Scientifiques, gouvernements, organisations régionales et représentants de l’industrie de la pêche réunis pour limiter la perte et l’abandon des DCP dérivants dans le Pacifique. Alors que ces dispositifs de concentration de poissons (DCP) ne sont pas utilisés en Polynésie française, où la pêche à la senne (au filet) est interdite, nombreux de ces dispositifs se retrouvent dans nos eaux, échoués sur le rivage ou empêtrés dans le corail. L’un des objectifs de l’atelier réuni au CESEC est de mettre en place des programmes de récupération de ces "radeaux artificiels" polluants pour avancer sur des solutions concrètes à cette “catastrophe écologique” : suivi des balises, récupération en mer, financement et principe du pollueur-payeur.
Les DCP (Dispositifs de Concentration de Poissons)* dérivants utilisés par la pêche industrielle en haute mer représentent une menace environnementale majeure pour le Pacifique. Chaque année, entre 60 000 et 100 000 de ces dispositifs sont abandonnés en eaux internationales avant d’échouer sur nos côtes, polluant récifs et lagons. Pour faire face à ce fléau, un atelier international se tient du 9 au 11 février au CESEC, afin de mieux encadrer ces pratiques.
Chaque année, entre 60 000 et 100 000 dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants sont mis à l’eau par les grands navires de pêche industrielle en haute mer. Une grande partie de ces équipements n’est jamais récupérée et finit par s’échouer sur les côtes du Pacifique, notamment en Polynésie française. (…)
Un constat partagé par le gouvernement. Le ministre de l’Agriculture et des Ressources marines souligne que la Polynésie française n’utilise que des DCP ancrés, fixés au fond marin et destinés à la pêche artisanale ou semi-industrielle, mais qu’elle subit néanmoins les conséquences des pratiques de pêche industrielle opérées hors de sa zone économique exclusive. (…)
Au CESEC (Conseil économique, social, environnemental et culturel), la question est désormais clairement posée. Pour Patrick Galenon, membre au titre du collège des salariés, les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre de DCP dérivants dans notre zone économique exclusive est préoccupant. (…)
Sur les dizaines de milliers de DCP dérivants qui traversent le Pacifique, seuls 10 à 20 % sont récupérés. Tout le reste finit par arriver sur les îles. (…) L’objectif de cet atelier international est désormais clair : identifier, tracer et récupérer ces dispositifs avant qu’ils ne deviennent des déchets marins, et pousser à une régulation plus stricte au niveau régional et international.
Récupérer les DCP dérivants : un défi logistique et économique pour le fenua (Polynésie 1ère)
Organisés de lundi à mercredi au Cesec, des ateliers internationaux vont réunir scientifiques, gouvernements, organisations régionales et représentants de l’industrie de la pêche afin de trouver des solutions pour limiter la perte et l’abandon des dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants dans le Pacifique. Bien que la pêche à la senne soit interdite localement, ces équipements, déployés par dizaines de milliers dans le Pacifique, échouent régulièrement sur les côtes polynésiennes ou endommagent les récifs coralliens. Leur récupération, aujourd’hui financée par le Pays et quelques ONG, pose la question de la responsabilité environnementale et financière des flottes de pêche industrielles à l’origine de cette pollution.
Alors que les dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants ne sont pas utilisés en Polynésie française, où la pêche à la senne (au filet) est interdite, nombreux de ces dispositifs se retrouvent dans nos eaux, échoués sur le rivage ou empêtrés dans le corail. Composés de bambous ou de plastique, en-dessous desquels traîne un appendice d’une cinquantaine de mètres en moyenne, ces dispositifs flottants sont également équipés d’une balise satellite, afin d’être repérés, et souvent d’un échosondeur permettant de connaître le nombre de poissons agrégés autour. Leur impact environnemental est donc important. (…)
La récupération et le traitement des déchets de ces DCP dérivants au fenua a un coût, actuellement supporté par le Pays. Il n’existe aucune réglementation concernant leur récupération ou limitant leur nombre. C’est pourquoi un atelier international est organisé conjointement par la Communauté du Pacifique et la Direction des ressources marines (DRM), de lundi à mercredi au Cesec, afin de trouver des solutions coopératives pour réduire la perte ou l’abandon délibéré de ces dispositifs, et ainsi limiter leur impact environnemental. Une centaine de personnes issues d’une trentaine de pays sont attendues, scientifiques et représentants de gouvernements, d’organisations régionales et de pêcheurs du Pacifique. (…)
L’un des objectifs de l’atelier est de mettre en place des programmes de récupération des DCP dérivants, à l’image des FAD-Watch (surveillance de DCP, en anglais) existants aux Seychelles et à Palmyra, que ce soit sur la terre en coopération avec les pays côtiers mais aussi en mer avec les compagnies de pêche. Pour cela, il faut parvenir à convaincre ces dernières de partager les positions de leurs DCP dérivants perdus. Un enjeu important quand on sait que les compagnies sont aujourd’hui frileuses à communiquer ces données, par crainte de voir leurs DCP se faire voler par leurs concurrents. (…) Parmi les réflexions qui vont être menées en début de semaine, la DRM espère donc impliquer les compagnies de pêche, mais aussi les fabricants de bouées, les mareyeurs et les grossistes, dans la prise en charge financière de la récupération des DCP dérivants. (…)
DCP dérivants : « C’est à l’industrie qui génčre ces déchets de les prendre en charge » (Radio 1)
La pollution générée par les Dispositifs de Concentration de Poissons dérivants (DCP dérivants), utilisés massivement par les flottes industrielles de pêche à la senne, constitue un enjeu environnemental et de sécurité maritime majeur. En raison de sa position géographique, la Polynésie française figure parmi les territoires les plus exposés au monde aux échouages de ces dispositifs, avec des impacts directs sur les récifs coralliens, les lagons et les usagers de la mer. Face à cette situation, la Polynésie française a développé depuis plusieurs années une expertise reconnue, à travers les actions de recensement et de collecte menées par la Direction des ressources marines dans l’ensemble des archipels. Ces travaux ont alimenté la recherche scientifique internationale et renforcé la crédibilité du Pays dans les enceintes multilatérales. (…) Dans le prolongement de cette avancée, les industriels de la pêche à la senne ont reconnu leur responsabilité et annoncé la création d’un fonds dédié au financement de la récupération et du traitement des DCP dérivants. Par ailleurs, le Pays a renforcé son cadre réglementaire national en interdisant l’utilisation et l’abandon des DCP dérivants dans l’aire marine protégée de Tainui Atea, par arrêté du 25 septembre 2025. (…)
De la difficulté de récupérer les DCP dérivants dans le Pacifique (Tahitinews) in compte-rendu du conseil des ministres du 4 fevrier 2026
Chaque année, des milliers de dispositifs de concentration de poissons dérivants sont mis à l’eau par la pêche industrielle. Portés par les courants, beaucoup finissent par s’échouer sur les îles, notamment aux Tuamotu, avec de lourdes conséquences pour les écosystèmes marins. Face à ce phénomène, un séminaire international réunit cette semaine les représentants du Pacifique, mais aussi ceux de l’industrie pour tenter de trouver des solutions concrètes. Entre 50 000 et 60 000 dispositifs de concentration de poissons voguent dans l’océan Pacifique. Ces DCP sont déployés par les grandes flottes de pêche industrielle à la senne, une technique interdite en Polynésie française. Leur dérive au gré des courants pollue les littoraux, les récifs ou le fond des baies. Depuis 2019, le Pays recense les échouages et documente cette pollution. (…)
Les pays insulaires du pacifique alertent les autorités internationales. Face à l’incapacité des thoniers senneurs à récupérer les DCP dérivants, la Polynésie française cherche une solution. L’idée : faire payer l’industrie de la pêche industrielle pour financer des campagnes de récolte. (…)
Deux organismes de pêche industrielle, l’un des États-Unis, l’autre d’Amérique du Sud participent à un séminaire. L’American Tunaboat Association se dit prête à soutenir la région à travers un fond au bénéfice des communautés locales. (…). L’an dernier, la Polynésie avait déjà défendu ses intérêts en proposant une obligation de partage des positions des DCP lorsqu’ils dérivent dans nos eaux. " Donc maintenant, ces DCP vont clignoter lorsqu’ils vont entrer dans le ZEE, et vont nous permettre justement d’aller les récupérer ", précise le ministre,Taivini Teai. Ce séminaire marque une étape clé vers une gestion responsable des DCP dérivants.
Pollution des DCP en Polynésie : vers un fonds financé par les thoniers industriels ? (TNTV)
Près de 60 000 Dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants pénètrent chaque année dans les eaux polynésiennes. Largués par la pêche industrielle, ces radeaux à poissons finissent souvent abandonnés et s’échouent sur les récifs. La Polynésie, qui n’utilise que des DCP ancrés, accueille au Cesec un atelier international réunissant pays du Pacifique, experts et professionnels de la pêche pour avancer sur des solutions concrètes à cette “catastrophe écologique” : suivi des balises, récupération en mer, financement et principe du pollueur-payeur.
Ils ne sont ni Polynésiens, ni désirés, mais ils arrivent par milliers. Chaque année, près de 60 000 DCP dérivants – ces radeaux artificiels utilisés par les senneurs industriels (navires de pêche aux filets tournants) pour concentrer les poissons – dérivent pendant des mois avant de finir leur course dans nos eaux. Une marée discrète mais lourde de conséquences pour les récifs, le littoral et les espèces marines. C’est tout l’enjeu de l’atelier international consacré à “l’atténuation de la perte et de l’abandon des dispositifs de concentration de poissons dérivants dans l’océan Pacifique”, ouvert depuis ce lundi et jusqu’à mercredi au Cesec. Il réunit pays et territoires insulaires, scientifiques, services des pêches et représentants de l’industrie, sous la houlette de la Communauté du Pacifique.
(…) Le nœud du problème est technique et stratégique : l’accès aux données des balises fixées sur ces DCP. Sans position précise, impossible d’intervenir en mer avant l’échouage. “Quand une bouée est désactivée, pour nous, ça revient à rejeter un déchet à la mer”, insiste Thibaut Thellier. Le ministre des Ressources marines, Taivini Teai, rappelle pour sa part qu’“une grande avancée a été faite depuis l’an dernier”, avec “l’obligation, ou en tout cas la volonté, des pêcheurs industriels de laisser leurs DCP allumés lorsqu’ils pénètrent notre zone économique exclusive”, afin de pouvoir les repérer et les récupérer. (…). L’objectif des discussions : obtenir la transmission des positions en temps réel pour organiser la récupération. “On a des moyens en mer : pêcheurs, palangriers, marine nationale. Mais il faut les positions et il faut des financements.”
(…) Entre ligne rouge écologique et pragmatisme de terrain, le débat est posé. Les travaux du Cesec doivent maintenant déboucher sur des accords concrets avec les flottes concernées, notamment d’Amérique latine, d’où provient une large part des dispositifs qui dérivent jusqu’au Fenua. Car 60 000 DCP dérivants par an, c’est autant de bombes flottantes pour les récifs polynésiens. Et il n’est pas question de se laisser porter par le courant.
En encadré: CP dérivants : pourquoi ils posent un problème mondial
60 000 DCP dérivants par an : la Polynésie dit stop aux échouages (Tahiti Infos)
* Un dispositif de concentration de poisson (DCP) est un système flottant, naturel ou construit par l'homme, qui concentre en certains points des océans la faune pélagique superficielle (les récifs artificiels ne sont donc pas classés comme DCP). Il permet d'améliorer la pêche en créant un écosystème temporaire artificiel . Il a été créé en 1981 à Hawaï. Il existe des dispositifs ancrés et d'autres dérivants.
En savoir plus sur les dispositif de concentration de poisson (msc.org/fr)

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