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Un incendie s'est déclaré mardi 4 mars au Centre d'enfouissement technique (CET) de Paihoro, suite à l'explosion d'une batterie électrique. Si celui-ci a été rapidement circonscrit et n'a pas causé de pollution atmosphérique dommageable, il est rappelé que les batteries électriques ne doivent pas être déposées dans les bacs gris ;  Quelles conséquences ont pour la population de Tahiti les retombées atmosphériques de l’essai atomique "Centaure" du 17 juillet 1974 ? L’hypothèse des effets transgénérationnels fait débat ; Les déchets s'accumulent à Faa'a suite à l'immobilisation pour cause de panne des camions de ramassage des ordures. L'incivisme n'y est pas non plus étranger ; Pollution sonore à Tautira : car bass sauvages tous les week-ends... le maire et la population réagissent.

 

 

INCENDIE AU CET DE PAIHORO

# Un incendie s'est déclaré vers 9h30 ce mardi (4 mars) au Centre d'enfouissement technique de Paihoro. Son origine est inconnue. Les pompiers de Taiarapu Est et de Teva i Uta sont sur place pour le maîtriser, bien que les dégâts ne soient que "superficiels" , indique Fenua Ma. (…). Selon le syndicat Fenua Ma, en charge du site, l’origine du feu reste inconnue, mais les dégâts sont jugés superficiels. Il s’agirait de la bâche d’étanchéité provisoire, installée pour protéger le site de la pluie, qui se serait consumée. (…) Toujours selon Fenua Ma, les fumées se propagent et se dispersent vers la montagne.

Taiarapu-Est : la bâche d’étanchéité du CET de Paihoro part en fumée (TNTV)

(…) Le dernier incendie important qui avait touché le CET de Paihoro remonte à 2020. Il avait été maîtrisé 48h plus tard. Fenua Ma avait alors soupçonné l'embrasement d'une batterie portative.

Incendie en cours au CET de Paihoro (Polynésie 1ère)

(…) Il est bien sûr trop tôt pour déterminer avec précision les causes de cet incendie, qui fera l’objet d’une enquête. Mais le gestionnaire du site, Fenua Ma, rappelle que plusieurs départs de feu, ces dernières années, sont dû à l’embrasement spontané de petites batteries contenus dans des appareils électroniques parfois jeter – malgré les consignes de sécurité et l’existence d’une filière de prise en charge spécialisée – dans les bacs gris. La piste d’une fusée de détresse périmée qui se serait déclenchée – là encore, une filière de prise en charge de ces déchets dangereux existe au fenua – est aussi évoquée.

Au CET de Paihoro, l’incendie « circonscrit » (Radio 1)

(…) L’origine du sinistre est encore inconnue, mais les fusées de détresse et les appareils électroniques avec batterie mal triés constituent la quasi-totalité des départs de feu sur le site.  (…) Situé au centre du site, c’est le casier 9B contenant des ordures ménagères issues du bac gris qui est touché. “Pour une raison encore inconnue, un objet a pris feu sur le côté et semble avoir explosé”, nous a indiqué Benoît Layrle, directeur général de Fenua Ma, présent sur place. Le feu se serait ensuite propagé sur la géomembrane en plastique noire qui sert de couverture temporaire pour diminuer l’impact des fortes pluies. À ce stade, la zone concernée par l’incendie est estimée à 2 000 ou 3 000 m2. (…). Contrairement à l’incendie de septembre 2020, qui avait touché un casier contenant des déchets inertes favorables à la propagation des flammes, ce nouvel incendie se limiterait à la surface. “Là où on est confiant, c’est que les déchets ont été récemment installés et hyper compactés, donc avec les moyens mis en œuvre, entre les pompiers et les engins qui écrasent et étouffent les déchets, il y a peu de chances que le feu se propage à l’intérieur”, estime Benoît Layrle, qui reste toutefois vigilant, gardant en mémoire l’incendie de 2012 qui avait duré 48 heures. (…)

Incendie circonscrit à Paihoro (Tahiti Infos)

(…) Les équipes du CET (Centre d'Enfouissement Technique) de Paihoro sont encore à pied d’œuvre, ce mercredi matin. Si l’incendie a été éteint dans la nuit à 2 heures, il reste à débusquer tous les potentiels départ de feu, les sécuriser et ramener 8 à 10 000 m3 de terre à proximité, pour une intervention rapide. (…). La cause de l’incendie semble avoir été identifiée : des déchets qui n’auraient jamais dû être placés dans le bac gris. "L'énergie qui provoque le départ de feu, c'est soit une batterie lithium-ion, soit une fusée de détresse", estime Jérôme Camus, responsable de l'exploitation du CET de Paihoro. "Ce sont les deux gros déchets interdits sur site qui nous posent des problèmes. Et là, il y a de fortes chances que ce soit ça. Depuis le début de l'année, on a eu 3 ou 4 départs avec des batteries. Avant, on avait des batteries de téléphone qui font 30 grammes. Aujourd'hui, on a des batteries de vélos électriques qui peuvent faire jusqu'à 3 ou 4 kg”. Heureusement, aucune victime n’est à déplorer. Les urgences de l’hôpital de Taravao n’ont noté aucun appel, ni personne souffrant de problème respiratoire. Mais les odeurs ont été telles que la directrice de l’hôpital de Taravao, accompagnée d’un médecin, a dû se rendre au centre pénitentiaire de Tatutu (...)

L'incendie au CET de Paihoro est circonscrit (Polynésie 1ère)
 
L'incendie déclaré mardi matin au centre d’enfouissement technique de Paihoro est en passe d'être totalement éteint, sans faire de victime. Selon les gestionnaires du site, tout porte à croire que le départ du sinistre est dû à l'explosion d'une batterie d'appareil portatif, "peste" des centres d'enfouissement responsable d'une quarantaine de départs de feu au CET en 2024. (…). L’explosion de l’appareil a d’abord enflammé la bâche avant de se propager, libérant des particules incandescentes qui ont mis le feu à d’autres déchets enfouis. Le feu s’est lentement propagé aux objets compactés, tandis qu’une quarantaine de personnes – notamment les équipes du CET, Pompiers de Taravao et Teva I Uta, prestataires extérieurs – se sont employés à le maîtriser. (…). L’année dernière, 40 incendies ont été enregistrés sur l’ensemble des activités Fenua Ma, presque tous dus à la même cause. « Il y a une quarantaine de départs de feux sur le site à chaque fois. Il y a des fusées de détresse, il y a des batteries de vélo qu’on retrouve souvent sur notre site et nous complique l’exploitation » , glisse le responsable du centre de tri de Motu Uta Ako Haapa.
Des points de collecte gratuits pour les fusées de détresse sont pourtant disponibles dans toutes les marinas et chez les revendeurs. Concernant les déchets électroniques, ils peuvent être déposés dans les services techniques de toutes les communes. Des déchets qui ne sont pas censés être enfouis, rappelle Benoît Layrle. (…). De nouveaux points de collecte sont dans les tuyaux, avec une nouvelle déchèterie prévue pour 2025 à Taravao, mais aussi à Punaauia d’ici 2026.

L’incendie au CET de Pahioro probablement dû à l’explosion d’une batterie (Polynésie 1ère)


(…) … l’heure est déjà aux réflexions : ce sinistre causé « très probablement » par une batterie d’un appareil électronique doit, pour le directeur du syndicat servir d’électrochoc pour les autorités. À l’entendre seule le développement d’un réseau de déchetteries tout autour de Tahiti permettra de « réduire le risque et faciliter la vie des usagers ». (…). Ça n’est pas le premier feu que subit l’installation qui fête ses 25 ans cette année. « En 2024, sur 52 semaines, on a connu 40 incendies, sauvent pour des causes mineures et qui n’ont duré qu’une à deux minutes pour la plupart », reprend Benoit Layrle (directeur de Fenua Ma, qui exploite le site avec ses prestataires d’Enviropol). La différence avec celui de ce mardi, c’est que le départ s’est cette fois fait à proximité d’une géomembrane plastique positionnée pendant la saison des pluies pour réduire la surface de déchets exposée aux intempéries. C’est cette gigantesque bâche qui a pris feu et a propagé rapidement les flammes, empêchant l’intervention du personnel présent. (…). La mécanique de ce genre d’incidents, devenus au fil des années la hantise des gestionnaires de centre d’enfouissement ou de décharge partout dans le monde, est bien connue : les batteries au lithium, qui sont sans danger au quotidien, peuvent s’embraser quand elles sont endommagées, par exemple à l’occasion du transport ou du stockage des déchets. Et ces batteries sont de plus en plus communes, si ce n’est systématiques dans les appareils « sans fil » qui peuvent être rechargés. (…). Le directeur du syndicat espère que cet incendie fera office d’électrochoc pour les autorités. Cela avait été le cas en 2012, lors du dernier grand feu de « bac gris », dû à une fusée de détresse jetée à la poubelle. Une filière de prise en charge, avec des bacs spécialisé dans les ports et marinas avait alors été créée. Et même si Fenua Ma continue de trouver des fusées de plaisanciers – voire, par gros paquets, de professionnels – dans les poubelles classiques, le risque a depuis largement diminué. « Cette fois j’espère que cet incident va permettre à tout le monde de passer à la vitesse supérieure sur la récupération des appareils électronique », reprend Benoit Layrle.

Incendie de Paihoro : « Le développement des déchetteries est une nécessité absolue » (Radio 1)

(…) Enviropol et Fenua Ma appellent à une “prise de conscience” de la part des usagers et des revendeurs, tandis que les incidents se multiplient. Les fusées de détresse ne sont pas en reste : ce lundi matin, trois ont été retrouvées au milieu des ordures ménagères. (…). Chaque année, 47.000 tonnes de déchets sont acheminées à Paihoro, soit 3.500 à 4.000 tonnes par mois, dont 85% en provenance des 12 communes membres de Tahiti et Moorea, le reste émanant de sociétés privées. (…). La thèse d’un départ de feu causé par la combustion spontanée d’un appareil électronique portatif a été confirmée par les caméras de surveillance du site. L’objet concerné n’avait pas été manipulé depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, et était positionné sous la géomembrane anti-pluie, qui s’est enflammée.. “2024 a été une année record avec 40 incendies sur nos sites. En 2023, on était à 20. C’est de pire en pire ! Ça prouve la multiplication de tous ces produits, qui ne sont pas des déchets comme les autres. C’est un problème mondial et on va continuer d’y être confrontés”, s’inquiète Benoît Layrle. Ces incendies à répétition représentent un danger pour l’installation et l’environnement, mais aussi pour le personnel confronté à des départs de feu quasi-hebdomadaires. “Les batteries lithium-ion grossissent : elles sont passées de 30 grammes pour un téléphone portable à plus de 3 kilos pour un vélo électrique, ce qui décuple le risque d’explosions. Il y a six mois, ici même, un de mes agents a fini aux urgences à cause des projections. L’année dernière, certaines communes ont été confrontées à des départs de feu dans les bennes à ordures ménagères au moment de la collecte, comme Arue”, poursuit Jérôme Camus. (…). Benoît Layrle appelle à “une prise de conscience” à l’intention des usagers, mais aussi des revendeurs. “Les téléphones et les ordinateurs portables, les tablettes, les enceintes, les montres et les cigarettes électroniques, les appareils de bricolage, les vélos électriques et même les jouets, tous ces appareils autonomes dès lors qu’ils ont été rechargés, ils ne doivent pas être jetés dans une poubelle normale. C’est interdit ! J’en appelle aux consommateurs, car ces appareils représentent un danger. J’en appelle aussi aux vendeurs, au moins pour renseigner leurs clients sur les modalités de prise en charge de ces déchets”, insiste le référent. (…)

Paihoro sous le feu des incivilités (Tahiti Infos)10/03/25

 

 

NUCLÉAIRE: CONSÉQUENCES DES RETOMBÉES ATMOSPHÉRIQUES DE L'ESSAI ATOMIQUE "CENTAURE" EN 1974

 

# Le récent rapport de l’ASNR sur l’évaluation de l’exposition radiologique des populations tahitiennes aux retombées atmosphériques de l’essai "Centaure"* du 17 juillet 1974 indique que, dans l’année qui a suivi, les jeunes enfants ont été davantage impactés que les adultes, avec des doses plus importantes dans certaines localités comme Hitia’a, le plateau de Taravao ou encore Teahupo’o. L’exposition externe et l’ingestion sont principalement en cause. Malgré la mise en œuvre d’une méthodologie “différente”, certaines “incertitudes” demeurent.
Fin février, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), née de la récente fusion de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a publié un rapport d’une cinquantaine de pages portant sur l’évaluation de l’exposition radiologique des populations tahitiennes aux retombées atmosphériques de l’essai Centaure.
  Les 193 tirs opérés par la France entre 1966 et 1996 en Polynésie n’ont pas été sans conséquences pour les îles habitées, de l’archipel des Gambier à l’atoll de Tureia, en passant par Tahiti. Six des 41 essais atmosphériques opérés jusqu’en 1974 à Mururoa et Fangataufa, dont l’essai Centaure, ont fait l’objet d’estimations par la direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), en 2006. D’autres études ont suivi, sans oublier les révélations du livre-enquête Toxique, publié en 2021. Une étude préliminaire a été présentée au Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) en juillet 2022, et fait aujourd’hui l’objet d’un rapport suite à l’audition de l’IRSN par la Commission d’enquête parlementaire sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française. Une méthodologie “assez différente” est mise en avant dans le cadre de cette étude, qui porte sur les trois principaux types d’expositions : les rayonnements externes, l’inhalation des particules et leur ingestion par l’intermédiaire de denrées alimentaires contaminées. (…). Reste à savoir comment cette nouvelle étude sera accueillie au Fenua, tandis que le seuil du millisievert fixé par la loi Morin fait toujours débat, de même que la reconnaissance des maladies transgénérationnelle. (…)

Tir Centaure, les enfants plus touchés que les adultes : les retombées de l’essai à Tahiti (Tahiti Infos)

Pour Info : *Centaure est le nom du 58ᵉ essai atomique français, opéré à Moruros. Il ne s’est pas déroulé comme prévu: le champignon atomique qui devait culminer à 8 000 m, n'a finalement atteint que 5 200 m, ce qui provoqua que le nuage qui devait aller vers le nord, ira finalement vers l'Archipel de la Société, à l'ouest. Selon le dernier rapport de l'ASNR (2025), la population tahitienne « a tout d'abord été exposée au rayonnement émis par les gaz et particules radioactives en suspension dans l'air ainsi qu'à leur inhalation durant le passage des masses d'air contaminées puis, par la suite, par exposition externe aux dépôts radioactifs et ingestion de denrées alimentaires contaminées » (Wikipedia)

Le Dr Patrice Baert, spécialiste en radioprotection et ancien responsable du centre médical de suivi des vétérans polynésiens des essais nucléaires à Papeete de 2015 à 2018, a publié en janvier « Essais nucléaires en Polynésie, une histoire de mensonges et de contre-vérités ». Un ouvrage par lequel il remet en question le « dogme » actuel sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française. Il a accordé un entretien à Radio1 quelques jours après son audition par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. 
C’est « un débat trop longtemps cadenassé et avec une seule voix qui s’exprimait », dit le Dr Patrice Baert à propos des conséquences des essais nucléaires au fenua. Dans Essais nucléaires en Polynésie, une histoire de mensonges et de contre-vérités, qu’il a publié en janvier aux éditions L’Harmattan, il renvoie dos à dos l’État et les militants : « Si ces contre-vérités ont pu proliférer, c’est aussi parce que l’État s’est très longtemps tu, ou parce qu’il a mené des campagnes de communication qui ont été parfois partielles, maladroites, et qui n’ont pas contribué à apaiser le débat ». Un point de vue qu’il a apporté, le 20 février dernier à la commission d’enquête parlementaire initiée par la députée Mereana Reid-Arbelot .
Les archives déclassifiées, dit le Dr Baert, « révèlent effectivement qu’il y a un certain nombre d’intervenants de la DirCEN (Direction des centres d’expérimentation nucléaires, ndlr), notamment des médecins qui appartenaient au CEP, qui avaient pleinement connaissance des risques de retombées, qui ont eu connaissance de celles-ci lorsqu’elles ont pu se produire sur six des essais atmosphériques, et des doses qu’elles ont pu entrainer et des contaminations qu’elles ont pu générer ». (…). Patrice Baert ne souscrit pas à l’idée de mutations génétiques chez l’homme provoquées par une exposition aux rayons ionisants des essais en Polynésie. L’hypothèse des effets transgénérationnels avait été renforcée, en 2018, par le Dr Christian Sueur qui disait observer des troubles envahissants du comportement chez des enfants et petits-enfants de travailleurs de Moruroa : « Je note que cette théorie a été d’ailleurs critiquée par une représentante de l’Association des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, auquel lui-même appartient, en disant que c’était effectivement des élucubrations qui ne reposaient sur rien en particulier », dit le médecin. Il évoque une étude internationale de 2024, qui a passé en revue la littérature scientifique des 20 dernières années sur des populations irradiées par accident ou bombardements. (…). «J’aimerais que les Polynésiens qui pourraient être amenés à lire ce livre soient persuadés que nous ne serons pas condamnés jusqu’à la fin des temps, comme certains peuvent aujourd’hui encore le dire assez largement », conclut le Dr Baert.

Conséquences des essais nucléaires : le Dr Baert veut recentrer le débat sur la science (Radio 1)

L’association 193 a vivement réagi aux prises de parole du Dr Patrice Baert, ancien médecin militaire qui fut responsable du Centre médical de suivi des travailleurs du CEP, et qui a été auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les expérimentations nucléaires françaises, dont Radio1 a publié l’interview. Père Auguste, président de l’association 193 s’en explique, et attend de la commission d’enquête qu’elle aboutisse au réexamen de tous les dossiers rejetés par le Civen et à l’élargissement de la liste des maladies radio-induites.
Après la parution sur notre site Internet de l’interview du Dr Patrice Baert, ancien médecin militaire en charge du suivi des travailleurs du CEP de 2015 à 2018, auteur du récent ouvrage Essais nucléaires en Polynésie, une histoire de mensonges et de contre-vérités, l’association 193 a vivement réagi sur ses réseaux sociaux, le traitant de « collabo » et de « pseudo-scientifique ». Le père Auguste, président de 193, estime que le Dr Baert était, et est encore, « un défenseur du dogme des essais propres ».
Lire l'Itw de Radio : -Q. Il affirme qu’aucune étude scientifique sérieuse n’appuie la thèse de conséquences génétiques transgénérationnelles des essais nucléaires. Qu’en pensez-vous ?
-PA « Il y a des personnes qui ont été auditionnées, qui demandent à ce que ce sujet soit pris d’une manière plus sérieuse par les scientifiques. Ils sont tous d’accord pour dire que sur les animaux, ils ont remarqué des mutations génétiques dans les lieux qui ont connu une exposition très forte à la radioactivité. On a prouvé que des animaux ont muté génétiquement parlant, sauf chez l’humain. On est en droit de poser la question : est-ce qu’on a vraiment pris la mesure de ce qui peut être une autre bombe, à retardement ». (…)

« La position d’un militaire et non d’un médecin » : Père Auguste réagit aux propos du Dr Baert (Radio 1)

Pour rappel: Commission d'enquête parlementaire sur les conséquences des essais nucléaires (suite) (AvA-Infos) 27/01/2025 / « Des milliers de nouvelles victimes potentielles » des essais nucléaires, selon Disclose (Radio 1) 17/05/2022 / Essais nucléaires en Polynésie : Une publication valide les résultats de l’enquête Toxique (Radio 1) 30/09/2022 / Radiations, tsunami… Des mesures « rassurantes » sur l’après-nucléaire (Radio 1) 13/10/2022

Cinq associations sont invitées à participer à la prochaine réunion de commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires en qualité d'associations représentatives de victimes des essais nucléaires. (…) Il s’agit de la Fédération nationale des officiers mariniers et veuves, l'association Tamarii Moruroa, l'association Moruroa e tatou, l'Association des vétérans des essais nucléaires et de l'Association 193. (…) Cette commission, qui doit en théorie se réunir deux fois par ans, ne s’est plus tenue depuis 2023. 

Les associations à Paris pour le nucléaire (Tahiti Infos) 11/03/25

 

 

 LES DÉCHETS S'ACCUMULENT À FAA'A

 

La commune de Faa’a appelle sa population au civisme. Les déchets s’entassent depuis plusieurs semaines le long des trottoirs. Si la situation est en partie due aux pannes successives des camions de ramassage, la mairie pointe aussi la responsabilité des administrés. Elle met également en cause certains chauffeurs de la commune qui ne prendraient pas soin de leur outil de travail.
En bordure de route, dans de nombreux quartiers de Faa’a, un entassement de déchets en tous genres est constaté, comme des machines à laver, des fours et même des batteries usagées. Les ordures sont déposées devant les habitations, ce qui dégrade l’environnement et le paysage. Un constat désolant pour l’association Rima Here qui se charge de collecter les déchets verts des administrés. « Il y a beaucoup d’incivisme de la population », souffle ainsi William Teheiura, l’un de ses membres, « on ramasse les déchets une fois par mois et la population n’est même pas capable de garder les lieux propres pendant un mois ». (…) L’incivisme est aussi pointé du doigt par la mairie. Car si du retard a été pris dans le ramassage des déchets en raison de la maintenance des camions de la commune, il en va également de la responsabilité des habitants, selon le premier adjoint, Robert Maker. (…). Autre problème à Faa’a : les pannes à répétition des camions de ramassage des ordures. Elles ne datent pas d’aujourd’hui et seraient aussi la résultante, selon la mairie, du mauvais comportement de certains de ses chauffeurs. (…). Une commande de 6 nouveaux camions est en cours pour remplacer ceux du parc existant. À Faa’a, 14 000 tonnes de déchets ont été collectées l’an dernier. Mais la lutte contre la pollution est l’affaire de tous.

Déchets : la mairie de Faa’a demande à ses administrés de faire preuve de civisme (TNTV)

À Faa’a, déchets et encombrants s’amoncellent dans les rues depuis trois mois. En cause: de camions de collecte en panne. La mairie tente de réagir en urgence, mais le retour à la normale prendra du temps. (...)  D’anciennes machines à laver, des morceaux de fours, des cartons, de vieux équipements électroménagers tels que des ventilateurs, de vieux canapés, la carcasse d’une voiture, ainsi que des tonnes de feuilles et branchages en tout genre… Depuis plusieurs semaines, l’état des rues de la ville de Faa’a se dégrade, alors que les encombrants et autres déchets verts s’amoncèlent en bord de route. (...) La mairie confirme l’absence de collecte des déchets verts et des encombrants depuis environ trois mois. “Toute la commune est impactée”, reconnait Purea Ateo, conseillère municipale chargée de mission au cabinet du maire, détachée au service de l’environnement. Selon elle, les trois camions-grues utilisés pour collecter les déchets, et dont la commune est propriétaire, sont tombés en panne... (...)  “Nous avons trouvé, en urgence, une tractopelle pour collecter les déchets”. Une tournée était en effet prévue ce mardi dans le quartier Mai et “normalement, nous devrions aller à Pamatai vers la fin de la semaine”. Le service de l’environnement de la commune de Faa’a réfléchit également à un nouveau planning de collecte des déchets verts et des encombrants. Le ramassage a lieu habituellement une fois par mois. Mais il faudra encore attendre “un bon mois” avant que la situation ne revienne à la normale. 

Faa’a croule sous les poubelles : la collecte des déchets en panne à Faa’a (Tahiti Infos)

Le tāvana de Faa'a n'apprécie pas qu'on dise que sa commune croule sous les poubelles depuis que les camions de collecte sont en panne. Une mauvaise publicité qui relève de “l'acharnement” des médias selon lui. Reconnaissant des “problèmes techniques”, et pointant “l'incivisme”, Oscar Temaru relativise en affirmant que c'est seulement “un petit quartier” qui est concerné mais que tout le reste de la commune est “propre”. Il invite d'ailleurs les autres communes à prendre exemple sur la “méthode” de Faa'a qui “a fait ses preuves depuis 60 ans”. (...) “Soyez un peu plus fairplay !” C'est en ces termes, mais avec le sourire, que le tāvana de Faa'a a accueilli la presse ce lundi matin dans son bureau de la mairie. En cause : le titre de Une de Tahiti Infos de vendredi (6 mars) : “Faa'a croule sous les poubelles” qu'il aurait préféré voir relégué au second plan au profit du sujet relatif aux retombées de l'essai nucléaire Centaure. Pour Oscar Temaru, “c'est de l'acharnement” médiatique car selon lui, il n'y a “qu'un petit quartier” de Faa'a qui est concerné par cet amoncellement d'encombrants. (...) Première explication, les camions de ramassage des ordures qui cumulent les pannes et qui peinent à être réparés rapidement. “C'est sûr que ce sont des problèmes techniques que nous connaissons, c'est la modernité ! La plupart des camions sont à l'électronique, avec très peu de mécanique”, explique Oscar Temaru. Des pièces électroniques qu'il faut commander et qui mettent parfois – pour ne pas dire souvent- plusieurs mois à arriver. “On dépend aussi des importateurs pour ces pièces”, justifie-t-il, avant de mettre également en cause le “relief” de la commune qui fatigue davantage ces camions. “Les camions montent avec des tonnes de déchets, et redescendent ... il y a très peu de plat, ça use.”  (...) Oscar Temaru tient aussi à mettre les Polynésiens face à leurs responsabilités en dénonçant “l'incivisme de la population”. Car il faut bien dire que dès qu'un petit tas d'ordures se forme sur le bord de la route, il grossit de façon exponentielle. Et ce ne sont pas uniquement les administrés de Faa'a qui sont pointés du doigt, mais aussi les habitants d'autres communes qui en profitent pour apporter leur triste contribution en venant se débarrasser de leurs déchets encombrants. (...) Quand on lui rappelle que Faa'a ne trie pas ses déchets, Oscar Temaru rétorque : “C'est la seule commune où il n'y a pas de problème”, citant en exemple l'incendie de la semaine dernière au CET (Centre d'enfouissement technique) de Paihoro. (...)

Gestion des déchets: "La méthode de Faa'a, c'est la meilleure" (Tahiti Infos) article publié le 10/03/25

Le maire de Faa’a, Oscar Temaru, a organisé une conférence de presse, ce lundi (10 mars), il se dit mécontent du traitement médiatique relatif à la problématique des déchets sur la commune. En raison de nombreuses pannes, certains camions de ramassage ne sont pas opérationnels, d’où l’accumulation de détritus. De nouveaux véhicules ont été commandés, mais « les appels d’offres sont très longs ». Reste que le tavana défend sa « méthode » en la matière, « la meilleure », selon lui. Journal du jour en main, Oscar Temaru dit qu’il souhaite rectifier certaines choses. (…)

Déchets : « La méthode de Faa’a, c’est la meilleure », estime Oscar Temaru (TNTV) article publié le 10/03/25

Le tavana a réagi, ce lundi, aux plaintes d’administrés de Faa’a sur les défauts de collecte des poubelles ces dernières semaines. Des « problèmes techniques » liés à la flotte de camions, « en renouvellement » et limités à « certains quartiers », assure-t-il. Mais le leader indépendantiste a surtout profité de l’occasion, et du récent incendie au CET de Paihoro, pour justifier la politique déchets de sa commune, la seule des îles du Vent à ne pas avoir adhéré à Fenua Ma, à ne pas pratiquer le tri et à enfouir elle-même ses déchets, dans une décharge non autorisée. Malgré les décisions de justice et enquête en cours autour Mumuvai, Oscar Temaru appelle les autres tavana à s’inspirer de sa « méthode ». (…)
Une politique singulière, puisque la commune a toujours souhaité rester « indépendante et autonome » – sur ce sujet comme sur d’autres – et a donc toujours refusé d’adhérer au syndicat mixte Fenua Ma, qui rassemble toutes les autres communes des îles du Vent. Le récent incendie du Centre d’enfouissement technique (CET) de Paihoro où le syndicat envoie les ordures ménagères de l’équivalent de 200 000 personnes, sans compter les déchets non triés de centaine d’entreprises, fournit à l’élu matière à tacler cet équipement collectif. Et mettre en valeur sa propre solution d’enfouissement : la décharge de Mumuvai. « Paihoro, c’est de l’incompétence depuis le début, c’est pour ça que Faa’a na pas adhéré », insiste Oscar Temaru. (…)

Déchets : Oscar Temaru appelle les autres tavana à s’inspirer de Mumuvai (Radio 1) article publié le 10/03/25

(…) Depuis plusieurs mois, déchets verts et encombrants ne sont plus collectés et s'accumulent. En cause, des camions en panne qui, pas adaptés au relief de la commune, s'usent vite. (…). La commune compte une flottille de camions dont 20% sont mécaniques, le reste électronique. Quand ils tombent en panne, "il est difficile de les réparer car les pièces doivent être importées et cela peut donc être long. Même les concessionnaires ont du mal à faire les réparations", explique Gilles Taharu, le directeur général des services, lors d'une conférence de presse organisée par le tavana ce lundi matin. "Aujourd'hui, on a pour les gros secteurs trois gros camions qui tournent et deux petits camions qui font les quartiers". (…). La mairie se veut rassurante : le problème devrait être réglé d'ici quelques semaines. Une promesse qui avait déjà été faite fin janvier lorsque nous alertions sur les déchets accumulés au bord de route...

Déchets à Faa'a : "Nos camions ne sont pas adaptés au relief de la commune" (Polynésie 1ère) article publié le 10/03/25

 

POLLUTION SONORE À TAUTIRA

 

# La commune de Tautira prise d’assaut par des car bass sauvages tous les week-ends... Avec ces rassemblements, la circulation est presque impossible. Des jeunes qui boivent et dansent sur la route. Et des haut-parleurs qui crachent des décibels toute la nuit jusqu’au petit matin. Les habitants n’en peuvent plus et veulent retrouver la paix. Le maire Ueva Hamblin et un comité se sont unis pour passer à la vitesse supérieure.
(…) Une situation que ne tolère plus le maire de Tautira. Il souhaite travailler avec la gendarmerie pour essayer de raisonner les propriétaires des car bass. "Ils se garent des deux côtés de la route, ils dansent sur la route et vraiment ça perturbe la population. Parce qu'il y en a qui descendent au marché dans la nuit de samedi à dimanche, ils n'arrivent presque pas à passer"', constate, amer, Ueva Hamblin, maire de Tautira. (…). De son côté, la présidente des car audio de Polynésie française assure que les car bass sauvages de Tautira ne sont pas issus de sa fédération. (…). Le Pays compte près de 6 000 passionnés de car audio. 70% seulement d’entre eux sont affiliés à la fédération de car audio de Polynésie française. Les 30 % restants n’ont aucune idée des règles qui régissent leur activité.

Trop de car bass sauvages à Tautira : les habitants n'en peuvent plus (Polynésie 1ère)

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