Face à une dépendance persistante aux hydrocarbures, comme beaucoup de pays, la Polynésie traverse une zone de turbulences énergétiques. Si - du fait de la crise au Moyen-Orient - la plupart des pays, à commencer par la France et la Nouvelle-Calédonie, ont connu des bonds dans les prix des carburants, en Polynésie française, les pompes indiquent toujours le même prix. Une stabilité due à l’intervention du Fonds de régulation du prix des hydrocarbures (FRPH). Il va néanmoins sans doute “falloir faire un effort collectif” estime le président du gouvernement qui veut cependant que l’augmentation se fasse de manière « graduelle » et « modulaire ». L’économiste Florent Venayre, invité du JT de Polynésie la 1ère, pointe les incohérences d'un système qui peine à concilier écologie, économie et équité sociale… ; L’annonce, par le ministre des Finances et de l’Énergie, d’une possible “fiscalisation a minima des installations d’autoconsommation” électrique a fait réagir les professionnels du secteur, qui y voyaient là une décision contraire aux objectifs climatiques et économiques du Pays, d’autant plus en cette période de tensions mondiales sur le pétrole.
# Plus de deux mois après le début de la crise au Moyen-Orient, et alors que les cours des hydrocarbures restent au plus haut sur les marchés internationaux, le pays prépare une hausse des prix à la pompe. Leur maintien a déjà consommé une bonne partie de la subvention de 3,5 milliards de francs au FRPH, et si le gouvernement n’exclut pas de le ré-abonder, la révision des tarifs ŕ la hausse devrait tout de męme ętre actée « très probablement » ce mois-ci, et au plus tard au mois de juin. Moetai Brotherson parle d’un « effort collectif », mais aussi d’une augmentation graduée dans le temps, et modulée pour préserver les pêcheurs, agriculteurs et autres activités dépendantes aux hydrocarbures.
(…) Si la plupart des pays, à commencer par la France et la Nouvelle-Calédonie, ont connu des bonds dans les prix des carburants, en Polynésie, les pompes indiquent toujours le même prix : 150 francs le litre, essence comme diesel. Une stabilité due à l’intervention du Fonds de régulation du prix des hydrocarbures, déjà doté de 3 milliards de francs en début d’année, et dans lequel le Pays a réinjecté 3,5 milliards, dans la foulée des premiers bombardements. Moetai Brotherson avait toutefois prévenu dès le mois de mars : cette mobilisation des deniers publics pour contrer les hausses de cours, ne tiendra qu’un temps, surtout si le conflit lancé par les États-Unis et Israël tire en longueur.
(…). Le gouvernement, qui a choisi de maintenir les tarifs des carburants au même niveau au 1er mai, pourrait donc ne pas attendre l’habituelle révision des tarifs de fin de mois pour commencer à la augmenter. Il faut dire que les subventions exceptionnelles au FRPH sont déjà « quasiment consommées ». On estime que dès lors qu’on est en deçà de la moitié des réserves totales, « il faut répercuter à la pompe ». Mais le président du Pays veut que l’augmentation se fasse de manière « graduelle » et « modulaire ». « Il faut préserver les acteurs économiques dont le métier, l’activité dépend très fortement de l’utilisation d’hydrocarbures, je pense aux pêcheurs, aux agriculteurs, et à d’autres professions… »
Reste à savoir aussi, si les prochains prix d’achat du carburant dans les port d’approvisionnement de la Polynésie – Singapour et la Corée – permettront de mener cette augmentation « graduelle » et « modulaire » sans épuiser les fonds restants du FRPH. Moetai Brotherson n’exclut pas une nouvelle subvention du Pays. « Il va falloir faire un effort collectif et cet effort peut se traduire par un nouvel abondement du FRPH conjointement avec une augmentation graduelle des prix. Et ça, ce sont des curseurs qu’il faut manier avec précaution ».
Carburants : une hausse de prix « très probablement » dès ce mois-ci (Radio 1)
Face à une dépendance persistante aux hydrocarbures, comme beaucoup de pays, la Polynésie traverse une zone de turbulences énergétiques. Entre velléités de taxer le solaire et subventions massives au carburant, l'économiste Florent Venayre, invité de notre JT de ce lundi soir, pointe les incohérences d'un système qui peine à concilier écologie, économie et équité sociale.
Q- Alors, notre dépendance aux hydrocarbures en Polynésie est toujours très élevée. Aujourd'hui, dans le mix énergétique, on a 51 % d'électricité verte grâce notamment ŕ l'hydroélectricité et au solaire. Mais d'après vous, est-ce que le Pays encourage suffisamment l'autoconsommation électrique ?
R- Les réponses de l’économiste (...)
Solaire ou pétrole : l'économiste Florent Venayre pointe les contradictions de la politique énergétique du Pays (Polynésie 1ère)
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# La voiture solaire, ce n’est pas pour tout de suite. Il y a un an, Vaite a opté pour une voiture 100% électrique. "Ma facture EDT a augmenté de 10 000 cfp par mois. [Et tu as décidé] d'acheter des panneaux solaires pour recharger ma voiture pour réduire ma consommation d'électricité", remarque Vaite Schemith, habitante de Faa'a.
8 panneaux solaires livrés et installés jeudi dernier, pour un investissement d’un million cfp. Vaite est exonérée de la part territoriale des impôts fonciers pendant 10 ans. Soit 300 000 cfp d’aide du Pays. "J'ai appris que même si j'ai des panneaux solaires, je paierai toujours quelque chose à EDT, 3 500 cfp de frais d'entretien du réseau. Ce n'est pas parce que je passe au solaire que je ne vais rien payer, ce n'est pas vrai. Une fois que j'ai consommé mes batteries, je ponctionne sur le réseau EDT. Donc je ne vois pas pourquoi on va nous taxer. En plus, mon investissement, je vais mettre plus de 4 ans à le rentabiliser. Donc si on me taxe en plus, je mettrais encore plus longtemps pour le rentabiliser, je ne suis pas d'accord", déplore Vaite.
Idem pour Jimmy Wong, représentant du syndicat Synergie Solaire, pour qui ce n’est pas le moment de taxer le solaire. Et encore moins, ses consommateurs.
(…). La taxation du photovoltaïque, une simple piste de réflexion évoquée lors d’une interview radio. Rien à craindre pour l’instant selon ministre de l'Economie. Mais "comment on fait pour entretenir tout ce qui concerne les poteaux électriques ? Qui va payer le réseau public ? Ce sont les pauvres. (…)
En Polynésie française, le solaire ne constitue qu’environ 10% de la consommation énergétique.
Taxation des panneaux solaires : la fausse bonne idée ? (Polynésie 1ère)
# L’annonce, par le ministre des Finances et de l’Énergie, d’une possible “fiscalisation a minima des installations d’autoconsommation” électrique a fait réagir les professionnels du secteur, qui y voyaient là une décision contraire aux objectifs climatiques et économiques du Pays, d’autant plus en cette période de tensions mondiales sur le pétrole. Dans un communiqué, le gouvernement a voulu les “rassurer”, ainsi que l’ensemble de la population : “Aucun projet de fiscalisation de cette filière n’est à l’ordre du jour”, ajoutant que “toute évolution éventuelle du cadre réglementaire serait conduite dans un esprit de concertation avec les acteurs concernés”.
Début avril, le ministre des Finances et de l’Énergie annonçait à notre antenne que le Pays réfléchissait à plusieurs “pistes” pour “financer le service public de l’électricité” et l’aider à couvrir ses charges.
(…) Cette réflexion sur une éventuelle fiscalisation du photovoltaïque n’est visiblement plus d’actualité car, en réponse à ces préoccupations, et au vu du “contexte international qui rend particulièrement visible la dépendance structurelle du Pays aux hydrocarbures importés”, le gouvernement a tenu à préciser par communiqué “qu’aucun projet de fiscalisation de cette filière n’est à l’ordre du jour”. (…
Pas de fiscalisation du photovoltaïque “à l’ordre du jour” (Radio 1)
Le Pays travaille à une « fiscalisation » des installations d’autoconsommation électrique – les panneaux solaires installés sur les toits des particuliers et entreprises – pour permettre au réseau public de continuer à couvrir ses charges. Une idée moins radicale que l’interdiction de l’autoconsommation, recommandée par l’APC au nom de l’équité et de la solidarité, mais qui fait tout de męme bondir Jimmy Wong, directeur de Sunzil Polynésie. Pour le porte-parole du collectif Synergie, l’exécutif, au vu de ses objectifs climatiques et économiques et des tensions mondiales sur le pétrole, devrait au contraire mobiliser les privés pour avancer vers un modèle « 100% renouvelable », qu’il juge atteignable sous 20 ans.
Un petit nuage d’inquiétude au-dessus des professionnels de l’énergie solaire. Début avril le ministre des Finances et de l’énergie Warren Dexter avait annoncé sur le plateau de Radio 1 que le gouvernement réfléchissait à une « fiscalisation a minima des installations d’autoconsommation », à savoir les panneaux solaires que les particuliers et entreprises installent sur leur toit. Il faut dire que ces équipements qui permettent, outre la couverture des besoins électriques, de revendre le surplus d’électricité au réseau, ont le vent en poupe : 4 474 installations étaient recensées l’année passée avec un quasi-triplement de la puissance équipée sur une décennie.
(…) Pour le professionnel, qui regrette aussi que le Pays n’encourage pas davantage le développement du parc de véhicules électriques, « On a besoin d’une vrai vision politique » sur le développement du photovoltaïque… Et de choisir un modèle. D’un côté, selon lui, le maintien d’un système « à moitié basé sur le thermique », choix « incohérent » et « risqué » au vu de la crise actuelle des hydrocarbures, des objectifs climatiques, et de l’augmentation « inévitable » des cours du pétrole sur le long terme.
(…). Jimmy Wong met au passage en avant les bénéfices « en termes d’image » d’une transition plus appuyée, sur le plan du développement touristique. « Ça aussi ça fait partie des objectifs de Moetai ».
(…) Le directeur de Sunzil reconnait toutefois qu’il existe un « vrai sujet » sur le coût du « service réseau », à savoir les frais de gestion et d’exploitation qui sont engendrés par les autoconsommateurs quand ils restent connectés au réseau public. (…). Jimmy Wong reconnait donc la nécessité d’un débat sur ce point, mais en « ramenant les choses à leur juste valeur ».
(…) Warren Dexter, pourtant, en proposant une « fiscalisation a minima » de l’autoconsommation, n’a pas adopté la position radicale dans le débat. Dans un avis rendu en juillet 2025 sur un projet de loi du Pays en faveur du développement de la production électrique renouvelable, l’Autorité polynésienne de la Concurrence avait tout bonnement proposé l’interdiction de l’autoconsommation : les foyers équipés en photovoltaïques seraient contraints de vendre l’intégralité de leur production au réseau et de lui racheter les kWh nécessaires à sa consommation, ce qui, de fait, rendrait financièrement inintéressant l’achat de panneaux solaires. L’APC justifiait cette position par le « principe de solidarité » qui doit être la règle dans le développement du réseau.
(…). Si beaucoup d’acteurs, a commencer par EDT-Engie, ont de quoi contester le discours, une chose est sûre : les décisions du gouvernement sur l’autoconsommation vont être scrutées, et probablement très débattues.
« On a besoin d’une vraie vision politique sur le développement du photovoltaïque » (Radio 1)
En réponse aux préoccupations exprimées par le porte-parole du collectif Synergie quant au développement des énergies renouvelables et notamment du photovoltaïque en Polynésie française, le Gouvernement de la Polynésie française tient à préciser qu’aucun projet de fiscalisation de cette filière n’est à l’ordre du jour. (…)
Développement du photovoltaïque en Polynésie (Presidence.pf)

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