Météo-France prévoit une évolution importante du climat en Polynésie française d’ici 2100, dans un contexte de réchauffement accentué par des phénomènes comme El Niño. Les effets du changement climatique varieront selon les archipels et les îles, mais l’ensemble du territoire devrait être confronté à des modifications significatives de son climat. Les sujets: Un phénomène El Niño exceptionnel en train de s’installer dans le Pacifique pourrait faire de 2027 l'année la plus chaude jamais enregistrée. Les températures à la surface de la mer dans la "région Niño 3.4", une zone de référence dans le Pacifique, sont actuellement de 2,6°C au-dessus de la moyenne des trente dernières années ; À quoi ressemblera une année ordinaire en Polynésie à la fin du siècle ? Lors d’une conférence de presse, Météo-France a dévoilé le climat qui attend la Polynésie à l’horizon 2100. Jérémy Guerbette, ingénieur spécialisé dans le changement climatique, a dévoilé les résultats d’une étude menée pendant deux ans, retraçant l’évolution du climat au cours des dernières décennies et jusqu’à la fin du siècle. 42 indicateurs climatiques pour les îles de la Société, le nord des Australes et le nord-ouest des Tuamotu sont consacrés aux projections climatiques locales. Toutes les îles ne seront toutefois pas touchées de la même manière, mais face à ces projections, un changement des habitudes apparaît nécessaire.
# Le phénomène climatique El Niño* de cette année pourrait être le plus important jamais connu, menaçant de provoquer des conditions climatiques extrêmes sur le globe et de faire de 2027 l'année la plus chaude jamais enregistrée. Il s'annonce comme "le plus intense" jamais observé depuis plus d'un siècle, a prévenu vendredi un expert de l'agence météorologique britannique, le Met Office.
El Niño, phénomène temporaire, s'ajoute au réchauffement climatique d'origine humaine et donnera un aperçu des températures auxquelles le monde peut s'attendre de manière régulière à la fin des années 2030, d'après des experts. El Niño en quelques mots (…)
(…) Certains effets du phénomène sont déjà visibles : la période de sécheresse longue et intense que connaît l'Indonésie a favorisé la propagation des incendies qui ont brûlé des centaines de milliers d'hectares.
(…) Les températures à la surface de la mer dans la "région Niño 3.4", une zone de référence dans le Pacifique, sont actuellement de 2,6°C au-dessus de la moyenne des trente dernières années selon le réputé tableau de bord Climate Brink, qui s'appuie sur les relevés de la NOAA.
(…) Cela devrait faire de 2027 l'année la plus chaude jamais enregistrée, l'impact d'El Niño étant principalement ressenti l'année après sa survenance.
(…) En février, la NOAA a adopté une nouvelle méthode pour le surveiller : le Relative Oceanic Nino Index (RONI), qui compare l'anomalie de température de la zone 3.4 au reste des tropiques, jugé "plus clair et plus fiable" par l'Agence. Selon cet classification, la NOAA estime qu'il y a 69% de chances que le phénomène El Niño sera cette année le plus important depuis le début des relevés en 1950.
(…). Les scientifiques s'accordent à dire que le changement climatique amplifie les effets d'El Niño. Notre atmosphère, réchauffée par les gaz à effet de serre, contient davantage d'humidité, ce qui peut rendre les pluies liées au phénomène plus extrêmes. A l'inverse, là où il provoque déjà la sécheresse, il peut assécher encore davantage les sols.
Il n'existe en revanche pas de consensus quant à savoir si le changement climatique renforce El Niño en lui-même, même si des preuves en ce sens commencent à émerger. (…)
Les conséquences d'un phénomène El Niño record pour le monde (Polynésie 1ère)
* Pour rappel : Les regards sont tournés vers le plus grand océan du monde ou un phénomène El Niño exceptionnel est en train de s’installer. In Accélération des effets du changement climatique (AvA-Infos)
Des géologues parcourent actuellement la commune de Punaauia pour identifier les risques de glissements de terrain et d’éboulements. Une préparation à la saison chaude d'autant plus nécessaire cette année, avec le phénomène El Niño. Certains habitants prennent, eux aussi, les devants.
Anticiper plutôt que subir. À Mahinarama, Pierre n’a pas attendu pour élaguer les arbres de son jardin. Il veut être prêt face aux intempéries qu’El Niño pourrait provoquer. (…). En mai dernier, le lotissement a été touché par deux importants glissements de terrain. La commune a depuis sécurisé la portion concernée avec une bâche de protection.
Face à ce risque, l’association Les Hauts de Mahinarama veille au respect du cahier des charges, notamment en matière d’élagage. (…) Mais la préparation ne concerne pas seulement les hauteurs. Dans la plaine, Johann a, lui, pensé à faire ses réserves alimentaires.
(…) Selon les prévisions, l’épisode El Niño deviendra plus intense d’ici le mois de novembre.
Les spécialistes évaluent à 50% le risque de formation d'une dépression ou d'un cyclone en Polynésie.
Avant la saison chaude et les possibles conséquences d'El Niño, les habitants prennent déjà leurs précautions (Polynésie 1ère)
# Un mètre de plus pour la mer, 2,3 degrés supplémentaires dans l’air et, dans certaines îles, plus d’une centaine de journées de forte chaleur en plus chaque année. Après deux ans de travaux menés par une quarantaine de scientifiques, Météo-France a dévoilé ce jeudi (27/08) le climat qui attend la Polynésie à l’horizon 2100. Une transformation très inégale selon les archipels, concernés par une montée des eaux et des températures marquées, mais pas nécessairement par davantage de cyclones ou de pluie. Ces projections doivent désormais servir de référence aux politiques d’adaptation.
À quoi ressemblera une année ordinaire en Polynésie à la fin du siècle ? Pour le déterminer, Météo-France a ramené au niveau du fenua les projections climatiques établies à l’échelle de la planète au moyen d’une étude étalée sur deux ans, mobilisant une quarantaine de scientifiques. Son point de départ appartient au présent : en soixante ans, la température moyenne locale a augmenté d’un degré. Dans le même temps, le niveau de la mer s’élève désormais d’environ quatre millimètres par an, avec des écarts de deux à six millimètres selon les îles.
Tous les indicateurs ne suivent pourtant pas une trajectoire aussi nette. Pour les précipitations, les fortes variations d’une année ou d’une décennie à l’autre empêchent encore de dégager une tendance de fond et les modèles ne prévoient pas davantage de modification notable des vents ou des cyclones. Mais c’est sur le thermomètre que le changement prend une tout autre dimension.
À la fin du siècle, Météo-France projette une hausse moyenne de 2,3 degrés en Polynésie, contre environ trois degrés à l’échelle mondiale. Un chiffre qui, pris seul, dit peu de ce que pourrait devenir le quotidien. Les scientifiques ont donc regardé combien de fois le thermomètre franchirait un seuil bien plus parlant : 32 degrés, température à partir de laquelle la chaleur commence à devenir « critique pour la santé humaine », selon Jérémy Guerbette, ingénieur spécialisé dans le changement climatique.
(…) À la fin du siècle, Météo-France projette une hausse moyenne de 2,3 degrés en Polynésie, contre environ trois degrés à l’échelle mondiale. Un chiffre qui, pris seul, dit peu de ce que pourrait devenir le quotidien. Les scientifiques ont donc regardé combien de fois le thermomètre franchirait un seuil bien plus parlant : 32 degrés, température à partir de laquelle la chaleur commence à devenir « critique pour la santé humaine », selon Jérémy Guerbette, ingénieur spécialisé dans le changement climatique.
(…) Depuis 1900, le niveau de la mer a gagné environ 25 centimètres. Météo-France en projette près d’un mètre supplémentaire d’ici 2100. Mais la hauteur de l’océan n’est qu’une partie de l’équation : la capacité des récifs coralliens à continuer d’amortir les houles jouera également sur l’exposition des côtes.
« La question aussi, c’est de savoir comment va se comporter le récif corallien pour absorber les houles », souligne Jérémy Guerbette. Une inconnue d’autant plus importante que les récifs seront eux-mêmes soumis au réchauffement de l’océan et à des canicules marines plus fréquentes.
(…) Reste que l’avenir n’est pas écrit au degré près. Et à 74 ans de distance, les projections ont leurs limites. « Une valeur moyenne sur dix ou vingt ans n’exclut pas le fait qu’un jour ou quelques jours, en particulier sur une année, on puisse aller bien au-delà », précise Jérémy Guerbette. L’Europe en fait déjà l’expérience : l’intensité de certaines vagues de chaleur actuelles n’apparaissait que dans une minorité de modèles. « Ponctuellement, on peut avoir des surprises. »
Pas de quoi, en revanche, inverser la tendance. Depuis les années 1980, le réchauffement mondial accélère et les trois dernières années ont été les plus chaudes observées. La concentration des gaz à effet de serre, elle, s’envole depuis les années 1960. Les variations naturelles du climat ne suffisent plus à expliquer cette trajectoire : c’est précisément l’effet des émissions humaines que les modèles projettent.
(…) Ces projections ont désormais vocation à sortir des rapports scientifiques. Le gouvernement a retenu la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC*), avec un scénario polynésien fixé à +2,3 degrés à la fin du siècle. Une référence appelée à peser sur les choix d’aménagement, les infrastructures ou encore la gestion des ressources.
Depuis le 21 avril, 42 indicateurs climatiques déclinés selon la TRACC sont accessibles sur le portail DRIAS** pour les îles de la Société, le nord des Australes et le nord-ouest des Tuamotu. Un nouveau portail consacré aux projections climatiques locales est annoncé pour 2027. « Ce n’est pas juste une information qui est à partager entre quelques scientifiques », insiste Jérémy Guerbette. « N’importe qui peut accéder à ces données et à ces projections climatiques. » (…)
À quoi ressemblera le climat du fenua en 2100 ? (Radio 1)
* TRACC : Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (ecologie.gouv.fr)
** DRIAS, les futurs du climat: projections climatiques pour l'adaptation de nos sociétés. (drias-climat.fr)
Quel climat connaîtra le fenua en 2100 ? Selon les simulations présentées ce jeudi par Météo-France, les températures pourraient augmenter de 2,3 °C d’ici la fin du siècle, avec des épisodes de chaleur extrême plus fréquents. À ce réchauffement s’ajoutera la montée du niveau des océans, qui aura des conséquences sur les littoraux polynésiens.
À quoi ressemblera le climat polynésien en 2100 ? Cartes et graphiques à l’appui, Jérémy Guerbette, ingénieur en changement climatique chez Météo-France, a présenté ce jeudi matin lors d’une conférence de presse les projections établies pour le fenua. Elles font état d’une hausse des températures de 1,6 °C dans 25 ans et de 2,3 °C à la fin du siècle.
Toutes les îles ne seront toutefois pas touchées de la même manière. « Ces élévations de températures, en tout cas, le dépassement de ces seuils, vont devenir notamment importantes au nord des Australes, sur tout ce qui est Société, Tuamotu Nord-Ouest et Marquises. Et les Australes et les Gambier, même s’ils ne vont pas être épargnés par l’augmentation des températures, seront un peu plus épargnés par le dépassement de ces fortes températures. »
Au-delà de la hausse du thermomètre, la communauté scientifique redoute surtout la combinaison de la chaleur et de l’humidité.
(…). Face à ces projections, un changement des habitudes apparaît nécessaire. « On a tendance à toujours reporter la faute sur l’autre, sur les autres pays émetteurs. Pourtant, on est tous collectivement et individuellement responsables. Aujourd’hui, en Polynésie française, par individu, on fait partie des plus gros émetteurs de CO2. Ce sont nos habitudes de vie, le fait qu’on importe beaucoup et qu’on est très dépendants pour nos déplacements et pour notre énergie aussi, au pétrole.
À l’augmentation des températures s’ajoutera celle du niveau des océans. Selon les projections présentées, la montée des eaux pourrait atteindre environ 60 centimètres d’ici 2100, avec une hausse annuelle comprise entre 2 et 6 millimètres selon les archipels. Une évolution déjà prise en compte par les autorités du Pays.
Pour permettre au grand public de suivre l’évolution du climat, Météo-France met également à disposition son site Climadiag. https://meteofrance.com/climadiag-commune
En 2100, une Polynésie plus chaude et davantage menacée par la montée des eaux (TNTV)
À quoi ressemblera le climat polynésien à l’horizon 2100 ? C’est la question à laquelle Météo-France a cherché à répondre. Jérémy Guerbette, ingénieur spécialisé dans le changement climatique, a dévoilé ce jeudi les résultats d’une étude menée pendant deux ans, retraçant l’évolution du climat au cours des dernières décennies et jusqu’à la fin du siècle. Sans surprise, le réchauffement climatique va se poursuivre et ses conséquences seront importantes pour les Polynésiens.
Météo France a tracé la trajectoire de référence du réchauffement climatique et, selon ses prévisions, les Polynésiens subiront plus de 150 journées de chaleurs extrêmes par année d’ici 2100. Des chaleurs pouvant être plus dangereuses encore que les épisodes de canicule connus en Europe. Un danger qui s’explique par la difficulté du corps à se refroidir seul, passé une certaine température et un certain taux d’humidité. (…)
Si les Polynésiens subissent les conséquences de comportements globaux, ils sont tout de même loin d’être exemplaires. Un Polynésien produit en moyenne 12,3 tonnes de CO2 par année*, deux fois plus que la production moyenne mondiale. « Ce qu’on voit c’est que le premier poste aujourd’hui d’émission, ce sont nos transports. Autant le transport international mais aussi nos transports routiers, c’est-à-dire nos voitures, notre fret etc. », affirme Lilou Laleuf, chargée du Plan Climat de la Polynésie française à la Direction polynésienne de l’énergie. Une des actions fortes du plan climat du gouvernement consiste à réduire les déplacements des Polynésiens seuls en voiture et à favoriser les transports en commun.
La Polynésie pourrait connaître plus de 150 jours de fortes chaleurs par an d'ici 2100 (Polynésie 1ère)
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