est encore en cours jusqu’au jeudi 12 février.
Les engins sont de retour sur le site de Maharepa, à Moorea, où le groupe Wane prévoit la construction d’un futur centre commercial. Après plusieurs semaines d’interruption liées aux conditions météorologiques, l’entreprise Tehei Trafton, en charge des travaux de terrassement, a repris le chantier en début de semaine. (…). Tehei Trafton, gérant de la société de terrassement (…) et son équipe sont missionnés pour « nettoyer le site », perçu jusqu’alors comme un gîte à moustique par la commune, explique-t-on du côté du groupe Wane, qui précise aussi que le chantier est très suivi sur le plan environnemental. (…) Pour rappel, le projet global de centre commercial est suspendu depuis novembre dernier par le tribunal administratif. Saisi par des riverains et des commerçants, le tribunal a estimé que l’étude d’impact environnemental était incomplète, notamment sur les risques de submersion et l’intégration paysagère du site. (…) Parallèlement, une nouvelle consultation publique a été lancée : pour compléter l’étude d’impact environnemental. Plus de 1500 doléances ont déjà été recueillies. (…)

Moorea : les travaux de « nettoyage » reprennent sur le site du futur centre commercial de Maharepa (Polynésie 1ère)

 

# (À Punaauia) Des camions ont été sollicités par la mairie pour déposer des déchets présentés comme des déchets verts alors que le site habituel, Tiapa, est saturé. Les riverains, méfiants, leur ont barré la route en attendant une réunion d'information organisée par Antony Géros.
Ce mercredi matin (17/02) vers 8 heures, plusieurs habitants de la vallée d’Orofero ont constaté l’arrivée d’une dizaine de camions, de tailles différentes, venus déposer des déchets présentés comme des déchets verts sur un terrain communal situé au fond de la vallée.
(…) Selon les riverains, la population n’avait pas été informée de cette opération. Inquiets de la nature réelle des déchets — certains craignant la présence de déchets gris sous les couches visibles — mais aussi des odeurs et de la prolifération d’insectes, les habitants ont contacté la mairie pour demander la suspension immédiate du dépôt. (…). Pour les habitants, l’enjeu est de préserver leur vallée et la rivière située en amont, fréquentée par les familles. Ils demandent avant tout à être informés et consultés. De son côté, la commune précise que ce terrain d’environ 6 000 m² a été acquis pour un projet de gestion des déchets verts . (…) Selon Antony Géros, le tavana, "il s'agit d'une affaire politique. C’est l’une de ses opposantes, qui se présente aux municipales, ex-membre du conseil municipal de Paea, qui aurait pourtant voté en faveur du projet de terrain dédié au stockage des déchets verts". Une réunion d’information avec la population doit se tenir le soir à 19 heures afin d’expliquer le projet et répondre aux inquiétudes des riverains.

Orofero, une chaîne humaine barre l'accès aux camions à déchets verts pour éviter la pollution de la vallée (Polynésie 1ère)

 

# Le Port autonome de Papeete s’apprête à engager un nouveau déroctage de la passe. Objectif : gagner 1,5 mètre de profondeur pour sécuriser l’arrivée des navires et éviter un surcoût des approvisionnements. Les travaux pourraient débuter en 2027, sous réserve des avis recueillis lors de la consultation publique.
Le projet est technique, mais ses enjeux sont très concrets pour le quotidien des Polynésiens. Le Port autonome de Papeete prévoit d’approfondir la passe d’accès au port de 1,5 mètre. Aujourd’hui, la profondeur est de 12,5 mètres ; elle serait portée à 14 mètres afin de permettre l’entrée de navires au tirant d’eau plus important.
Au total, environ 25 000 m³ de matériaux devront être extraits. Le déroctage concernera du corail reposant sur un substrat basaltique. Une opération similaire avait déjà été menée il y a une quinzaine d’années, permettant de gagner un mètre de profondeur. Mais cela n’a pas suffi à absorber l’évolution du transport maritime.
(…) Les matériaux extraits seront immergés au large, sur un site situé à 3 500 mètres de profondeur. Selon le directeur, les volumes concernés restent “limités”, ce qui expliquerait les conclusions favorables de l’Étude d’impact sur l’environnement (EIE). Le Port se dit par ailleurs prêt à ajuster l’organisation du chantier si des impacts environnementaux majeurs étaient soulevés lors de la consultation.
Une consultation publique est ouverte du 23 février au 31 mars 2026

Passe de Papeete : un déroctage stratégique pour accueillir les grands porte-conteneurs (Tahiti Infos)

 

# Voilà trois mois que la deuxième centrale thermique du pays, située au cœur de Papeete face à la gare maritime, est à l’arrêt. La faute à une « dégradation structurelle » du bâtiment, fragilisé par plus de 60 ans d’exploitation, et qui pose de sérieux risques de sécurité. Plutôt que de dépenser des centaines de millions pour le remettre en état, EDT a proposé au Pays d’accélérer le développement du nouveau site de production des hauteurs de la Papenoo longtemps discuté mais jamais validé, et d’installer en transition des petits groupes conteneurisés à la Punaruu. Des projets qui font actuellement l’objet d’un chiffrage précis. En attendant, le système électrique tahitien, privé de sa centrale de secours, reste vulnérable.

L’avenir de la centrale électrique Vairaatoa en suspens (Radio 1)

# Cela fait maintenant cinq jours (au 16/02) que les agriculteurs du quartier Peue de Papara n'ont plus d'eau pour irriguer leurs exploitations. La DAG, la Direction de l'agriculture, a décidé de fermer les tuyaux. Alors, les agriculteurs et les habitants bidouillent et se débrouillent pour avoir de l'eau.
C’est le scénario catastrophe redouté par tous les agriculteurs : une pénurie d’eau par temps de sécheresse. Depuis six jours, les vingt exploitants agricoles et la population du quartier Peue de Papara y font face.
Du côté de la direction de l’agriculture (DAG), le réseau d’eau qui été renouvelé à hauteur de 200 millions de francs ne concerne que les parcelles agricoles Amo. Le quartier Peue ne relève pas du domaine du Pays.
(…). À terme, le réseau d’eau du quartier Peue relèvera de la compétence de la commune. Les travaux engagés pour cette opération devrait durer un mois. Les agriculteurs devront prendre leur mal en patience.

Après plusieurs jours sans eau, les agriculteurs de Papara tirent la sonnette d'alarme (Polynésie 1ère)

 

# Le lycée agricole de Taravao lance une nouvelle formation de “Transformation et valorisation des produits de la mer” dans la continuité de ses filières dédiées à l’agrotransformation et l’aquaculture. Cette certification aux ambitions multiples est ouverte aux bacheliers et aux titulaires d’un CAP comme aux professionnels en reconversion. Les inscriptions sont ouvertes pour la rentrée d’août 2026.
Produire ou pêcher, et après ? Pour exploiter pleinement le potentiel des poissons, des crustacés et des algues, le lycée agricole protestant John Doom de Taravao ouvrira dès la prochaine rentrée d’août une Formation complémentaire d’initiative locale (FCIL) dédiée à la transformation et la valorisation des produits de la mer.
(…).Inédite sur le territoire, cette formation certifiante d’une durée de neuf mois repose sur le principe “d’alternance régulière” entre l’établissement et le milieu professionnel. Elle vise notamment à acquérir des compétences techniques pour transformer et conserver les produits de la mer, mais aussi à valoriser les ressources locales en créant des produits innovants, respectueux de l’environnement et des normes d’hygiène et de traçabilité. Il s’agit aussi de diminuer la dépendance aux produits transformés importés, de réduire les pertes et de favoriser les circuits courts. Elle se destine aux bacheliers et aux titulaires d’un CAP, ainsi qu’aux professionnels en reconversion. (…) Les inscriptions sont ouvertes. Une formation à découvrir plus en détails lors de la journée portes-ouvertes de l’établissement, le samedi 14 mars 2026.

Une formation pour valoriser les produits de la mer (Tahiti Infos)

# Le Haut-Commissaire Alexandre Rochatte présentait ce mercredi (11/02) le bilan 2025 de l’action de l’État en Mer. Il y a fait état d’une hausse globale des chiffres, que l’on parle des opérations de sauvetage ou du suivi des navires de commerce et de pęche. Des augmentations liées à l’intensification du trafic maritime, mais aussi ŕ l’arrivée de nouveaux outils et de nouveaux partenariats pour assurer la surveillance. 
533 opérations de sauvetage en mer, 3743 navires de commerce et 729 bateaux de plaisance suivis, 3707 heures de navigation pour la surveillance des pêches, portant notamment sur 437 navires étrangers en transit… Le trafic maritime augmente, et les opérations liées à l’action de l’Etat en mer aussi. C’est le constat du Haut-Commissaire Alexandre Rochatte,  qui a dressé le bilan annuel de cette « AEM » dont il rappelle les grandes priorités : la sécurité maritime incluant le sauvetage en mer, la protection de l’environnement marin avec notamment l’aire marine protégée dont le protocole de gestion est en cours de discussion avec le Pays, la surveillance de la ZEE et la lutte contre les activités illicites, incluant la pêche illégale mais aussi le narcotrafic. Pour mener à bien ces missions et expliquer les chiffres de l’année passée, le représentant de l’État a salué la coopération de l’ensemble des acteurs du territoire, nécessaire à « l’efficacité des systèmes en place ».
(…). Le recours aux moyens satellitaires est aussi utile sur les sujets de protection de l’environnement, qui ont représenté 9 « acquisitions » en 2025. Trois campagnes étrangères et deux campagnes françaises de recherche scientifique marine ont été autorisées et surveillées dans la zone en 2025. (…). L’action de l’État en mer doit bénéficier dans les mois à venir de nouveaux moyens et de nouveaux chantiers.
+ En ENCADRÉ Les chiffres clés du bilan AEM 2025 : Sauvegarde de la vie humaine et surveillance de la navigation, Lutte contre les activités illicites, Protection des ressources marines, Recherche scientifique marine, Recours aux moyens satellitaires

Surveillance, contrôle des pęches, sauvetage… L’action de l’État en mer s’intensifie (Radio 1)

 

# Le 31 janvier 2026, les Forces armées en Polynésie française (FAPF) ont mené au large de Tahiti une opération de « mécanisation de lutte antipollution » marine, impliquant un bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) et un remorqueur patrouilleur côtier (RPC).
L'exercice a permis de déployer un barrage gonflable ainsi qu’un ensemble de systčmes flottants de récupération et de stockage des hydrocarbures depuis la plage arrière du BSAOM. Le RPC quant à lui formait le dispositif pour crocher le barrage et créer une nasse destinée à piéger et épaissir une nappe fictive de polluant. Cette opération a permis de tester la chaîne antipollution des FAPF en coordination avec les équipes de la base navale de Papeete et les bâtiments de la Marine nationale, tout en simulant une intervention rapide face à une nappe de pollution au large de Papeete. Elle a également contribué à former les équipes à la mise en œuvre efficace des barrages et des systèmes de récupération. (…). Les Forces armées en Polynésie française (FAPF) constituent un dispositif interarmées prépositionné à dominante maritime. Les FAPF ont pour principale mission d’assurer la souveraineté de la France dans la zone Asie-Pacifique. Elles confirment son statut de nation souveraine et riveraine, soucieuse de la stabilité régionale. Environ 900 militaires sont engagés dans des missions de sauvegarde des espaces maritimes, de police des pêches et de lutte contre les trafics illicites. (…)

Les Forces Armées en Polynésie Française renforcent leur expertise en lutte antipollution (Polynésie 1ère)

 

# Au large de Moorea, elles règnent sur le bleu. À l'occasion de la journée mondiale de la baleine, l'association Oceania et le Fare Natura ont ouvert leurs portes au public. Une immersion pédagogique pour apprendre à mieux protéger ces géantes, piliers fragiles de notre patrimoine maritime.
Du son des cétacés on connaît plus celui des baleines sa bosse. Mais pour beaucoup de visiteurs aujourd’hui au Fare Natura, le milieu marin est encore peu connu. Dans cet atelier, ils découvrent la diversité du langage des cétacés. "On se rend compte que chaque baleine a un son différent, c'est génial de pouvoir entendre tous ces enregistrements, car on n’a pas forcément l'occasion de l'entendre en vrai dans la mer", explique Marjorie, venue de Tahiti.
À l’occasion de la journée mondiale des baleines,  de nombreux jeunes issus de différentes associations, découvrent le comportement de ces animaux, dans un milieu où l’homme est de plus en plus présent. "J'ai appris que le bateau qui fait la liaison avec Moorea ne fait pas un trajet simple. Car l'Aremiti, il doit à la fois éviter les coraux et les baleines"*, se confie Joseph Taataroa, originaire de Tubuai. (…). Mieux comprendre ces animaux permet aussi de mieux les protéger, à travers les ateliers et les projections, l’objectif est de sensibiliser avant tout. C'est que tente de faite Manola Bejarono, responsable du projet anticollisions de l'association Oceania. (…). "Cela correspond parfaitement aux missions de l'écomusée" ajoute Hélène Duran, directrice de l'écomusée Te Fare Natura. (…). Grâce aux subventions de l’État et du Pays, l’association Oceania et ses partenaires intensifient leur lutte pour la protection des cétacés. Une sensibilisation importante à quelques mois du retour des baleines à bosse dans les eaux de Polynésie.

Au Fare Natura, ils apprennent à reconnaître le chant des baleines et le parcours des ferries pour les éviter (Polynésie 1ère)

*pour rappel : 52 collisions évitées avec des baleines au mois d'août entre Tahiti et Moorea (Tahiti Infos) 11/09/25