AvA, une bouffée d'oxygène Les News du fenua durable

AvA-Infos, ouvrons nos regards à la planète

 

        actualités, revues de presse

En savoir plus >>

Organisation au fenua avec des partenaires de Hawai’i et des îles Cook du troisième volet d’un cycle de rencontres autour du rāhui ; À Afaahiti, l’initiative d’un particulier inspire l’association Te Tama no te Tairoto et des élèves du lycée agricole de Taravao pour créer un réseau de jardins coralliens ; Une Suissesse, Caroline Lüthi, prépare un défi de taille : rejoindre Moorea à la nage pour défendre la cause de la préservation des récifs coralliens ;  Une élection de miss dédiée à la cause environnementale: Carolina Pradine représentera la Polynésie française lors de la prochaine édition de Miss Planet International ; Une exposition collective éco-innovante organisée par 10 étudiants de 3ème année de DN Made (diplôme national des métiers d'art et du design) ; Les élèves de l’école maternelle et de l’école primaire de Paopao, à Moorea, ont participé à une cérémonie marquant l’arrivée des baleines en Polynésie ; Un groupe international d’artistes de cirque sensibilise le public aux enjeux environnementaux.

 

 




# De Hawai’i aux îles Cook, en passant par la Polynésie, comment préservait-on les ressources marines autrefois et comment s’en inspirer en accord avec les enjeux d’aujourd’hui ? C’est l’objet d’un échange intergénérationnel mené depuis trois ans par des scientifiques et des représentants des communautés impliquées dans la gestion de zones de pêche réglementée. La dernière étape du programme a débuté cette semaine à Tahiti entre Papara, Mataiea, Tautira et Teahupo’o.
Une délégation d’une trentaine de personnes originaires de Hawai’i et des îles Cook est actuellement au Fenua dans le cadre d’un cycle de rencontres autour du rāhui. Parmi elles, des scientifiques et des représentants des communautés impliquées dans la gestion de zones de pêche réglementée, reçus par leurs homologues polynésiens. Il s’agit du troisième volet de ce programme d’échange intergénérationnel : le premier avait eu lieu à Hawai’i et le deuxième à Rarotonga.
Après Mataiea côté lagon dimanche, l’équipe s’en est allée côté montagne lundi pour découvrir la vallée de Mo’aroa en compagnie des guides scientifiques de Aoa Polynesian Forests et du botaniste Jean-Yves Meyer. Un lien entre la terre et la mer fondamental pour Tamatoa Bambridge, directeur de recherches au Criobe et président du conseil scientifique consultatif du Rāhui Center : “Aux îles Cook, l’île de Mangaia est un rāhui du sommet de la montagne jusqu’aux pentes externes. Des tarodières entrent dans sa gestion. Traditionnellement, les rāhui concernaient des espaces bien plus vastes incluant le terrestre et le marin. C’est difficile à remettre en place aujourd’hui avec l’histoire coloniale, les revendications et l’individualisation des droits de propriété, ce qui n’est pas le cas du lagon qui relève du domaine public.
D’autres visites et rencontres sont prévues dans les prochains jours auprès des comités de gestion de Tautira, Teahupo’o, Mataiea et Papara, ainsi qu’à Moorea, Huahine et Raiatea. L’occasion de s’informer et de s’inspirer mutuellement.
(…)  Parmi les temps forts, cet échange en Polynésie a été marqué par la construction, en guise de démonstration, de “maisons pour poissons” en pierres, une pratique ancestrale remise au goût du jour à Hawai’i. “Kāwika a présenté différents modèles qui restaurent les habitats lagonaires. Ça permet de développer des abris pour les juvéniles et différentes espèces. Une participante de Mataiea nous a confié que selon la tradition orale, il y aurait eu des centaines de structures de ce type sur le lagon. C’est une forme de résurgence des savoirs”, analyse Tamatoa Bambridge. Au terme de ces riches moments de partage, la prochaine étape consistera à “définir ce qu’on peut construire ensemble”.

Rencontres interinsulaires autour du rāhui (Tahiti Infos)



# En Polynésie, les récifs coralliens sont fragilisés par la pollution et certaines activités humaines. Pourtant, à Afaahiti, un particulier démontre qu’avec de la patience, il est possible d’agir à son échelle. Son initiative inspire aujourd’hui l’association Te Tama no te Tairoto et des élèves du lycée agricole de Taravao. L’objectif : créer un réseau de jardins coralliens.
Chez lui, Marc Cizeron a réussi à préserver les coraux en l’état. Depuis 25 ans, cet habitant d’Afaahiti veille quotidiennement sur l’espace marin situé juste devant son domicile*. « C’était vraiment un morceau de récif qui était stérile, il n’y avait que des algues. L’idée c’était de voir si en enlevant les algues, les coraux allaient reprendre leur place. Et puis je me suis aperçue que ça marchait. Ça m’a encouragé à planter des petits morceaux de coraux que je trouvais, qui étaient cassés par les tempêtes », raconte-t-il.

À Afaahiti, le jardin corallien d’un habitant inspire des élèves du lycée agricole de Taravao (Polynésie 1ère)

Pour rappel:  Porté par la FAPE avec le soutien de dix entreprises, le Fonds Natura Porinetia a bénéficié à sept associations dans le cadre d’un premier appel à projets en faveur de l’environnement. Focus sur le site pilote du futur réseau de jardins coralliens de Tama no te tairoto inspiré par Marc Cizeron à Afaahiti, ainsi que sur le centre de soins pour les oiseaux du Fenua de SOP Manu inauguré en juillet à Toahotu.

Restaurer les coraux, sauver les oiseaux (Tahiti Infos) 07/11/25
In Les associations sur le front de l'environnement (AvA-Infos)10/11/25

* L’initiative de Marc Cizeron est suivie par le Criobe, (Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l’Environnement)
À noter que cet anthropologue à la retraite - et travailleur social sur la côte Ouest de Tahiti pendant une dizaine d’années - est l’auteur de “Taote social - Tahiti, éclairages indirects - de la pitié à la police des familles”, ouvrage couronné par le Prix des Etudiants de l'Université de la Polynésie française, lors du Salon du livre de Tahiti en 2005. Il est aussi coauteur de “Tahiti côté montagne” paru en 1983 aux éditions Haere Po No Tahiti.




# Nageuse habituée des eaux suisses, Caroline Lüthi prépare un défi de taille : rejoindre Moorea à la nage depuis Tahiti en octobre prochain. Une traversée de plus de 25 kilomètres en pleine mer, sans assistance. Au-delà de la performance sportive, la Suissesse porte le projet environnemental Blue Reach, destiné à sensibiliser à la protection des récifs coralliens, en partenariat avec la fondation Science4Reefs.
Caroline Lüthi a un projet bien loin de sa Suisse : traverser le chenal entre Tahiti et Moorea à la nage. “Ma plus grosse difficulté, ça va être la chaleur. Tu es pendant des heures en train de faire un effort physique et tu as le soleil qui tape”, reconnaît la nageuse. Mais rien ne l’effraie. La réalité, elle en a pleinement conscience à quelques mois de sa tentative de traversée entre les deux îles sœurs, prévue en octobre prochain. Elles sont une poignée seulement — sans doute entre cinq et dix — à avoir réussi cette traversée à la nage.  
Mais ce projet ambitieux est loin d’être un “simple” défi sportif, c'est surtout un projet environnemental qu'elle souhaite porter. À travers Blue Reach, un programme construit sur plusieurs années autour de défis de nage en eau libre de plus en plus ambitieux, la jeune femme entend mettre sa notoriété sportive au service de la préservation des récifs coralliens. Pour cette première étape en Polynésie, elle s'est associée à Science4Reefs, fondation créée en 2024 sous l’égide de la fondation CNRS et basée à Moorea, spécialisée dans la protection des coraux.  
(…)  Selon les estimations de son équipe, la traversée devrait représenter environ 25 kilomètres, soit près de 27 kilomètres réellement parcourus en tenant compte des courants et de la trajectoire. Un effort qui pourrait durer entre dix et onze heures.  La nageuse tentera l'exploit dans la catégorie dite “non assistée”, l'une des plus exigeantes de la discipline. Aucun équipement particulier ne sera autorisé.
(…) La traversée Tahiti-Moorea n’est pas la dernière étape du programme Blue Reach. Dans les années à venir, la nageuse prévoit d'enchaîner des défis de plus en plus grands, notamment la traversée intégrale du lac Léman entre le château de Chillon et Genève, soit près de 75 kilomètres. Avec toujours le même objectif : allier performance sportive et sensibilisation environnementale.

Tahiti-Moorea à la nage : une traversée de l’extrême pour la protection des coraux (Tahiti Infos)



# À 21 ans, Carolina Pradine représentera la Polynésie française lors de la prochaine édition de Miss Planet International. Tout juste diplômée d'une licence en sciences de la vie, mannequin et engagée pour la protection des océans, elle sera la première candidate du fenua à participer à ce concours international axé sur les objectifs de développement durable.
Elle n’a jamais vraiment rêvé de couronnes ni suivi les concours de beauté. Pourtant, c’est bien sur la scène de Miss Planet International que Carolina Pradine représentera la Polynésie française en mars 2027, au Cambodge. Une première pour le fenua.
(…) La jeune femme de 21 ans s’est installée en Polynésie il y a trois ans pour y suivre des études en sciences de la vie. Un choix motivé par une passion ancienne pour le monde marin. « Depuis très jeune, je nourris ce rêve de devenir biologiste marin. À Lyon, on n’avait pas cette chance d’être autant entourés de l’océan et de tout ce qu’on y trouve. C’est vraiment pour ça que je suis venue ici », explique-t-elle.
Diplômée d’une licence en sciences de la vie, elle vient d’être admise dans un master en fonctions et conservations des écosystèmes à Marseille. Un cursus qu’elle a choisi de suivre à distance afin de pouvoir rester vivre en Polynésie, avant de se spécialiser ensuite en biologie marine.
Mais l’attachement de Carolina au fenua va au-delà du cadre universitaire. « L’océan est plus qu’un décor. C’est une ressource, une source de vie, un patrimoine, une culture, des traditions. Et cette chance s’accompagne d’une responsabilité », estime-t-elle.
(…). En se renseignant, Carolina découvre une compétition différente des concours traditionnels, articulée autour des 17 objectifs de développement durable définis par les Nations unies. Chaque candidate choisit une cause à défendre. Pour elle, le choix était évident : l’objectif numéro 14, consacré à la vie aquatique.
(…) Au-delà de cet engagement, la jeune femme se montre particulièrement sensible à une autre ambition portée par Miss Planet International : celle d’imaginer, à terme, un 18e objectif de développement durable. Et la candidate a déjà sa petite idée. « J’ai réfléchi à ce que pourrait être ce 18e objectif. Ce serait vraiment la reconnexion entre les personnes et l’océan, et plus largement avec la nature. Je suis persuadée que lorsque l’on est lié à quelque chose, lorsque l’on se sent connecté à quelque chose, on a naturellement davantage envie de le protéger. »
(…) Bien qu’elle ne soit pas née au fenua, Carolina revendique son attachement profond à cette terre. « La vie a fait que je suis venue ici, que j’ai décidé de vivre ici et de m’y installer. Mon cœur m’a amenée en Polynésie. Ce sont la beauté de la Polynésie et les gens qui ont fait que je veux rester ici. »
(…)

La Polynésie française entre dans l’aventure Miss Planet International avec Carolina Pradine (TNTV)





# Belle découverte que cette exposition collective des étudiants de 3ème année du DN Made formés au centre des métiers d'art et au lycée Samuel Raapoto ! Une dizaine de jeunes gens débordant d'imagination, de maîtrise technique et esthétique bien en phase avec les enjeux environnementaux de notre époque.
Comment ne pas être impressionné en découvrant les tableaux en peaux de thon, bonite ou saumon des dieux imaginés et réalisés par Mihinoa Teheiura ? Ou les sacs à main fabriqués à base de peau d'ananas, les bien nommés Paina Peaux, de Valentin Le Gall ? Ou encore les noix de coco recyclées en gourdes de Mahui Pahuatini ?
(…)  Cette exposition collective, c'est celle des 10 étudiants de 3ème année de DN Made (diplôme national des métiers d'art et du design), qui réunit des créations répondant à des exigences techniques, esthétiques mais aussi écologiques de notre époque. Ce dernier critère pouvant de plus en plus déclencher ou non l'adhésion d'éventuels acheteurs. (…). A force de suivre les traditionnelles expositions artisanales, toujours très intéressantes, on en oublierait presque que des jeunes artistes ont aussi leur mot à dire. Ou plutôt leurs oeuvres à montrer. Des créations qui n'ont rien à envier à celles aperçues ici ou là dans les galeries ou salons de la place.
(…). Pour celles et ceux qui n'ont pas eu le temps d'admirer cette exposition collective à la BU de l'UPF, ces jeunes gens dévoileront à nouveau leurs oeuvres au musée des îles à partir du mercredi 24 juin.

Technique, esthétique et pratique : l'exposition éco-innovante des étudiants designers du CMA et de Samuel Raapoto (Polynésie 1ère)



# Les élèves de Paopao ont célébré mardi l’arrivée des baleines lors d’une cérémonie organisée au sein de leurs écoles. Portée par les associations Veia Rai, Kuhane O Hiva et la Fédération polynésienne d’aďkido, cette journée avait pour objectif de rappeler aux enfants le lien entre les baleines, l’océan et la culture polynésienne. Les élčves ont aussi participé ŕ des ateliers ludiques autour des traditions, de la mer et de la protection des baleines.
Après les écoles de Teavaro lundi, les élèves de l’école maternelle et de l’école primaire de Paopao ont à leur tour participé mardi (16/06) à une cérémonie marquant l’arrivée des baleines en Polynésie.  L’événement était organisé par l’association Veia Rai, l’association Kuhane O Hiva et la Fédération polynésienne d’aïkido. L’objectif était de sensibiliser les enfants à l’importance des baleines dans la culture polynésienne et de leur transmettre des connaissances sur le milieu marin.
(…). Pour Taha Manutahi, membre de l’association Veia Rai, il était important de s’adresser avant tout aux jeunes générations. Après la cérémonie, plusieurs ateliers ont été proposés aux élèves dans la cour de l’école maternelle. Certains portaient sur les coraux, les poissons et les effets du réchauffement de l’océan. D’autres abordaient la culture polynésienne et les baleines. Un atelier était consacré à Teta, la baleine qui s’était échouée sur le récif de Vaiare avant d’être aidée par des habitants de Moorea et Ismaël Huukena. Les enfants ont également participé à des activités ludiques et à un atelier de théâtre retraçant la migration des baleines depuis l’Antarctique jusqu’à la Polynésie.
Pour les organisateurs, cette journée permet aussi de rappeler la relation particulière qu’entretenaient les anciens avec ces mammifères marins. (…)

Les baleines accueillies par les enfants de Paopao (Tahiti Infos)



# Après avoir traversé plusieurs régions du monde à la voile, Le groupe international d’artistes de cirque du projet Currents, porté par Acting for Climate, fait actuellement escale en Polynésie française. À travers le cirque, il sensibilise aux enjeux environnementaux.
Le groupe international d’artistes de cirque du projet Currents, porté par la compagnie Acting for Climate, est actuellement en Polynésie française dans le cadre d’un tour du monde à la voile. Composé d’Abigael Winsvold et Emma Langmoen, originaires de Norvège, ainsi que de Luis Ostiglia, originaire d’Argentine, le groupe parcourt plusieurs îles du Fenua jusqu’à la mi-juillet.
Pour rappel, Currents est une expédition artistique mondiale lancée en 2024, qui utilise le cirque comme un outil de sensibilisation aux enjeux climatiques. À chaque escale, les artistes rencontrent les habitants, les associations, les scientifiques et les artistes locaux pour créer des échanges autour de la protection de l’environnement et de la culture. L’objectif de leur passage en Polynésie est double : présenter leur spectacle, mais aussi travailler avec les acteurs du territoire pour créer des projets adaptés aux réalités locales.
(…) La collaboration avec les artistes permet aussi de toucher un public différent, au-delà des messages scientifiques ou institutionnels. (…). Durant leur séjour au Fenua, les artistes animent également des ateliers, principalement destinés aux jeunes, pour explorer le lien entre créativité et protection de l’environnement. (…)

Les jeux du cirque pour venir en aide à Mère Nature (Tahiti Infos)

Contactez la rédaction

e mail ava infosContactez directement l'équipe de rédaction de AvA en écrivant à cette adresse : contact@ava-infos.org ou en utilisant le formulaire suivant.

Un site d'infos participatif

PlumeAvA-infos est un site d'information participatif. Vous faites partie d'une association, vous êtes actif dans le développement durable ? Envoyez vos articles à paraître sur AvA-infos, ou indiquez vos prochains rendez-vous à ne pas rater dans l'Agenda...