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 La liaison par voie terrestre Presqu-île-Papeete par la côte Est donne lieu, matin et soir, à son lot d'embouteillages. La mise en place d'une liaison maritime pourrait contribuer à fluidifier le trafic entre Taravao et Papeete : le groupe Tuatea annonce l'arrivée du Apetahi Express à la Presqu'île à partir du 4 juin 2025 ; le Vaeara'i, quant à lui,  ouvre pour la première fois une ligne vers Makatea en avril 2025 : l'occasion de désenclaver cet atoll surélevé et de privilégier le développement d'un tourisme durable sur cet ancien lieu d'exploitation minière ; Un deuxième appel à projets va être lancé pour de grandes installations photovoltaïques, cette fois-ci sur la partie Nord de Tahiti: la future procédure, plus proche des centres de consommation, avantagera les « projets favorisant la coactivité » et les économies de foncier ; L'interdiction du plastique jetable commence à dérouler son implacable calendrier, et fait grimper l’inquiétude des professionnels: du côté des industriels, on juge cette règlementation « mal ficelée » et « contre-productive » d’un point de vue environnemental ; Ayant connu un important incendie fin septembre 2024, et ainsi contrainte de stopper une partie de son activité, la société Technival  peut désormais assurer 80% de la collecte et du conditionnement des déchets spéciaux et dangereux.

 

 

 

TRANSPORT

# Le groupe Tuatea annonce l'arrivée de son navire, l'Apetahi Express, à Taiarapu le 4 juin prochain. C'est la première ligne maritime qui fera la liaison entre Papeete et la Presqu'ile. "Après de nombreuses études et des échanges constructifs avec le Pays, l'ouverture de la ligne vers Taiarapu est enfin une réalité" annonce le groupe Tuatea, propriétaire de l'Apetahi Express, dans un communiqué. Le premier trajet commercial maritime entre la Presqu'île et Papeete se fera le 4 juin 2025. Le navire partira du quai de Faratea et permettra d'offrir une ligne entre Taravao et le centre-ville.  "Après de nombreuses études et des échanges constructifs avec le Pays, l'ouverture de la ligne vers Taiarapu est enfin une réalité", annonce le groupe Tuatea, propriétaire de l'Apetahi Express, dans un communiqué. Le premier trajet commercial maritime entre la Presqu'île et Papeete se fera le 4 juin 2025. Le navire partira du quai de Faratea et permettra d'offrir une ligne entre Taravao et le centre-ville.

L'Apetahi Express lance la desserte maritime entre Taravao et Papeete le 4 juin prochain (Polynésie 1ère)

 

Malgré le placement en redressement judiciaire de sa société d’exploitation, le navire rapide du groupe Tauati maintient ses projets. L’extension de la ligne des Raromatai vers la Presqu’île, retardée pour « raisons techniques » en octobre aura bien lieu, mais seulement à partir du 4 juin. Le temps pour le Pays de mener les travaux nécessaires sur le quai de Faratea. Quatre rotations par semaine sont prévues, et le groupe compte sur le succčs de cette desserte pour rééquilibrer la situation financière de la compagnie « qui reste fragile ».

(…) L’équipe de Tuanua Degage et Samuel Matton, le directeur général de Tuatea, estime que cette liaison assurée quatre fois par semaine, en plus d’offrir de nouvelles options aux habitants du Sud, va participer à fluidifier le trafic entre Taravao et Papeete, compte toujours, à terme, créer une ligne quotidienne vers la Presqu’île.

L'Apetahi Express lancera ses rotations Papeete-Faratea le 4 juin (Radio 1)

Dans un communiqué transmis ce jeudi après-midi (23/01) aux médias, le groupe Tuatea annonce l'arrivée du Apetahi Express à la Presqu'île à partir du 4 juin 2025. Initialement annoncée pour octobre 2024, l'inauguration de cette desserte-test avait été mise à mal par l'état du quai de Faratea et une coactivité avec le chantier de la zone biomarine, contraintes auxquelles s'est ajouté le placement en redressement judiciaire de l'entreprise. Une situation qui ne semble pas remettre en question les investissements autour de ce projet "retardé, mais solidement préparé". Concernant les travaux à quai, "le Ministère des Grands Travaux et de l'Equipement a confirmé ce jeudi 23 janvier 2025 que les aménagements nécessaires seront achevés d'ici la fin du premier semestre 2025", peut-on lire. Pour rappel, ces rotations maritimes visent à faciliter les trajets de et vers les Raromata'i, mais aussi à tenter de fluidifier le trafic entre Taravao et Papeete avec un temps de trajet de 1h10. (…). Le tarif annoncé reste fixé à 1.000 francs l'aller simple pour Taravao-Papeete, contre 18.000 francs l'aller-retour vers les îles Sous-le-Vent. Les premiers billets devraient être commercialisés fin mars.

Apetahi-Express : la liaison Taiarapu-Papeete confirmée malgré le redressement judiciaire (Tahiti Infos)

Le projet qui a nécessité de « nombreuses études et des échanges constructifs avec le Pays » voit enfin le jour, annonce la compagnie, dans un communiqué. Il permettra des liaisons quotidiennes entre la Presqu’île et Papeete pour « répondre aux besoins de mobilité des habitants », indique la compagnie maritime. À compter du 4 juin, l’Apetahi Express commencera ses rotations. Le bateau quittera le quai de Faratea à 5 heures du matin pour arriver à Papeete entre 6 heures et 6 heures 20 « avant de poursuivre sa route vers les Îles Sous-le-Vent ».

Selon la compagnie, « cette nouvelle ligne répond à plusieurs objectifs clés ». En premier lieu, elle facilitera « les trajets de et vers les Raromatai » car les habitants de la Presqu’ile auront la possibilité d’embarquer depuis Faratea pour gagner les Iles Sous-le-Vent. Elle permettra aussi de contribuer à la fluidification du trafic entre Taravo et la zone urbaine. (…)

L'Apetahi Express lance des rotations Papeete/Taravao (TNTV)

 

# Alors que l'Apetahi Express lance en juin sa desserte entre Taravao et Papeete, le Vaeara'i ouvre pour la première fois une ligne vers Makatea en avril 2025. En une semaine, les deux pensions de l'île affichent presque complet, alors que le salon du tourisme doit débuter le 31 janvier. La compagnie maritime a profité du salon du tourisme, du 31 janvier au 02 février 2025, pour tester une nouvelle destination : Makatea. Le salon n'a même pas encore débuté que l'offre est victime de son succès : la Pension Makatea affiche complet et il ne reste que peu de places du côté de la Pension Hana. Une aubaine pour les deux uniques hébergements de l'île*.

Makatea compte moins de cent habitants et est approvisionné une fois par mois - au mieux - par les goélettes Mareva Nui et Maris-Stella. "Ils transportent quelques passagers mais ce sont les habitants en priorité" rappelle Anavai. Depuis 2019, l'atoll surélevé est aussi desservi par le Tahiti Nui durant la Makatea Vertical Adventure au frais des organisateurs. L'événement a donné un nouveau souffle* à cet ancien lieu d'exploitation minière. L'atoll en tire d'importants bénéfices, mais cela ne dure pas toute l'année. (…). L'atoll n'est desservi qu'en bateau. Généralement, les visiteurs prennent l'avion depuis Tahiti vers Rangiroa puis une navette pour les conduire jusqu'à Makatea. Le trajet prend environ cinq heures mais la durée dépend des conditions en mer. Et pourtant, Makatea est située à 238 kilomètres de Tahiti,  moins loin que Bora Bora (277 kilomètres) ou encore Maupiti. 

Nouvelle ligne vers Makatea : un pas de plus vers le désenclavement de l'atoll (Polynésie 1ère)

* Pour info: Le Comité du Tourisme de Makatea est un comité agréé qui a pour mission de : Coordonner les acteurs du Tourisme et leur porter assistance ; Mettre en oeuvre des actions destinées à promouvoir un tourisme durable et écoresponsable ; Sensibiliser la population locale à l’accueil et au développement touristique durable ; Gérer et diffuser de la documentation touristique. in Comité du tourisme de Makatea (tahititourisme.fr)

 

 

 

GRANDES INSTALLATIONS PHOTOVOLTAÏQUES

À quelques semaines du lancement d’un deuxième appel à projets pour de grandes installations photovoltaïques, le gouvernement a modifié les règles du jeu*. La future procédure, qui sera ciblée sur la partie Nord de Tahiti, plus proche des centres de consommation, avantagera les « projets favorisant la coactivité » et les économies de foncier. Avec des systčmes de serres ou d’ombrières solaires, mais aussi des installations sur des bâtiments, hangars, ou des parkings.

C’était acquis depuis 2021, et le lancement du premier appel à projets photovoltaïques : les 30MW crète de fermes solaires alors autorisées ne seraient qu’une première fournée. Et le Pays devait lancer, avant même leur raccordement, une deuxième tranche d’appel à projets. Fin 2023, la procédure est lancée, puis très vite annulée : devant les débats entre professionnels sur les conditions techniques de ce nouveau pas en avant vers le renouvelable, le Pays avait préféré temporiser. Depuis, les lauréats du premier appel à projets ont tous construit et mis en service, entre novembre et décembre, leurs quatre fermes solaires : Mahana O’hiupe (famille Siu et alliés), Mana Solar (groupe Moux), Fare Meri et Fare Gouwe (Ito Nui, filiale d’EDT-Engie). (…). Le gouvernement, à qui certains reprochent d’avoir « perdu du temps » sur cette deuxième tranche, est bien décidé à avancer. L’appel à projets n’est toujours pas lancé, mais le conseil des ministres de ce mercredi lui a préparé le terrain en modifiant l’arrêté de 2021 qui fixe les règles du jeu de ce genre de procédure. Désormais « 50% de la notation est fondée sur le prix de vente de l’électricité produite et 50% sur le type d’implantation du projet favorisant la coactivité », c’est à dire l’optimisation de l’utilisation du foncier, comme précise l’exécutif dans un communiqué. L’appel à projets de 2021 retenait déjà un critère de « type d’implantation du projet », qui permettait de distinguer les centrales qui n’occupaient pas un terrain pour le seul besoin de la production électrique, mais il ne représentait alors que 25 des 100 points de notation.

(…). Un élément important reste à préciser sur ce deuxième appel à projets solaires : les batteries. L’énergie photovoltaïque, par essence intermittente et soumise aux caprices de la météo, nécessite des capacités de stockage, ne serait-ce que pour lisser la production dans l’heure ou dans la journée. Les quatre premières fermes étaient donc tenues d’être équipées de volumineuses batteries, qui représentent une part importante de l’investissement et de l’ingénierie. Ce que certains – les promoteurs lauréats du premier appel, avant tout – voudraient voir rester la règle à l’avenir. D’autres – des plus petits acteurs, mais aussi la Tep – voudraient que cette obligation soit levée du cahier des charges, et que le stockage se fasse directement sur le réseau. Ce qui implique des investissements publics. (...)

De grandes fermes solaires "sur toiture" dans le Nord de Tahiti (Radio 1)

* Arrêté portant modification de l’arręté du 18 mars 2021 définissant la procédure d’appel ŕ projets portant sur des installations de production d’électricité issue d’énergies renouvelables sur l’île de Tahiti : Le gouvernement souhaite lancer un deuxième appel à projets photovoltaïques au début de l’année 2025 sur la partie Nord de Tahiti (Atimaono – Faatautia). In Conseil des ministres du 22 janvier 2025 (Tahiti News)

Pour rappel: Deux nouvelles fermes photovoltaïques à Taravao (AvA-Infos)

 

 

INTERDICTION DU PLASTIQUE JETABLE

Interdiction du plastique jetable, vaisselle réutilisable dans les fast-foods et roulottes, fin des barquettes et films plastiques… Votée l’an passée, la loi sur les produits à usage unique commence à dérouler son implacable calendrier, et fait grimper l’inquiétude des professionnels. Restaurateurs et industriels dénoncent des mesures contre-productives pour l’environnement et le portefeuille, et prédisent un « souk » général. Pas question de lâcher du lest pour la Diren qui promet des contrôles serrés.

C’est une « fusée à plusieurs étages » qui avait été votée l’an passé et qui a commencé à décoller. La loi du Pays relative à la réduction de l’utilisation des produits à usage unique, qui avait été approuvée à l’unanimité par le Cesec comme par l’assemblée, oblige les restaurants et bars, depuis ce 1er janvier, à indiquer à leurs clients la possibilité de demander de l’eau potable gratuitement, limitant ainsi la commande de bouteilles en plastique. Des début plutôt symboliques, pour un texte qui prévoit des évolutions beaucoup plus nettes des pratiques dans les prochains mois.À partir du 1er juillet, plus aucun gobelet, assiette, touillette paille ou couverts jetables, qu’ils soient en alu ou en plastique, ne pourra être importé, fabriqué ou utilisé au fenua. Six mois plus tard, en janvier 2026, les snacks et roulottes seront contraints d’utiliser, pour leurs plats consommés sur place, de la vaisselle lavable et réutilisable. Exit donc les gobelets en carton, les boîtes à burger dans les fast-foods, les bols de poké en fibre végétal, si ce n’est pour les repas à emporter. Nouvelle salve d’interdictions, et pas des moindres, en juillet 2026 :  les plats préparés, comme les sushis vendus en magasins ou les préparations des traiteurs, devront se passer de barquette plastique ou aluminium. Enfin, les emballages plastiques des fruits et légumes seront bannis début 2027, un an avant les films plastiques alimentaires.

Tout un programme, qui fait grimper l’inquiétude des professionnels à mesure que l’horloge tourne. Au Syndicat des restaurants, bars et snack-bars, qui compte 250 adhérents dont près de 80 % snacks et de roulotte, on se dit particulièrement « ennuyé » par l’échéance du 1er janvier 2026, dans moins d’un an. Son président du  Maxime Antoine-Michard est même « dans l’incompréhension ». « Les restaurateurs sont tout à fait d’accord pour réduire l’utilisation de plastique, il y a de la bonne volonté, mais ils ne comprennent pas cette double règle » d’imposer la vaisselle réutilisable sur place et le jetable sur la vente à emporter. Celui qui est aussi le dirigeant des McDonalds du fenua prédit « une augmentation des coûts », que ce soit pour la vaisselle en elle-même mais aussi pour l’acquisition de lave-vaisselles spécialisés ou pour l’embauche de personnel dédié. Ce qui entraînera, in fine, une augmentation sur le ticket de caisse. Il l’estime aussi « contre-productive » d’un point de vue environnemental, « puisqu’il faudra utiliser de nombreux produits détergents, de l’énergie supplémentaire et de l’eau ».

(…). La Diren, qui a récemment serré la vis au sujet de l’utilisation des sacs en plastique, officiellement interdits depuis deux ans, mais qui dans les faits ont encore cours dans certains commerces ou au marché, prévient qu’il n’y aura, cette fois, pas de période de prévention. Les professionnels sont déjà suffisamment au courant, reprend Ryan Leou. (…) Du côté des industriels, on juge cette règlementation « mal ficelée », comme le dit le président du syndicat des industriels Sipof, Bruno Bellanger, lequel s’inquiète surtout à plus long terme. « les premiers étages de la fusée », en juillet 2025 et janvier 2026 ne sont « pas forcément les plus explosifs ». La disparition des barquettes de la mi-2026, dans moins d’un an et demi, ne serait « pas du tout préparée », pas plus que la fin des emballages plastiques des fruits et légumes non transformés et celle des films alimentaires en plastique. « Il va y avoir des couacs monumentaux », assure l’industriel, pour qui les solutions de remplacement ne sont pas viables. Bruno Bellanger dénonce « un manque de concertation » avec les professionnels du secteur, une écoute relative au Cesec, et qualifie cette la loi de « dictature de l’écologie ». (...)

Loi anti-plastique: les professionnels s'attendent à des « couacs monumentaux » (Radio 1)

 

 

 

COLLECTE ET CONDITIONNEMENT DES DÉCHETS SPÉCIAUX ET DANGEREUX

La société de Tipaerui (Technival), qui avait connu un important incendie fin septembre, peut désormais assurer 80% de la collecte et du conditionnement des déchets spéciaux et dangereux. Un service indispensable pour nombre d’entreprises, en partie assuré grâce à des « solutions temporaires », dont du stockage et des opérations menés directement chez les clients. La direction attend désormais une autorisation temporaire pour tout relocaliser, avant de reconstruire des infrastructures plus modernes sur le même site.

(…). La société, la seule du fenua à assurer cette activité pour les entreprises, a donc été contrainte de stopper la collecte de ce type de détritus, les plus nocifs : explosifs, corrosifs, toxiques, ou encore néfastes pour l’environnement. Ce qui avait provoqué l’inquiétude des entreprises et des collectivités, contraintes de stocker ces déchets. Pour relancer la machine au plus vite, plusieurs pistes de relocalisation ont été étudiées avec le ministère de l’Environnement. (…). Le directeur estime ainsi que Technival tourne actuellement « à 80 %« . (…)  La société ambitionne désormais de retrouver l’essentiel de son activité dans les semaines à venir, en adoptant un « mode dégradé, moins confortable, tout en respectant la règlementation », toujours sur son site, en attendant la déconstruction des ruines de l’infrastructure brûlée.

Quatre mois après, Technival veut passer à la « reconstruction » (Radio 1)

Pour rappel: Énergie, transports, déchets : aller vers plus de "durable" (AvA-Infos)


 

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