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Une décision de justice récente ne laisse pas d'interroger les associations sur leurs capacités à être jugées comme recevables dans leurs contestations d'arrêtés gouvernementaux concernant des extractions en rivière qu'elles estiment destructrices de l'environnement. Et ce, alors que la charte de l'environnement stipule pourtant dans son article 2 que " toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement".

De manière positive ou défensive, les associations sont souvent en première ligne pour la protection de l'environnement. Les médias se sont fait l'écho ces derniers temps de plusieurs mobilisations contre des extractions. A Faaone, dans la rivière Vaiha, et à Papara, dans la rivière Tevaifaara. Le 4 novembre, les riverains de Papara ont été déboutés dans cette dernière affaire. Mais sur une question de forme de leur demande et non de fond. Pour le TA, citant une jurisprudence du Conseil d'Etat d'août 2011, "il faut un intérêt direct et certain à agir". N'est-ce pas le cas pour les riverains et les associations qui les représentent ? Les exemples ne manquent pourtant pas de vallées désastreusement "aménagées" durant ces dernières décennies pour la sauvegarde desquelles il aurait été judicieux d'être à l'écoute de leurs doléances. L'un des meilleurs, ou plutôt des pires, étant celui de la vallée de la Punaruu à Punaauia. 

"La discussion doit être globale et à l'échelle de l'île de Tahiti"

Alors que l'on reparle très régulièrement des extractions de matériaux en rivières pour les grands chantiers à venir, dont celui du Mahana Beach, Matthieu Aureau estime que "la discussion doit être globale et à l'échelle de l'île de Tahiti". Ce jeune chercheur a publié récemment une thèse de doctorat sur la modélisation numérique des écoulements des eaux souterraines de la Punaru'u, les eaux de surface ayant quasi disparu. Il y aborde aussi la problématique des extractions abusives dans le lit de la rivière. Pour Matthieu Aureau, l'exploitation des agrégats des rivières pourrait être envisagée d'abord dans les zones où la pression anthropique a déjà exécuté son œuvre destructrice "pour préserver à la fois les enjeux environnementaux, sociétaux et économiques avec des contraintes à respecter très fortes". Il serait sage d'éviter que le ton ne monte de manière trop forte entre les riverains et des autorités - qui ont été souvent enclines dans les années passées à accorder des "dérogations" parfois en totale contradiction avec les textes de protection de l'environnement.

Cette problématique est l'occasion de poser celle d'un véritable développement durable en la matière. Notamment, est-il cohérent de vouloir donner à visiter la destination connue comme étant "le paradis sur terre" en détruisant une partie de son environnement pour la construction de structures hôtelières. Ce qui pose aussi la problématique d'un tourisme durable et écologique. Un autre débat qui ne manquera pas de se poser aussi, par delà les effets d'annonce qui se veulent rassurant...

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