Des forêts de Rapa aux vallées de Fatu Iva, le rapport de la SOP Manu montre que la protection de l'environnement, et notamment celle de la faune aviaire, a changé d'ère. Il faut désormais déployer une ingénierie lourde, où chaque territoire devient un laboratoire à ciel ouvert et chaque nid, un poste de combat contre les invasions biologiques ; La Quinzaine des nudibranches a permis de recenser 200 espèces de ces mollusques, aussi connues sous le nom de« limaces de mer ». L’occasion d’avoir un état des lieux de la santé des récifs et aussi de « sensibiliser le public à la richesse et à la fragilité des habitats marins polynésiens, tout en favorisant les échanges entre scientifiques et amateurs » ; À Raiatea, riverains, propriétaires de voiliers et représentants de la commune se sont réunis pour la première fois à Uturaerae afin de trouver des solutions pour mieux partager le lagon. Une rencontre placée sous le signe de l'écoute et du respect.
# Derrière les chiffres encourageants ou critiques du bilan 2025 de la Société d’Ornithologie Manu se cache une réalité vertigineuse. En Polynésie française, sauver une espèce de l'extinction n'est plus une affaire de préservation de la nature, mais une guerre logistique et financière de haute technologie. Entre l'usage de drones, l'importation de protocoles américains et des budgets de plus en plus lourds, la biodiversité du Fenua est désormais placée sous une perfusion humaine permanente.
L’inauguration en juillet 2025 d'un centre de soins moderne à Toahotu ou le déploiement de 17 salariés sur le terrain ne sont que la face émergée d'un défi titanesque. Des forêts de Rapa aux vallées de Fatu Iva, le rapport de la SOP Manu montre que la protection de l'environnement a changé d'ère. Nous ne sommes plus à l'époque de la simple observation bienveillante. Pour maintenir le cycle de vie d'oiseaux endémiques au bord du gouffre, il faut désormais déployer une ingénierie lourde, où chaque territoire devient un laboratoire à ciel ouvert et chaque nid, un poste de combat contre les invasions biologiques.
Nulle part ailleurs cette artificialisation de la survie n’est plus flagrante qu’à Fatu Iva. Le Ōma'o ke'eke'e (Monarque de Fatu Iva) ne compte plus que 17 représentants vivants. Face à ce déclin critique, la nature seule est impuissante. Pour que l’espèce survive, l’humain a dû injecter plus de 58 millions de F CFP dans deux programmes complémentaires.
(…) À l'autre bout de la Polynésie, à Rapa, l'analyse des programmes de sauvegarde du Koko et du Kākīkākī révèle un autre aspect de cette guerre logistique : la modification lourde des paysages. Protéger les 193 derniers Ptilopes de Rapa exige désormais de dresser une barrière physique contre les ruminants.
(…) Cette surenchère de moyens entraîne une conséquence comptable inévitable : l'explosion des coûts. Le bilan financier 2025 met en lumière le paradoxe absolu de la conservation au Fenua. Les produits d'exploitation ont bondi à près de 166 millions de F. CFP, portés par le doublement de la masse salariale.
(…) Cette disproportion pose une question de fond, purement factuelle : si les bailleurs de fonds nationaux et internationaux venaient à couper les crédits, la Polynésie aurait-elle les moyens d'assumer le coût financier de sa propre biodiversité ?
L'oiseau à un million de francs : l'insoutenable coût de la survie de l'avifaune polynésienne (Polynésie 1ère)
Un nouveau centre de soins, 474 oiseaux secourus, dont 367 relâchés, 165 Monarques de Tahiti adultes recensés, 1.235 hectares de forêt en cours de gestion, 250 bénévoles mobilisés... Voici un bref aperçu du bilan d’activités 2025 relayé cette semaine par la Société d’ornithologie de Polynésie Manu.
L’association mène de nombreux programmes en faveur de la sauvegarde des oiseaux du Fenua pour lesquels “les enjeux restent immenses”.
Présidée par Roberto Luta, la Société d’ornithologie de Polynésie (SOP) Manu compte 126 adhérents, 17 salariés, 10 membres bénévoles du conseil d’administration et onze prestataires locaux à Fatu Hiva et Rapa. Dans son bilan d’activités 2025, l’association annonce également avoir soutenu six associations des îles et mobilisé 250 bénévoles.
Sur le plan financier, les produits d’exploitation sont en hausse et s’élèvent à 165,8 millions de francs. Il s’agit principalement de subventions françaises et internationales, complétées par des dons, parrainages et sponsors. Les programmes dans lesquels SOP Manu a majoritairement investi en 2025 concernent la conservation du Monarque de Fatu Hiva et Life Stop Extinction, lancé en 2023.
(…) Le Monarque de Tahiti n’est pas en reste. Il fait, lui aussi, l’objet d’un programme de sauvegarde, grâce auquel la progression des effectifs se poursuit avec 165 adultes fin 2025 contre 154 en 2024. La restauration de l’habitat s’est concrétisée par la mise en terre de 646 plants avec la participation des élèves de la filière de gestion de la faune et de la flore du lycée agricole de Taravao. Cette reforestation est associée à une campagne de lutte contre la petite fourmi de feu.
(…) SOP Manu ne ménage pas ses efforts à travers d’autres programmes. Elle vole par exemple au secours du Tūtururū avec l’association Toromiki no Mangareva, ainsi que du Koko et du Kākīkākī à Rapa en luttant contre les nuisibles et en contribuant à préserver leurs habitats naturels respectifs. Le Héron strié de Tahiti fait aussi l’objet d’un suivi.
(…) L’année 2025 a également été marquée par la mise en œuvre d’un nouveau site internet et d’un centre de soins en bonne et due forme au siège de l’association, à Toahotu. Sur 474 oiseaux signalés, 367 ont pu être relâchés, soit un taux de survie de 77 %. Il s’agit majoritairement de Pétrels et de Noddis, mais d’autres espèces sont concernées. (…)
SOP Manu, bilan et poursuite des actions (Tahiti Infos)
# Lancée le 17 juin, la Quinzaine des nudibranches a permis de recenser 200 espèces de ces mollusques, aussi connues sous le nom de« limaces de mer ». C’est une quarantaine de personnes, chercheurs, plongeurs, photographes sous-marins, et bénévoles, qui étaient à leur recherche pour faire un véritable inventaire « aux normes du XXIe siècle ». Cette opération, déjà organisée en Nouvelle-Calédonie, reproduite au fenua par l’association Tama nō te tairoto, se termine le 2 juillet. Mais le travail continue pour déterminer quelles nudibranches, dans cet inventaire, sont encore inconnues de la science.
C’est le Muséum national d’histoire naturelle qui avait initié ces Quinzaines des nudibranches, d’abord organisées en Nouvelle-Calédonie, mêlant « science de terrain et participation citoyenne ». Pauline Bosserelle, consultante en écologie des récifs coralliens et en pêche lagonaire et responsable du projet polynésien, y avait participé et a donc ramené l’idée au fenua. L’association Tama nō te tairoto, qui organise déjà un événement mondial autour de l’observation de la ponte des Porites Rus avec le public et donc connait bien cette approche de science participative, semblait le candidat parfait pour organiser la première Quinzaine des nudibranches en Polynésie…
(…) Le but de tout l’événement, lancé le 17 juin et qui prendra fin le 2 juillet, est « d’améliorer les connaissances sur la biodiversité marine de Polynésie » et peut-être de découvrir de nouvelles espèces. 200 nudibranches ont été recensée dans les eaux polynésiennes depuis la mi-juin, mais « les connaissances actuelles demeurent incomplètes et la diversité réelle pourrait être encore supérieure », notent les organisateurs, précisant que la Polynésie est « un territoire d’étude particulièrement intéressant » avec potentiellement de nouvelles espèces pour la science. L’objectif est de faire un véritable inventaire « aux normes du XXIe siècle »…
(…) Des bénévoles et des entreprises ont donc aussi été sollicités pour participer au projet : « Ce qui est assez extraordinaire sur ce projet, c’est qu’on n’avait pas de budget mais grâce à des partenaires comme des clubs de plongée, Nautisport et bien d’autres, nous avons pu faire des sorties à des endroits difficiles d’accès. » Des prospections de jour comme de nuit ont été organisées pendant la Quinzaine, sur différents sites de Tahiti et Moorea.
(…) En plus de fasciner tout autant les scientifiques et les plongeurs sous-marins, avec leurs formes et leurs couleurs très diverses, ces mollusques sont aussi de bons « indicateurs de la santé des écosystèmes récifaux ». La Quinzaine des nudibranches permet donc de mieux connaitre les espèces vivants dans les eaux polynésiennes, d’avoir un état des lieux de la santé des récifs et aussi de « sensibiliser le public à la richesse et à la fragilité des habitats marins polynésiens, tout en favorisant les échanges entre scientifiques et amateurs », précise l’association Tama nō te tairoto.
200 espèces de nudibranches recensées entre Tahiti et Moorea (Radio 1)
# Le centre-ville de Taravao a été le théâtre d’une opération peu commune, ce jeudi matin : l’élagage d’un manguier avec un double enjeu de sécurisation, à la fois pour les usagers de la route et pour la colonie de Noddis noirs. “Aucun nid habité n’est tombé”, a salué la représentante de la SOP Manu dans le cadre de cette intervention menée en concertation avec la Direction de l’équipement et la commune de Taiarapu-Est.
C’est une opération de haut vol qui s’est tenue ce jeudi matin, vers 10 heures, à une intersection bien connue du centre-ville de Taravao. Nacelle et tronçonneuses étaient de sortie pour procéder à l’élagage annoncé de l’arbre aux oiseaux, ce manguier qui héberge une importante colonie de Noddis noirs (‘ōio). Nécessaire pour des raisons de sécurité, cette intervention avait fait l’objet d’une concertation préalable entre la Direction de l’équipement (DEQ), la commune de Taiarapu-Est et la Société d’ornithologie de Polynésie (SOP) Manu.
(…) L’élagage ciblé s’est déroulé en suivant les conseils de la responsable du centre de soins de la SOP Manu, Juliette Beaumont. « L’objectif, c’était de détruire le moins de nids possible et de récupérer les oiseaux non volants. Ça s’est très bien passé. Aucun nid habité n’est tombé…. »…
(…) Quant au manguier, il reste sous surveillance. Des bourgeons ont été volontairement conservés pour favoriser la repousse, ainsi que certaines branches pour préserver son équilibre. Si cet îlot de nature continue de se dégrader, un abattage n’est pas exclu à plus long terme, tout en sachant que l’aménagement d’un rond-point est en réflexion pour fluidifier la circulation.
Élagage réuassi pour l’arbre aux oiseaux (Tahiti Infos)
# Mettre fin aux tensions et renouer le dialogue. Riverains, propriétaires de voiliers et représentants de la commune se sont réunis pour la première fois à Uturaerae afin de trouver des solutions pour mieux partager le lagon. Une rencontre placée sous le signe de l'écoute et du respect.
Après plusieurs mois d’incompréhensions et de tensions autour de la zone de mouillage, riverains, propriétaires de voiliers et représentants de la commune ont enfin pu échanger dans un climat apaisé. Une première réunion qui marque le début d’un dialogue destiné à améliorer la cohabitation sur le lagon. Au cœur des discussions, les riverains ont tenu à rappeler qu’ils ne s’opposaient pas à la présence des voiliers. Leur principale demande porte sur le respect de la réglementation, qu’il s’agisse des zones de mouillage, de la durée de stationnement ou encore du voisinage. Pour eux, une cohabitation est possible, à condition que chacun respecte les règles en vigueur.
(…) Un message entendu par les propriétaires de voiliers. Eux aussi se disent satisfaits de cette première rencontre et assurent vouloir construire une relation plus apaisée avec les habitants.
(…) Autre sujet abordé : l’emplacement de la zone de mouillage. Les riverains souhaitent son déplacement, estimant qu’elle empiète sur un espace traditionnellement utilisé par les habitants et qu’elle est située trop près de certaines propriétés.
(…) Cette première réunion constitue un pas vers une cohabitation plus sereine sur le lagon. Les échanges doivent désormais se poursuivre, avec un autre dossier sensible à traiter : celui des épaves, dont la gestion reste en suspens.
Mouillage à Raiatea : riverains et plaisanciers renouent le dialogue pour apaiser les tensions (TNTV)
https://www.tntvnews.pf/polynesie/societe/mouillage-a-raiatea-riverains-et-plaisanciers-renouent-le-dialogue-pour-apaiser-les-tensions/

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