Pendant trois ans, le voilier Resilience parcourra le Pacifique pour porter une initiative inédite : le projet Āvei Moana, veut convaincre les autorités de Polynésie française, des Tonga et de Nouvelle-Zélande de reconnaître juridiquement les baleines comme des personnes morales, dotées de droit ; Le 12 août, à l'occasion de la nouvelle lune, la Société d'ornithologie de Polynésie (SOP Manu) lance la première édition de “Fetū 'avei'a - La nuit des oiseaux marins”. L'objectif : inviter le grand public, les entreprises, les communes et les institutions à réduire, pendant quelques heures, les éclairages non essentiels afin d'aider les jeunes oiseaux marins à rejoindre l'océan ; Hina, doyenne des deux grands dauphins Tursiops truncatus encore détenus à l'ancien Intercontinental de Moorea, âgée de 48 ans, est décédée. L'occasion de rappeler qu'il n'y a plus d'interaction directe du public à l'eau, ni de mise en spectacle sur le site de l'ancien Dolphin Center de l'île soeur. L'occasion, aussi, de rappeler que la "Journée mondiale des Dauphins" a eu lieu cette année le jeudi 23 juillet - alors que plus de 3 000 dauphins restent actuellement dans des installations captives utilisées pour des activités touristiques et des spectacles.
# Et si les baleines avaient des droits ? C’est l’ambition du projet Āvei Moana, qui sera lancé la semaine prochaine à Tahiti. Pendant trois ans, le voilier Resilience parcourra le Pacifique pour porter une initiative inédite : faire reconnaître la personnalité morale des baleines, tout en construisant, avec les populations locales, les autorités coutumières, les scientifiques ou encore les pêęcheurs, un réseau de protection fondé sur le rāhui. Impliquant la Polynésie mais aussi les Tonga et la Nouvelle-Zélande, il s’agit d’une premičre mondiale à l’échelle de plusieurs pays.
Ce week-end, le voilier Resilience va accoster à Tahiti avec une mission aussi ambitieuse qu’originale. Le projet Āvei Moana, porté par la fondation néo-zélandaise Moananui Sanctuary Trust représentée par le Dr Mere Takoko, avec le partenariat de l’association Rāhui Center, veut convaincre les autorités de Polynésie française, des Tonga et de Nouvelle-Zélande de reconnaître juridiquement les baleines comme des personnes morales, dotées de droits. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement mondial de reconnaissance de droits à une identité de la nature, mais qui serait une première pour une espèce migratrice à l’échelle de plusieurs pays.
Pour le Dr Tamatoa Bambridge, représentant du Rāhui Center, cette évolution changerait profondément la manière de protéger les cétacés. « La baleine ne serait plus simplement un animal. Elle deviendrait une personne morale avec des droits. Et lorsqu’on commet des actions par exemple sur son habitat, ou des nuisances sonores, ou des collisions, d’abord leur statut juridique sera reconnu, puis les conséquences pécuniaires ne seront plus les mêmes. »
Aujourd’hui, près de 400 entités naturelles dans le monde, des rivières, des forêts ou encore certains animaux, bénéficient déjà d’une personnalité juridique. Mais jamais une espèce migratrice traversant plusieurs juridictions n’a encore bénéficié d’un tel statut, selon les porteurs du projet.
Au-delà du droit, le projet veut mettre en place une gouvernance inédite. Si les baleines deviennent des personnes morales, elles devront être représentées par des gardiens, chargés de défendre leurs intérêts. Ce conseil réunirait une majorité de représentants des autorités coutumières, mais aussi des scientifiques et des ONG. « Aujourd’hui, la baleine ne peut pas parler pour elle-même. L’idée, c’est de trouver des personnes qui parlent en son nom et puissent la défendre. »
(…) autre pilier du projet repose sur le rāhui. Pas un rāhui classique, mais un rāhui mobile, capable de suivre les corridors migratoires des baleines jusqu’en haute mer. L’idée est née des discussions internationales autour du nouveau traité sur la haute mer, qui ouvre pour la première fois la porte à une gouvernance intégrant les autorités coutumières et autochtones. (…)
Le Resilience sillonne les îles pour défendre la personnalité juridique des baleines (Radio 1)
Donner une personnalité juridique aux baleines, c’est la proposition qui a fait l’objet d’une première réunion publique, ce lundi, à Faa’a, dans le cadre de l’expédition scientifique et culturelle ‘Āvei Moana articulée autour du projet législatif Te mana o te tohorā, porté par la voix du Dr Mere Takoko à travers le Pacifique Sud. À l’occasion de cette première étape au Fenua, des rencontres sont programmées dans les îles de la Société jusqu’au 19 août avec le soutien du Rāhui Center. D’autres archipels seront visités au cours des trois années de ce programme participatif.
Arrivé par les Marquises, le voilier Resilience mouille actuellement à Tahiti dans le cadre du lancement au Fenua de l’expédition ‘Āvei Moana, une initiative scientifique, culturelle et diplomatique portée par le Moananui Sanctuary Trust, en partenariat avec le Pacific Whale Fund, qui sillonne les routes maritimes ancestrales pour renforcer les liens entre les peuples océaniens autour de la protection de l’environnement et des baleines.
Ce lundi, une première réunion publique s’est tenue sous le fare pōte’e de l’association Te mana o te moana, à Faa’a. L’occasion pour le Dr Mere Takoko, originaire de Nouvelle-Zélande, de rappeler les liens divins avec Taaroa et ancestraux en tant que tāura (animal protecteur), tout en mettant en parallèle les menaces actuelles qui pèsent sur les baleines, entre pollution, surpêche et nuisances sonores sources d’échouages parmi les cétacés. Sans oublier la chasse qui a causé la mort d’environ 10 millions de baleines à travers le monde depuis l’ère industrielle. Cette présentation visait à introduire le projet Te mana o te tohorā en faveur de la restauration du lien culturel, voire spirituel entre les hommes et les baleines. Parmi les huit grands axes de réflexion (lire l’encadré ), l’idée de reconnaître les baleines comme des “entités juridiques” à part entière, et non plus comme des “choses”, émerge. (…)
Déjà amorcée aux Tonga ou encore à Aotearoa, cette démarche est accompagnée localement par le Rāhui Center, dont le conseil consultatif scientifique est présidé par Tamatoa Bambridge, directeur de recherches au Criobe.
(…). À travers le lancement de ce programme participatif sur une durée de trois ans, c’est un travail au long cours qui s’annonce. Pour commencer, des rencontres sont prévues à Moorea (12 août), à Huahine (14 août), à Raiatea (16 août), à Bora Bora (18 août) et à Maupiti (19 août). D’autres rendez-vous dans les archipels seront programmés par la suite pour “consolider et enrichir” le projet afin d’aboutir à une proposition de texte sur la reconnaissance de la personnalité morale de la baleine, qui devrait à terme être présentée au Pays. (…)
Vers une personnalité juridique des baleines ? (Tahiti Infos)
Porté par le Centre Rahui et le Moananui Sanctuary Trust de Nouvelle-Zélande, le projet ‘Āvei Moana souhaite faire reconnaître la baleine comme une entité juridique dotée de droits propres. Arrivée ce week-end au fenua à bord du SV Resilience, l’expédition scientifique et autochtone ira à la rencontre des populations des Raromatai, avant de poursuivre sa route vers Tonga et les Samoa.
Dans la mythologie polynésienne, la baleine est associée au dieu suprême Ta’aroa. Pour de nombreuses familles, elle est aussi un taurā, un animal protecteur. Chez les Māori, elle porte le nom de tohora et occupe également une place sacrée, celle d’une gardienne des océans. C’est autour de ce cétacé emblématique qu’est né le projet ‘Āvei Moana.
« L’idée de ce projet a, en réalité, vu le jour à Maupiti. En 2009, de nombreux Ariki et gens de la mer se sont réunis pour discuter, pour la première fois, de la meilleure façon de protéger le fe’e de Polynésie » explique Mere Takoko, membre de la tribu maori Ngati Porou et dirigeante du Pacific Whale Fund.
(…). Faire de la baleine une entité vivante dotée de droits propres, au même titre qu’un être humain. Un concept qui a déjà inspiré la Nouvelle-Zélande avec le fleuve Whanganui ou l’Equateur avec la pacha mama, « la terre mère ». Pour Tamatoa Bambridge, directeur scientifique au CNRS et fondateur du Centre Rahui : « L’idée de donner la personnalité morale de manière cohérente sur plusieurs pays, en commençant par Tonga, la Polynésie et la Nouvelle-Zélande, ce serait une première mondiale parce qu’en plus, les baleines vont traverser plusieurs fois en dehors des juridictions nationales. Donc le mécanisme devra s’appliquer à l’ensemble de cette zone qui est extrêmement vaste ».
(…) L’accord international BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction), consacré à la biodiversité située au-delà des juridictions nationales, prévoit notamment la création d’aires marines protégées en haute mer. Un dispositif que les porteurs du projet considèrent comme essentiel pour mieux protéger les grands cétacés tout au long de leurs migrations.
(…) Au-delà de sa portée environnementale et juridique, ‘Āvei Moana entend aussi contribuer à la renaissance de traditions ancestrales : « En fin de compte, il s’agit de notre whakapapa, notre généalogie. Nous devons faire revivre les traditions de nos ancêtres, et nous rappeler que nous sommes tous liés par la généalogie ». Pour les porteurs du projet, la baleine n’est donc pas seulement une espèce à protéger. Elle constitue le fil d’une généalogie qui relie depuis des siècles les peuples du triangle polynésien.
+ Le calendrier des événements de Te Mana o te tohorā : du 10 au 19 août, de Papeete à Maupiti
Du fenua aux Samoa, une expédition pour donner des droits à la baleine (TNTV)
# Le 12 août, à l'occasion de la nouvelle lune, la Société d'ornithologie de Polynésie (SOP Manu), en partenariat avec Le JT Vert, lance la première édition de “Fetū 'avei'a - La nuit des oiseaux marins”. L'objectif : inviter le grand public, les entreprises, les communes et les institutions à réduire, pendant quelques heures, les éclairages non essentiels afin d'aider les jeunes oiseaux marins à rejoindre l'océan.
Chaque nuit, de jeunes oiseaux marins de la famille des pétrels quittent leurs terriers situés dans les reliefs du Fenua pour effectuer leur premier envol vers l'océan. Ce phénomène a lieu toute l'année, avec un pic entre août et octobre pour le pétrel de Tahiti.
Naturellement guidés par le reflet de la lune et des étoiles sur la mer, ces jeunes oiseaux sont aujourd'hui perturbés par les éclairages artificiels. Attirés par les lumières des habitations, des routes, des infrastructures ou de l'éclairage public, beaucoup s'échouent au sol sans pouvoir reprendre leur envol.
(…) Comme Earth Hour, “Fetū 'avei'a - La nuit des oiseaux marins” a vocation à devenir un rendez-vous annuel dédié à la protection des oiseaux marins en Polynésie.
Les communes, institutions, entreprises et associations sont, elles aussi, invitées à participer en réduisant ou en éteignant, lorsque cela est possible et sans compromettre les impératifs de sécurité, les éclairages non indispensables durant la soirée du 12 août. Une attention particulière est demandée pour les éclairages extérieurs, décoratifs, les enseignes et les bâtiments publics. Elles sont encouragées à sensibiliser leurs collaborateurs et à relayer la campagne sur leurs supports de communication.
Une campagne digitale accompagnera cette mobilisation. Elle sera complétée par une série de publications destinées aux enfants, réalisées avec Le JT Vert Kids, afin que les plus jeunes deviennent eux aussi les ambassadeurs de cette nuit particulière. (…)
Le 12 août, on éteint les lumières pour les oiseaux (Tahiti Infos)
Désorientés par les éclairages artificiels lors de leur tout premier envol, de nombreux jeunes pétrels s'échouent chaque année. Ce 12 août, l'opération « Fetū 'avei'a » nous appelle à éteindre nos lumières pour guider ces oiseaux marins vers le large.
De nombreux jeunes oiseaux marins, notamment le Pétrel de Tahiti (dont le pic d’envol s’étend d’août à octobre), quittent la nuit leurs terriers situés dans les reliefs pour leur tout premier voyage vers l’océan.
Naturellement guidés par les étoiles et le reflet de la lune sur l’eau, ils sont désorientés par la lumière artificielle (lampadaires, enseignes, habitations). Attirés par ces éclairages, ils perdent de l’altitude, risquent de percuter des obstacles et s’échouent au sol, incapables de reprendre leur envol.
La nuit de la Nouvelle lune, naturellement sombre constitue l’une des périodes les plus favorables au premier envol des jeunes pétrels. L’opération Fetū ‘avei’a – La Nuit des Oiseaux Marins » consiste à réduire ou éteindre, pendant quelques heures, les éclairages non essentiels, afin de redonner aux jeunes oiseaux marins leurs repères naturels.
Des conseils pour L’opération Fetū ‘avei, et des contacts: “Que faire si vous trouvez un oiseau en détresse ?” (…)
Le 12 août, éteignons nos lumières pour sauver les oiseaux marins (TNTV)
La Société d’ornithologie de Polynésie Manu, en partenariat avec le JT Vert, appelle les habitants du Fenua à éteindre leurs lumières non essentielles dans la nuit du 12 août afin de faciliter le premier envol des jeunes pétrels. Baptisée Fetū ‘avei’a – La Nuit des Oiseaux marins – cette première édition vise à sensibiliser sur les nombreux échouages de ces oiseaux marins à la sortie de leur terrier, à cause des éclairages artificiels. En parallèle, des bénévoles de l’association peuvent aussi être appelés par quiconque trouve un pétrel en mauvaise posture. En 2025, 77 % des oiseaux signalés ont pu être sauvés.
Le 12 août, il faudra éteindre ses lumières pour laisser place aux étoiles. Cette nuit-là correspond au pic du premier envol des jeunes pétrels, qui quittent leurs terriers nichés dans les reliefs de Tahiti pour rejoindre l’océan. Un trajet semé d’embûches. « Les jeunes pétrels prennent leur premier envol en début de soirée ou tôt le matin, donc lorsqu’il fait nuit. Ils se repèrent grâce à la lune et aux étoiles. Mais quand la lune est absente ou que le ciel est très couvert, ils confondent les lumières artificielles avec la lune et viennent s’échouer sur l’île », explique Juliette Beaumont, responsable du centre de soins pour oiseaux de Mitirapa.
Les secteurs les plus éclairés sont aussi les plus touchés. « On les retrouve notamment près des prisons, de l’aéroport, des hôtels, partout où les lumières restent allumées toute la nuit. Une fois au sol, ils sont incapables de reprendre leur envol d’eux-mêmes. C’est pour cela que nous appelons à éteindre les lumières la nuit du 12 août : selon nos données, c’est à ce moment-là que se produit le pic des envols. » (…)
Le Pétrel de Tahiti, appelé aussi Noha en tahitien, est un oiseau marin qui rejoint ses colonies, des terriers creusés sur des corniches, des crêtes ou des pentes, la nuit et passe sa journée au-dessus des flots. Il alterne de larges battements d’ailes avec de longs planés. Il se nourrit de crustacés et de petits poissons. Son plumage est noir, son ventre blanc, son bec crochu, sa queue arrondie et ses pattes plamées (Guide des oiseaux de Polynésie française de Caroline Blanvillain, édité chez Haere Po). Aujourd’hui le pétrel est protégé, classé en danger mineur. Mais elle pourrait basculer dans les zones en danger d’extinction « si l’on ne met pas en place des actions pour faciliter l’envol des jeunes », alerte la spécialiste. (…)
Conseil: “Comment secourir un pétrel ?” (…)
La SOP Manu appelle à éteindre ses lumières le 12 août et aider les pétrels à prendre leur envol (Radio 1)
# L’association Moana Ora a envoyé un communiqué pour informer que le dauphin Hina, doyenne des deux grands dauphins Tursiops truncatus détenus à l'ancien Intercontinental de Moorea, âgée de 48 ans, est décédée. (…) Kuokoa, le second dauphin, quant à lui, se porte bien et reste au cœur des attentions de l'association. Il est le dernier dauphin détenu sur place après la mort de Lokahi en octobre 2020.
La doyenne des dauphins de Moorea est morte (Tahiti Infos)
Hina, doyenne des deux grands dauphins (Tursiops truncatus) de l’association Moana Ora, est morte mercredi 5 août au matin à l’aube, à l’âge de 48 ans. Selon l’association, l’animal présentait depuis plusieurs mois des problèmes de santé qui s’étaient aggravés au cours des trois derniers jours, malgré les soins qui lui étaient prodigués.
Moorea : Hina, doyenne des dauphins de Moana Ora, est morte à l’âge de 48 ans (TNTV)
- Pour rappel: Depuis janvier, Il y a du nouveau sur le site de l’ancien Dolphin Center de Moorea. Baignades avec les dauphins et immersions avec le public, c'est désormais terminé. > Fin des immersions à Moorea : comment l’association Moana Ora réinvente le Dolphin Center (TNTV)
Pour info: Les dauphins en captivité peuvent vivre plus de 50 ans, répétant ainsi un cycle cruel de frustration, de stress et de misère qui dure plusieurs décennies avant que leur vie tragique n'arrive à terme.
+ Les dauphins en captivité traversent sept stades de souffrance au cours de leur vie tragique (Worldanimalprotection)
+ La journée mondiale des dauphins 2026 a eu lieu le jeudi 23 juillet de cette année. Cette date fixe est célébrée chaque année à la même période, en plein cœur de l'été (dans l’hémisphère Nord), moment idéal pour mobiliser une audience estivale sensible aux problématiques marines.La Journée mondiale des dauphins en captivité 2026 rappelle que plus de 3 000 dauphins restent actuellement dans des installations captives utilisées pour des activités touristiques et des spectacles.
Journée mondiale des dauphins en captivité 2026 (Especes-menacees.fr)
Journée mondiale des dauphins 2026 : le rendez-vous incontournable du 23 juillet pour la sauvegarde des cétacés (Comdewouf.fr)

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