Deux projets, pourtant associés à une dynamique de développement durable (écomobilité et gestion des déchets), font l'objets de critique : - Le fondateur d’Hello Scoot’, société de location de scooters électriques alimentés à l'énergie solaire, avait annoncé la semaine dernière qu'il "jetait l'éponge" après cinq ans d’activité. Cette société avait par ailleurs bénéficié de 47 millions de francs CFP au terme d’un appel à projets pour le développement du covoiturage à Tahiti, via la plateforme Wigo, devenue Hello Covoit'. Le représentant non-inscrit Nuihau Laurey s'est indigné du montant de la subvention et exige la création d'une commission d'enquête ; - Le projet Ekopol, qui prévoit une ressourcerie et une dizaine de filières de traitement pour des déchets à la Presqu'île de Tahiti est farouchement contesté par un collectif d'agriculteurs et de riverains qui craignent une extension du centre de Paihoro sur la baie Phaëton. Ils sont soutenus par le maire de Taiarapu-Est et le président de la communauté de communes Terehēamanu.
Alors que Hello Scoot’ est en passe d’être enterré, Nuihau Laurey a interpellé, à Tarahoi, sur les aides accordées en 2024 à la société pour développer un autre projet, Wigo, devenu Hello Covoit’. La plateforme, toujours existante mais désertée, avait bénéficié de 47 millions de francs au terme d’un appel à projets pour le développement du covoiturage à Tahiti. Une somme jugée « excessive » par l’opposition, qui plus est au regard des résultats, mais que le ministre des Grands Travaux ne juge « pas si élevée que ça » en comparaison à d’autres soutiens sectoriels du Pays. De quoi faire monter le ton jusqu’à la suspension de séance, Édouard Fritch dénonçant la légèreté de l’exécutif, Jordy Chan le renvoyant à l’achat inutile du motu Anuanuraro et Nuihau Laurey demandant une commission d’enquête sur Hello Covoit’.
Fin 2024, à l’assemblée, Nuihau Laurey avait interpellé le ministre des Grands Travaux Jordy Chan sur le soutien à Wigo. Cette plateforme développée, par le fondateur d’Hello Scoot Arthur Ceccaldi avec des associés calédoniens, avait été, quelques mois plus tôt, lauréate d’un appel à projet sur le développement du covoiturage à Tahiti. Le représentant A here ia Porinetia s’interrogeait déjà, à l’époque, sur les sommes publiques investies dans ce projet : 47 millions de francs « versés à Hello Scoot' » d’après le Pays, pour développer l’application, la promouvoir et aider les premiers utilisateurs, crédités par la collectivité de 500 francs sur leur compte pour payer leurs premiers trajets de covoiturage. « J’avais exprimé mon scepticisme, et le ministre m’avait répondu par son optimisme », rappelle Nuihau Laurey, qui a réitéré sa question, ce jeudi, à l’occasion de l’étude du compte administratif 2025 du Pays.
Mais cette fois dans un tout autre contexte : le fondateur d’Hello Scoot’ Arthur Ceccaldi a annoncé la semaine dernière qu’il jetait l’éponge, pour cause de contentieux judiciaire coûteux avec un loueur de voiture, et de vols et dégradations répétés sur les scooters en libre service. Aucune précision sur le devenir de Wigo, qui s’était déjà mué plusieurs mois auparavant en Hello Covoit’, et dont l’application reste en ligne, mais avec une activité qui semble au point mort.
(…) L’ancien vice-président et sénateur, qui avait participé à la mission d’information présidée par Tematai le Gayic sur les aides publiques, en vient même à demander, cette fois, une commission d’enquête de l’assemblée, interpellant le président Tony Géros sur le sujet. L’idée n’a pas pu être débattue. Après une intervention d’Hinamoeura Morgant-Cross notant que l’application de Hello Scoot’ est une « coquille vide » depuis longtemps, le ministre dans sa réponse, commence par tacler Édouard Fritch sur « l’achat d’un fameux motu qui s’appelle Anuanuraro ». Un motu racheté en 2002 pour 850 millions à Robert Wan, dans des conditions qui avaient beaucoup interpellé, par le gouvernement de Gaston Flosse dont le leader du Tapura faisait partie, et qui « ne sert toujours à rien ». Assez pour faire sortir le chef de file autonomiste de ses gonds, avec le soutien de certains membres de son groupe, jusqu’à obliger Tony Géros à suspendre la séance. (…)
47 millions, « pas si élevé que ça » ? L’échec de Hello Covoit’ fait bouillir l’assemblée (Radio 1)
Après l'annonce de la fermeture de la start-up Hello Scoot, le représentant non-inscrit Nuihau Laurey s'est indigné du montant de la subvention - 47 millions de Fcfp - accordée à l'entreprise par le Pays. "Choqué" par ce qu'il qualifie d'argent public "mal dépensé" , l'élu exige désormais la création d'une commission d'enquête.
L’entreprise Hello Scoot a annoncé fermer ses portes après 5 ans d’activité. Ce jeudi en séance à l’Assemblée de la Polynésie, l’élu non inscrit Nuihau Laurey s’est interrogé sur la subvention dont avait bénéficié l’application de covoiturage de la start-up, Wigo devenue Hello Covoit’.
(…) L’élu considère les sommes versées à Hello Scoot « excessives » et s’interroge sur une éventuelle procédure de remboursement.
(…) Pour Jordy Chan, ministre en charge des Transports, la somme dont a bénéficié Hello Scoot n’est « pas si élevée que ça lorsqu’on compare à d’autres subventions versées par le Pays dans beaucoup de domaines ». « La raison pour laquelle on a lancé un appel à projets, c’était pour tester un modèle qu’on n’avait pas testé encore en Polynésie, c’est-à-dire une application qui permettait aux usagers d’effectuer des trajets de covoiturage courte distance pour faire des trajets domicile travail ou domicile études quotidiennement », explique-t-il.
(…) Une réponse qui n’a absolument pas satisfait Edouard Fritch « Vous ne nous prenez pas au sérieux ! » a-t-il lancé, remettant en question la somme déboursée par le Pays. « Dans la vie réelle, 47 millions, c’est beaucoup d’argent » pour une « toute petite entreprise, minuscule (…). Qui a touché 47 millions pour lancer une entreprise dont vous avouez vous-même qu’elle a vocation à être déficitaire ? » , a interrogé Nuihau Laurey. « Choqué » , le représentant non-inscrit a ainsi demandé à Antony Géros la création d’une commission d’enquête, pour cet « argent public mal dépensé ».
(…) Un montant « pas excessif » , s’est défendu Jordy Chan, taclant Édouard Fritch sur l’achat de l’atoll de Anuanuraro par le Pays en 2002, alors que ce dernier était ministre de Gaston Flosse – l’ancien président du Pays, pour ce rachat, avait été soupçonné de détournement de fonds publics aux côtés de Robert Wan. Dans cette affaire, tous les prévenus avaient été relaxés. « Il a coûté peut-être plusieurs milliards au Pays il y a plusieurs décennies, et il ne sert toujours à rien » , a-t-il lancé, déclenchant l’ire du président du Tapura et la suspension de la séance.
Vers une commission d’enquête sur la subvention de 47 millions de Fcfp à Hello Scoot (TNTV)
Le ministre de l’Equipement, Jordy Chan, a passé un « sale quart d’heure » jeudi en milieu d’après-midi, à l’assemblée, face au représentant Nuihau Laurey plus que remonté sur l’affaire « WIGO ».
Depuis son arrivée aux affaires, le benjamin de la « dream-team » gouvernementale n’a eu de cesse de multiplier les initiatives pour tenter de régler le problème des embouteillages dans la zone urbaine de Tahiti. Nul ne peut le nier. Même si, à ce jour, les résultats ne font toujours attendre…
Aussi, à défaut de pouvoir restreindre le nombre de véhicules en circulation, Jordy Chan a plaidé pour le co-voiturage au travers une société venue de l’extérieur dont le modèle de développement s’est révélé finalement économiquement non viable. (…)
Mais à la Direction des transports terrestres (DTT), force est de constater que l’on y croit encore. Voici ce que l’on peut lire sur le site internet en question:
« Le covoiturage se développe à Tahiti comme une solution de mobilité durable, permettant de réduire le nombre de véhicules sur les routes, de limiter la congestion et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Accessible à tous, il favorise la le développement des relations sociales, la solidarité, les économies et une circulation plus fluide. » (…)
Co-voiturage: l’aveu d’un échec de Jordy Chan (Tahiti News)
Pour rappel: Un acteur de la mobilité durable en moins au fenua : l’entreprise de location de scooters électriques en libre-service ‘Hello Scoot’ met fin à ses activités. In L'économie durable en blanc et noir (AvA-Infos)
# La contestation s'organise contre le projet Ekopol dont l’installation est prévue à la Presqu'île de Tahiti. Des habitants, réunis en collectif, préparent une manifestation samedi pour dénoncer l'implantation de ce lieu dédié à la gestion et à la valorisation des déchets. Ils estiment que le projet doit se faire ailleurs.
Sur les pancartes les slogans prennent forme. Sabrina Birk mène le collectif des riverains de la Presqu’île et affiche sa détermination : obtenir le retrait du projet Ékopol sur la terre de Vaitaare. Le projet prévoit l’installation d’un site de traitements de déchets, non loin du CET de Paihoro. « On est contre ce projet Ekopol qui veut s’installer sur la terre qui est juste à côté, qui est une terre qui s’appelle Vaitaare, parce que sur cette terre, à la base, il y a des tataa fa’a’apu, des personnes qui plantent des tarodières depuis plus de 20 ans. Et donc, nous on souhaite que cette terre soit réservée à l’agriculture et que Ekopol soit renvoyée à Nive’e sur une zone industrielle. » Pour le collectif, pas question de transformer Taravao en « poubelle de la Polynésie ». Les riverains ne veulent pas voir le cadre naturel de la baie Phaëton se dégrader. Car le projet d’Ekopol est prévu pour durer, avec un bail de 50 ans. (…)
Pierre Baudry, P-d-g d’Enviropol assure comprendre ces inquiétudes et dit vouloir poursuivre le dialogue avec les habitants et les élus de la Presqu’île. (…)
Selon lui, Ekopol n’a pas vocation à devenir un « Paihoro bis ». Au contraire. Le site prévoit une ressourcerie et une dizaine de filières de traitement pour des déchets aujourd’hui sans solution locale, comme les batteries au lithium, les déchets de chantier, les déchets électroniques ou encore les gaz frigorifiques. « On ne vient pas polluer mais on vient pour dépolluer les déchets. On va prendre en charge les déchets qui existent déjà ici et qui n’ont pas de filière de traitement.
(…) Le conseil des ministres a accordé une autorisation d’occupation temporaire à Enviropol, pour l’occupation du terrain. Une terre domaniale qui est aussi exploitée par des familles d’agriculteurs. S’ils ne sont pas propriétaires, ils ont toujours planté ici et craignent de ne plus pouvoir vivre de leur activité. (…) La direction d’Enviropol se dit ouverte à la discussion, y compris sur une éventuelle répartition de certaines activités vers la zone de Nivee. À condition que cette solution soit techniquement et économiquement viable.
(…) Le projet devra encore franchir plusieurs étapes réglementaires, notamment l’enquête publique, avant de pouvoir débuter les travaux.
Une mobilisation en préparation à la Presqu’île face au projet Ekopol (TNTV) Publié le 26/06/2026
Une manifestation contre le projet Ekopol s’est tenue ce samedi après-midi, à Taravao, sous forme de réunion publique associée à une pétition. Une centaine de personnes ont pris part à ce rassemblement porté par le collectif Te Aua’a ia ora, soutenu par le maire de Taiarapu-Est et le président de la communauté de communes Terehēamanu. Un avis défavorable que les tāvana comptent rappeler au président du Pays pour “stopper le projet” sur la terre agricole de Vaitaare.
Samedi après-midi, au centre Teaputa de Taravao, une centaine de personnes ont participé à une manifestation contre le projet Ekopol porté par la société Enviropol. Selon l’arrêté du conseil des ministres en date du 10 mars 2026 autorisant la location d’une emprise de 49.525 m2 sur la terre domaniale de Vaitaare, ce projet comprend l’installation d’une ressourcerie, d’une plate-forme de valorisation de déchets métalliques par la dépollution et le démantèlement en vue de leur recyclage à l’étranger, et d’un centre d’enfouissement technique de déchets ultimes inertes et non-inflammables. Au total, une dizaine de filières de traitement sont prévues.
(…). “Notre objectif, c’est que cette terre revienne aux planteurs de taro pour de l’agrotourisme. C’est une terre grasse et très arrosée. C’est un non-sens : ce n’est pas une zone industrielle, c’est une terre agricole qui doit le rester”, souligne Sabrina Birk en tant que riveraine et porte-parole du collectif de préservation de la baie de Phaëton, Te Aua’a ia ora. Pour la lanceuse d’alerte, pas question de recevoir des déchets électroniques, des batterie lithium ou encore des épaves de bateaux sur place : le projet doit être repensé ailleurs.
(…) Le maire de Taiarapu-Est, qui déplore que l’arrêté ait été pris juste avant les élections municipales, a formulé son avis défavorable à plusieurs reprises. (…) Le maire de Taiarapu-Ouest et président de Terehēamanu est également venu apporter son soutien au nom de la communauté des cinq communes du sud de Tahiti.
(…) Contactée cette semaine, la société Enviropol n’a pas donné suite à notre demande d’interview dans l’immédiat. Son PDG, Pierre Baudry, a indiqué vendredi à nos confrères de TNTV “comprendre les inquiétudes” et se tenir “à disposition pour expliquer le projet”. Il précise qu’il ne s’agit “pas de polluer”, mais de “dépolluer” en prenant en charge “des déchets qui existent sur le territoire et qui aujourd’hui n’ont pas de filière de traitement”.
“Taravao n’est pas une poubelle” (Tahiti Infos)
À la presqu'île, la contestation s'organise face au projet Ekopol. Des habitants se sont mobilisés ce samedi pour dénoncer l'installation de ce site de traitement de déchets, prévu sur la terre de Vaitaare. Familles d'agriculteurs et riverains craignent une extension du centre de Paihoro sur la baie Phaëton.
Depuis quelques jours, c’est la consternation pour les 5 familles du quartier Vaitaare : les terres domaniales qu’elles exploitent depuis 26 ans risquent d’être réquisitionnées pour le projet Ekopol ! Des années de dur labeur, et des hectares de tarodière bientôt effacés par de simples signatures. Une injustice selon ces habitants, car eux n’ont jamais reçu de réponse à leur demande de bail. (…) Une inquiétude qui dépasse les seuls occupants du secteur concerné. D’autres habitants de la presqu’île se sont réunis aujourd’hui pour afficher leur opposition. Au-delà du projet lui-même, c’est la perspective d’une extension du centre d'enfouissement de Paihoro, qui suscite l’inquiétude.
(…) Les élus de la presqu'île ont également pris position contre ce projet. Ils veulent défendre une certaine vision du développement de leur territoire. "Ils viennent dire que c'est pour trier les batteries, il y a une ressourcerie...c'est vrai, c'est un beau projet, je n'ai pas dit que ce n'est pas bon, mais pas là. Taiarapu a supporté Paihoro depuis des années déjà, c'est prévu qu'il ferme dans 10 ou 15 ans, donc on attend. [Quelle solution proposée au Pays ?] Il y a Nivee là-bas, où le terrain a été acheté il y a 20 ans, et pourquoi le terrain n'a-t-il pas été préparé au lieu de lancer ce projet ?", demande Willy Chung Sao, maire de Taiarapu Est. Le projet doit encore passer par l'enquête publique avant tout démarrage des travaux. Une étape, où les opposants comptent bien, encore une fois, se faire entendre.
Levée de boucliers à la presqu'île contre le projet Ekopol (Polynésie 1ère)
Pour rappel: La commune de Taiarapu-Est maintient son opposition au projet Ekopol qui vise à accueillir dix filières de traitement de déchets… In L'économie durable en blanc et noir (AvA-Infos)

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