Célébration de l’entrée en vigueur du traité BBNJ, un texte international majeur prolongement de Tai Nui Atea, “deux outils complémentaires”, pour défendre la biodiversité, de la ZEE à la haute mer ; Deuxième appel à projets du programme BestLife2030, dédié à la conservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer de l’Union européenne ; L’Office français de la biodiversité (OFB) lance sa campagne annuelle de financement de micro-projets dans le cadre du programme TeMeUm (Terres et Mers Ultramarines) ; L’association Oceania, fondée en 2017 pour étudier et protéger les mammifères marins du sanctuaire polynésien, a réuni environ 60 participants issus des services du Pays, de l’État, d’associations, d’armateurs et du monde maritime afin de co-écrire une charte de bonnes pratiques de navigation ; Coup d’envoi des travaux d’implantation de 130 ancrages écologiques à Raiatea et Taha’a ; Un porte-conteneurs, en provenance de Nouvelle-Zélande et passé plus tôt par les États-Unis, est arrivé au port de Papeete infesté d’insectes. Le navire a dû passer la nuit au large avec son équipage suite à l'intervention insecticide ordonnée par le service de biosécurité du Port.
# Hasard du calendrier ou clin d’œil diplomatique ? Quelques mois après le sommet de l’Unoc à Nice et en pleine montée des tensions internes au Tavini autour de l’exploitation des fonds marins, la Polynésie française a célébré mardi matin (03/03/26), au musée de Tahiti et des îles, l’entrée en vigueur du traité BBNJ. Un texte international majeur que le ministre Taivini Teai présente comme le prolongement de Tai Nui Atea. “Deux outils complémentaires”, dit-il, pour défendre la biodiversité, de la ZEE à la haute mer.
Dans l’écrin du musée de Tahiti et des îles, ce mardi, le message était double : pédagogique en apparence, stratégique en profondeur. Depuis le 17 janvier, le traité BBNJ – Biodiversity Beyond National Jurisdiction – est entré en vigueur. Une étape saluée comme “à la fois un aboutissement et un point de départ” par Étienne de la Fouchardière, secrétaire général adjoint du haut-commissariat. Adopté en 2023 après près de vingt ans de discussions, ce texte onusien crée pour la première fois un cadre juridique spécifique pour protéger la biodiversité en haute mer, soit près de la moitié de la planète et un tiers de l’océan mondial.
(…) Pour le ministre des Ressources marines et de l’Environnement, Taivini Teai, ce colloque visait d’abord à “fédérer autour de ce traité”, associations et institutions, afin de partager une même compréhension des enjeux. Le BBNJ constitue, selon lui, un levier pour “continuer à acquérir des connaissances pour une meilleure gestion de notre océan”. Dans son discours, le ministre a replacé l’accord dans la continuité de la politique polynésienne : sanctuaire des mammifères marins, interdiction de la pêche à la senne, création en 2018 de l’aire marine gérée Tai Nui Atea couvrant 4,5 millions de km². Le traité permettra notamment la création d’aires marines protégées en haute mer, la réalisation d’études d’impact environnemental et un meilleur partage des connaissances issues des ressources génétiques marines.
(…). Terena Hargous-Chartiez, de la Direction de l’environnement (Diren), voit dans le BBNJ une prolongation logique de Tai Nui Atea : l’enjeu est désormais de relier “une gestion locale avec Tai Nui Atea à une gouvernance mondiale grâce au BBNJ”. Car “ce qui se passe en haute mer peut impacter les efforts que l’on mène dans notre ZEE”. Sur le terrain, cette stratégie se décline archipel par archipel. Tai Nui Atea “n’est pas qu’un zonage”, mais une gouvernance partagée avec les communes et les communautés locales, intégrant savoirs traditionnels et expertise scientifique. Une réserve intégrale de 220 000 km² dans la Société, un parc marin de 700 000 km² aux Gambier, des projets en discussion aux Australes et aux Marquises : l’objectif est d’articuler protection forte et développement durable. Si le colloque s’est voulu technique et pédagogique, le contexte politique local est difficile à ignorer. Le traité s’inscrit dans la dynamique de l’Unoc de Nice, où le gouvernement Brotherson a acté un tournant majeur : classement de la ZEE en espace naturel protégé – et non plus en aire marine gérée comme depuis 2018 – ainsi qu’interdiction générale d’exploitation des ressources marines sur l’ensemble de la zone.
(…). Interrogé sur les positions d’Oscar Temaru, qui plaide pour “explorer et exploiter” les ressources profondes et en a fait un thème de campagne municipale, Taivini Teai reste aligné sur la ligne du président du Pays : “Oui à l’exploration, non à l’exploitation”. Dans son discours, il a simplement reconnu l’existence de “tensions autour de la pêche en haute mer et de l’exploitation des grands fonds”.
(…). Entre ambition environnementale, souveraineté et pressions économiques, le BBNJ ouvre un nouveau chapitre qui reste à écrire collectivement.
ENCADRÉ: BBNJ : quels financements pour la mise en œuvre ?
BBNJ : La Polynésie à l’heure de la haute mer (Tahiti Infos)
# La Polynésie française fait partie des grands bénéficiaires du deuxième appel à projets du programme européen BestLife2030. Huit initiatives locales ont été sélectionnées pour renforcer la protection d’une biodiversité exceptionnelle mais fragile, au cœur des enjeux environnementaux du Pacifique.
La Polynésie française figure parmi les territoires les mieux dotés du deuxième appel à propositions du programme BestLife2030, dédié à la conservation de la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre-mer de l’Union européenne. Sur les 21 projets financés dans le Pacifique, huit sont portés en Polynésie française, pour un montant global inclus dans une enveloppe régionale supérieure à deux millions d’euros (238 millions de francs).
Ce deuxième appel mobilise plus de 8 millions d’euros (954 millions de francs) à l’échelle européenne, afin de soutenir 81 projets locaux. Dans le Pacifique, les lauréats polynésiens rejoignent des initiatives menées également en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, confirmant le poids de la région dans ce programme financé par l’Union européenne.
(…) Coordonné dans le Pacifique par le Comité français de l’UICN depuis plus de dix ans, le programme BestLife2030 vise à répondre à des enjeux particulièrement marqués dans les territoires insulaires : restauration des écosystèmes terrestres et marins, conservation des espèces indigènes et menacées, gestion durable des ressources naturelles, renforcement des aires protégées et lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
(…). Avec deux appels déjà clôturés et deux autres à venir, BestLife2030 poursuit le déploiement progressif de son budget global de 23,4 millions d’euros (2,8 milliards de francs). Pour la Polynésie française, l’enjeu est clair : renforcer la résilience de ses écosystèmes face aux pressions croissantes, tout en donnant aux acteurs locaux les moyens d’agir durablement pour la préservation de leur patrimoine naturel.
BestLife2030 : huit projets polynésiens retenus pour protéger la biodiversité (Tahiti Infos)
# L’Office français de la biodiversité (OFB) lance sa campagne annuelle de financement de micro-projets dans le cadre du programme TeMeUm (Terres et Mers Ultramarines). Les porteurs de projets ont jusqu’au 14 avril 2026 pour déposer leur candidature.
Ce dispositif vise à soutenir des actions concrètes en faveur de la protection et de la restauration de la biodiversité dans les territoires ultramarins. Il s’adresse notamment aux associations, aux petites collectivités et aux gestionnaires d’espaces naturels.
Depuis sa création en 2010, le programme TeMeUm a accompagné plus de 420 micro-projets en outre-mer. Les aides accordées varient de quelques milliers d’euros à 20 000 euros (environ 2,4 millions de Fcfp), selon la nature des initiatives.
La campagne 2026 repose sur trois dispositifs : – Le premier, baptisé Tremplin, finance des projets opérationnels, en particulier les premières expériences de gestion ou les initiatives pilotes testant de nouvelles approches (…) ; – Le dispositif Coopération concerne des actions partenariales destinées à renforcer les capacités techniques des acteurs locaux (…) ; Enfin, l’appel ŕ compagnonnages permet à des professionnels de se former auprès d’une structure experte, à travers des séjours d’une à deux semaines (…).
Les candidatures sont dématérialisées et examinées par des jurys locaux. L’aide peut couvrir jusqu’à 80% du budget prévisionnel du projet et est versée dès le lancement de l’action. Pour candidater : https://demarche.numerique.gouv.fr/commencer/candidature-compagnonnages-temeum-2026
Deux webinaires d’information sont proposés pour accompagner les porteurs de projets :
– Lundi 23 mars, à 8h (heure de Polynésie) : https://temeum.ofb.fr/appels-a-projets/micro-projet/campagne-de-financement-temeum-2026
– Mercredi 25 mars (autres territoires ultramarins) : https://temeum.ofb.fr/appels-a-projets/micro-projet/campagne-de-financement-temeum-2026
Biodiversité : l’OFB ouvre sa campagne de financement TeMeUm 2026 (TNTV)
# Plus de 6 000 traversées par an, des navires à grande vitesse, des milliers de plaisanciers et des cétacés qui fréquentent les mêmes eaux : l’axe Tahiti-Moorea concentre l’un des plus forts risques de collision maritime en Polynésie. Réunis jeudi matin au Hilton, une soixantaine d’acteurs institutionnels, scientifiques et maritimes ont planché sur la rédaction d’une future charte de navigation pour mieux cohabiter avec les baleines dans le sanctuaire des cétacés de Polynésie française.
C’est l’une des routes maritimes les plus fréquentées chez nous. Entre Tahiti et Moorea, plus de 6 000 rotations sont enregistrées chaque année, dont les deux tiers effectués par des navires à grande vitesse. Sur ce tronçon de 5 nautiques, soit environ 10 km, s’entrecroisent ferries, cargos, yachts, pêcheurs et plaisanciers… mais aussi des baleines.
“C’est sans doute là qu’on a le plus grand risque de collision”, a rappelé le directeur adjoint de la Direction polynésienne des affaires maritimes (DPAM), Charles Taputuarai. À ce trafic déjà dense s’ajoutent plus de 300 poti mārara, 80 thoniers, mais aussi de nombreux navires de croisière, des tankers (navire-citerne) qui viennent ravitailler le territoire en hydrocarbures, et entre 12 000 et 15 000 bateaux immatriculés, majoritairement de plaisance.
(…) Pour répondre à ce défi, l’association, fondée en 2017 pour étudier et protéger les mammifères marins du sanctuaire polynésien, a réuni environ 60 participants issus des services du Pays, de l’État, d’associations, d’armateurs et du monde maritime afin de co-écrire une charte de bonnes pratiques de navigation. (…) Quatre tables rondes ont structuré les échanges : pratiques de navigation ; impact du bruit sous-marin ; responsabilité des usagers ; et transmission culturelle. (Pour Charles Taputuarai) l’efficacité passera par l’adhésion de la population, en s’appuyant sur des références locales comme le rāhui, qui a démontré sa capacité à mobiliser durablement.
(…). Au-delà de la future charte, l’association Océania déploie déjà sur le terrain des dispositifs concrets pour limiter les accidents. Avec le programme Ocean Watch, des observateurs de mammifères marins embarquent à bord de navires sur l’axe Tahiti-Moorea afin d’assister les capitaines et documenter la présence des cétacés. (…). En parallèle, Oceania mise sur la technologie avec le projet Ocean IA. Des caméras installées à terre, notamment près des passes de Papeete et de Vaiare à Moorea, seront bientôt couplées à une intelligence artificielle capable de détecter automatiquement les baleines en surface et d’envoyer une alerte aux capitaines. (…). Pour Oceania, l’enjeu n’est pas d’imposer de nouvelles contraintes, mais de construire un consensus avec l’ensemble des usagers de la mer. Une démarche fidèle à l’esprit du Pacifique, où les décisions durables reposent sur l’adhésion collective. (…). Si la charte recueille un large soutien en mars, la Polynésie pourrait disposer d’un outil inédit pour protéger ses baleines tout en maintenant ses activités maritimes essentielles. (…)
Oceania veut pacifier la mer entre navires et cétacés (Tahiti Infos)
# Coup d’envoi des travaux d’implantation de 130 ancrages écologiques à Raiatea et Taha’a. Le déploiement de ces équipements fait suite à la mise en place de zones de mouillage règlementées (ZMR), par arrêté n° 911 CM du 26 juin 2025, régissant la circulation, le stationnement et le mouillage des navires dans les eaux intérieures des communes concernées. Ces travaux s’inscrivent dans la continuité de la mise en œuvre du Projet ESCALES visant à mieux organiser, anticiper et encadrer l’accueil des navires en Polynésie française pour une utilisation partagée et respectueuse de nos lagons. Dans ce cadre, la mise en place de dispositifs d’ancrage écologique constitue l’une des actions concrètes afin de matérialiser la présence des mouillages dans ces zones, et remplacer l’usage de l’ancre traditionnelle. Ce système d’amarrage contribue, en effet, à préserver les fonds marins en permettant aux navires de s’amarrer à des bouées, protégeant ainsi les récifs coralliens et la biodiversité lagonaire, tout en réduisant l’impact des activités nautiques.
(…). Des restrictions temporaires de navigation ou d’accès pourront être instaurées ponctuellement au sein des ZMR. Les usagers en seront informés via des panneaux d’affichage et les canaux habituels d’information aux plaisanciers. En appui, les « Ambassadeurs ESCALES » seront pleinement mobilisés pour sensibiliser les plaisanciers, expliquer les contraintes temporaires et appeler à la plus grande vigilance aux abords des zones d’intervention. (…)
130 ancrages écologiques déployés à Raiatea-Tahaa (Tahiti News)
# Lors d’une inspection à bord d’un porte-conteneurs arrivé mercredi (25/02) au port de Papeete, les agents de la biosécurité ont découvert plus d’une centaine d’insectes sur le pont. Les autorités ont ordonné des traitements insecticides avant toute autorisation de décharger. Pour éviter tout débarquement d’une espèce potentiellement invasive, le cargo a même passé la nuit au large. Et n’a été autorisé à manœuvrer qu’après un nouveau contrôle ce jeudi matin.
Des passagers clandestins. Le Dutch Harbour, porte-conteneurs en provenance de Nouvelle-Zélande et passé plus tôt par les États-Unis, est arrivé au port de Papeete ce mercredi infesté d’insectes. Une centaine de ces intrus ont été découverts par les agents de la biosécurité dès leur arrivée sur le pont du navire de la CMA CGM. Il s’agit, d’après des agents de la biosécurité, d’insectes non autochtones à la Polynésie, de la famille des grillons, potentiellement nocifs pour l’environnement local.
Ce genre de contrôle est systématique à l’arrivée des cargos internationaux. (…)
Cette fois-ci, compte tenu du nombre d’insectes présents sur le navire, la biosécurité a ordonné le traitement du cargo en faisant appel à un prestataire. Afin de donner à l’insecticide le temps d’agir et garantir l’éradication complète des nuisibles présents à bord, le navire a dû passer la nuit au large avec son équipage. Ce jeudi matin, les agents de la biosécurité ont une nouvelle fois procédé à un contrôle complet du porte-conteneurs. Les parasites étaient bien morts et le bateau a été autorisé à décharger. Il doit repartir à 22 heures ce vendredi. (…)
Infesté par des grillons, un cargo contraint de passer la nuit au large avant d’accoster (Radio 1)
Mercredi, les services de la Biosécurité à Papeete ont eu une intervention assez rare à gérer. Le cargo Dutch Harbour, arrivant du port de Tauranga en Nouvelle-Zélande s’est présenté au port de Papeete, infesté de grillons.
“ C’est un événement tout de même très rare”, nous a confié une source au service de la Biosécurité. “Surtout d’un cargo qui arrive de Nouvelle-Zélande où les conditions bio-sécuritaires sont aussi strictes que les nôtres.” La Direction de la biosécurité qui a pour mission d’appliquer la réglementation en matière de protection des végétaux, de santé et bien-être animal et de sécurité sanitaire des aliments, est intervenue immédiatement.
(…). Selon nos informations, au moins deux variétés différentes de grillons, non endémiques de la Polynésie française, ont été découvertes à bord. Des entomologistes étaient encore sur place jeudi pour déterminer si d’autres variétés étaient présentes.
Une alerte aux grillons au port de Papeete (Tahiti Infos)

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