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La saison des baleines a débuté depuis plusieurs semaines dans nos eaux. Le Réseau des Gardiens de l’Océan rappelle que leur observation est soumise à des règles strictes ; L’équipe de ‘Āvei Moana - qui a quant à elle sillonné les îles de la Société à bord du voilier "Resilience" - a bouclé sa tournée en présentant, lundi (24/08) au CESEC, son projet de reconnaissance d’une personnalité juridique des baleines. Comme l'a expliqué la présidente de l'institution représentant la société civile: "L’un des grands intérêts de cette expédition réside dans cette rencontre entre la connaissance scientifique et les savoirs traditionnels polynésiens". L’occasion de partager avec des maires présents et des représentants du Pays et de l'État les réflexions menées au fil du voyage et de nourrir un débat qui reste désormais à traduire dans le droit.

 

 



# Une baleine a été signalée ce jeudi après-midi (20/08) dans le lagon de Tahiti, au niveau de Faa'a, en direction de Ta'apuna. La brigade nautique de la gendarmerie est sur place pour assurer la sécurité de l’animal.
Le Réseau des Gardiens de l’Océan a lancé une alerte sur les réseaux sociaux pour appeler les usagers de la mer à la vigilance. L'association rappelle également à tous les usagers de la mer que l’observation et la mise à l’eau sont interdites dans les passes, les baies et les lagons.

Une baleine aperçue dans le lagon de Tahiti : appel à la vigilance des usagers de la mer (Polynésie 1ère)

Vous les avez peut-être aperçues. La saison des baleines a débuté depuis plusieurs semaines dans nos eaux. Après un retour timide, elles se montrent davantage ces derniers jours, comme ce dimanche matin, à la sortie de la passe de Taapuna. Les clients d’un centre de plongée ont eu la chance d’assister à ce spectacle exceptionnel.
L’approche de ces mammifères est strictement encadrée par la Direction de l’environnement

C'est la saison : le retour des baleines fait la joie des observateurs (Polynésie 1ère)



# Après deux semaines à sillonner les îles de la Société à bord du Resilience, à la rencontre des habitants et des élus, l’équipe de ‘Āvei Moana* a conclu lundi son périple par une séance au Cesec. Une dernière escale très institutionnelle pour une démarche qui vise à faire reconnaître une personnalité juridique aux baleines et à étendre leur protection bien au-delà des eaux polynésiennes. L’occasion surtout de partager les réflexions menées au fil du voyage et de nourrir un débat qui reste désormais à traduire dans le droit.
Après les habitants, les associations et les tāvana des îles de la Société, place aux institutions. Le périple polynésien du Resilience s’est achevé lundi au Cesec par une séance destinée à poursuivre la réflexion autour du projet ‘Āvei Moana. Dans la salle, plusieurs maires, parmi lesquels Rémy Brillant pour Papeete, Simplicio Lissant pour Punaauia ou Damas Teuira pour Mahina, mais aussi des représentants du Pays et le président de l’assemblée, Tony Géros.  
Car derrière la démarche scientifique et culturelle se dessine une question beaucoup plus juridique : jusqu’où la Polynésie est-elle prête à aller pour donner un véritable statut aux baleines ? “En Polynésie, on est au tout début”, reconnaît Tamatoa Bambridge, du Rāhui Center. L’objectif est pour l’heure de “provoquer un débat”. Reconnaître une personnalité juridique à la baleine ne revient pas pour autant, insiste-t-il, à en faire “un être humain”, mais à lui reconnaître des droits qui puissent être défendus.
La Dr Mere Takoko, directrice du Pacific Whale Fund et cofondatrice du Moananui Sanctuary Trust, affiche déjà son ambition : elle souhaite que “la Polynésie française soit un des trois pays, avec la Nouvelle-Zélande et Tonga, à porter cette personnalité juridique des baleines”. La Polynésie ne part pas de zéro : elle dispose déjà d’un sanctuaire pour les mammifères marins, “un des plus avancés dans le monde”, selon Tamatoa Bambridge. L’enjeu est désormais de changer d’échelle.
(…). Mais comment faire respecter ces droits lorsque les baleines quittent les eaux polynésiennes ? “Les baleines ne connaissent ni nos frontières administratives, ni nos zones économiques exclusives”, rappelle Maiana Bambridge. Le projet défend ainsi la création d’un sanctuaire de 12,5 millions de km² et entend s’appuyer sur le traité international sur la haute mer pour protéger également les corridors situés hors des ZEE, notamment à travers l’idée d’un rāhui “mobile”. “Les voies migratoires ont toujours été partagées par nos peuples et nos baleines”, souligne de son côté Mere Takoko, également descendante de Paikea, le “chevaucheur de baleine”. Pour elle, il faut désormais “réveiller notre vision ancestrale” et marier savoirs traditionnels et connaissances scientifiques.
C’est autour de ces propositions que le Resilience est allé à la rencontre des habitants et des élus ces deux dernières semaines à Tahiti, Moorea, Huahine, Raiatea, Bora Bora et Maupiti. Une démarche inspirée de celle des rāhui : écouter les populations et associer les tāvana avant de construire le dispositif.
Le Resilience achève ainsi son périple dans les îles de la Société, avant de nouvelles actions annoncées en Polynésie en 2027 et 2028. (…)

Des îles au Cesec, le plaidoyer pour les droits des baleines (Tahiti infos)

Après avoir bouclé une tournée des îles de la Société à bord du Resilience, l’expédition ‘Āvei Moana* a fait escale au Cesec pour présenter son projet de reconnaissance d’une personnalité juridique des baleines. L’idée, qui selon Tamatoa Bambridge recueille un « large soutien » de terrain, est de faire évoluer la législation en Polynésie, mais aussi en Nouvelle-Zélande et aux Tonga pour donner aux grands cétacés des droits propres, et étendre leur protection au-delà des ZEE. Le Cesec applaudit, mais le représentant du Haut-commissariat tempère : la personnalité juridique reste un chantier complexe* et d’autres voies pourraient renforcer plus rapidement la protection des baleines.
Neuf jours, six îles et un même projet présenté d’escale en escale. Du 10 au 19 août, le Resilience a relié Tahiti, Moorea, Huahine, Raiatea, Bora Bora et Maupiti, première étape d’une expédition appelée à se poursuivre jusqu’en 2028. Porté par la fondation néo-zélandaise Moananui Sanctuary Trust, représentée par la Dr Mere Takoko, en partenariat avec le Rāhui Center, ‘Āvei Moana cherche à faire reconnaître les baleines comme des personnes morales dotées de droits en Polynésie française, aux Tonga et en Nouvelle-Zélande – et au-delà.
Avant cette présentation devant le Cesec, où étaient aussi présents des représentants du Ngāti Porou, le deuxième plus grand iwi maori de Aotearoa, ‘Āvei Moana a d’abord cherché l’écho du terrain, auprès des tavana, associations et habitants. Et Tamatoa Bambridge, du Rāhui Center, assure l’avoir trouvé : « À chaque fois, on a exposé le projet et vraiment, on a senti comme un enthousiasme pour soutenir cette reconnaissance. »
Avec Te Mana o Te Tohorā, ‘Āvei Moana veut désormais traduire cette démarche dans le droit. Huit principes structurent le projet : la baleine ne serait plus seulement une espèce à protéger, mais un sujet doté de droits propres, notamment ceux de vivre, migrer et « chanter en paix ». Autour de cette reconnaissance, Mere Takoko défend la création d’un « sanctuaire » de 12,5 millions de kilomètres carrés, fondé sur une responsabilité partagée entre les peuples du Pacifique.
Au Cesec, Marc Daumas, délégué à la recherche et à la technologie auprès du Haut-Commissariat, estime que l’essentiel des mesures pourrait être adopté localement : « La plupart des objectifs peuvent être atteints avec des lois du Pays dans le cadre du partage des compétences entre l’État et le Pays » car « seul le point de la personnalité juridique nécessitera des changements et un consensus avec l’État », une démarche qui pourrait prendre beaucoup de temps.
D’autant que ce statut ne créerait pas seulement des droits. Il pourrait aussi exposer son titulaire à des poursuites. « À partir du moment où quelqu’un a une personnalité juridique, il peut être poursuivi », prévient Marc Daumas, qui invite à mesurer les conséquences d’un tel changement.
(…) Reste une frontière que le droit polynésien ne peut franchir seul : celle de la ZEE. Les baleines circulent entre plusieurs juridictions et la haute mer ; leurs éventuels droits devraient donc les suivre. « C’est le but de voir comment on harmonise les législations pour que les droits ou les obligations qui incombent aux uns ne s’interrompent pas quand on change de pays », résume Tamatoa Bambridge. Polynésie française, Tonga et Nouvelle-Zélande forment le premier cercle, que pourraient rejoindre les îles Cook ou encore le Chili, via Rapa Nui, également situé sur les routes migratoires.

Des îles à la loi, les défis juridiques d’Āvei Moana (Radio 1)


*Pour rappel :  Pendant trois ans, le voilier Resilience parcourt le Pacifique pour porter une initiative inédite : le projet Āvei Moana, veut convaincre les autorités de Polynésie française, des Tonga et de Nouvelle-Zélande de reconnaître juridiquement les baleines comme des personnes morales, dotées de droit. In Baleines, oiseaux, dauphins...: mieux les protéger (AvA-Infos) 12/08/26

Lire aussi : Séance de restitution du projet AVE'I MOANA au CESEC (cesec.pf)

Retrouvez sur Facebook (25/08) le discours de Mme Maiana BAMBRIDGE, présidente du CESEC, prononcé lors de l'ouverture de la séance de restitution du projet AVE'I MOANA, le lundi 24 août 2026 :

 

 

* Pour info et réflexion: L’idée de reconnaître aux baleines des droits similaires à ceux des êtres humains, telle que soutenue par le roi des Maoris en Nouvelle-Zélande, s’inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance de la personnalité juridique des éléments de la nature. Ce concept, bien que séduisant d’un point de vue éthique et écologique, pose d’importantes difficultés juridiques. Il remet en cause des principes fondamentaux du droit, tels que la distinction entre personnes et choses, l’imputabilité des droits et obligations, ainsi que la mise en œuvre de la responsabilité juridique.
Si certains États ont déjà accordé une reconnaissance juridique à des éléments naturels (fleuves, forêts), conférer des droits aux animaux en tant que sujets de droit reste une démarche inédite aux implications considérables. Cet article examine les enjeux d’une telle évolution, en mettant en lumière ses attraits éthiques, mais aussi ses effets pervers pour la cohérence et la stabilité des systèmes juridiques. (…)

L’octroi de droits humains aux baleines : un progrès éthique ou une dérive juridique ? (consultation.avocat.fr)

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