La protection de l'environnement est multiforme: arrachage d’algues envahissantes dans le lagon de Papara, enième nettoyage de plage à Mahina, déséchouage d’un baleineau à Papara, récupération de véhicules abandonnés à Faa’a, abattage à contre coeur de "l'arbre aux oiseaux" du centre-ville de Taravao… Plusieurs mobilisations collectives ont été engagées ces derniers temps pour la protection de l’environnement, avec des raisons différentes. Dans tous ces cas, la vigilance reste de mise et la population invitée à plus de civilité.
# Ce 24 octobre, une dizaine de bénévoles, accompagnés du comité de rahui de Papara et Mataiea, de la FAPE et de l'Ifremer ont arraché des algues turbinaria ornata, à l'appel de l'association Tamarii no te moana. Ces algues longues et piquantes ont proliféré et étouffent les coraux, empêchant les bénitiers de s'y fixer.
Ce samedi, une dizaine de bénévoles étaient présents pour arracher des algues turbinaria ornata, à l'appel de l'association Tamarii no te moana. Le courant et la houle n'auront pas entamé la motivation des participants. La turbinaria ornata a envahi le lagon de Papara, en particulier cette zone de rahui. Elle colonise rapidement les coraux. “Il y a beaucoup d'algues, constate Emile Otcenasek, président de l’association Faahotu no ananahi. “On a déjà fait un “point zéro” il y a un mois de ça, mais on se rend compte que le nombre d'algues explose”.
Le projet, porté par l'association Tamarii No Te Moana, et cofinancé par l'Europe et la Fédération des Associations de Protection de l'Environnement (FAPE). La FAPE était d’ailleurs présente ce jour-là accompagnée de plusieurs scientifiques. “En tant que fédération, nous sommes là pour soutenir les associations et nous avons également soutenu financièrement le projet via le Fonds Natura Porinetia”, confirme Bélinda Hui, directrice de la FAPE.
En étouffant le substrat, les algues empêchent les larves de corail et les bénitiers de s'installer. Les herbivores ne sont plus assez nombreux pour créer un équilibre. “Ce projet est aussi en lien avec l'université, qui utilisera les algues pour faire de la recherche”, explique Clément Verghnes, président de la fédération des comités de rahui.
Autre point positif dans cette action : Une fois rincée, la turbinaria ornata est un engrais efficace. Riche en acides gras et antioxydants, elle peut aussi être utilisée en cosmétiques. La valorisation de ces algues sera d’ailleurs un complément de revenus aux pêcheurs.
Des bénévoles mobilisés contre l’invasion de l’algue turbinaria ornata (Polynésie 1ère)
- Voir le reportage en vidéo, sur Youtube (1’25”)
# Les étudiants de la prépa HEC du lycée Paul Gauguin sont venus prêter main-forte, ce samedi, à l’association Mama Natura pour nettoyer la plage de Ahonu à Mahina, un spot très prisé par les surfeurs et les familles. Armés de sac et de pinces tous ont longé le littoral pour retirer encore une fois de trop nombreux déchets.
(…) Ensemble ils fouillent le moindre recoin du littoral pour nettoyer la plage de Ahonu. Une initiative solidaire qui témoigne de l’engagement de cette jeune génération sensible aux problématiques environnementales.
(…) L’association Mama Natura en est à sa 33e opération de nettoyage depuis le début de l’année. Elle a déjà retiré en 2026 près de 7 tonnes de déchets sur des bords de routes, des plages et dans les vallées
(…) En plus des canettes et autres bouteilles en plastique, les étudiants et l’association ont collecté plusieurs encombrants jetés le long de la plage : carcasse de tondeuse, aspirateur hors d’usage, ou encore tôles et autres ferrailles.
« On est là pour soutenir les associations comme Mama Natura qui nous aident énormément, mais aussi pour donner envie aux jeunes pour, peut-être, qu’ils prennent exemple sur nous », explique Hanaleï, l’un des étudiantes présentes.
À Ahonu ou sur d’autres sites, les défenseurs de l’environnement veillent à préserver la nature. Face à leur engagement bénévole, leur demande est claire : que les pollueurs soient davantage sanctionnés.
Les étudiants de prépa HEC prêtent main-forte à Mama Natura (TNTV)
# Un baleineau en difficulté est signalé, ce dimanche, dans le lagon de Papara au niveau de la pointe Enrich au PK34. Une tentative de renflouage est en cours.
Un baleineau en difficulté dans le lagon de Papara (TNTV)
Un baleineau a été découvert dans le lagon de Papara aux alentours de 6 heures du matin. Les secours ont été dépêchés sur place. La baignade aux alentours et fortement déconseillée jusqu'à l'extraction du petit vers des eaux plus profondes.
Papara : un baleineau échoué, baignade aux alentours déconseillée (Polynésie 1ère)
Bonne nouvelle pour la baleine juvénile possiblement née en fin de saison dernière, sortie du lagon dimanche soir grâce à la mobilisation conjointe de plusieurs acteurs tout au long de la journée. “On lui souhaite bonne route !”, encourage Agnès Benet de Mata Tohora, tout en saluant “un beau travail d’équipe”. La vigilance reste toutefois de mise en raison des conditions de houle.
Après l’échouage dramatique d’une baleine et de son baleineau fin août entre Papara et Paea, c’est un baleineau “assez âgé” qui s’est retrouvé en mauvaise posture dans le lagon de Papara ce dimanche à proximité de la pointe Enrich.
Plusieurs acteurs se sont mobilisés de 6h30 à 18h30 pour venir en aide au jeune cétacé avec une issue favorable, comme l’a annoncé le Réseau des gardiens de l’océan (RGO) sur les réseaux sociaux, dimanche soir : “Nous vous informons qu’il a pu être renfloué et accompagné jusqu’à la passe d’Apatea”. De son côté, la municipalité “remercie chaleureusement tous les acteurs mobilisés pour leur aide et leur engagement tout au long de la journée afin de sauver le baleineau”.
(…). Selon l’océanologue, le baleineau, évalué à plus de 6 mètres de long pour 5 à 6 tonnes, pourrait être né en fin de saison dernière et s’être détaché récemment de sa mère. “Ce qui pourrait expliquer ses choix maladroits de trajectoire, trop près du récif”, suppose-t-elle, tout en restant optimiste. “On lui souhaite bonne route !”.
En effet, malgré cette bonne nouvelle à ce stade pour cette baleine juvénile, le Réseau des gardiens de l’océan prévient : “Les conditions de mer, marquées par une forte houle, n’ont toutefois pas permis de poursuivre son déplacement au-delà de la passe en toute sécurité. Nous invitons donc les habitants et la population à rester vigilants, car le baleineau pourrait revenir s’échouer à proximité de la passe”.
Papara : le baleineau ramené à la passe (Tahiti Infos)
Nota: Il ne s’agit pas d’un “baleineau”, comme peuvent le laisser entendre les articles, mais d’une baleine juvénile ainsi que le précise l’association Mata Tohora qui a initié cette opération de déséchouage qui a duré 12 heures, sur le platier du récif. Ce jeune cétacé de plus de 6 mètres de long pour 5 à 6 tonnes, n’était plus dépendant de sa mère.
Voir Un sauvetage réussi à Papara : 26/10/26 à 16h41’ sur la page Facebook de l’association Mata Tohora
# Samedi dernier (17/10), les équipes techniques communales de Faa'a se sont mobilisées pour une grande opération d’enlèvement de véhicules abandonnés ou stockés dans différents secteurs de Faa’a.
"2 carcasses en moins dans nos quartiers !" C'est le constat de satisfaction établi par la ville de Faa'a après l'opération d'enlèvement de carcasses de véhicules aux quatre coins de la commune. En effet samedi dernier, les agents communaux les ont enlevées à l'aide 3 camions-bennes et un Case.
(…) Il était temps ! Parce que les carcasses abandonnées présentent des risques pour l'environnement, rappellent les autorités.
Une vieille voiture laissée dans un jardin, sur un terrain ou en bord de route peut avoir des conséquences sur l'environnement et notre santé. Elle peut : favoriser la prolifération des moustiques en retenant l’eau de pluie ; servir de refuge aux rats et autres nuisibles ; entraîner une pollution des sols par les huiles et autres liquides dangereux ; dégrader la propreté et le cadre de vie des quartiers.
La commune de Faa'a insiste pour que "chaque administré ne pas laisse s’accumuler les véhicules hors d’usage sur son terrain. En adoptant les bons gestes, nous contribuons tous à préserver notre environnement et à protéger notre cadre de vie".
La propreté d'une ville relève de la responsabilité collective. L'idéal serait que d'autres communes suivent l'exemple de Faa'a en matière d'enlèvement de ce genre d'encombrants.
42 carcasses enlevées dans des quartiers de Faa'a pour améliorer le cadre de vie des habitants (Polynésie 1ère)
# Élagué début juillet, le célèbre arbre aux oiseaux du centre-ville de Taravao devra finalement être abattu en raison de dégradations internes. À l’issue d’une nouvelle concertation avec la SOP Manu et la Direction de l’équipement, la commune de Taiarapu-Est annonce “une décision difficile”, mais “nécessaire pour la sécurité”.
La sentence est tombée ce mercredi. Sur sa page Facebook, la commune de Taiarapu-Est informe que l’arbre aux oiseaux – célèbre manguier situé dans le centre-ville de Taravao, à l’intersection des routes de Faaone et Tautira – doit être abattu pour des raisons de sécurité. Début juillet, des travaux d’élagage avaient été effectués par la Direction de l’équipement (DEQ), épaulée par la Société d’ornithologie de Polynésie (SOP) Manu pour la sauvegarde des nids. Des branches fragilisées avaient été coupées, mais d’autres portions de l’arbre continuaient d’inquiéter les autorités, des analyses faisant état de dégradations internes.
(…) Associée à cette concertation depuis plusieurs mois, l’association sera chargée de la prise en charge des poussins et des œufs dans les nids restants. “C’est difficile pour nous, parce que ce manguier a toujours été là et il fait partie du paysage de Taravao, mais surtout, il servait d’abri à la seule colonie d’oiseaux marins, les Noddis noirs, ici sur la Presqu’île”, remarque le président de la SOP Manu, Robert Luta, dans une vidéo publiée par la commune, tout en reconnaissant qu’il n’y a pas d’autre issue possible. (…)
Vers un abattage de l’arbre aux oiseaux (Tahiti Infos)
Il menaçait la sécurité des automobilistes. L'arbre aux oiseaux de Taravao a été abattu ce mercredi. Selon l'association SOP-Manu, aucun nid avec oeuf ou oisillon ne se trouvait sur l'arbre. La colonie de noddis noirs devra se trouver un nouvel habitat.
À Taravao, « l’arbre aux oiseaux », manguier situé en centre-ville, a été abattu ce mercredi. Une décision prise après concertation entre la la commune de Taiarapu-Est, la SOP-Manu qui oeuvre pour la protection des oiseaux, et la direction de l’Environnement. « C’est la seule colonie de noddis noirs, donc c’est vrai qu’on est contents qu’il n’y ait pas d’oiseaux, pas de nids avec oisillons à l’intérieur pour pas déranger, explique Juliette Beaumont, responsable du centre de soin de la société d’orhithologie. On a travaillé avec la DEQ (direction de l’Equipement, NDLR) pour abattre l’arbre au bon moment pour éviter les dégâts sur la colonie justement. Qu’il n’y ait pas de nids, pas d’oiseillons, pas d’œufs. C’était le meilleur moment pour intervenir, le fait qu’il n’y avait pas de nids actifs. »
L’arbre avait été taillé une première fois en juillet. Mais il menaçait la sécurité des automobilistes. C’est avec un pincement au coeur que le maire délégué de Afaahiti voit le manguier disparaitre.
(…) « Avec la saison des cyclones qui arrive, il fallait de toute façon pour raison de sécurité abattre complètement cet arbre, ajoute Juliette Beaumont. Je pense que les naudis vont aller ailleurs. Ils vont élire domicile dans un autre endroit. »
L’arbre aux oiseaux de Taravao abattu (TNTV) actualisé le 28/10
L’arbre aux oiseaux de Taravao a été abattu pour des raisons de sécurité, ce mercredi. Des représentants de la DEQ, de la commune de Taiarapu-Est et de la SOP Manu étaient mobilisés sur place, non sans émotion, y compris pour les passants. L’implantation d’une sculpture ou d’un nouvel arbre de petite taille est en réflexion.
Comme annoncé à l’issue de plusieurs réunions de concertation entre la Direction de l’équipement (DEQ), la commune de Taiarapu-Est et la Société d’ornithologie de Polynésie (SOP) Manu menées ces derniers mois, l’arbre aux oiseaux de Taravao a été abattu ce mercredi. En juillet dernier, il avait fait l’objet de travaux d’élagage en veillant à la préservation des nids et des poussins de Noddis noirs ; un îlot de vie sauvage au cœur du centre-ville qui n’aura pas résisté aux assauts du temps et de l’urbanisation.
Les autorités, impliquant également la Direction de l’agriculture (DAG), ont dû se rendre à l’évidence entre les chutes de branches et l’état de détérioration du vieux manguier, confirmé par un diagnostic technique.
Une dizaine d’agents étaient mobilisés, dont un bûcheron perché sur une nacelle. Avant d’allumer sa tronçonneuse, il s’est assuré de l’absence de nids et de poussins sous le regard de Juliette Beaumont, responsable du centre de soins de la SOP Manu à Toahotu. “C’était le meilleur moment pour intervenir, parce qu’il n’y avait pas de nids actifs, donc pas de gêne à ce niveau-là. Les oiseaux ont déjà commencé à quitter l’arbre”, remarque-t-elle, confiante, tout en regrettant qu’il y ait “de moins en moins d’arbres dans les rues”. D’autant que cette colonie de ‘ōio est unique à Tahiti. “Ce matin, ils étaient encore nombreux perchés sur les fils électriques, donc ils vont trouver où nicher ailleurs. Il y a d’autres grands arbres dans les environs. Ce n’est pas une espèce menacée, mais ça reste un oiseau marin endémique, donc c’est bien d’en prendre soin au maximum”, poursuit la référente, qui va continuer de s’occuper des cinq oisillons rescapés de la précédente opération d’élagage jusqu’à leur envol.
(…) Si ce carrefour régulièrement engorgé pourrait un jour prendre la forme d’un rond-point, dans l’immédiat, c’est un autre projet qui est évoqué pour combler le vide suite à l’abattage de cet arbre emblématique du centre-ville de Taravao. Plusieurs pistes se dessinent en veillant à ne pas perdre à nouveau en visibilité pour les automobilistes. (…)
Dernier envol pour l’arbre aux oiseaux (Tahiti Infos) actualisé le 28/10
Le noddi noir est un oiseau marin, qui aimait particulièrement nicher dans un arbre bien connu de la Presqu'île, situé au carrefour menant vers Tautira. Cet arbre emblématique a dû être abattu ce mercredi 28 octobre dans la matinée, pour raison de sécurité. Comme le flamboyant de Faa'a, ce manguier aura marqué l'histoire de Taravao.
Le manguier de Taravao, bien connu de tous, n’est plus. Cet arbre centenaire a marqué plusieurs générations.
Titaua Vehiatua, qui a joué à ses abords durant sa petite enfance, assiste aujourd’hui, le cœur serré, à son abattage. « Quand je suis née il y avait déjà cet arbre », il existait déjà, relate-t-elle. « Le mari de mon amie, qui a 75 ans, disait aussi qu'il y avait déjà ce pied de manguier. Et aujourd'hui je pense qu'il a mal au cœur de voir cette destruction. Moi je pense que c'est pour protéger la population».
(…) Justement, ce manguier abritait une colonie de noddis noirs, la seule connue à Tahiti. Avant que les oiseaux ne soient délogés par l’abattage de l’arbre, ils ont fait l’objet d’une attention particulière le 2 juillet dernier de la part de l’association SOP Manu, mobilisée pour préserver un maximum d’individus.
(…) L'arbre très imposant, commençait à montrer des signes de fatigue. Plusieurs branches étaient déjà tombées. Afin d'éviter tout risque d'accident, la commune de Afaahiti a préféré prendre les devants.
(…) Une fois abattu, le manguier a révélé un tronc encore sain et robuste, témoignant de sa vitalité malgré les années. Quant aux noddis noirs, ils devraient pouvoir trouver refuge dans les 'aito et les autres arbres des alentours, pour continuer à nicher.
Le "manguier aux oiseaux" de Taravao abattu pour des raisons de sécurité (Polynésie 1ère) actualisé le 28/10

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