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L'une des activités "phare" en Polynésie consiste en l'observation des cétacés. Cette pratique s’inscrit dans un tourisme en plein essor, mais elle soulève aussi des enjeux de conservation majeurs. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), plus d’un quart des mammifères marins est aujourd’hui menacé. Plusieurs études montrent que des pratiques mal encadrées peuvent altérer le comportement naturel des cétacés. Parmi les plus problématiques : les poursuites ou encerclements répétés de baleines par les bateaux et la nage avec les dauphins. Le système d'attribution des autorisations d'observation des baleines en Polynésie française fait l'objet d'un recours en justice de la part de prestataires qui estiment le critère déterminant de l’ordre d’arrivée, profondément injuste ;  Sur l'ancien site du Dolphin Center, à Moorea, l'association Moana Ora prend la relève de l'ancienne équipe pour proposer un nouveau parcours pédagogique axé sur l'observation à distance des dauphins.

 

 

 

 


# Depuis 2024, les autorisations professionnelles d’approche des cétacés sont soumises à des quotas par île. Et face à l’afflux des demandes, le pays accorde les précieux sésames sur la règle du « premier arrivé, premier servi ». Teva et Heirani Ah-Min, malgré de longues formations, plusieurs millions d’investissement, un dossier déposé dans la première heure de la procédure, et męme un premier retour positif de la Diren, ont finalement appris, quelques jours avant le début de la saison, qu’ils ne pourraient pas exercer. Les deux jeunes entrepreneurs font partie de ceux qui attaquent la réglementation devant le juge des référés ce vendredi.
Certaines fréquentent nos eaux depuis plusieurs semaines déjà, mais c’est bien ce lundi 20 juillet qu’a été lancée la très officielle « saison des baleines » en Polynésie. Une période qui s’étire jusqu’au 20 novembre, et pendant laquelle les professionnels sont autorisés à offrir, suivant des règles strictes, des prestations d’approche et d’observation des mammifères marins. Certains professionnels en tout cas, puisque chaque prestataire, pour bénéficier d’une autorisation de déroger aux règles communes d’approche des cétacés, devait au préalable s’inscrire sur la plateforme Paraoa, ouverte du 26 juin au 3 juillet, pour espérer entrer dans le quota fixé pour chaque île. Un système instauré en 2024 et qui cause chaque année des frustrations. D’autant plus que, face à l’afflux des demandes, et en l’absence de notation de chaque candidature, ce sont les premiers dossiers jugés complets qui obtiennent le précieux sésame. Premier arrivé, premier servi. Une règlementation que plusieurs professionnels évincés ont décidé d’attaquer. En demandant au tribunal administratif, dès ce vendredi et en référé, de suspendre les derniers arrêtés du Pays sur le « whale watching ».
(…)  Du côté de la Diren, on rappelle avant tout que les quotas mis en place correspondent au nombre de prestataires autorisés en 2023, avant la nouvelle réglementation. L’objectif était de figer ce chiffre afin de préserver l’activité des opérateurs déjà en place. « Avant, il n’y avait pas de quota. On a vu qu’en dix ans, de 2014 à 2024, le nombre de navires professionnels a augmenté de 400 %. C’est énorme, mais on le comprend : le whale watching représente une source de revenus importante sur seulement trois mois de l’année », explique Alexandre Verhoest, directeur de l’Environnement. Il précise toutefois que « si on s’était basé uniquement sur le respect de la vie marine, à Moorea par exemple, on aurait divisé ce quota par deux ». Au total, la Diren a reçu une cinquantaine de dossiers complets pour Moorea, 38 pour Tahiti et 6 pour Bora Bora. Les déçus sont donc minoritaires, mais ils existent tout de même.
(…) Les deux parties devraient donc se retrouver devant le juge des référés ce vendredi. En attendant, les heureux lauréats d’une autorisation dérogatoire pour approcher les baleines ont commencé leur ballet touristique, à Moorea et ailleurs.

Whale watching : les prestataires laissés sur le quai attaquent la réglementation (Radio 1) 22/07


Le système d'attribution des autorisations d'observation des baleines est-il légal ? C'est la question examinée ce matin par le tribunal administratif. Cinq prestataires contestent les nouvelles règles mises en place par le Pays. Ils dénoncent en particulier le critère déterminant de l’ordre d’arrivée, qualifié de profondément injuste.
Une « loterie » : voilà comment Me Édouard Varrod, avocat de cinq prestataires de whalewatching, qualifie le système de quota, remis en question chaque année. Ses clients, comme d’autres, ne pourront pas exercer cette saison. Leur dossier, déposé sur la plateforme en ligne Paraoa, gérée par la Diren, n’a pas été retenu. (…) Face à l’afflux des demandes, les autorisations sont attribuées selon un seul critère : l’ordre d’arrivée. Premier arrivé, premier servi. Les réponses, elles, tombent quelques jours seulement avant l’ouverture de la saison.
(…) Pour certains de ces professionnels, qui exercent parfois depuis plus de dix ans, l’activité représente entre 50 et 80 % de leur chiffre d’affaires. Un enjeu considérable : des centaines de réservations ont déjà été vendues, et des investissements engagés avant l’ouverture de la saison. (…) En attendant que le tribunal se prononce sur le fond, les requérants demandent au juge des référés de leur accorder une autorisation provisoire, au moins pour cette saison. (…)

Whale watching : cinq prestataires laissés sur le carreau devant la justice (TNTV)


Les cinq prestataires écartés du nouveau dispositif d’autorisation pour l’observation des baleines n’ont pas obtenu sa suspension. Le juge des référés a rejeté samedi les recours de Full Full, Moorea Blue Diving Center, Tahiti by Boat, Teahupoo Lagoon Tour et Tikehau Ocean Tour, estimant qu’aucun des moyens avancés ne faisait naître de doute sérieux sur la légalité des décisions contestées. Une “loterie” pour les professionnels, une “course à l’échalote” pour le Pays : la bataille se poursuivra désormais devant le tribunal, sur le fond.
Ils demandaient au minimum de pouvoir travailler cette saison. Ce sera non. Après plus de deux heures d’une audience exceptionnellement longue vendredi, le juge des référés a rejeté les cinq recours déposés contre le nouveau dispositif encadrant l’approche des baleines dans une décision rendue samedi. Sans même avoir besoin de se prononcer sur l’urgence, le tribunal considère qu’“en l’état de l’instruction”, aucun des moyens avancés n’est susceptible de créer un “doute sérieux” sur la légalité des décisions attaquées. Un revers d’autant plus lourd que le principe même d’un encadrement faisait finalement peu débat. Les requérants ne contestaient ni la nécessité de protéger les mammifères marins, ni même celle de limiter le nombre de bateaux. “Imposer un quota, pourquoi pas ?”, résume leur avocat, Me Édouard Varrod. Ce qu’ils attaquent, c’est la manière de départager des professionnels pourtant tous certifiés : l’ordre d’enregistrement des dossiers complets sur une plateforme ouverte le 26 juin, sans possibilité de connaître sa place dans la file.  Le Pays défend au contraire la nécessité de freiner une activité qui a changé d’échelle. Son représentant a rappelé qu’à Moorea, le nombre de prestataires est passé de deux en 2004 à 46 en 2024, soit une multiplication par 23 en vingt ans. Une pression qui, selon lui, n’est pas sans conséquence sur les cétacés. Même en limitant à trois le nombre de bateaux présents simultanément, “ça peut vouloir dire que pour une baleine, toute la journée, elle a trois bateaux qui lui tournent autour, avec des nageurs, avec tout ce qui s’ensuit, avec le bruit”.
(…) Un calendrier et une mécanique que Me Varrod a vivement dénoncés vendredi, rappelant que les entreprises doivent anticiper leurs réservations, leurs recrutements et leurs investissements bien avant l’ouverture de la saison. “Vous avez organisé le chaos, vous avez organisé la désorganisation”, a-t-il lancé en direction du Pays.

Whale watching : la “loterie” peut continuer (Tahiti Infos)

Pas de grand chamboulement pour la saison des baleines, qui a débuté ce 20 juillet. Ces prestataires de whale watching passés à côté des quotas cette année dénonçaient un systčme injuste, imprévisible et basé sur le « premier arrivé, premier servi ». Le tribunal administratif devrait retrouver leurs recours au fond dans quelques mois, mais il a pour l’instant estimé, en référé, que les arguments avancés ne créait « pas de doute sérieux » quant à la légalité du système.
(…). Plusieurs prestataires de whale watching, nouveaux sur le marché ou en activité depuis plusieurs années, avaient été écartés, malgré leur préparation et leur conformité aux critères fixés, des autorisations d’observation et d’approche des cétacés attribuées par la Diren. Devant le tribunal administratif, ils dénonçaient, vendredi en référé, la décision de non-attribution, ses conséquences économiques et sociales, mais aussi, pour plusieurs d’entre eux, la réglementation elle-même qui fixait des quotas d’autorisation par île depuis 2024. Et qui, devant le nombre de demandes, donne la priorité aux premiers dossiers complétés, selon la règle du « premier arrivé, premier servi ».
 (…) Des arguments qui n’ont pas fait mouche auprès du tribunal, en tout cas, pour obtenir la suspension des arrêtés en référé. Pour le juge administratif, les prestataires n’établissent pas de « doute sérieux » quant à la légalité du système.  (…)

Whale Watching : le système de quotas épargné en référé (Radio 1)


Le tribunal administratif de Papeete a débouté, ce samedi, 5 prestataires de whale watching qui s’opposaient devant la juridiction aux textes régissant l’attribution des autorisations d’observation de baleines. Il a considéré qu’il n’était pas établi de « doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées ».

Le tribunal déboute 5 prestataires qui contestaient les modalités d’attribution des autorisations d’approche des baleines (TNTV)

Sous couvert de rappel sur les règles d’observation des baleines, le gouvernement revient sur la décision de justice rendue samedi par le tribunal administratif qui avait été saisi par plusieurs centre de plongées et de sorties en mer sur le refus de d’autorisation pour 2026 pour leur activité d’observation tarifée des cétacés.
Pour la saison 2026, 117 demandes ont été enregistrées sur le téléservice Paraoa. À l’ouverture de la saison, 94 autorisations ont été accordées”, explique le gouvernement qui détaille ces autorisations. 46 à Moorea, 31 à Tahiti, cinq à Rurutu, quatre à Bora Bora, trois à Raiatea-Taha’a, deux à Tubuai, une à Maupiti, une à Rimatara et une à Tetiaroa.  
“Cette répartition permet d’adapter le nombre d’autorisations à la réalité de l’activité et au niveau de pression constaté dans chaque île”, poursuit le communiqué qui justifie les ouvertures d’autorisations à Mangareva, Maupiti, Rimatara et Ua Huka “où la pression liée à l’observation des baleines demeure faible” pour “se développer progressivement, dans la limite de trois autorisations professionnelles par île”.
Dans les autres îles, “les plafonds sont maintenus” et “identiques à ceux fixés en 2024 et reconduits en 2025”. Cette modulation territoriale traduit l’équilibre recherché par le Pays : “permettre le développement progressif d’une activité économique durable dans les îles où la pression demeure faible, tout en maintenant les plafonds dans les zones où l’activité est déjà fortement concentrée”, justifie le communiqué.
(…)

Le Pays se justifie sur les sorties baleines (Tahiti Infos)




Pour en savoir plus : Tourisme et cétacés : comment concilier émerveillement et protection ? (Aquabase.org)

 

 




# Baignades avec les dauphins et immersions avec le public, c'est désormais terminé. Sur l'ancien site du Dolphin Center à Moorea, l'association Moana Ora prend la relève pour proposer un nouveau parcours pédagogique axé sur l'observation à distance et la préservation de Hina et Kuokoa, les deux derniers pensionnaires du bassin.
Depuis janvier, Il y a du nouveau sur le site de l’ancien Dolphin Center de Moorea. Aux commandes désormais, l’association Moana Ora, créée notamment pour assurer l’avenir de ses deux derniers pensionnaires. « La différence principale entre le Dolphin Center et Moana Ora, c’est qu’aujourd’hui il n’y a plus de mise à l’eau avec les dauphins, il n’y a plus de contact avec le public, explique Yan Panheleux, directeur animalier en charge des opération à Moana ora. Les gens font uniquement de l’observation à distance, tout en gardant les valeurs éducatives sur cette espèce. » Ils étaient six au début de l’activité du Dolphin Center. Aujourd’hui, Hina, 48 ans, et Kuokoa, 31 ans, sont les deux derniers dauphins du site.
Depuis le 5 janvier, les visiteurs peuvent les observer dans le cadre d’un parcours pédagogique d’une heure, consacré plus largement au milieu marin. « L’ambition de Te Moana Ora, dans un premier temps, c’est encore et toujours de bien s’occuper de Hina et Kuokoa […] et de développer des programmes éducatifs, culturels et scientifiques axés sur la biodiversité marine ici en Polynésie. »

Fin des immersions à Moorea : comment l’association Moana Ora réinvente le Dolphin Center (TNTV)

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