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La commission d’enquête parlementaire sur les conséquences des expérimentations nucléaires en Polynésie a fait son retour ce 1er avril à Paris, après avoir passé une semaine au fenua. Et, au passage, visité l'atoll de Hao où vestiges du CEP laissent progressivement la place à un projet aquacole et une ferme photo-voltaïque. Le ministre de la Santé, Cédric Mercadal, annonce une avancée de l’État vers un potentiel financement des dépenses de la CPS dans le traitement des victimes de cancers potentiellement radio-induits. Dans sa prise de parole, la député polynésienne Mereana Reid-Arbelot a de nouveau évoqué “la nécessité d’une étude épidémiologique” sur l’état de santé des Polynésiens. Et un peu d'histoire : les essais nucléaires auraient-ils pu avoir lieu ailleurs que dans le Pacifique ?

 

 

 

# Une délégation de la commission d’enquête parlementaire sur les conséquences des expérimentations nucléaires en Polynésie est actuellement au Fenua. En déplacement à Moruroa et Hao ce mercredi (25/03), la députée Tavini de la 3ème circonscription de Polynésie française Mereana Reid Arbelot fait partie de la délégation. Plusieurs sujets ont été abordés avec elle sur le plateau du JT de Polynésie la Première. Pour Mereana Reid Arbelot, cette commission pourrait êut-être permettre de faire évoluer la loi Morin.

Lire l'ENTRETIEN. Il nous manque des pages de notre histoire", Mereana Reid Arbelot, députée de la 3ème circonscription de la Polynésie française et rapporteuse de la commission d'enquête parlementaire sur le nucléaire" (Polynésie 1ère)

Journée marathon ce mardi (26/03) pour les membres de la commission d’enquête parlementaire sur les conséquences des essais nucléaires, après une matinée passée à Moruroa les émissaires du Palais Bourbon ont rencontré la population et les élus de Hao et visité quelques sites témoins de l’ancienne base arrière du CEP.
Nous l’avons déjà évoqué tantôt, une délégation de la commission d’enquête parlementaire sur les conséquences des expérimentations nucléaires dans en Polynésie est actuellement au Fenua jusqu’au samedi 29 mars. La délégation est conduite par le président de la commission, Didier Le Gac, député du Finistère, et comprend la rapporteuse Mereana Reid-Arbelot, députée de la Polynésie française, les vice-présidents Yoann Gillet, député du Gard, et Dominique Voynet députée du Doubs. Difficile d’aborder la délicate question des essais nucléaires en Polynésie française sans faire un détour par Moruroa et Hao. (Visite des) vestiges du CEP et des installations marquantes de cette partie de l’atoll comme le grand quai Louarn ou encore l’ex-futur-site du projet aquacole, avant de prendre la direction de la “dalle vautour” qui était à l’époque des essais nucléaires une zone de décontamination des avions chargés des relevés dosimétriques dans les nuages radioactifs, après les essais atmosphériques. Aujourd’hui réhabilité, ce site devrait bientôt accueillir une ferme photovoltaïque. Aujourd’hui réhabilité, ce site devrait bientôt accueillir une ferme photovoltaïque. (…)

Les émissaires de l’Assemblée nationale à Moruroa et Hao (Tahiti Infos)

 

# La commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires en Polynésie française a fait son retour ce 1er avril à Paris après quatre années d’absence alors que cette dernière est censée être réunie deux fois par an. Le ministre de la Santé, Cédric Mercadal, annonce une avancée de l’État vers un potentiel financement des dépenses de la CPS dans le traitement des victimes de cancers potentiellement radio-induits.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par la Délégation de la Polynésie française à Paris, le ministre de la Santé, Cédric Mercadal semble satisfait de la reprise des échanges sur le sujet. “Ça a été un vrai dialogue avec le gouvernement central”, explique-t-il au micro de la représentation de la Polynésie française à Paris. “Les associations ont pu s’exprimer très clairement. L’ensemble des partenaires, des sénateurs, députés et le gouvernement polynésien était là pour revendiquer et surtout collaborer afin d’améliorer le quotidien des Polynésiens qui ont été victimes de ces essais nucléaires et de faire reconnaître les maladies radio-induites.”
La député Tavini Mereana Reid-Arbelot était elle aussi du voyage, tout comme le député Moerani Frébault et la sénatrice Lana Tetuanui. Dans sa prise de parole, elle a de nouveau évoqué “la nécessité d’une étude épidémiologique” sur l’état de santé des Polynésiens. Selon elle, le ministre de la Santé, Catherine Vautrin, ne semblait pas opposée à ce que cette étude soit menée. Une convention entre l’État et le Pays à ce sujet pourrait voir le jour prochainement. La représentante de l’association 193 annonce, toujours dans cette même vidéo, que la prochaine tenue de cette commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires en Polynésie française devrait se dérouler dans six mois en Polynésie française. (…)

L’Etat engagera une mission d’expertise sur les dépenses par la CPS pour le traitement des malades radio-induites (Tahiti Infos) 

Pour rappel: Conséquences des essais nucléaires : la commission d’enquête parlementaire souhaite recueillir les témoignages de la population (AvA-Infos) 25/03

 

 Un peu d'histoire...

# De 1957 à 1962, la France envisage plusieurs sites pour ses essais nucléaires, que ce soit dans les Alpes, en Corse ou dans l’océan Pacifique. Finalement, c'est la Polynésie qui est retenue comme terrain d'expérimentation. Mais la question se pose : les essais nucléaires auraient-ils pu avoir lieu ailleurs que dans le Pacifique ? En Outremer ou dans l'Hexagone ? Eléments de réponses.
… les autorités militaires ont hésité pendant plusieurs années avant de choisir les atolls de Moruroa et de Fangataufa pour installer le Centre d'Expérimentation du Pacifique (CEP). (…). Pour comprendre ce choix, il est essentiel de revenir sur l’humiliation subie par la France en Égypte en 1956, notamment autour du Canal de Suez. (…). L'homme chargé de trouver un site pour faire exploser la première bombe atomique est le général Charles Ailleret. En 1957, il rend un rapport où il envisage deux sites pour les essais nucléaires français. Le Sahara qui a l'époque fait partie de l'Algérie française, mais aussi l'archipel des Tuamotu dans le Pacifique. (…). Finalement, le général exclut les Tuamotu, malgré “des possibilités immenses”. Il invoque notamment l’absence d’aéroport, mais aussi l’impossibilité de relier la France et l’Océanie sans faire escale dans un pays étranger. (…). Dans l'Hexagone, plusieurs emplacements font l’objet d’une étude et retiennent l’attention des autorités. (…) Le premier essai nucléaire français, nom de code Gerboise bleue, est effectué le 13 février 1960 (dans le Sahara). La France procède à 4 tirs atmosphériques. Sous la pression internationale, les autorités optent pour des essais souterrains moins polluants. … Les États-Unis et le Royaume-Uni font déjà leurs essais nucléaires dans le Pacifique. À l’époque, les Marquises, mais aussi Rapa, l’île la plus au sud de la Polynésie, sont envisagées comme lieu possible pour faire les essais. (…). Sans totalement abandonner d'autres possibilités, les autorités demandent que la recherche se porte en priorité sur la Polynésie, d’autant que l’aéroport de Tahiti vient tout juste d’être inauguré. Le principal obstacle aux essais nucléaires en Polynésie est donc levé. (…). …Moruroa est choisie comme champ de tir avec Tahiti comme base de transit. L’atoll de Hao est aussi désigné comme base arrière pour construire les terrains d'aviation de secours. (…) 2 juillet 1966, nom de code Aldébaran. La première bombe atomique explose à Moruroa en Polynésie française. (...)

VIDEOS. Les essais nucléaires auraient-ils pu avoir lieu dans l'Hexagone ? (Polynésie 1ère)


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