Les Assises de fin de projet CLIPSSA (Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’adaptation) se tiennent à Tahiti. Ce programme de recherche-action, lancé voilà 5 ans, a pour but de produire de la connaissance climatique adaptée à l’échelle des îles du Pacifique et permettant de se projeter dans le futur. Porté par l’IRD, Météo-France et l’Agence Française de Développement, il vise à combler le manque de données de précision sur le Pacifique Sud face au changement climatique, à réunir les connaissances clés et co-construire des solutions d’adaptation.
À quoi ressemblera la Polynésie française à la fin du siècle ? C’est la question au cœur des assises océaniennes du programme Clipssa, organisées cette semaine à l’Université de la Polynésie française. Scientifiques et spécialistes de quatre territoires du Pacifique livrent des projections inédites à haute résolution et explorent les stratégies d’adaptation face au changement climatique.
Imaginer le climat de la Polynésie française en 2100 : c’est l’ambition du programme Clipssa (Climat du Pacifique, savoirs locaux et stratégies d’adaptation), dont les résultats seront présentés cette semaine à l’Université de la Polynésie française dans le cadre des assises océaniennes. Le projet rassemble des chercheurs de Polynésie française, de Nouvelle-Calédonie, du Vanuatu et de Wallis-et-Futuna autour d’un même objectif : affiner les projections climatiques pour les territoires insulaires du Pacifique.
Les modèles climatiques mondiaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), avec des maillages compris entre 100 et 200 kilomètres, peinent à représenter précisément les réalités locales. Pour y remédier, le programme Clipssa a développé des modèles régionaux beaucoup plus fins, capables de descendre jusqu’à une résolution de 20 km (Aladin), jusqu’à 2,5 km (Arome).
(…) Parmi les principaux enseignements, les chercheurs alertent sur une augmentation des épisodes de chaleur extrême dans les décennies à venir.
(…) Face à ces évolutions, l’agriculture apparaît comme l’un des secteurs les plus vulnérables. Le programme s’est donc particulièrement intéressé aux cultures typiques du Pacifique, comme le taro, l’igname ou la patate douce.
(…). Au-delà des simulations climatiques, les chercheurs ont également conduit des centaines d’entretiens auprès d’agriculteurs du Pacifique, dont une cinquantaine à Tahiti et Moorea. L’objectif : comprendre comment les populations s’adaptent déjà aux changements observés.
(…) Les travaux montrent que les solutions ne reposent pas sur une recette unique mais sur une multitude d’ajustements du quotidien.
(…) Les chercheurs poursuivront toute la semaine leurs échanges sur le campus d’Outumaoro.
Vagues de chaleur intenses, assèchement des sols : à quoi ressemblera la Polynésie en 2100 ? (TNTV)
+ JT en replay du 21/06/26 (de 1’30” à 11’40”), disponible jusqu'au 19/09/2026
Chercheurs, scientifiques et agriculteurs ont travaillé en collaboration pour envisager les effets du changement climatique dans la région afin d’adapter les pratiques agricoles aux “pluies intenses” qui risquent de nous toucher dans les années à venir.
Pour la clôture du programme Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’Adaptation (Clipssa), une conférence a été donnée, mercredi (17/06) à la présidence. Clipssa est un programme de recherche-action porté par l’IRD, Météo-France et l’Agence Française de Développement. Il s’appuie vise à combler le manque de données de précision sur le Pacifique Sud face au changement climatique. Au terme de quatre ans d’étude, ses résultats constituent désormais une base pour formuler des stratégies d'adaptation et des plans d'action à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu. Ce programme “symbolise une fin, mais également un commençant”, a indiqué le délégué interministériel en charge du Climat et du Développement Durable, Léopold Biardeau.
(…). Et cette étude permet, selon lui, d’estimer les effets du changement climatique jusqu’à 2100, avec la possibilité donnée aux responsables politiques d’anticiper les problèmes à venir. Pour Léopold Biardeau, le fait que ce projet soit “régional” est une bonne chose car “la réponse au changement climatique on ne pourra pas la réinventer chacun dans notre coin (…). On peut être pionnier, on n'est pas juste des victimes.”
Effectivement, depuis plusieurs années il est question de géopolitique de l’Indopacifique. “C'est une idée qui vient souvent du dehors. C'est une idée qui voit le Pacifique comme un théâtre, et nous, on ne serait que des pions à déplacer.” Le délégué interministériel en charge du Climat et du Développement Durable est persuadé que cette géopolitique peut venir de “l’intérieur” avec notamment les forums régionaux.
De son côté, l’anthropologue et ethno-écologue à l'Institut de Recherche pour le Développement, Catherine Sabinot, assure qu’avec le projet Clipssa chercheurs et scientifiques sont à la “frontière” de leur métier “puisqu'on est encore plus que d'habitude à l'interface avec les politiques publiques, à l'interface avec la société”. (…)
L’étude qui modélise l’avenir du fa’a’apu (Tahiti Infos)
Alors qu'une bonne partie de l'Hexagone est actuellement frappée par un épisode de chaleur inédit en plein mois de juin, à quoi doit-on s’attendre dans les années à venir à Tahiti ? Après quatre ans de recherches, les scientifiques du projet CLIPSSA dévoilent leurs projections. Face au changement climatique, les politiques publiques devront s’adapter, certains acteurs de l’économie le font déjà.
42 degrés en plein mois de juin...L’Hexagone suffoque sous l’effet de la canicule. De l’autre côté du globe, entourée d’eau, ventilée par les alizés, la Polynésie Française est pour le moment épargnée. Ici la hausse des températures sera plus progressive. Mais les scientifiques alertent. D’ici la fin du siècle, le thermomètre pourrait bien dépasser les 35 degrés. Combinée à l’humidité tropicale, cette chaleur pourrait devenir éprouvante voire dangereuse. "Les températures vont augmenter aussi drastiquement sur la Polynésie française, explique Jérémy Guerbette, ingénieur changement climatique à Météo France. Ce sera surtout caractérisé par une augmentation des vagues de chaleur. On s'attend par exemple, sur la côte Ouest de Tahiti, à une multiplication au moins par 4 du nombre de jours chauds d'ici la fin du siècle. Il n'y a aucun doute. Sur les précipitations, on n'a pas de signal robuste, mais sur les températures, il n'y a aucun doute."
Face au dérèglement climatique, les agriculteurs sont en première ligne.
Maya Leclercq, anthropologue, en a rencontré une cinquantaine ces deux dernières années. Des plateaux maraîchers aux petites exploitations, son constat est malgré tout optimiste. "Clairement, on peut faire confiance aux agriculteurs pour s'adapter et surtout être sources d'innovation sociale et technologique. C'est plutôt à bas bruit, ce ne sont pas des révolutions technologiques ni sociales. Ce sont des choses qui se passent à l'échelle du fa'a'apu."
(…) Se nourrir, mais aussi se loger... Les architectes n’ont pas attendu les conclusions des scientifiques pour adapter leurs constructions. Protection solaire, large ventilation, puits de lumière… il faut allier sobriété énergétique et confort de l’usager.
Co-construire des solutions d’adaptation à l’échelle des îles du Pacifique, c’est tout l’enjeu du projet Clippsa. Quatre années de travaux qui se concluront par une soirée ouverte au public, pour que la prise de conscience soit collective. Les données des scientifiques du projet CLIPSSA seront présentées au grand public ce vendredi 26 juin, au Musée de Tahiti et des îles de 17h15 à 21h15.
Dossier : face aux changements climatiques, des solutions pour l'agriculture et l'habitat (Polynésie 1ère) en ligne le 24/06
Du 22 au 26 juin 2026, les assises de clôture du programme Clipssa auront lieu entre la présidence et l’université. Lancé voilà 5 ans, ce projet mené par Météo France, l’IRD et l’AFD avait pour but de réunir les connaissances clés et co-construire des solutions d’adaptation face aux changements climatiques. Les nouveaux outils de projection, permettant d’avoir une idée plus précise de ces évolutions à une échelle aussi fine que celle d’une vallée et sur des éléments comme les cyclones ou les vagues de chaleur, doivent être présentés.
Les assises de fin de projet Clipssa (Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’adaptation) auront lieu sur le territoire du 22 au 26 juin. Signé en 2022, ce projet scientifique a pour but de produire de la connaissance climatique adaptée à l’échelle des îles du Pacifique, permettant de se projeter dans le futur. Ces cinq dernières années, chercheurs, scientifiques ou encore climatologues et anthropologues ont co-construit avec les populations locales et leurs savoirs des modèles prévisionnels adaptés aux régions de la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et le Vanuatu. Si les modèles de prédiction précédents, couvrant 100km2, n’était pas pertinents pour les îles, ceux développés par le projet Clipssa le sont à présent, comme l’explique Léopold Temoana Biardeau, délégué interministériel en charge du climat et du développement durable.
(…) Selon les porteurs de projet, CLIPSSA a ainsi développé des données scientifiques inédites sur le climat futur du Pacifique Sud (d’ici à 2100), afin d’analyser les impacts à venir sur les systèmes agricoles et la ressource en eau ainsi que la production et la transmission de nouveaux savoirs sur chaque territoire. Au centre des préoccupations, le facteur d’anticipation, afin que les territoires puissent déterminer aujourd’hui que produire et où pour une agriculture qui perdure dans le temps, le facteur d’adaptation, sans lequel ces travaux n’auraient pas d’intérêt, et le facteur de collaboration, puisque l’implication des habitants des îles et de leurs savoir-faire est aussi le fil rouge du projet, de sa conception à la mise en œuvre des actions qui en découleront.
(…). Si cette semaine signe la fin du projet de recherche-action CLIPSSA, elle est aussi le lancement d’une nouvelle étape, où ces résultats devront être utilisés comme outils d’aide à la décision et se traduire de façon opérationnelle. Pour exemple, le plan Climat stratégique de la Polynésie Française devrait intégrer les données CLIPSSA à ses décisions selon Jean-Michel Delvert, secrétaire général du Haut-Commissariat.
(…) Pour le grand public, une soirée de médiation aura lieu le vendredi 26 juin de 17h15 à 21h15 au Musée des îles. Y sont prévues la projection d’un film documentaire autour du projet ainsi qu’une table ronde rassemblant des acteurs du monde agricole et institutionnel, qui échangeront autour des résultats et partageront leurs idées pour renforcer la résilience des territoires. Une exposition photographique « l’agriculture océanienne face au changement climatique » est aussi en accès gratuit du 16 au 21 juin.
Des « modèles incroyablement précis » de prédiction climatique présentés à Tahiti (Radio 1)
Les Assises CLIPSSA vont être organisées du 22 au 26 juin prochain. L'événement va réunir une importante communauté scientifique pour la restitution d'un travail de plusieurs années, réalisés en Polynésie Française mais aussi à Wallis-et-Futuna, au Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie. Le projet CLIPSSA, pour Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’Adaptation est porté par l’IRD, Météo-France et l’AFD pour produire des projections climatiques inédites pour le Pacifique Sud jusqu’en 2100.
- Au début, la première journée se tiendra à l’université. C’est tout l’aspect « échanges scientifiques ». Nous avons ensuite deux journées qui se tiendront à la Présidence. C’est là que nous aurons des échanges entre les services et les autres acteurs du Pays, ainsi qu’avec les scientifiques.
(…)- Ces deux journées seront ensuite suivies d’un comité de pilotage qui visera à faire le point sur ce qui, au cours de ces années de programme, a bien fonctionné, sur les difficultés rencontrées, puisque c’est un programme qui a coûté 4 millions d’euros, qui a regroupé des dizaines de chercheurs et qui a nécessité de relever de nombreux défis.
- Enfin, le vendredi, au Musée de Tahiti et des Îles, une journée ouverte au grand public se tiendra avec la projection d’un documentaire. C’est à partir de 17h15.
Lire l’interview de Léopold Temoana Biardeau, délégué interministériel au climat.
Climat : les Assises CLIPSSA dévoilent des projections inédites pour le Pacifique à l’horizon 2 100 (Polynésie 1ère)
# La mathématicienne Léa Douchet, post-doctorante à l’Université de Nouvelle-Calédonie et à l’IRD, mène des recherches qui pourraient révolutionner la prise en charge des épidémies dans les Outre-mer. Cette spécialiste des maladies dites « climatosensibles » (dont la dynamique dépend du climat) a développé un outil à destination des gestionnaires de santé pour prédire, trois mois avant, les risques de leptospirose. Un outil qui pourrait aussi être utilisé pour les arboviroses comme la dengue.
Une interview de notre partenaire Outremers 360°. (Extraits)
(…). Une maladie climatosensible est une maladie dont la dynamique est impactée par le climat c’est-à-dire que l’environnement est déterminant dans sa présence ou sa diffusion. Certaines maladies ont un lien très fort avec le climat soit parce qu’elles font intervenir un animal soit parce qu’elles sont présentes dans l’environnement.
(…). Certaines maladies sont plus connues que d’autres. Mais on peut dire que les maladies climatosensibles touchent souvent des pays émergents ou situés dans les zones intertropicales donc elles sont peu étudiées par les grands centres de recherche. Malheureusement c’est vers ces centres que sont dirigés la plupart des financements. La leptospirose est par exemple mal connue, difficile à diagnostiquer et peu présente en Europe. Elle est au contraire très présente dans les Outre-mer et en Asie du Sud est c’est pourquoi on s’y intéresse.
(…) Le problème de la science en général est de transférer les résultats vers les gestionnaires qui sont en dehors du monde de la recherche. Je pense que notre travail est précurseur dans le domaine car on a voulu depuis le départ que nos travaux puissent être mis en pratique sur le terrain.
« En analysant le climat, on peut prédire le risque épidémique trois mois auparavant » (Radio 1)

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