Le gouvernement polynésien appelle l’État à intervenir auprès des autorités américaines et des instances internationales pour empêcher un projet d’exploration minière des grands fonds dans le South Penrhyn Basin. Ce site, situé à près de 5 000 mètres de profondeur et qui couvre plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés, est réputé pour ses importantes concentrations de cobalt, de nickel et de cuivre sous forme de nodules polymétalliques. Cette opération ravive, aussi en Polynésie française, le débat sur l’exploitation des grands fonds marins. Située à proximité immédiate de la nouvelle aire marine protégée de la Société Ouest, cette zone est considérée comme stratégique pour la biodiversité du Pacifique et pour l’avenir des ressources halieutiques de la région.
Comme il l'avait annoncé, Moetai Brotherson n'est pas resté passif face au projet d'exploration minière porté par la startup californienne Americain Deep Sea Minerals dans le South Penrhyn Basin, près des eaux du Pays. Le gouvernement demande ainsi à la diplomatie française d'engager des démarches auprès des autorités américaines et de la communauté internationale pour faire suspendre la demande de l'entreprise, réclamant sa protection via le traité international BBNJ.
Le Pays sollicite les moyens diplomatiques de l’État. Ce mercredi, un projet d’arrêté invitant la France à intervenir sur le plan diplomatique et juridique pour protéger les fonds marins du South Penrhyn Basin a été présenté en Conseil des ministres. Cette région enclavée entre les zones économiques exclusives de la Polynésie française, des Îles Cook et de Kiribati, située à 5000 mètres de profondeur et riche en nodules polymétalliques, fait l’objet d’une demande de licence d’exploration déposée par l’entreprise American Deep Sea Minerals Inc. auprès de l’administration américaine (NOAA). (…)
L’exécutif rappelle que la démarche américaine s’effectue sous le seul empire du droit national des États-Unis, sans solliciter l’Autorité internationale des fonds marins, les US n’ayant jamais ratifié la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de Montego Bay, en 1982. Le gouvernement alerte sur le cumul des pressions environnementales dans cette zone, déjà soumise à la pêche à la senne, et rappelle que ce secteur avait été identifié par la Polynésie française pour devenir une aire marine protégée internationale dans le cadre de l’accord BBNJ sur la haute mer. Le Pays formule en outre trois demandes à destination de l’État.
(…) « Cette démarche vient s’ajouter aux actions déjà engagées par la Polynésie française pour la protection de l’océan Pacifique, notamment la création du réseau d’aires marines protégées Tainui Atea et son opposition constante à toute exploitation minière des fonds marins dans sa propre zone économique exclusive » , conclut le gouvernement.
Le Pays appelle l’État à faire barrage au projet minier de Deep Sea Minerals près des eaux polynésiennes (TNTV)
Ce mercredi, le conseil des ministres a adopté un voeu demandant à l’État français de s’opposer à un projet d’exploration minière porté par une entreprise américaine dans le South Penrhyn Basin. Cette vaste zone de haute mer, située aux confins des zones économiques exclusives des îles Cook, de Kiribati et de la Polynésie française, est jugée stratégique pour la biodiversité et la pêche. Le Pays souhaite également qu’elle puisse, à terme, bénéficier d’un statut de protection internationale.
Le gouvernement appelle l’État à intervenir auprès des autorités américaines et des instances internationales pour empêcher un projet d’exploration minière des grands fonds dans le South Penrhyn Basin. Située à proximité immédiate de la nouvelle aire marine protégée de la Société Ouest, cette zone est considérée comme stratégique pour la biodiversité du Pacifique et pour l’avenir des ressources halieutiques de la région.
(…) À l’origine de cette demande figure un projet d’exploration porté par la société américaine American Deep Sea Minerals Inc., actuellement examiné par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA). L’entreprise souhaite obtenir une licence d’exploration de nodules polymétalliques dans une zone de haute mer située entre les zones économiques exclusives des îles Cook, de Kiribati et de la Polynésie française.
(…) Le conseil des ministres a adopté ce mercredi un projet d’arrêté formulant un vœu à l’attention de l’État français afin qu’il engage des démarches diplomatiques et juridiques pour protéger le South Penrhyn Basin, une vaste région sous-marine du Pacifique Sud convoitée pour ses ressources minérales. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse largement le cadre d’un projet minier. Le secteur visé jouxte directement la réserve intégrale de la Société Ouest, intégrée au réseau d’aires marines protégées Tainui Atea créé en septembre dernier dans le prolongement des engagements pris lors de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC3).
(…) Situé à près de 5 000 mètres de profondeur, le Penrhyn Basin couvre plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés. Réputé pour ses importantes concentrations de cobalt, de nickel et de cuivre sous forme de nodules polymétalliques, il est considéré comme l’un des secteurs les plus prometteurs au monde pour l’exploitation minière des grands fonds, après la zone de Clarion-Clipperton dans le Pacifique central.
Le gouvernement souligne toutefois que la demande américaine est instruite dans le seul cadre de la législation des États-Unis, sans passer par l’Autorité internationale des fonds marins, pourtant compétente pour encadrer les activités menées dans les fonds marins internationaux.
(…) Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la politique menée par la Polynésie française en faveur de la protection des océans, illustrée ces derniers mois par la création du réseau d’aires marines protégées Tainui Atea et par son opposition répétée à toute exploitation minière des fonds marins dans sa propre zone économique exclusive.
Fonds marins : le Pays veut bloquer un projet minier américain en bordure de la Société (Radio 1)
Pour rappel : Vente de droits miniers au large des Samoa américaines, malgré l’opposition du gouvernement local et des militants culturels et environnementaux du Pacifique. Une opération qui ravive, comme en Polynésie française, le débat sur l’exploitation des grands fonds marins in La protection de l'environnement peut prendre plusieurs formes (AvA-Infos)
# ”Nous demandons à l’État de clarifier sa position par rapport à cette initiative américaine." Le gouvernement polynésien hausse le ton face à un projet minier aux portes de ses eaux. Une prise de position qui intervient alors qu’une étude commandée par le Pays détaille comment mieux développer des secteurs sur lesquels la Polynésie française mise déjà, sans avoir à recourir à l’exploitation minière des fonds marins. Entretien avec le président Moetai Brotherson.
« Je pense que ce serait plus simple si nous étions indépendants, pour porter directement notre voix. Aujourd’hui, nous ne sommes pas membres de l’ISA, l’Autorité internationale des fonds marins. La France, elle, l’est. » Le gouvernement Brotherson demande donc à l’État de se prononcer sur un projet d’exploration minière situé à proximité de la zone économique exclusive de la Polynésie française. Porté par la société californienne American Deep Sea Minerals, il concerne le South Penrhyn Basin.
« Aller exploiter les fonds marins, c’est une hérésie. C’est à la fois un non-sens économique et une catastrophe environnementale. » Moetai Brotherson dénonce aussi une démarche qui contournerait le cadre multilatéral applicable dans les eaux internationales.
(…) Pas question, pour le président de la Polynésie française, de se laisser séduire par les promesses de l’industrie minière. « Ce que je dis aux grandes nations, c’est : ne venez pas nous donner des leçons d’écologie, venez nous aider à faire autrement. ». Cet « autrement » passe par une meilleure valorisation des ressources et des savoir-faire déjà présents en Polynésie française. C’est précisément l’objet du dernier rapport du projet Capstone, lancé en 2023 par le gouvernement Brotherson. Réalisée par dix étudiants de l’université Columbia et leurs professeurs, l’étude a été rendue publique en juillet*. Elle identifie plusieurs leviers de développement, de la transformation locale au tourisme et à l’aquaculture, ainsi que des investissements plus structurels dans le numérique et les énergies marines. Le rapport conforte la position du Pays, favorable à l’exploration scientifique des fonds marins, mais opposé à leur exploitation industrielle.
(…)
« Ne venez pas nous donner des leçons d’écologie » : Moetai Brotherson défend le modèle de développement polynésien (TNTV)
Pour rappel: * Vente de droits miniers au large des Samoa américaines, malgré l’opposition du gouvernement local et des militants culturels et environnementaux du Pacifique. Une opération qui ravive, comme en Polynésie française, le débat sur l’exploitation des grands fonds marins
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