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Définition d’un modèle de développement économique adapté à notre environnement océanique: un spécialiste américain du développement des petits États, du développement durable ou encore de la responsabilité d’entreprises propose d’aider le Pays à « analyser son potentiel » ;  Déchets, assainissement, eau potable : Les communes veulent un délai supplémentaire pour répondre aux obligations du Code général des collectivités territoriales (CGCT) - un constat amer: « il y a encore trop, beaucoup trop de déchets" - "ras le bol" des incivilités en matière de dépôts sauvages d’ordures ; Transport : Pour décongestionner le trafic sur Mahina, le gouvernement envisage un élargissement de la RT2 de 2 à 3 voies, du bas du Tahara’a jusqu’au bas du quartier de Supermahina ; Innovation : une entreprise polynésienne qu fabrique des câbles de gréements pour voiliers plus légers et plus écologiques veut aussi remplacer les cordages plastiques des fermes perlières par du nape ;  Éducation : le ministre veut faire entrer 100% des écoles et des établissements scolaires de la Polynésie dans une démarche globale de développement durable d'ici trois ans.

 

 

# Après la vice-présidente Éliane Tevahitua et le ministre de l’Agriculture Taivini Teai, c’est avec Moetai Brotherson qu’avait rendez-vous samedi Jenik Radon. Ce spécialiste du développement des petits États, du développement durable ou encore de la responsabilité d’entreprises, est professeur adjoint à l’École des affaires publiques et internationales de l’université de Columbia. (…) La Délégation aux Affaires Internationales accueille déjà depuis juillet deux stagiaires chargées « de recherches dans le secteur de l’exploitation des fonds marins » sur le développement économique. Mais le partenariat pourrait aller beaucoup plus loin. (…) Avec Éliane Tevahitua, Jenik Radon a évoqué des échanges inter-universitaires impliquant l’UPF, et qui couvriraient des champs allant de la recherche environnementale, climatique ou géologique à la pratique artistique. L’université de Columbia, qui met en avant ses propres liens avec d’autres établissements américains, notamment Stanford, se montre très intéressée par la « Gump Station » installée depuis 1985 à Moorea par l’Université de Californie – Berkeley et par un travail avec l’association de conservation Tetiaroa Society. Quelques jours plus tard, c’est au ministère de l’Agriculture que le professeur américain échangeait sur les questions de biotechnologies, de brevets pour la pharmacopée, d’exploitation de la biodiversité… Là encore, Jenik Radon a proposé d’aider le Pays à « analyser son potentiel » et de lui faire profiter du « soutien d’étudiants des meilleures universités américaines » (…) Un projet semble-t-il validé par Moetai Brotherson qui veut plus globalement faire porter la coopération avec Columbia sur « le tourisme, le développement du secteur maritime et agricole, les énergies renouvelables et l’économie digitale ». Le président a insisté sur la place de « l’identité et de la langue » dans le développement du Pays quand le professeur Radon a pointé l’opportunité que constituait l’épreuve de surf des JO 2024 pour faire connaitre la Polynésie sur la scène internationale. L’universitaire préparerait déjà un premier rapport sur lequel se basera son équipe Capstone pour « élaborer la définition d’un modèle de développement économique adapté à notre environnement océanique ». Composée d’une dizaine de membres, elle devrait débarquer au fenua en mars 2024.

L’Université de Columbia va plancher sur le « modèle de développement » polynésien  (Radio 1)

 

ASSAINISSEMENT, DÉCHETS, EAU POTABLE

# Les communes veulent un délai supplémentaire pour répondre aux obligations du CGCT, le code général des collectivités territoriales, en termes d’eau potable et d’assainissement. Toutes ont jusqu’à fin 2024 pour distribuer de l’eau potable à leurs administrés et se charger de l’assainissement de leurs eaux usées. Un délai bien trop court et les fonds manquent, estiment les tavana. Tous ont demandé au syndicat pour la promotion des communes (SPCPF), de travailler sur le texte afin que la date butoir soit prolongée. Ils sont dans l’incapacité de répondre à ces obligations à l’heure actuelle… Fournir de l’eau potable aux administrés, un vrai casse-tête pour les maires des 48 communes de Polynésie française. Non seulement, les conduites sont, pour la plupart, vétustes, mais il faut, en plus, trouver la ressource et la rendre potable. Un gros chantier qui représente des coûts conséquents. Pour l’heure, à peine un tiers des communes fournit de l’eau potable à ses administrés. (Les exemples de Mahina, Teahupoo…) (…) Autre obligation pour les communes : l’assainissement. Et là aussi, ce n’est pas gagné. (…) (zoom sur Arue et Pirae)   Le SPCPF attend de rencontrer le nouveau gouvernement pour aborder ce sujet.

Eau potable, assainissement...: difficile pour les communes de suivre à la lettre le CGCT (Polynésie 1ère)

 

# Dix équipes de bénévoles ont organisé une opération de ramassage de déchets sur la zone industrielle de Motu Uta et Fare Ute. Après un premier ramassage il y a deux mois, les déchets sont de retour. (…) Une opération organisée par Nautisport avec les associations Mama Natura et The Voice of Ocean, originaire du Brésil. Le constat est sans appel pour Toareva Parker : « il y a encore trop, beaucoup trop de déchets. C'est vrai qu'il y a deux mois de cela on a fait déjà une opération de nettoyage sur la zone de Fare Ute et Motu Uta Et là, deux mois plus tard c'est désolant de voir qu'il y a toujours autant de déchets. C'est à nous entreprises de la zone d'adopter les bons gestes, trier etc. »

Plus d'une demi tonne de déchets ramassés à Motu Uta et Fare Ute (Polynésie 1ère)

 

# Dans une récente publication Facebook, la commune de Taiarapu-Est a fait part de son ras-le-bol quant aux incivilités en matière de dépôts sauvages d’ordures. Baie de Phaëton et plateau de Taravao, Maraeapai et plage de Taiharuru à Afaahiti, embouchure de Vaiha à Faaone, aucune commune associée ne semble épargnée. Les abandons de déchets en pleine nature ne sont pas forcément plus nombreux. Ce qui inquiète la municipalité, c’est que malgré les campagnes de sensibilisation, le phénomène perdure. (…) Comme stipulé dans une ancienne campagne de communication de la Direction de l’Environnement, toujours d’actualité, l’amende pour “dépôts d’ordures dans des espaces naturels” peut atteindre 178.998 francs, d’après la réglementation du Code de l’environnement. + Contacts dans le cadre de l’appel à témoins

Dépôts d’ordures à Taiarapu-Est : un appel à témoins pour lutter contre les incivilités (La Dépêche)

 

 

# TRANSPORT

Pour décongestionner le trafic sur Mahina, le gouvernement envisage un élargissement de la RT2 de 2 à 3 voies, du bas du Tahara’a jusqu’au bas du quartier de Supermahina. La troisième voie ne sortirait pas de terre avant 2027. En heures de pointe du matin, les bouchons se créent à chaque carrefour des principaux lotissements rejoignant la voie principale (Mahinarama, Supermahina, Tuauru, et la Pointe Vénus). Le nœud du problème est au niveau du collège de Mahina, qui pâtit d’un fort transit et d’une voie de réinsertion pour les véhicules sortant de l’établissement scolaire. (…) Ce projet actuellement à l’étude relierait le bas du Tahara’a jusqu’au bas du quartier de Supermahina. L’élargissement de la chaussée s’accompagnerait d’une reconfiguration de l’actuelle RT 2, incluant notamment l’aménagement de nouveaux giratoires au niveau du collège de Mahina, aux carrefours de Mahinarama ou de Supermahina, et éventuellement entre le giratoire du bas du Tahara’a et celui de la pointe Vénus. Des glissières en béton amovibles seraient également installées pour permettre le basculement des deux voies en fonction du sens du trafic. Un projet chiffré à 2 milliards de Fcfp selon les estimations, et que le gouvernement souhaite concrétiser d’ici 4 ans.

Un projet de route à 3 voies entre le Taharaa et Supermahina à l’horizon 2027 (TNTV)

La « trois voies » prolongée jusqu’à Mahina ? (Radio 1)

Une troisième voie en projet pour fluidifier la circulation à Mahina (La Dépêche)

Un projet de 3 voies du bas du Tahara’a jusqu’au niveau de Supermahina (Tahiti News)

La route de Mahina pourrait passer de 2 à 3 voies afin de fluidifier le trafic (Polynésie 1ère)

Mais si des solutions sont effectivement attendues afin de décongestionner les flux routiers dans la zone, la nouvelle ne fait pas pour autant l'unanimité du côté des habitants de la commune.  (…)si le président refuse de parler d'expropriation, c'est bien ce qui préoccupe aujourd’hui les administrés de la commune de Mahina.
  “Lorsque j'ai lu l'annonce du projet, j'ai tout de suite pensé à nous, notre terrain, et au fait qu'ils viendront sûrement en saisir une partie”, confie Brenda, dont la maison se situe à seulement deux pas de la route qui devra être élargie. “Nous allons devoir réduire notre espace de vie ? Avoir la route à notre fenêtre ? Et tout ça, sans garantie que les choses vont changer ?” D'autant plus que pour cette habitante de Mahina, le problème est ailleurs : “Aujourd'hui, la circulation est un problème pour tout le monde, et pourtant, on continue à vendre toujours plus de voitures. Il n'y a pas de réglementation à ce niveau, et ce sont nous, les propriétaires terriens, qui devons accuser le coup ?”

Route de Mahina : l'inquiétude s'immisce (Tahiti Infos)

 

 

INNOVATION

La société inaugurait ce vendredi (4/8) à la Pointe Vénus son nouvel atelier de production de haubans textiles en Dyneema. Des câbles de gréements plus légers et plus écologiques, dont Polyacht a réussi à industrialiser la fabrication, les rendant accessibles à tous les navigateurs. L’entreprise polynésienne, déjà à l’assaut du marché européen, en a profité pour présenter Cocorig, projet qui cherche à remplacer les cordages plastiques des fermes perlières par du nape. (…) Il s’agit cette fois de remplacer les cordages plastiques utilisés dans les fermes perlières par des cordages naturels en fibre de coco (le nape). Un nouveau produit, soutenu par le programme Protège et l’Ademe, qui devrait être sur le marché dès 2024. Polyacht travaille en outre sur, un composite de ces deux matières, Dyneema et nape, pour un cordage encore plus solide car il associera le volume du nape à la résistance du Dyneema.

Polyacht, de l’innovation made in fenua jusqu’en haut du mât (Radio 1)

 

 

ÉDUCATION AU DÉVELOPPEMENT DURABLE

# Promotion de la langue, réformes, environnement, ou encore lutte contre le harcèlement scolaire. Ronny Teriipaia a détaillé les priorités du Pays et de son ministère dans sa lettre de rentrée. Inscrit au programme du Tavini durant la campagne électorale, le projet d'écoles immersives se met doucement en place. Le ministre annonce avoir réuni une équipe de 5 experts. (…) Promesse de campagne à laquelle tenait particulièrement le nouveau président du Pays Moetai Brotherson : les écoles immersives. (…) (Le ministre de l'Éducation) souhaite offrir aux Polynésiens « une école dans laquelle ils se reconnaissent, où ils se sentent valorisés et accompagnés pour apprendre, une école qui leur ressemble et qui les rassemble ». (…) Des écoles dans lesquelles les enseignements seraient donnés en langue polynésienne. Le dispositif existe déjà dans l’hexagone, en Corse, en Alsace ou encore en Bretagne.

Une rencontre autour des himene tumu (…) Les réformes nationales appliquées au fenua (…) Lutter contre le harcèlement scolaire (…)

+ École et environnement :

Faire entrer 100% des écoles et des établissements scolaires de la Polynésie dans une démarche globale de développement durable dans une échéance de trois ans… c’est l’objectif qu’a donné le ministre dans sa lettre de rentrée. Le label E3D – École/Établissement en démarche de développement durable – « permettra de reconnaître la mobilisation coordonnée et cohérente de l’école ou de l’établissement dans des projets collaboratifs. Les labellisations existantes – « école en santé », « AME », « éco-école » … sont compatibles avec le label E3D ». Ronny Teriipaia souhaite également « dans les écoles et établissements volontaires », la mise en place de « butte auto-fertiles pédagogiques et partagées » en partenariat avec Fare Rata. « Reprenant les principes des fosses de culture traditionnelles, les maite, ce type de permaculture est particulièrement adapté au contexte de nos îles ». - En PJ dans l'article, "La lettre de rentrée" du ministre de l’Éducation.

Écoles immersives : le ministre annonce avoir constitué une « task force » (TNTV)

(…) Développement durable : objectif 100% d'ici trois ans (…) … pour encourager les pratiques favorables à la santé, les 17 objectifs de développement durable (les ODD) seront intégrés dans les programmes et le tableau de bord des écoles. Le ministre s'est fixé comme objectif que “100% des écoles et des établissements scolaires entrent dans une démarche globale de développement durable dans une échéance de trois ans”.

​Ronny Teriipaia publie sa feuille de route pour l'Éducation (Tahiti Infos)

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