La création de la première zone lagonaire intégralement protégée, à Bora Bora, a été actée par le Conseil des ministres. Soit la première réserve lagonaire de Polynésie où toute activité humaine est interdite ; À Manihi, le Rahui, cette pratique ancestrale de préservation des ressources, a porté ses fruits. Instauré il y a 8 ans, il a transformé le visage du lagon ; Au fond de la vallée de la Punaruu, à Tahiti, l’association Te rau ati ati a tau a hiti noa atu se mobilise depuis des années pour sauvegarder quelques dizaines d’espèces endémiques sur le plateau de Maraetia ; L'île de Ua Huka, aux Marquises, abrite une espèce endémique de perroquet, le Pihiti. Zéro tolérance pour les nuisibles comme le rat noir capable de ravager toute une île et mesures de protection renforcées à l'occasion du Matavaa ; la SOP Manu parvient pour la première fois à faire naître et grandir un monarque de Fatu Iva en captivité. Un espoir pour sauver cette population de seize individus et seulement deux couples qui se reproduisent... ; Une grosse tortue bloquée sur le récif, à Arutua (Tuamotu), sauvée par des habitants de l'île d'une mort certaine.
# Le Conseil des ministres a officialisé le classement de 574 hectares du lagon sud de Matira en espace naturel protégé de catégorie 1, créant ainsi la première réserve lagonaire de Polynésie où toute activité humaine est interdite.
Plus de pêche ni d'activité nautique autorisée sur 574 hectares, en face de la plage de Matira... Le projet avait déjà reçu l'avis favorable de l'assemblée de Polynésie le 13 novembre dernier. Ce mercredi (17 décembre), le dispositif a été validé en conseil des ministres.
Ce rāhui devient l'un des plus stricts de Polynésie. (…) L'objectif est double : permettre la reconstitution des écosystèmes et offrir un espace de référence pour la recherche scientifique. À l'origine de cette décision, le projet Bora-Biodiv, lancé en 2019 par la commune de Bora Bora en collaboration avec le CRIOBE. (…) Le choix d'un rāhui s'est imposé à l'issue d'une large concertation menée entre 2021 et 2022 auprès de la population. Pour en assurer la mise en œuvre et le suivi, un comité de gestion, le Tomite Poporāhui, réunit l'ensemble des parties prenantes. Il sera chargé de veiller au respect du classement, d'accompagner les usagers et de suivre l’évolution du milieu. (…)
Rāhui de 574 hectares à Bora Bora : la première réserve lagonaire de Polynésie validée en conseil des ministres (Polynésie 1ère)
La décision a été actée, mercredi, en Conseil des ministres : le classement en rahui de 700 hectares de surface maritime à Bora Bora. Toutes les activités y seront interdites pour permettre à la vie sous-marine de reprendre ses droits. Un choix assumé et construit avec la population, pour préserver la biodiversité marine. « On essaie de faire une réserve qui va bénéficier à l'ensemble du lagon », explique à TNTV le maire de la « Perle du Pacifique », Gaston Tong Sang.
Elle incarne l’archétype du paradis polynésien, mais sous ses eaux turquoise éclatantes de santé, la Perle du Pacifique en sait finalement assez peu sur l’état de sa biodiversité marine. A la demande de la commune, le Criobe de Moorea a regardé de plus près la vie sous-marine. (…) La zone retenue s’établira au sud de Matira, où la biodiversité marine est plus faible, soit 700 hectares de surface, 250 hectares dans l’océan et 500 dans le lagon. (…). « Heureusement que le site choisi ne gêne pas les prestataires de services. Bien sûr, il y a un peu d’activités de pêche, mais ce n’est pas là où les pêcheurs vont énormément », dit Gaston Tong Sang.
« Ce Rahui sert bien sûr avant tout aux pêcheurs, parce qu’il faut qu’ils continuent à vendre des poissons de bonne taille, comestibles, et non pas des petits poissons, et pour la population qui continue à pêcher le pahua, le week-end. On essaie de faire une réserve qui va bénéficier à l’ensemble du lagon de Bora », poursuit le tavana. (…)
Bora Bora : une réserve naturelle devenue indispensable pour permettre aux poissons de se reproduire (TNTV)
Lors du Conseil des ministres de ce mercredi (17/12), le gouvernement a acté le classement de 574 hectares du lagon de Bora Bora en espace naturel protégé de catégorie 1. Toutes les activités y seront interdites, une première dans un lagon de Polynésie. (…). Cette réserve sera située sur le récif sud de Matira et s’étendra « sur 7,2 km de long et 750 mètres de large répartis entre une bande lagonaire de 500 m à partir du récif barrière et 250 m à l’extérieur du récif, côté large ».
« Porté par la commune de Bora Bora en étroite collaboration avec le CRIOBE, ce classement est l’aboutissement d’un projet de recherche et de conservation né en 2019, baptisé Bora-Biodiv. Ce dernier a mis en évidence une diminution de la taille des poissons et du stock de bénitiers (pahua) et d’oursins (vana) entre 2006 et 2019, mais aussi une pression forte exercée par les activités touristiques sur le lagon de Bora Bora, « notamment du fait de la pollution sonore des différents navires », précise le gouvernement. (…) « Mais des « autorisations spéciales ponctuelles » pourront être accordées à condition qu’elles « ne contreviennent pas aux objectifs de gestion fixés par l’arrêté de classement ». « Ainsi, les pirogues en course pour la Hawaiki Nui Va’a pourront bénéficier de cette dérogation, mais pas les bateaux suiveurs », indique le gouvernement qui ajoute que « les prochaines étapes consisteront (…) à baliser la réserve et à élaborer son plan de gestion pluriannuel ».
Le lagon de Bora Bora va accueillir une réserve naturelle où toute activité sera proscrite (TNTV)
La création de la première zone lagonaire intégralement protégée a été actée par le conseil des ministres : il s’agit de Popora rāhui, qui couvre 574 hectares au sud de Bora Bora. La zone est fermée à la pêche, à la circulation et aux activités nautiques.
Un mois après l’approbation de l’Assemblée de la Polynésie française, le conseil des ministres a acté la création du Popora rāhui, par le classement de 574 hectares d’espace lagonaire, située au sud de Matira, en espace naturel protégé de catégorie 1. Située sur le récif sud de Matira, la nouvelle réserve s’étend sur 7,2 kilomètres de long et 750 mètres de large répartis entre une bande lagonaire de 500 m à partir du récif barrière et 250 m à l’extérieur du récif, côté large. (…) La genèse de ce rāhui remonte à l’étude Bora Biodiv du Criobe, qui avait constaté en 2019 une diminution de la taille des poissons et du stock de bénitiers (pahua) et d’oursins (vana) entre 2006 et 2019, mais aussi une pression forte exercée par les activités touristiques sur le lagon de Bora Bora, notamment du fait de la pollution sonore des différents navires.
Entre 2021 et 2022, une large concertation menée par la commune auprès de la population, a plébiscité la mise en place d’un dispositif de protection de type « rāhui ». Un comité de gestion composé de 16 membres, baptisé « Tomité Poporāhui » a été créé pour assurer la gestion et le suivi de l’espace protégé. (…) Les prochaines étapes consisteront ainsi à baliser la réserve et à élaborer son plan de gestion pluriannuel.
Une réserve naturelle intégrale dans le lagon de Bora Bora (Radio 1)
# À Manihi, le Rahui, cette pratique ancestrale de préservation des ressources, a porté ses fruits. Instauré il y a 8 ans, il a transformé le visage du lagon. « Les poissons sont revenus. On voit des grosses pièces sur le récif et dans la passe”, constate avec plaisir un pêcheur de l’atoll.
Relancé il y a 8 ans à Manihi, le Rahui est une réussite, comme le constate Tehitirava, un pêcheur de l’atoll des Tuamotu. (…) Pour les pêcheurs, cette règlementation ancestrale est devenue une garantie pour leur avenir, écologique comme économique. (…). Un succès qui doit beaucoup à la commune et à la persévérance des habitants. “Ce Rahui a été dur à mettre en place”, souligne Lyse Haoatai, l’ancienne mairesse de l’atoll, “il a fallu se battre contre ceux qui avaient leurs parcs à poissons. Aujourd’hui, les tatihi et même les marava sont revenus. C’est magnifique”. (…). Pour le maire actuel, John Drollet, le défi consiste à ne pas épuiser la ressource : “Il faudra trouver le juste équilibre : ouvrir pour gagner de l’argent, fermer pour laisser les stocks se régénérer”.
À Manihi, le Rahui est bien plus qu’une tradition. C’est un engagement collectif pour préserver le milieu maritime, transmettre un savoir, et assurer la subsistance des générations futures.
À Manihi, le Rahui a redonné vie au lagon (TNTV)
# Les hauts plateaux de Tahiti abritent de nombreuses espèces d’arbres, dont certaines sont menacées de disparition. Au fond de la Punaruu, l’association Te rau ati ati a tau a hiti noa atu se mobilise depuis des années pour sauvegarder quelques dizaines d’espèces endémiques sur le plateau de Maraetia. Certaines essences sont si rares qu’on en a oublié leur nom polynésien.
Le plateau de Maraeti’a, connu pour ses orangers, abrite bien d'autres trésors. Le tamore mou’a, par exemple, est endémique à Tahiti et malheureusement menacé d'extinction. On ne compte plus qu'une centaine d'individus sur l'île.
(…). Depuis 2017 l’association Te rau ati ati préserve plus d’un hectare de forêt entouré d’une barrière pour éviter l’intrusion de cochons sauvages. Autre menace : le rat. Plus de 300 pièges ont été disséminés dans la zone et aux alentours. (…). Les espèces végétales envahissantes ne manquent pas. On y retrouve le tulipier du Gabon, le falcata ou encore les lianes passiflores. Mais les arrachages ne suffisent pas, il faut replanter. (…). Le plateau situé à plus de 4 heures de marche abrite bien d’autres espèces indigènes. Malgré son accès difficile, l’association y est présente au moins 10 jours par mois pour mener à bien ses missions, grâce aux subventions de la commune de Punaauia et au Fonds européen. (Regarder le reportage vidéo)
Sur les hauts plateaux de Tahiti, des passionnés essaient de sauver des espèces rares en danger (Polynésie 1ère)
# Pendant ce Matavaa (Festival des Arts et de la Culture des Îles Marquises), de nombreux festivaliers arrivent de toute la Polynésie. Un risque pour l'île de Ua Huka qui abrite une espèce endémique de perroquet, le pihiti. Un oiseau devenu rare et donc à protéger. Notamment avec des chiens formés pour détecter les nuisibles, dont les rats noirs.
À Ua Huka, personne ne touche terre sans être inspecté. Quand on arrive par la mer ou par les airs, la règle est la même. Zéro tolérance pour les nuisibles comme le rat noir capable de ravager toute une île, mais pas que.
"Ces chiens détecteurs préviennent l'introduction du rat noir qui n'est pas encore sur cette île. Hier, on a eu une passagère qui nous a fait part du fait qu'elle avait vu un bulbul sur le Tahiti Nui en venant de Tahiti. Du coup, on a directement déclenché une alerte auprès de la population pour qu'elle soit vigilante. L'équipage du Tahiti Nui n'a pas retrouvé les oiseaux, mais ils ont trouvé un nid avec des œufs. Donc voilà, c'est un risque parce que le bulbul détruit les oiseaux endémiques, il mange les abeilles, il détruit les cultures fruitières. Donc, c'est vraiment important d'être vigilant et d'arriver à le capturer", explique Chloé Brown, présidente de l’association Vaiku’a. À Ua Huka, chaque signalement est pris au sérieux, car une seule introduction peut suffire à faire basculer l'équilibre fragile de l'île. (…) Parmi les visiteurs, des festivaliers du Matavaa en provenance de Ua Pou et Fatu Hiva dont beaucoup découvrent ici l'existence du pihiti, le lori ultramarin, un oiseau endémique à Ua Huka. "Il était auparavant dans la plupart des îles des Marquises, mais malheureusement, à cause des espèces invasives, il s'est éteint et on ne le retrouve plus qu'à Ua Huka…" (…) détaille Benjamin Ignace chargé du programme SOP MANU. (Regarder le reportage vidéo)
Mesures de protection renforcée du pihiti, oiseau endémique de Ua Huka, pendant le festival des Marquises (Polynésie 1ère)
# C’est la première fois que la SOP Manu parvient à faire naître et grandir un monarque de Fatu Iva en captivité. Le programme lancé en 2022 a pour objectif de sauver cette espèce qui vit dans une seule vallée de Fatu Hiva. On compte aujourd’hui seize individus et seulement deux couples qui se reproduisent. Malheureusement, les petits sont rares à arriver à l’âge adulte à cause des rats, des chats sauvages et de la malaria aviaire, une maladie transmise par les moustiques. D’où la mise en place de ce programme pour essayer de remonter les populations. Ce juvénile, qui va bien, porte donc les espoirs de l’association dans cette mission « de la dernière chance ».
Ce sont des moments très délicats que l’association SOP Manu raconte sur sa page Facebook : le prélèvement d’un œuf de monarque de Fatu Iva (écrit sans H pour respecter la graphie marquisienne) dans la nature, son incubation en laboratoire, la naissance du petit et ses progrès de juvénile. Une première pour cette espèce classée en danger critique d’extinction sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). (…)
Fin novembre un œuf est prélevé, à un moment précis où le couple devrait se remettre à pondre un nouvel œuf tout de suite après la disparition du premier, il est déposé au sein d’une couveuse spécialement conçue, où chaque paramètre doit être précisément vérifié : température et taux d’humidité notamment. (…) L’objectif, explique Chiara Ciardiello, est d’avoir 15 oiseaux en captivité et espérer voir des couples se former pour donner naissance à des petits. C’est cette deuxième génération qui sera ensuite relâchée dans la nature pour essayer de faire grandir la population des monarques de Fatu Iva et donc sauver l’espèce.
Dans le cadre du projet Life Stop Extinction, d’autres actions sont prévues comme le suivi des oiseaux dans la vallée, la dératisation, une campagne de stérilisation des chats, la mise en place de pièges à moustiques et un projet mené avec l’institut Malardé pour des lâchers de moustiques stériles.
Un monarque de Fatu Iva naît et grandit en captivité pour la première fois (Radio 1)
# Il est des gestes qu'il faut saluer. Comme le sauvetage d'une grosse tortue il y a quelque temps à Arutua. Bloquée sur le récif depuis plusieurs jours, l'animal n'a dû son salut qu'à l'intervention de plusieurs personnes. Difficile, le sauvetage a pu néanmoins aboutir.
À Arutua, une grosse tortue aurait pu mal finir sa vie, bloquée sur le récif ou en morceaux dans l'assiette de personnes mal intentionnées.
Heureusement il n'en a rien été grâce à l'intervention de Teporutu Temahuki et de sa famille. Sur sa page Facebook, la jeune femme relate comment l'animal, bloqué sur le récif depuis sans doute plusieurs jours, a évité une fin tragique. ( ) (…).Malgré son poids et la fatigue, la tortue avait encore de la force pour se débattre. Pas évident dans ce cas de la déplacer sans se prendre des coups de nageoire. Qu'importe, l'essentiel a été fait : ses sauveteurs ont pu la pousser jusqu'à un endroit où le niveau de la mer est assez conséquent. Pour la relâcher.
Et là, la tortue a regagné le large.
Bloquée sur le récif de Arutua, une tortue sauvée par des habitants d'une mort certaine (Polynésie 1ère)

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