L'extraction minière sous-marine en haute mer est discutée à Kingston en Jamaïque. L’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM) est chargée d'organiser les activités liées aux minéraux convoités du plancher océanique en dehors des juridictions nationales, tout en protégeant ces écosystèmes isolés et mal connus. Le futur "code minier" destiné à encadrer l'extraction minière sous-marine en haute mer y est discuté, cette année sous pression des industriels. Ce code doit à la fois organiser l’exploitation des minerais convoités (cobalt, manganèse, nickel…), et protéger l’environnement, dans un contexte de lacunes scientifiques majeures sur des écosystèmes peu accessibles. La Polynésienne Hinano Murphy a fait le déplacement pour défendre la relation des peuples de la région avec l'océan.
L'exploitation est au cœur des discussions actuellement à Kingston. C'est dans la capitale de Jamaïque que se tient la première partie de la 30e session de l'AIFM, l'Autorité Internationale des Fonds Marins. Au cours des dix prochains jours, les parties prenantes du monde entier discuteront autour de l'épineux sujet de l'extraction des fonds marins. En attendant, les Kiribati envisagent de s'allier à la Chine l’exploration de ses fonds marins riches en minéraux.
L'extraction minière sous-marine est une activité sujette à controverse. À l'ouverture de la session de printemps de l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM) en Jamaïque, plusieurs pays réclamant un moratoire sur cette activité accusée de menacer les écosystèmes marins se sont inquiétés des risques de finir à la hâte le "code minier", qui doit réguler cette nouvelle activité. Une position qui gagne du terrain mais qui est loin de faire l'unanimité au sein des 169 États membres de l'AIFM*. "La protection de l'environnement ne veut pas dire abandonner l'exploitation", a ainsi insisté le représentant chinois, estimant que l'exploitation permettrait de récolter plus d'informations pour éventuellement prendre des "mesures ciblées" et mieux protéger l'environnement. En vertu de la Convention de l'ONU sur le droit de la mer, l'AIFM est chargée d'organiser les activités liées aux minéraux convoités du plancher océanique en dehors des juridictions nationales, tout en protégeant ces écosystèmes isolés et mal connus. (…). Dans ce contexte, Nauru, petit État insulaire du Pacifique qui sponsorise Nori, réclame que le Conseil se prononce lors de cette session de deux semaines sur les règles d'examen de la future demande de contrat, en l'absence de code minier. Une demande contestée alors que le Conseil, divisé, avait difficilement décidé en 2023 qu'il ne déciderait de ces modalités qu'après le dépôt d'une telle demande. Lundi, de nombreux États et ONG ont appelé à la prudence face aux pressions de l'industrie minière sous-marine. (…). En attendant, l'extraction reste interdite. En revanche, 31 contrats d’exploration sur 15 ans couvrant plus de 1,3 million de km2 de fonds marins profonds à l’échelle mondiale ont été accordés dans les ZAJN (zones marines situées au-delà des juridictions nationales) par l’AIFM.
Après que les îles Cook ont conclu un accord en février dernier, c'est au tour des îles Kiribati d'envisager une "potentielle collaboration" avec la Chine pour l'exploration de leurs fonds marins riches en minéraux. (…)
Extraction des fonds marins : appels à la prudence à l'ouverture de la 30e session de l'AIFM (Polynésie 1ère)
* Pour rappel : L’exploitation minière en eaux profondes doit reposer sur la science et le « consensus », selon l’AIFM (Polynésie 1ère)
Après plus de dix ans de négociations, le futur "code minier" destiné à encadrer l'extraction minière sous-marine en haute mer est discuté depuis ce lundi à Kingston en Jamaïque, dans l'espoir de parvenir à son adoption cette année sous pression des industriels.
Ce lundi à Kingston, en Jamaïque, 36 pays membres de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) se sont retrouvés pour deux semaines de débats avec l’objectif de trouver enfin un accord international sur le futur code minier. Un texte très attendu pour espérer encadrer l’exploitation des grands fonds marin. Créée en 1994 sous l’égide de l’ONU, l’AIFM négocie depuis 2014 ces futures régulations pour l’exploitation industrielle des ressources du plancher océanique sous sa juridiction (uniquement les eaux internationales). Un travail titanesque qui s’est accéléré sous la pression de l’industrie, alors que l’entreprise canadienne The Metals Company prévoit de déposer la première demande de contrat d’exploitation en juin via sa filiale Nori (Nauru Ocean Resources Inc.). En accord avec le double mandat octroyé par la Convention de l’ONU sur le droit de la mer (UNCLOS), le code minier doit à la fois organiser l’exploitation des minerais convoités (cobalt, manganèse, nickel…), et protéger l’environnement, dans un contexte de lacunes scientifiques majeures sur des écosystèmes peu accessibles. Des objectifs irréconciliables pour les défenseurs des océans, qui réclament un moratoire sur l’exploitation. (…)
Coup d’envoi des négociations internationales sur l’exploitation des grands fonds marins (TNTV)
Lundi 17 mars s'est ouverte la première partie de la 30e session de l'AIFM à Kingston en Jamaïque. L'enjeu : l'élaboration d'un code minier pour réguler les exploitations minières des fonds marins. 169 nations sont présentes : d'un côté il y a celles qui font du forcing pour obtenir ce code minier et commencer l'extraction, et de l'autre des délégations du Pacifique qui luttent contre ces exploitations. Hinano Murphy en fait partie, elle a fait le déplacement pour défendre la relation des peuples de la région avec l'océan.
- Teiva Roe : Pourquoi vous vous êtes déplacée à Kingston ?
- Hinano Murphy : "Je travaille au sein de Tetiaroa Society en tant que consultante culturelle. Après avoir organisé le Blue Climat, nous avons été invités à participer il y a trois ans à l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM). Notre objectif était de porter toutes les voix du Pacifique, qu'on se réunisse et qu'on dise haut et fort qu'on ne veut pas de l'exploitation des fonds marins".
- Teiva Roe : Quel est l'enjeu pour la Polynésie ?
- Hinano Murphy : "D'abord, on est on a quand même, on va dire sous le gouvernement français, la France a placé un moratoire complet par rapport à l'exploitation des fonds marins. Mais notre enjeu à nous, c'est surtout d'être présent pour pouvoir parler de toute cette relation que les Polynésiens et les peuples du Pacifique ont avec l'océan. C'est quelque chose de très important parce que cela n'est pas pris en compte du tout dans la réglementation pour l'exploitation des fonds marins. La première année où on est arrivé en Jamaïque, la discussion tournait autour de l'élaboration de ces textes qui avait déjà commencé il y a dix ans, mais il fallait trouver un consensus. Ce consensus n'est pas encore trouvé. Il y a beaucoup de négociations pour pouvoir établir ce code minier qui va réguler en fait l'extraction de minéraux des fonds marins. Mais en écoutant les négociations, je me suis dit : "ils décident de l'avenir de notre environnement, de notre monde, de notre océan sans qu'on nous consulte". (...) Lire la suite de l’entretien dans l'article
ENTRETIEN. Extractions des fonds marins : "Notre océan n'est pas à vendre mais à protéger " estime Hinano Murphy (Polynésie 1ère)
# Les îles Kiribati, dans l'océan Pacifique, ont annoncé lundi soir (17/03) envisager une "potentielle collaboration" avec la Chine pour l'exploration de leurs fonds marins riches en minéraux, une activité critiquée pour ses risques environnementaux.
Le gouvernement de cet État insulaire de 130 000 habitants a annoncé avoir entamé des discussions avec l’ambassadeur chinois aux Kiribati, Zhou Limin, après l’échec d’un accord avec l’entreprise canadienne The Metals Company pour explorer ces ressources. À la suite de ces discussions, le gouvernement des Kiribati a fait état d’une « opportunité intéressante pour examiner une potentielle collaboration en vue de l’exploration durable des ressources de (ses) fonds marins », selon un communiqué publié lundi 17 mars. En février dernier, les îles Cook ont conclu un accord avec la Chine pour l'exploitation minière des fonds marins. Les îles Kiribati se sont rapprochées de la Chine après avoir rompu leurs liens diplomatiques avec Taïwan en 2019. Ce micro-Etat détient des droits d’exploration minière en eaux profondes sur une bande de 75.000 km² de l’océan Pacifique. (…) L’extraction minière sous-marine est une activité sujette à controverse. Les entreprises du secteur espèrent un jour gagner des milliards de dollars en extirpant des fonds marins des nodules polymétalliques – de la taille d’une pomme de terre – chargés de manganèse, cobalt, cuivre et nickel, utilisés notamment dans la fabrication de batteries électriques. En face, les défenseurs de l’environnement craignent que ce procédé ne ravage les écosystèmes et mettent en garde contre les nombreuses inconnues. (…)
Les Kiribati discutent avec la Chine d’un accord pour explorer leurs fonds marins (Polynésie 1ère)
Pour rappel: L'exploitation des fonds marins est un sujet de débat au Fenua alors que les îles Cook ont entamé des discussions avec la Chine dans ce sens et envisagent de retirer leur soutien à une interdiction internationale que son ancien gouvernement avait pourtant ratifiée. In Actualités de l'océan: des abysses à la surface (AvA-Infos)16/02/25
Pour infos:
# Alors que s'ouvre cette semaine la 30e session de l'Autorité internationale des fonds marins à Kingston en Jamaïque, lobbies industriels et défenseurs de l'environnement s'opposent plus que jamais sur le sujet de l'extraction minière.
Forages en eaux profondes : des espèces rares des fonds marins du Pacifique menacées par les ambitions minières des industriels (Radio France)
# Dans les profondeurs froides et obscures du Pacifique, l'immense plancher océanique est constellé de galets riches en métaux convoités par l'industrie, au milieu d'une multitude d'espèces étranges, quasi totalement inconnues de la science.
D'un côté, l'industrie minière se bat pour obtenir le droit d'excaver les fonds marins de la zone de Clarion Clipperton (CCZ), immense plaine à plus de 3 000 mètres de profondeur, entre Hawaï et le Mexique. De l'autre, des chercheurs, en grande partie financés par les entreprises, s'y précipitent pour identifier et cartographier des milliers d'espèces mystérieuses. (…) C'est l'intérêt pour les "nodules", ces "galets de métaux" comme le cobalt et le manganèse, recherchés pour les batteries, les panneaux solaires ou les écrans tactiles, qui a ouvert la voie à l'exploration scientifique. "Nous avons une bien meilleure compréhension de cette partie du monde que si nous n'avions pas essayé de l'exploiter", admet Tammy Horton, du Centre océanographique national du Royaume-Uni (NOC). Mais pour les défenseurs de l'environnement, cette biodiversité est le véritable trésor de ces abysses. Et elle risque de disparaître avant même d'être découverte, sous l'énorme panache de sédiments millénaires que l'exploitation minière soulèverait. (…)
Entre nodules et espèces étranges, le plancher océanique regorge de richesses inconnues (Polynésie 1ère)