Plusieurs épaves présentent des risques de pollution dans le port de Papeete ; Des piles au lithium à l’origine d’incendies : la collecte des bacs verts suspendue jusqu’à la mi-octobre. Une période d'adaptation forcée propice à une véritable réflexion sur notre façon de consommer.
# Le Pays presse l’État depuis plusieurs semaines d’agir sur le Raymi de peur qu’il ne sombre dans le port de Papeete. Le chalutier n’y serait pas seul : une étude commandée par le Port autonome en 2023 a révélé onze épaves de navires dans la seule zone du quai de cabotage nᵒ 6 en projet, certains au fond depuis plusieurs décennies. S’ajoute, entre autres, le Corsaire, toujours coulé près du pont de Motu Uta. Renflouage, démantèlement et dépollution… Toutes ces opérations, estimées à plusieurs centaines de millions de francs, attendent toujours d’être lancées.
Au port de Papeete, le Raymi penche. En cause : une voie d’eau détectée au début du mois. Il y a quinze jours, une intervention a permis de pomper les eaux infiltrées, d’installer un barrage antipollution et de traiter les eaux souillées. Mais les associations environnementales comme la Fape s’inquiètent tandis que se joue un bras de fer sur les responsabilités. Interrogé par Tahiti Infos, le ministre des Transports rappelait que le navire, saisi par la justice en décembre 2024 après la découverte de plus de 500 kilos de cocaïne à bord, est « juridiquement » sous la responsabilité de l’État. Le Pays assure avoir mis « en demeure plusieurs fois » le Haut-commissariat d’engager les procédures nécessaires à son évacuation. « Si on ne réagit pas rapidement, cet accident pourrait survenir », prévient-il, jugeant qu’un naufrage serait « désastreux pour le port ». D’autant que si le Raymi touche un jour le fond, il n’y serait pas seul, comme le révèle une étude commandée par le Port autonome lui-même, que Radio 1 a pu consulter.
(…) Au départ, cinq épaves étaient dans le viseur : trois voiliers, un remorqueur et un thonier. (…) Mais les investigations ont élargi le tableau : onze navires immergés ont finalement été recensés. (…) Et ces épaves n’ont pas coulé à vide. Sur le remorqueur, les investigations ont notamment retrouvé une grue, des hélices, des pneus utilisés comme pare-battages et trois bouteilles de gaz. La présence de tous ces équipements laisse également supposer, selon le diagnostic, que des réservoirs de carburant et des bacs à huile pourraient toujours se trouver à bord, la majorité des épaves n’ayant manifestement pas été dépolluée.
(…) Si cette zone est critique, c’est qu’elle a historiquement accueilli plusieurs navires vétustes ou devenus encombrants pour les services du Pays ou de l’État. Mais elle n’est pas la seule concernée par des épaves, le port autonome recensant l’année dernière 140 épaves ou navires abandonnés (https://www.radio1.pf/le-port-autonome-demantele-une-epave-de-voilier/) dans sa circonscription, à Tahiti, Moorea et Raiatea.
(…) Quant aux 11 épaves concernées par l’étude de 2023, leur devenir constitue l’enjeu même du diagnostic commandé par le Port autonome. Odewa préconise leur renflouage et leur démantèlement, ainsi que la neutralisation des hydrocarbures susceptibles d’être encore présents. Selon les scénarios retenus, les opérations nécessiteraient entre trois et quatorze mois, pour une facture totale estimée à 334 millions de francs CFP. (…)
Sous le Raymi, le cimetière d’épaves du port de Papeete (Radio 1)
Pour rappel: le chalutier épave Raymi, stationné au port de Papeete depuis deux ans in Semaine noire : cinq attaques à l'environnement (AvA-Infos)
# La semaine dernière, des piles jetées dans des poubelles ont provoqué un début d’incendie* dans un camion de collectes de déchets de la commune de Mahina. Celle-ci déplore les comportements de certains de ses administrés.
Sur ses réseaux sociaux, la ville de Mahina déplore un grand nombre d’abandons « des piles et des batteries dans les poubelles ou la nature ». « À moins de mettre un mutoi derrière chaque incivique » cette situation « ne prendra jamais fin », dit-elle. Selon la municipalité, la semaine dernière, des piles ont déjà « déclenché un début d’incendie dans un des camions de la commune ». Et ce, « alors que l’incendie du centre de tri de Motu Uta a contraint à l’arrêt de la collecte des déchets verts ». Cette semaine, les agents ont également découvert lors du ramassage des encombrants « des sachets contenant encore des piles et des pods à vapoter ». Autant de « produits inflammables » retrouvés « un peu partout ».
Mahina : des piles à l’origine d’un début d’incendie dans un camion de la commune (TNTV)
# Après l’incendie* qui a ravagé 1 000 m² du centre de recyclage et de transfert de Motu Uta, la collecte des bacs verts** reste suspendue. Quinze jours après le sinistre, une partie du site demeure inaccessible et la chaîne de tri, fortement endommagée, reste inutilisable. Après la sécurisation des lieux et les différentes phases de test, Fenua Ma prévoit une reprise progressive de l’activité à partir de la mi-octobre, avec l’espoir de relancer la collecte des cartons et papiers le mercredi 21 octobre. En attendant, les habitants sont invités à conserver leurs déchets verts chez eux ou, lorsque leur bac est plein, à les jeter temporairement dans le bac gris.
Quinze jours après l’incendie qui a détruit 1 000 m² du centre de recyclage et de transfert (CRT) de Motu Uta, la collecte des bacs verts est toujours à l’arrêt. Le sinistre, qui s’était déclaré le jeudi 20 août au petit matin dans un tas de déchets issus de la collecte des bacs verts, a lourdement endommagé la chaîne de tri. La cause du départ de feu a depuis été identifiée : une batterie au lithium***, comme celles que l’on retrouve notamment dans les téléphones portables ou les cigarettes électroniques, qui se serait retrouvée parmi les déchets du bac vert avant d’être écrasée par un engin de manutention. Les étincelles auraient ainsi déclenché l’incendie vers 4 h 30 du matin.
(…) Ce jeudi après-midi, le ministre de l’Environnement et les partenaires de Fenua Ma, à savoir la Diren, Enviropol et TSP, se sont rendus sur le site pour faire le point sur les dégâts et les travaux à venir. Certaines zones du centre restent interdites d’accès en raison du risque de chute de la toiture, en partie détruite. D’autres peuvent uniquement être traversées. Après un premier diagnostic et la sécurisation de certaines zones, des employés ont pu reprendre leur activité dans les secteurs accessibles.
(…) La chaîne de tri, fortement endommagée, se trouve toujours dans une zone interdite d’accès et semble, à ce stade, inutilisable. Mise en service il y a vingt ans, elle devra faire l’objet d’un diagnostic approfondi pour déterminer ce qui peut être réparé et ce qui devra être remplacé. (…) Le redémarrage de l’activité doit donc se faire par étapes, avec une priorité donnée aux cartons et papiers.
(…) Le Pays a par ailleurs débloqué, lors du vote du troisième collectif budgétaire, deux lignes budgétaires consacrées au CRT de Motu Uta. Au total, 800 millions de francs sont prévus pour mener les études d’aménagement du site en vue de l’acquisition d’une nouvelle chaîne de tri. À cela s’ajoutent 200 millions de francs de crédits de paiement pouvant être mobilisés rapidement pour lancer ces études. L’objectif est désormais de tirer les enseignements de l’incendie et de reconstruire une installation plus performante et mieux adaptée aux risques liés aux déchets inflammables, notamment les batteries au lithium.
En attendant la reprise, Fenua Ma appelle les habitants à adapter temporairement leur mode de consommation et leur gestion des déchets. Le premier conseil est de conserver son bac vert à domicile, lorsqu’il reste de la place, plutôt que de chercher à déposer les déchets ailleurs. (…) En attendant, les habitants peuvent aussi réduire le volume de leurs déchets en privilégiant certaines alternatives. Le verre, notamment, continue d’être collecté dans les points de récupération prévus à cet effet. Le compostage individuel des déchets organiques peut également permettre de limiter la quantité de déchets envoyés dans le bac gris pendant cette période de transition.
La collecte des bacs verts ne reprendra pas avant mi-octobre, au mieux (Radio 1)
Après le violent incendie* qui a touché le CTR de Motu Uta il y a 15 jours, Fenua Ma a fait entrer la presse et le ministre de l’Environnement, Taivini Teai, sur le site, désormais totalement dégagé des restes de l’incendie. L’entreprise, avec Enviropol, met désormais tout en œuvre pour reprendre l’activité le plus tôt possible. Un retour progressif du tri est espéré à partir de mi-octobre.
(…) Face au sinistre, Benoît Layrle, directeur général de Fenua Ma, se veut positif. Les travaux seront longs à entreprendre, à financer aussi, mais des solutions pointent déjà afin de reprendre le tri dans un mois et demi.
(…) Le mal étant fait, il faut se tourner vers la reprise de l’activité. “En menant une opération un peu ‘MacGyver’, on va relancer une chaîne de tri provisoire pour, on l’espère, commencer à recueillir les cartons des entreprises à partir de mi-octobre”, explique Benoît Sylvestre, directeur général d’Enviropol. “Si tout fonctionne, on pourra reprendre la collecte des cartons et du papier pour les particuliers”, poursuit Benoît Layrle, qui voit Noël arriver à grands pas, avec sa cohorte de cartons et de papiers cadeaux qu’il va falloir trier, mettre en balles et envoyer en Nouvelle-Zélande.
(…) La remise en état du bâtiment devrait encore prendre un à deux mois. Les tests de récupération des cartons chez les professionnels seront lancés mi-octobre. S’ils sont concluants, la relance de la collecte chez les particuliers pourrait se faire le 21 octobre, uniquement pour le papier et le carton. Cette date est évidemment estimative et Fenua Ma communiquera en temps et en heure sur le retour des collectes. Là encore, si tout se passe bien, les conserves, canettes en aluminium et bouteilles en plastique pourront être collectées à partir de novembre. Quant à la remise à neuf complète du site (électricité, bâtiment et ligne complète de la chaîne de tri), les travaux pourraient durer jusque 2029. L’effet papillon dans sa splendeur. Le mauvais tri d’un tout petit appareil électronique, qui bloque toute une chaîne.
Pas de bacs verts avant mi-octobre (Tahiti Infos)
# Privés de bac vert jusqu’au 21 octobre suite à l'incendie* du centre de tri de Motu Uta, les usagers doivent s'adapter. Cette crise temporaire est l'occasion de revoir nos habitudes d'achat et d'amorcer un changement de nos modes de consommation.
Depuis le violent incendie survenu le jeudi 20 août 2026 au centre de recyclage et de transfert (CRT) de Motu Uta, la chaîne de tri des déchets recyclables est totalement hors service. Les travaux de sécurisation sont en cours et devraient encore durer plusieurs semaines.
En conséquence, la collecte du bac vert est officiellement suspendue jusqu’au 21 octobre 2026, indique Fenua Ma.
Mais les autres programmes de collecte, notamment les bacs gris, les encombrants, le verre et les déchets toxiques, demeurent pleinement opérationnels.
Face à cette situation exceptionnelle, les usagers doivent revoir l'organisation de leurs déchets ménagers. Si le bac vert** est déjà plein et que le stockage à domicile s'avère impossible, l'utilisation temporaire du bac gris est requise pour ces déchets recyclables. (…) Au-delà de la gestion de crise, cet incident pourrait marquer le début d'une transition plus profonde dans notre manière d'acheter. Pour le directeur général de Fenua Ma, cette période d'adaptation forcée est propice à une véritable réflexion sur notre façon de consommer. Il suggère ainsi de privilégier des alternatives plus durables, comme l'utilisation du verre plutôt que du plastique, dont le circuit de recyclage n'est pas interrompu. (…)
Collecte du bac vert suspendue jusqu'au 21 octobre, l'occasion de revoir sa façon de consommer (Polynésie 1ère)
Quinze jours après le violent incendie* qui a ravagé le centre de tri de Motu Uta, le site reste à l’arrêt. Le Pays a débloqué 200 millions de Fcfp pour engager les études et les premières opérations. En parallèle, 800 millions de Fcfp en nouvelle autorisation de programme doivent permettre d'acquérir une nouvelle chaîne de tri.
(…) Avant toute reprise de l’activité, le bâtiment devra donc être remis en état et le site sécurisé. Pour lancer les premières opérations, 200 millions de Fcp de crédits de paiement issus du collectif n°3 viennent d’être votés par le Pays. Une enveloppe destinée notamment aux études nécessaires à la sécurisation du site et à la reprise progressive du traitement du bac vert.
En attendant la remise en état des installations, la collecte des bacs verts ne peut pas reprendre. La sécurisation du site et l’avancée des travaux constituent donc les conditions préalables à une reprise.
Bonne nouvelle toutefois : la presse à balle, qui permet de compacter les papiers, cartons et autres déchets recyclables, a été épargnée par l’incendie. Elle pourrait constituer le point de départ d’une chaîne de tri provisoire.
(…) Bonne nouvelle toutefois : la presse à balle, qui permet de compacter les papiers, cartons et autres déchets recyclables, a été épargnée par l’incendie. Elle pourrait constituer le point de départ d’une chaîne de tri provisoire.
(…) Le calendrier espéré par Fenua Ma prévoit ainsi une reprise de la collecte à la mi-octobre.
D’ici là, la consigne reste de conserver autant que possible les emballages et déchets recyclables à domicile. Si le bac vert** arrive à saturation, le recours temporaire au bac gris reste possible. Cette période d’interruption est également l’occasion pour les usagers de revoir leurs habitudes de consommation et de chercher à réduire leur production de déchets.
* Pour rappel : Un vaste incendie s’est déclenché à Motu Uta, au niveau du centre de tri des déchets.in Semaine noire : cinq attaques à l'environnement (AvA-Infos)
** Les municipalités mettent à disposition des usagers des bacs roulants pour les déchets : des bacs gris pour les déchets ménagers, des bacs verts pour les déchets recyclables.
*** La Polynésie est confrontée à un défi majeur concernant le recyclage des batteries, en particulier celles au lithium. Le nombre d'appareils électroniques a considérablement augmenté, posant des risques d'incendie et de pollution. Actuellement, il n'existe pas de solution locale de recyclage, et le transport des batteries endommagées est refusé par les compagnies maritimes. Un projet de centre de traitement a été rejeté par la population. En attendant une solution globale, la sensibilisation au tri et au stockage sécurisé est essentielle
Le recyclage des batteries en Polynésie (Youtube, Polynésie la 1ère - JT du 03/09/26)
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